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Renouvellement de la consécration du diocèse

Homélie de monseigneur Dominique Rey - Solennité de la Trinité – 18 mai 2008

  Publié le jeudi 22 mai 2008 , par Françoise Girard

Nous fêtons en ce jour la Trinité Sainte : Dieu Père, Fils, Esprit-Saint. Cette célébration liturgique se situe dans le déploiement de la fête de la Pentecôte que nous avons célébrée il y a une semaine. C’est l’Esprit qui sonde les profondeurs de Dieu, et qui nous permet, et de le connaître et de nous connaître.


"L’Esprit-Saint nous révèlera toutes choses". L’Esprit de Jésus nous a été donné pour accéder au Mystère insondable de Dieu : l’Esprit-Saint éclaire notre intelligence, et c’est avec la force de l’Esprit que Jésus lui-même nous initie à cette connaissance du mystère de Dieu. Non pas un Dieu à trois facettes à l’image de certaines divinités et dans certaines mythologies. Non pas trois dieux ! Mais un Dieu en trois personnes. Un défi aux mathématiques "3 = 1".

Le Père

Jésus a parlé de Lui à ses disciples. Il leur a révélé le visage du Père, son message, son existence. Le Christ tire sa vie de l’amour du Père qui l’a engendré depuis toute éternité. "Qui m’a vu a vu le Père". C’est en rencontrant Jésus que nous avons accès au mystère du Père. Un enfant rencontré au catéchisme me disait : "Dieu, pour moi, c’est un père qui a le cœur d’une mère !". Oui, c’est le visage du Père aimant, source de tout amour que nous contemplons en Jésus. Et cette contemplation nous invite, à la suite de Jésus, à l’adoration. Au contact de Jésus, nous sommes stupéfaits, saisis, abasourdis par l’immensité de son amour. Nous ne pouvons plus ergoter, discutailler… nous sommes "écrasés", comme le furent les prophètes, face à cette gloire du Père, qui rayonne sur la face du Christ. La seule réponse qui vaille face à cet amour inouï, c’est le silence de l’adoration. C’est la démission de notre raison. Non pas qu’elle abdique son usage, mais elle se soumet dans un mouvement d’obéissance et d’admiration à cette Révélation qui la dépasse. La contemplation du Père fait de nous des adorateurs. Ceux que Dieu lui-même cherche lorsque Jésus dit à la Samaritaine "les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père" (Jean 4, 23) Lorsqu’elle a rencontré le visage du Christ, la philosophe Simone Weil disait : "Pour la première fois de ma vie, je me suis mise à genoux". Le seul mouvement qui s’imposait à elle fut alors l’agenouillement, ou la prostration : une remise totale de soi à Dieu.

L’Esprit

L’Esprit nous invite à mieux découvrir qui est Jésus. Il est vrai que l’on peu connaître Jésus "de l’extérieur", par ce que l’on a appris de Lui dans nos livres de catéchisme, par ce qu’on nous a enseigné, par ce qu’on en dit… Mais l’Esprit-Saint nous donne une connaissance subtile, intime, délicate, intérieure du Christ. Comme un père et une mère peuvent connaître, "du dedans" allais-je dire, leur enfant. L’Esprit nous donne de pénétrer dans l’intime de Jésus. Alors, les mêmes paroles de Jésus a dites, que nous entendons répéter depuis 20 ans, 50 ans, 70 ans prennent un autre relief, une autre consistance, parce que l’Esprit nous fait rentrer très profondément dans le mystère de Jésus. Oui, on n’a jamais fini d’explorer le message de Jésus, tant il est profond et de plus en plus bouleversant, au fur et à mesure qu’on le découvre. La contemplation du mystère de Jésus au sein de la Trinité nous invite à l’imitation. Quand on a découvert le Christ, on a découvert en lui un modèle. Quelqu’un dont la vie est exemplaire. On a envie de le suivre. "Devenez mes disciples" nous dit Jésus. Il nous invite à le suivre, pas après pas, jour après jour, pour accéder par le chemin qu’il ouvre, jusqu’au Père. C’est ce qu’il a fait avec les disciples. Il les a entraînés depuis Tibériade jusqu’à la Pentecôte, jusqu’au don de l’Esprit. Jésus nous fait comprendre qu’en face de Dieu nous avons besoin d’être sauvés, c’est-à-dire de sortir des impasses et des culs de sac dans lesquels nous nous sommes fourvoyés. Il nous convie à le suivre. La contemplation du Père nous conduite à l’adoration. La considération du Fils bien-aimé du Père, qui a épousé notre condition humaine, nous invite à accueillir son salut. Car il est venu nous restituer une capacité d’aimer que nous avions perdue, rognée par la faute originelle. Nous sommes tous des handicapés de l’amour. Mais dans le Christ, nous recevons, à partir du baptême et par les sacrements de vie que nous donne l’Eglise, une énergie, une puissance d’amour, qui nous permet d’adhérer à Jésus, d’accueillir en Lui, un surcroît d’amour qui nous libère du péché, en nous attachant à sa Pâque. "En lui, nous sommes ressuscités" dira l’apôtre Paul.

