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Vivre cette année vers la sainteté...

  Publié le mardi 23 septembre 2008 , par Grégory Soodts

Pour rechercher mon Bien-Aimé
J’irai par ces monts et ces rivages,
Je ne cueillerai pas de fleurs,
Je ne redouterai point les bêtes féroces,
Et je passerai les fort et les frontières.

Saint Jean de la Croix, Le cantique spirituel


A travers la troisième strophe du cantique spirituel de saint Jean de la Croix, si cher à Jean-Paul II, le père José Andrade introduit le groupe de jeunes professionnels Zachée dans cette nouvelle année, nous orientant vers le “Bien-Aimé” c’est-à-dire le Christ...

Ce programme, comme celui de l’année dernière, nous aide à faire de cette année une année de croissance spirituelle, dans le contexte convivial et d’entraide du groupe !

Découvrez la douceur et l’efficacité de ce pogramme !

Buscando mis amores
yré poresos montes yriberas
ní cogere las flores
Nitemere la fieras
ypassare los fuertes y fronteras.




Il ne suffit pas à l’âme de prier, d’exprimer des désirs et de servir d’intermédiaire pour parler au Bien-Aimé, comme elle l’a fait dans les strophes précédentes ; elle doit encore aller elle-même à sa recherche. Telle est la pensée qu’elle exprime dans la présente strophe ; pour aller à la recherche du Bien-Aimé, elle doit s’exercer à pratiquer les vertus et mortification propres à la vie contemplative et à la vie active ; dans ce but elle renoncera à tous les biens et à tous les plaisirs ; aussi tous les efforts et toutes les ruses de ses trois ennemis : le monde, le démon et la chair, sont incapable de la retenir ou d’entraver sa marche. Elle dit donc :

Pour rechercher mes amours.

Ce mot signifie mon Bien-Aimé.

J’irai par ces monts et ces rivages.

Elle appelle les vertus des monts, d’abord en raison de leur élévation, ensuite parce qu’il faut de l’effort et de la peine pour les acquérir, quand on s’exerce à la vie contemplative. Elle appelle rivages les mortifications, les actes d’humilité, le mépris de soi, quand on s’exerce aussi durant la période de la vie active ; pour acquérir les vertus, les deux vies sont en effet nécessaires. Pour l’âme donc, dire qu’elle va à la recherche du Bien-Aimé, c’est penser : je vais pratiquer les vertus à leur plus haut degré, et m’abaisser par la mortification et les pratiques d’humilité. En un mot, se diriger vers Dieu, c’est accomplir le bien en Dieu, et mortifier le mal en nous, comme on va le voir par ce qui suit.

Je ne cueillerai pas de fleurs.

Pour aller à la recherche de Dieu, il faut un coeur dégagé, fort, libre de tous les maux et même de tous les biens qui ne sont pas purement Dieu lui-même. Aussi l’âme, comme elle le déclare dans ce vers et les suivants, dit quelle force et quelle liberté elle doit avoir pour réaliser son projet. Dans le présent vers, elle annonce qu’elle ne cueillera pas les fleurs au long de son chemin ; ces fleurs, symboles des joies, ces contentements d’ici-bas, pourraient entraver sa marche si elle voulait les cueillir et les garder ; elles sont de trois sortes : les biens temporels, les biens sensuels et les biens spirituels. Les uns et les autres, dès lors qu’on s’y arrête et qu’on y cherche son repos, occupent le coeur et sont un obstacle au dénûment spirituel requis pour marcher droit dans la voie du Christ. L’âme qui va à sa recherche déclare qu’elle ne cueillera aucune de ces fleurs dont nous avons parlé. Elle pense ainsi : Je n’attacherai point mon coeur aux richesses et aux biens que peut offrir le monde ; je ne veux point des contentements et des délices de la chair ; je refuse les joies et les consolations de l’esprit qui pourraient m’empêcher de chercher mes amours sur les montagnes ou les rivages des vertus et des souffrances. Elle s’exprime de la sorte pour suivre le conseil donné par David à ceux qui suivent cette voie : “Divitiae si affluant, nolite cor apponere” : “Si les richesses abondent, veuillez ne pas y attacher votre coeur” (Psaume 61, verset 11). Ce conseil s’entend aussi bien des plaisirs sensuels que des biens temporels et des consolations spirituelles. Il faut remarquer en effet : ce ne sont pas seulement les biens temporels et les plaisirs sensuels qui empêchent la marche vers Dieu et s’y opposent, mais les consolations et les délectations spirituelles, reçues avec esprit de propriété et recherche, sont elles aussi un obstacle à ce chemin de la Croix qui est celui du Christ, notre Époux. Il faut donc que celui qui veut aller de l’avant ne s’arrête pas à cueillir ces fleurs. Mais ce n’est pas assez. Il doit encore avoir la force et le courage de dire :

Je ne redouterai point les bêtes féroces, Et je passerai les forts et les frontières.

