Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



Réflexions "impromptues" du Pape sur Vatican II

Paroisse Saint-Pie X, 49 rue Henri Poincaré, 83000 Toulon

  Publié le vendredi 22 février 2013 , par Patrice Quesnel

... "J’aimerais encore ajouter un troisième point : Le Concile des médias. C’était presque un Concile par lui-même, et le monde a perçu le Concile à travers eux. Le Concile des journalistes, ne s’est pas réalisé, naturellement, à l’intérieur de la foi, mais à l’intérieur des catégories des médias d’aujourd’hui, c’est-à-dire en dehors de la foi, avec une herméneutique différente... Une herméneutique politique. ...



Le Pape recevait le 14 février, pour la dernière fois avant de les quitter, les membres du clergé de Rome, son diocèse. Apparemment de façon improvisée, il a souhaité leur livrer " une petite évocation du concile Vatican II, tel que je l’ai vu ".
Du jeune théologien de 1962 au souverain pontife un demi-siècle plus tard.

En réalité la "petite évocation" a duré près de 40 minutes, sans notes, devant un auditoire constamment très attentif, qui l’avait salué par une immense ovation à son arrivée dans la grande salle Paul VI du Vatican.

Le Pape a procédé par grands chapitres, chacun d’eux étant consacré à l’une des principales questions traitées successivement par le Concile : la liturgie, l’Église, la révélation, l’œcuménisme, la liberté religieuse, les rapports avec le judaïsme et les autres religions.

Pour chacun de ces thèmes, il a indiqué quel était l’enjeu et il a raconté comment les pères conciliaires les ont traités. Avec des passages d’un grand intérêt à propos du concept de Peuple de Dieu et du rapport entre Écriture et Tradition.
_ Mais à tout cela il a ajouté une introduction et une conclusion qui ont particulièrement impressionné son auditoire. (voir infra)

Pour consulter le texte intégral de cette allocution : http://www.vatican.va/holy_father/b... (en italien ou portugais à la date de publication de cet article).

Présentation par l’organe de presse du Saint-Siège

"Le Pape a offert alors à son auditoire une lectio divina largement improvisée, très attendue, car là encore l’un des derniers discours de son pontificat, et en quelque sorte un autre dernier testament spirituel de Benoît XVI. Une lectio divina sur son expérience à la première personne de Vatican II.

« Même si je me retire dans la prière, je vous reste toujours proche » Le Pape a ensuite parlé pendant une demi-heure dans un discours improvisé et raconté ses souvenirs du Concile Vatican II, où il assistait le cardinal-archevêque de Cologne Joseph Frings. Benoît XVI a montré une nouvelle fois sa mémoire immense et le sens du détail, provoquant le rire et les applaudissements en racontant une anecdote. « Vatican II était une expérience de l’horizontalité, où les évêques ont pu mieux se connaitre entre eux a t-il dit, ce fut aussi l’expérience de l’universalité de l’Eglise » Le Pape est rentré plus en détails ensuite sur les discussions et les fruits du Concile. Il a rappelé la vigueur des Théologiens français, allemands ou belges, qui ont participé à la créativité du Concile, et ont posé la question de la relation de l’Église au monde.

Benoît XVI a souligné également que Vatican II avait œuvré pour que la liturgie soit vraiment un dialogue entre les prêtres et le peuple de Dieu. Il a expliqué aujourd’hui encore les chrétiens avaient besoin de formation pour que les textes liturgiques du Concile soient intelligibles. Le Pape a ensuite rappelé l’héritage conciliaire à travers les grands textes, « Gaudium Et Spes »ou « Nostra Aetate ». Vatican II a vraiment renouvelé l’ecclésiologie a souligné le Pape en rassemblant ses souvenirs.

Benoît XVI qui a fini son discours en rappelant qu’il y avait aussi un autre concile parallèle, celui des médias, rappelant la présence des très nombreux journalistes présents à Rome à l’époque, qui devaient répondre au défi de cet évènement historique. « Il y avait une sorte de « Concile virtuel » qui devait rendre compte du Concile réel » a-t-il souligné. Avant de conclure par ses mots lourd de sens : « Aujourd’hui, on se rend compte que le Concile virtuel s’efface pour laisser apparaître le Concile réel » [1]

L’introduction

Benoît XVI a commencé son exposé par une anecdote. Il a raconté que le cardinal Frings avait demandé au jeune théologien qu’il était alors de lui rédiger un projet pour une conférence qu’il devait prononcer à Gênes, à la demande du cardinal Siri, sur le thème “Le concile et la pensée moderne”.