Esprit-Saint

Jésus répand en nous son Esprit. La vie de l’Esprit nous est donnée à l’Eglise au jour de la Pentecôte. L’Esprit a transfiguré ces apôtres poltrons, peureux, couards qui s’étaient calfeutrés dans la chambre haute car ils craignaient de connaître le même sort que leur maître Jésus. Et voici qu’au jour de la Pentecôte, ils ont été transformés. Le but de notre vie chrétienne est la transfiguration. Etre chrétien c’est adopter une nouveau genre de vie ! Non pas avec nos propres ressources, et en mobilisant nos seuls efforts, mais en comptant sur la grâce de Dieu. Elle nous rend capable de ce que nous sommes incapables de réaliser par nous-mêmes. Elle rend possible l’impossible. C’est ce qui s’est passé pour les disciples de Jésus. Ils l’ont suivi jusqu’à verser leur sang pour lui. Ils ont été transfigurés. Dans quelques instants, dans le mystère eucharistique que nous célèbrerons, de la même manière que le pain devient le Corps du Christ, nous sommes appelés, nous aussi, à une transformation intérieure. C’est ce que l’on appelle la conversion du cœur. Jésus ne nous invite pas seulement à l’adaptation, à la correction et à l’amendement (à être un peu plus sages, un peu plus gentils), Il nous invite à changer de vie. La prédication du Christ a été une prédication de conversion, c’est-à-dire de retournement de notre existence pour qu’elle s’ajuste à ce que Dieu veut pour nous, et à mettre Jésus Christ au centre de nos décisions. Ainsi le Christ nous donne d’accueillir Dieu comme un Père. Nous recevons son salut par l’accueil de sa Parole. Nous sommes transfigurés par son Esprit d’Amour. Nous devenons alors une famille. Ce rassemblement de ce jour est le rassemblement des familles, de toutes les familles. Familles humaines, familles spirituelles… Cette rencontre nous permet de découvrir combien l’Eglise est une famille au cœur de laquelle se joue un processus de re-création, de salut et de transfiguration de notre monde. Si Dieu s’est révélé à nous comme une famille trinitaire, c’est pour que chacune de nos familles signifie le Mystère de la présence trinitaire. Ainsi, en chacune de nos familles se reflète le mystère même de Dieu : Père, Fils, Esprit-Saint. Chaque famille est comme le sacrement de la Trinité Sainte.

Consécration au cœur douloureux et immaculé de Marie

A l’issue de la messe, nous allons faire une démarche importante pour chacun d’entre-nous et pour notre diocèse. Il ne s’agit pas simplement d’un acte de dévotion ou d’introduire un peu plus de piété mariale. Il s’agit d’un geste qui relève du mystère de la Grâce divine et qui n’est pas sans rapport avec la fête de la Trinité. Nous allons nous consacrer au cœur douloureux et immaculé de Marie. Le cœur, nous le savons dans la Bible, est le signe de la personne dans ce qu’elle a de plus intime. Le cœur est le symbole de l’amour. Le cœur immaculé de Marie signifie un amour pur, transparent qui s’est laissé saisir. C’est un cœur douloureux, car l’amour conduit au sacrifice, au don de soi. Marie a été associée à la Croix à la douleur de son fils Jésus. Elle apporte à son Fils toutes nos douleurs. Sur les traces de Marie et à son école, en nous consacrant, nous allons demander une triple grâce au Seigneur.

1. La grâce de l’adoration du Père. Marie parce qu’elle n’est pas marquée par le péché originel, est totalement ordonnée à Dieu. Elle a un sens inné de Dieu. Elle voit à l’œuvre, à chaque instant de sa vie l’action du Père dans l’action de son Fils. Celui qui adore le Seigneur ne fait qu’un avec lui. Car l’adoration conduit à l’union. Il n’y a plus d’écran, tout est transparent. La Vierge voit Dieu par la foi à chaque instant, à travers les petites choses et les grandes choses. En fréquentant Jésus de près. Dans les moindres interstices de son existence, elle découvre son action souveraine. Elle adhère à la mission de Jésus sans réserve. Et cette communion la plonge dans l’adoration. En nous consacrant à elle, nous demandons au Seigneur de devenir des adorateurs. Notre monde extrêmement dispersé, soumis aux aléas d’une société matérialiste et marchande, a, plus que jamais, besoin d’adorateurs, c’est-à-dire d’hommes et de femmes qui, par leur intercession, portent l’humanité vers Dieu, et qui sont unis à Dieu dans la prière. Notre Eglise a besoin de chrétiens qui sachent reconnaître l’Esprit de Dieu agissant au milieu de notre monde, en décryptant son action, en étant disponibles à ses appels. Qu’est-ce que des hommes et des femmes qui adorent ? Ce sont des êtres humains pour qui Dieu est devenu indispensable. Dieu est-il indispensable pour vous, fidèles laïcs ? La messe le dimanche vous est-elle indispensable ? Pouvez-vous vous en passer ? Vous est-il possible de vivre sans cela ? Quel est le temps de prière que chaque jour vous passez à l’écoute du Seigneur en vous confiant, en confiant les autres au Seigneur ? Et vous, prêtres, êtes-vous fidèles aux engagements de votre sacerdoce ? A la récitation de la prière de l’Eglise ? Au choix librement fait du célibat ? A une vie de simplicité et de fidélité à l’enseignement de l’Eglise ? Et vous, consacrés, comment vivez-vous votre suite du Christ l’imitant jusqu’au bout dans une vie de pauvreté, de chasteté et d’obéissance ? Ces questions vérifient notre attachement au Seigneur. Elles vérifient si le Seigneur est indispensable pour nous, s’Il est au cœur de notre vie baptismale et non pas à la périphérie de notre emploi du temps, lorsque nous n’avons pas d’autres choses à faire ?