Dans ces vers l’âme parle de ses trois ennemis : le monde, le démon et la chair, qui lui font la guerre et rendent sa marche difficile. Par bêtes féroces elle désigne le monde, par forts le démon, et par frontières la chair. Le monde est semblable aux bêtes féroces, car l’âme qui entre dans ce chemin se représente en imagination le monde comme rempli de fauves cruels qui la menacent et l’épouvantent, et cela surtout de trois manières. La première, c’est qu’elle va perdre les faveurs du monde, ses amis, son crédit, son prestige et même sa fortune. La seconde, qui n’est pas moins redoutable, c’est qu’elle se demande comment elle pourra endurer ses souffrances, ou supporter d’être à jamais privée des joies, des délices et de tous les plaisirs du monde. La troisième, qui est plus pénible encore, c’est que les langues vont se déchaîner contre elle ; elle sera un objet de moquerie, de sarcasme, de mépris ; ces épreuves paraissent si douloureuses d’ordinaire à certaines âmes qu’il leur devient extrêmement difficile non seulement de résister à ces bêtes féroces, mais même d’entrer dans ce chemin spirituel.

Mais il y a d’autres âmes généreuses qui rencontrent d’ordinaire d’autres bêtes féroces plus intérieures et plus spirituelles ; ce sont des difficultés, des tentations, des tribulations et des épreuves de toutes sortes qu’elles doivent endurer. Dieu les envoie aux âmes qu’il destine à une haute perfection ; il les éprouve et les épure comme l’or dans la fournaise, selon cette parole de David : “Multae tribulationes justorum” : “Nombreuses sont les tribulations des justes, mais le Seigneur les délivrera de toutes” (Psaume 33, verset 20). Quant à l’âme qui est toute embrasée d’amour, elle estime son Bien-Aimé au-dessus de toutes les créatures ; elle met en lui tout son amour et toute sa confiance ; aussi est-ce peu pour elle de dire :

Je passerai les forts et les frontières.

Les démons qui forment la seconde classe de ses ennemis, elle les appelle les forts, parce qu’ils déploient une grande puissance pour lui barrer son chemin ; leurs tentations en effet sont plus violentes, et leurs artifices plus difficiles à surmonter et à découvrir que ceux du monde et de la chair ; ces deux ennemis d’ailleurs viennent à son secours pour faire à l’âme une guerre à outrance. Aussi David, parlant d’eux, les appelle forts quand il dit : “Fortes quaesierunt animam meam” : “Les forts en ont voulu à mon âme” (Psaume 53, verset 5). Le prophète Job proclame aussi leur force, quand il a dit qu’“il n’y a pas sur la terre de pouvoir comparable à celui du démon, qui a été créé pour ne craindre personne” (Job 61, 24), c’est-à-dire qu’aucun pouvoir humain ne peut être comparé au sien ; seul le pouvoir divin peut en triompher, et seule la lumière divine est capable de découvrir ses artifices. Voilà pourquoi l’âme qui devra surmonter sa force ne le pourra que par l’oraison ; il lui sera également impossible de déjouer ses tromperies sinon à l’aide de l’humilité et de la mortification. Aussi saint Paul, afin de prémunir les fidèles leur adresse ces paroles : “Induite vos armaturam Dei, ut possitis stare adversus insidias diaboli, quoniam non est nobis colluctatio adversus carnem et sanguinem” : “Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin que vous puissiez triompher des embûches du démon, parce qu’il ne s’agit pas d’un combat contre la chair et le sang” (Ephésiens 6 11). Par le sang il signifie le monde, et par l’armure de Dieu il signifie l’oraison et la Croix du Christ ; c’est là que se trouvent l’humilité et la mortification dont nous avons parlé.

L’âme dit encore qu’elle franchira les frontières ; par là elle entend, comme nous l’avons dit, les répugnances et les rébellions que la chair a naturellement contre l’esprit. C’est ce que dit saint Paul : “Caro enim concupiscit adversus spiritum” : “La chair par ses désirs lutte contre l’esprit” (Galates 5, 17), et s’oppose comme une barrière à son avancement dans la perfection. Or ces frontières, l’âme doit les franchir en brisant les obstacles, et en jetant par terre par la force et la générosité de son esprit toutes les convoitises sensuelles et les affections naturelles. Tant que ces passions seront encore en elle, l’âme en subira tellement l’empire qu’elle ne pourra passer à la vie véritable ni goûter les délices spirituelles. Saint Paul nous fait comprendre cela quand il dit : “Si spiritu facta carnis mortificaveritis, vivetis” : “Si, à l’aide de l’esprit, vous mortifiez les oeuvres de la chair, vous vivrez” (Romains 8, 13). Telle est donc la méthode que l’âme expose dans cette strophe et qu’il lui faut suivre pour aller à la recherche du Bien-Aimé. En résumé, il s’agit d’avoir de la constance et de l’énergie pour ne point s’abaisser à cueillir des fleurs, du courage pour ne pas redouter les bêtes féroces, de la force pour franchir les forts et les frontières, en ne s’occupant que de passer par les monts et les rivages des vertus (le Saint a ajouté à la copie ces deux mots : de virtudes) de la manière que nous avons expliquée.

- Extrait de l’ “Explication des strophes qui traitent de l’exercice de l’amour entre l’âme et le Christ son époux : on y expose et on y explique quelques points et quelques effets de l’oraison à la demande de la mère Anne de Jésus, prieure des Carmélites déchaussées du monastère de Saint-Joseph de Grenade. 1584.”







- Source du texte : www.catholicisme.be

 




 
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