Le projet plut au cardinal, qui le lut exactement tel que le jeune Ratzinger l’avait rédigé. Mais le point remarquable de l’histoire vint ensuite :

"Peu de temps après, le pape Jean XXIII convoqua Frings. Celui-ci fut très inquiet, pensant qu’il avait peut-être dit quelque chose d’incorrect, de faux, qu’il était convoqué pour être réprimandé et qu’on allait peut-être aussi lui retirer la pourpre… À tel point que, tandis que son secrétaire l’habillait pour l’audience papale, il déclara : ’C’est peut-être la dernière fois que je suis habillé de cette façon’. Puis il entra. Le pape Jean vint à sa rencontre, l’embrassa et lui dit : ’Merci, éminence, vous avez dit ce que je voulais dire, mais je ne trouvais pas les mots’. Le cardinal sut ainsi qu’il était sur la bonne route et il m’invita à l’accompagner au concile, d’abord comme son expert personnel, et ensuite comme expert officiel".

Benoît XVI a alors poursuivi en ces termes :
"Nous sommes allés au concile non seulement avec joie, mais avec enthousiasme. C’était une attente incroyable. Nous espérions que tout serait renouvelé, qu’il y aurait une nouvelle Pentecôte, une nouvelle ère de l’Église, parce que l’Église était encore assez robuste à cette époque, mais elle paraissait être une réalité du passé plutôt que de l’avenir. Et alors nous espérions que cela changerait, que l’Église serait à nouveau une force de demain et une force d’aujourd’hui".

On considérait que le modèle négatif – a rappelé le pape – c’était le Synode romain, "où l’on disait que des textes déjà préparés seraient lus en assemblée et simplement approuvés par les membres du Synode". Au concile les évêques n’ont pas voulu procéder ainsi, dans la mesure où ils en étaient les acteurs et "le premier moment où cette attitude se manifesta fut le premier jour, tout de suite".

Pour ce premier jour, il était prévu d’élire les commissions, sur des listes qui avaient été préparées d’avance. Les pères refusèrent, ils voulaient d’abord se connaître un peu, puis préparer eux-mêmes de nouvelles listes. Ce qui fut fait. Et "ce ne fut pas un acte révolutionnaire, mais un acte de conscience, de responsabilité de la part des pères conciliaires".

C’est ainsi – a rappelé le pape – que commença une forte activité de découverte réciproque. Et cela devint habituel pendant toute la durée du concile. "De cette manière, il a pu connaître de grandes figures comme les pères de Lubac, Daniélou, Congar. C’était une expérience de l’universalité de l’Église, qui ne reçoit pas simplement des injonctions venues d’en haut mais grandit collectivement et avance, toujours sous la conduite, bien entendu, du successeur de Pierre".

Parmi les évêques du monde entier, ceux qui avaient les intentions les plus définies au départ étaient les épiscopats français, allemand, belge, néerlandais, ce que l’on a appelé “l’Alliance rhénane”. Pendant la première partie du concile "c’est donc eux qui indiquaient la route, mais ensuite l’activité s’est rapidement élargie et ils ont tous participé de plus en plus à la créativité de l’assemblée".

La Conclusion

"Je voudrais maintenant ajouter encore un point : il y avait le concile des Pères – le vrai concile – mais il y avait aussi le concile des médias. C’était presque un concile en soi et le monde a perçu le concile à travers eux, à travers les médias.

"Donc le concile immédiatement efficace qui est arrivé au peuple a été celui des médias, pas celui des Pères. Et, alors que le concile des Pères se réalisait à l’intérieur de la foi, et c’était un concile de la foi qui cherche l’’intellectus’, qui cherche à se comprendre et à comprendre les signes de Dieu en ce moment, qui cherche à répondre au défi de Dieu en ce moment et à trouver dans la Parole de Dieu la parole pour aujourd’hui et pour demain, alors que tout le concile – comme je l’ai dit – se déroulait à l’intérieur de la foi, comme ’fides quaerens intellectum’, le concile des journalistes ne s’est pas réalisé, bien évidemment, à l’intérieur de la foi, mais à l’intérieur des catégories des médias d’aujourd’hui, c’est-à-dire hors de la foi, avec une herméneutique différente.