2. La grâce de la coopération

Marie a été une priante, une orante, une adoratrice. Elle nous invite aussi par cette consécration à coopérer à l’action de Dieu. Nous la voyons par exemple à Cana. Elle a été l’instrument de la bénédiction du Seigneur. Par son entremise, Il a pu intervenir au milieu de cette fête populaire. "Faites tout ce qu’il vous dira" tel est le conseil qu’elle va adresser aux serviteurs privés de vin. Ils iront alors présenter des jarres remplies d’eau que Jésus transformera en vin nouveau de l’Alliance Nouvelle. Marie nous invite à notre tour, à coopérer à l’œuvre de Dieu. Dieu ne veut pas agir sans nous. Prêtons nos mains, prêtons nos cœurs, donnons de notre temps pour que le Christ soit manifesté au monde. L’Eglise ne peut pas agir sans que des hommes, des femmes donnent de leur temps, de leur vie, de leur cœurs, et qu’ainsi, ils se consacrent entièrement pour que le règne du Christ advienne dans le monde. Dieu a besoin de chacun de vous !

3. La grâce de la transformation

Marie habitée par la puissance de l’Esprit nous invite à la transformation. Elle s’est laissé modeler. Nous sommes invités – coopération suprême – à nous laisser modeler par le Christ et à aussi participer à la transformation de notre monde. Ceci requiert un dessaisissement de notre vie au profit de Dieu. Parce qu’elle est la figure la plus transfigurée qu’il soit, la Vierge Marie est la créature qui a réussi son parcours. Elle est déjà dans la gloire ! Elle nous invite sur ses traces à la rejoindre près du Père, dans la joie éternelle et dans la communion de tous les Saints. Nous avons devant nous quelqu’un qui est aux avant-postes de notre chemin vers le Christ. Marie, la créature transfigurée par la grâce. Dieu s’est servi d’elle. La vie de Dieu s’est accomplie en elle. Elle nous précède sur la route de la sainteté. Auprès de la Trinité, son intercession est puissante. Dieu ne lui refuse rien, car elle ne s’est jamais refusée à Lui. En nous consacrant tout à l’heure, demandons au Seigneur que le mystère de la Trinité puisse véritablement habiter notre vie. "Ô Trinité sainte, je t’adore", disait Elisabeth de la Trinité. Trinité sainte, je veux coopérer à l’avènement de l’amour trinitaire, au règne de Dieu dans les petites choses de ma vie ! Trinité sainte je veux que par mon oui, à l’image du OUI de Marie, transformer le monde en commençant par me transformer moi-même ! Et comme le vin des noces a été donné par l’intervention de la Vierge, le vin nouveau de l’amour, celui que cherche le monde à tâtons, dans l’obscurité de sa quête de sens et de repères, sera déversé en abondance sur tous les hommes. Marie a contemplé au pied de la Croix l’effusion de ce sang, celui de son Fils, répandu pour le rachat de tous. Chers frères et sœurs, confions nos vies à celle qui elle-même, se confie à Dieu sans restriction. Confions notre avenir à celle qui s’en remet à la Providence du Seigneur. Confions notre passé à celle qui compte absolument sur la miséricorde divine. "Il s’est penché sur son humble servante." Elle incarne l’espérance des croyants, la Promesse de Dieu, la foi de l’Eglise. "Bienheureuse celle qui a cru !" Marie est la juste réponse que Dieu attendait des hommes en leur livrant son Fils. AMEN

+ Dominique Rey Renouvellement de la consécration du diocèse à la Vierge Marie La Castille, le 18 mai 2008







Retour sur la journée du 18 mai 2008, Tous à Toi Jésus par Marie

 




 
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