"C’était une herméneutique politique. Pour les médias, le concile était une lutte politique, une lutte pour le pouvoir entre différents courants au sein de l’Église. Il était évident que les médias prendraient position en faveur de la tendance qui leur paraissait la plus conforme à leur monde. Il y avait ceux qui cherchaient la décentralisation de l’Église, le pouvoir pour les évêques puis, à travers l’expression "peuple de Dieu", le pouvoir du peuple, des laïcs. Il y avait cette triple question : le pouvoir du pape, transféré ensuite au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, la souveraineté populaire. Bien entendu, pour eux, c’était cette tendance-là qui devait être approuvée, promulguée, favorisée.

"Il en était de même pour la liturgie : la liturgie n’était pas intéressante en tant qu’acte de la foi, mais comme une chose où l’on fait des choses compréhensibles, une chose d’activités de la communauté, une chose profane. Et nous savons qu’il y avait une tendance, ayant également des fondements historiques, à dire : la sacralité est une chose païenne, éventuellement une chose de l’Ancien Testament aussi, mais dans le Nouveau Testament, le seul fait qui compte, c’est que le Christ est mort dehors : c’est-à-dire en dehors des portes, c’est-à-dire dans le monde profane. Par conséquent la sacralité devait être abandonnée, le culte était également profane : le culte n’est pas culte, c’est un acte de la collectivité, de la participation commune, et donc aussi la participation comme activité.

"Ces traductions, banalisations de l’idée de concile, ont été virulentes dans la pratique de l’application de la réforme liturgique ; elles étaient nées d’une vision du concile au-delà de sa propre clé, la foi. Il en est de même pour ce qui est de la question de l’Écriture : l’Écriture est un livre, historique, qui doit être traité historiquement et rien d’autre, et ainsi de suite.

"Nous savons que ce concile des médias était accessible à tout le monde. C’était donc le concile dominant, plus efficace, et il a créé beaucoup de calamités, beaucoup de problèmes, vraiment beaucoup de malheurs : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… Et le vrai concile a eu du mal à se concrétiser, à se réaliser ; le concile virtuel était plus fort que le concile réel.

"Mais la force réelle du concile était présente et, peu à peu, elle se concrétise de plus en plus et devient la vraie force qui, en outre, est également la vraie réforme, le vrai renouvellement de l’Église. Il me semble que, cinquante ans après le concile, nous constatons que ce concile virtuel se brise, disparaît, et qu’apparaît le vrai concile avec toute sa force spirituelle. Et il est de notre devoir, justement en cette Année de la foi, en commençant par cette Année de la foi, de travailler pour que le vrai concile, avec sa force de l’Esprit-Saint, se réalise et que l’Église soit réellement renouvelée. Espérons que le Seigneur nous aide. Moi, retiré dans la prière, je serai toujours avec vous, et ensemble nous avancerons avec le Seigneur. Dans cette certitude : c’est le Seigneur qui est vainqueur !".

Sources : News.Va - Site officiel du Saint-Siège (http://www.vatican.va) - - Sandro Magister in "La guerre des deux conciles : le vrai et le faux." (http://chiesa.espresso.repubblica.i...) traduction française de Charles de Pechpeyrou.



[1] Source : News.Va
_






Paroisse Saint-Pie X

Nous retrouver sur Twitter :

ou sur Facebook : https://www.facebook.com/SaintPieXToulon

Picto adresse postale Adresse postale : 49 rue Henri Poincaré - 83000 Toulon (façade ouest de l’église)
Picto adresse postale entrée courante, accueil, bureaux, salles de réunion et presbytère : porte sud de l’église par la courette de la rue Eugène Silvain
accès personnes à mobilité réduite : porte nord de l’église, rue Eugène Silvain
Picto adresse postale entrée et parvis d’honneur (mariages, obsèques, solennités, processions ...) : façade est de l’église, rue Eugène Silvain

04 98 00 98 80

Picto fax 04 98 00 98 81

GPS : Lat. 43.1207 ; Long. 5.9412

En pratique, accéder à Saint-Pie X

Pour joindre l’équipe de rédaction, recevoir le bulletin paroissial par e-mail, ou contribuer à ce site, écrivez-nous à l’adresse électronique suivante :
saintpiex.toulon@gmail.com

ou "tweetez ! "

 



 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr