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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Pour aller plus loin avec saint Joseph durant la Neuvaine

  Publié le lundi 6 février 2012 , par Yann de Rauglaudre


JOUR 1

Benoît XVI - Homélie 4 Juillet 2010
C’est dans le silence extérieur, mais surtout intérieur, qu’on réussi à entendre la voix de Dieu, capable d’orienter sa vie. Voici un premier aspect important pour nous : nous vivons dans une société dans laquelle chaque espace, chaque instant semble devoir être "rempli" d’initiatives, d’activités, de sons : souvent, on a même plus le temps d’écouter ni de dialoguer. Chers frères et sœurs ! N’ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous, si nous voulons être en mesure non seulement de percevoir la voix de Dieu, mais aussi celles de ceux qui nous entourent, des autres.

Madeleine Delbrêl
Le silence ne nous manque pas, car nous l’avons. Le jour où il nous manque, c’est que nous n’avons pas su le prendre.
Tous les bruits qui nous entourent font beaucoup moins de tapage que nous-mêmes. Le vrai bruit, c’est l’écho que les choses ont en nous. Ce n’est pas de parler qui rompt forcément le silence. Le silence est la place de la Parole de Dieu et si, lorsque nous parlons, nous nous bornons à répéter cette parole, nous ne cessons pas de nous taire. Le silence, c’est quelquefois se taire, mais le silence c’est toujours écouter. Une absence de bruit qui serait vide de notre attention à la parole de Dieu ne serait pas silence. Le silence n’aime pas la profusion des mots. Nous savons parler ou nous taire, mais nous savons mal nous contenter des mots nécessaires. Sans cesse nous oscillons entre un mutisme qui abîme la charité et une explosion de paroles qui déborde la vérité. Le silence est charité et vérité.
La sainteté des gens ordinaires, t. VII des Œuvres Complètes, p24 & 166

Prière - Cantique composé par sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
Joseph, votre admirable vie
Se passa dans l’humilité ;
Mais, de Jésus et de Marie,
Vous contempliez la beauté !
Joseph, ô tendre Père,
Protégez le Carmel !

Que vos enfants, sur cette terre,
Goûtent déjà la paix du ciel.

Le Fils de Dieu, dans son enfance,
Plus d’une fois, avec bonheur,
Soumis à votre obéissance,
S’est reposé sur votre cœur !

Comme vous, dans la solitude,
Nous servons Marie et Jésus ;
Leur plaire est notre seule étude ;
Nous ne désirons rien de plus.

Sainte Thérèse, notre Mère,
En vous se confiait toujours ;
Elle assure que sa prière,
Vous l’exauciez d’un prompt secours.

Quand l’épreuve sera finie,
Nous en avons le doux espoir
Près de la divine Marie,
Saint Joseph, nous irons vous voir.

Bénissez, tendre Père,
Notre petit Carmel ;
Après l’exil de cette terre
Réunissez-nous dans le ciel.


JOUR 2

Jean Paul II - Homélie 19 mars 1982
Joseph de Nazareth est un "homme juste", parce qu’il "vit totalement de la foi". Il est saint parce que sa foi est vraiment héroïque.

La Sainte Ecriture parle peu de lui. Elle ne rapporte pas un seul mot prononcé par lui, le charpentier de Nazareth. Et pourtant, sans un mot, il prouve la profondeur et la grandeur de sa foi. Saint Joseph est grand en esprit. Il est grand dans la foi, non parce qu’il prononce ses propres paroles, mais surtout parce qu’il écoute les paroles du Dieu vivant. Il écoute en silence. Et son cœur persévère sans cesse dans la promptitude à accepter la Vérité renfermée dans la parole du Dieu vivant. Pour l’accueillir et l’accomplir avec amour. Ainsi, Joseph de Nazareth devient vraiment un admirable témoin du Mystère divin. Il devient un dispensateur du Tabernacle, que Dieu s’est choisi sur la terre pour accomplir l’œuvre du salut.
En regardant aujourd’hui avec vénération et amour la figure de saint Joseph, nous devons dans ce regard renouveler notre propre foi. Nous voyons comment la Parole du Dieu vivant pénètre profondément dans l’âme de cet homme, de cet homme juste. Et nous, savons-nous écouter la Parole de Dieu ? Savons-nous l’assimiler avec la profondeur de notre "moi" humain ? Ouvrons-nous notre conscience à cette parole ?
Ou bien –au contraire- en restons-nous seulement à la superficie de la Parole de Dieu ? Lui permettons-nous un accès plus profond à notre âme ? Accueillons-nous cette Parole dans le silence de la disponibilité intérieure, comme Joseph de Nazareth ? Créons-nous les conditions pour qu’elle puisse agir intérieurement et porter du fruit ? Ecoutons-nous la Parole de Dieu ? Comment l’écoutons-nous ? Lisons-nous la Sainte Ecriture ? Participons-nous aux catéchèses ?

Nous avons tant besoin de la foi ! La foi est si nécessaire à l’homme de notre temps, à l’homme de la difficile époque actuelle ! Une grande foi est tellement nécessaire ! C’est justement aujourd’hui qu’une grande foi est nécessaire aux hommes, aux familles, aux communautés, à l’Eglise. C’est justement pour nous préparer au regard mûr de la foi sur les problèmes de l’Eglise et du monde contemporain que la Providence divine nous a donné le Concile Vatican II, son enseignement et ses orientations.

Il est nécessaire que maintenant, dans les communautés particulières - au moins dans les "églises domestiques" -, le travail porte sur l’assimilation de cet enseignement. Il faut lire, il faut écouter, et accepter dans le silence de la disponibilité intérieure cette Parole, que l’Esprit Saint "dit à l’Eglise" de notre temps.

Benoît XVI - Allocution du 19 mars 2011
La Providence a voulu que ces Exercices se concluent par la fête de saint Joseph, mon patron personnel et patron de la Sainte Église : un saint humble, un humble travailleur, qui a été rendu digne d’être le Gardien du Rédempteur.

Saint Matthieu désigne saint Joseph par une parole : "C’était un juste", dikaios, de dikè, et dans la vision de l’Ancien Testament, comme on le trouve par exemple dans le Psaume 1, est "juste" l’homme qui est plongé dans la Parole de Dieu, qui vit dans la Parole de Dieu, qui vit dans la Loi non comme un "joug", mais comme une "joie", qui vit - pourrions-nous dire - la Loi comme un "Évangile".

Saint Joseph était un juste, il était plongé dans la Parole de Dieu, écrite, transmise dans la sagesse de son peuple, et précisément de cette façon, il était préparé et appelé à connaître le Verbe Incarné - le Verbe venu parmi nous comme un homme -, et prédestiné à garder, à protéger ce Verbe incarné ; cette mission demeure sienne pour toujours : garder la sainte Église et Notre Seigneur.

Nous nous plaçons maintenant sous sa protection, nous prions pour qu’il nous aide dans notre humble service. Nous avançons avec courage sous cette protection.

Hymne de Laudes - Aurora, Solis Nuntia

L’aurore, annonce du soleil,
Ouverture du mois des fleurs,
Salue le toit de Nazareth
Vibrant des coups du charpentier.

Salut à vous, Chef de famille
Sous lequel l’Ouvrier suprême
Baigné d’une amère sueur
Travaille au métier paternel !

Habitant les hauteurs célestes
Auprès d’une Epouse sublime,
A cette heure aidez vos clients,
Ceux que le dénuement accable.

Au loin violence et conflits,
Toute fraude dans les salaires !
Que seule la frugalité
Mesure biens et nourriture !

Unité de la Trinité,
A la prière de Joseph
Guidez au chemin de la paix
Les pas de tous et leur voyage !


JOUR 3

Jean-Paul II - Redemptoris Custos, 8
Saint Joseph a été appelé par Dieu à servir directement la personne et la mission de Jésus en exerçant sa paternité c’est bien de cette manière qu’il coopère dans la plénitude du temps au grand mystère de la Rédemption et qu’il est véritablement "ministre du salut". Sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait "d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’Incarnation et à la mission rédemptrice qui lui est liée ; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la sainte Famille, pour lui faire le don total de lui-même, de sa vie, de son travail ; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour familial en une oblation surnaturelle de lui-même, de son coeur et de toutes ses forces à l’amour mis au service du Messie qui naquit dans sa maison. "

La liturgie rappelle qu’"à saint Joseph a été confiée la garde des mystères du salut à l’aube des temps nouveaux", et elle précise qu’ "il fut le serviteur fidèle et prudent à qui Dieu confia la sainte Famille pour qu’il veille comme un père sur son Fils unique. " Léon XIII souligne la sublimité de cette mission : "Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, parce qu’il a été, de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’il lui obéissait et qu’il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents. "

Il serait inconcevable qu’à une tâche aussi élevée ne correspondent pas les qualités voulues pour bien l’accomplir. Il convient donc de reconnaître que Joseph eut à l’égard de Jésus, "par un don spécial du ciel, tout l’amour naturel, toute l’affectueuse sollicitude que peut connaître un coeur de père. "

En même, temps que la puissance paternelle sur Jésus, Dieu a aussi accordé à Joseph l’amour correspondant, cet amour qui a sa source dans le Père, "de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. " (Ep 3, 15).

Dans les Evangiles est clairement décrite la tâche de père qui est celle de Joseph à l’égard de Jésus. En effet, le salut, qui passe par l’humanité de Jésus, se réalise dans des gestes qui font partie de la vie familiale quotidienne, en respectant l’ "abaissement" inhérent à l’économie de l’Incarnation. Les évangélistes sont très attentifs à montrer que, dans la vie de Jésus, rien n’a été laissé au hasard et que tout s’est déroulé selon un plan divin préétabli. La formule souvent répétée : "Cela advint pour que s’accomplit..." et la référence de l’événement décrit à un texte de l’Ancien Testament tendent à souligner l’unité et la continuité du projet, qui atteint son accomplissement dans le Christ.

Par l’Incarnation, les "promesses" et les "figures" de l’Ancien Testament deviennent des "réalités" : les lieux, les personnes, les événements et les rites s’entremêlent selon des ordres divins précis, transmis par le ministère des anges et reçus par des créatures particulièrement sensibles à la voix de Dieu. Marie est l’humble servante du Seigneur, préparée de toute éternité à la mission d’être Mère de Dieu ; Joseph est celui que Dieu a choisi pour être "l’ordonnateur de la naissance du Seigneur », celui qui a la charge de pourvoir à l’entrée "dans l’ordre" du Fils de Dieu dans le monde, en respectant les dispositions divines et les lois humaines. Toute la vie "privée" ou "cachée" de Jésus est confiée à sa garde.

Hymne de Matines - Te Pater Joseph

C’est vous, patriarche Joseph,
Ouvrier digne des autels,
Ravi de vous cacher dans l’ombre à Nazareth,
Qu’à hautes voix comme à pleins cœurs
Cette nuit nous allons chanter.

Une descendance de rois
Et la condition des pauvres,
Vous portez tout cela calme et silencieux,
En nourrissant l’Enfant sacré
Grâce au dur labeur de vos mains.

Saint Ouvrier, des ouvriers
Le pur miroir, combien aux humbles
Votre existence apporte un modèle splendide,
Pour que les sueurs du travail
Et l’atelier soient choses saintes !

Les miséreux qui sont sans pain,
Accueillez-les avec amour ;
Calmez toute révolte, apaisez tout conflit ;
Qu’en nous croisse le Christ mystique
Sous votre garde paternelle.

O Dieu trine et un à la fois,
Père de tous, auteur du monde,
Donnez-nous d’imiter par toute notre vie
Le saint patriarche Joseph,
De l’imiter en notre mort !


JOUR 4

Benoît XVI - Discours au Collège des Bernardins, 12 septembre 2008
Dans le monde grec, le travail physique était considéré comme l’œuvre des esclaves. Le sage, l’homme vraiment libre, se consacrait uniquement aux choses de l’esprit ; il abandonnait le travail physique, considéré comme une réalité inférieure, à ces hommes qui n’étaient pas supposés atteindre cette existence supérieure, celle de l’esprit. La tradition juive était très différente : tous les grands rabbins exerçaient parallèlement un métier artisanal. Paul, comme rabbi puis comme héraut de l’Évangile aux Gentils, était un fabricant de tentes et il gagnait sa vie par le travail de ses mains. Il n’était pas une exception, mais il se situait dans la tradition commune du rabbinisme. Le monachisme chrétien a accueilli cette tradition : le travail manuel en est un élément constitutif. (…) Les chrétiens, s’inscrivant dans la tradition pratiquée depuis longtemps par le judaïsme, devaient, en outre, se sentir interpellés par la parole de Jésus dans l’Évangile de Jean, où il défendait son action le jour du shabbat : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (5, 17). Le monde gréco-romain ne connaissait aucun Dieu Créateur. La divinité suprême selon leur vision ne pouvait pas, pour ainsi dire, se salir les mains par la création de la matière. « L’ordonnancement » du monde était le fait du démiurge, une divinité subordonnée. Le Dieu de la Bible est bien différent : Lui, l’Un, le Dieu vivant et vrai, est également le Créateur. Dieu travaille, il continue d’œuvrer dans et sur l’histoire des hommes. Et dans le Christ, il entre comme Personne dans l’enfantement laborieux de l’histoire. « Mon Père est toujours à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre ». Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n’est pas encore achevée. Dieu travaille, ergázetai ! C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables.

Saint Josémaria Escriva - Quand le Christ passe
La figure de Saint Joseph dans l’Évangile
La Sainte Ecriture nous dit que Joseph était artisan ; plusieurs Pères de l’Eglise ajoutent qu’il était charpentier, et saint Justin, en parlant de la vie de travail de Jésus, affirme qu’il faisait des charrues et des jougs. C’est peut-être en se fondant sur ces dires que saint Isidore de Séville en conclut qu’il était forgeron.

De toute façon, c’était un artisan qui travaillait au service de ses concitoyens et dont l’habileté était le fruit d’années de durs efforts.

La forte personnalité humaine de Joseph se détache des récits évangéliques : il n’apparaît jamais comme un homme timide ou craintif devant la vie ; il sait au contraire faire face aux problèmes, sortir des situations difficiles et assumer avec responsabilité et initiative les taches qui lui sont confiées.

Joseph, nous l’avons dit, était un artisan de Galilée, un homme comme tant d’autres. Et que petit attendre de la vie un habitant d’un village perdu comme Nazareth ? Rien d’autre que le travail, jour après jour, et toujours avec le même effort ; et, à la fin de la journée, une maison petite et pauvre, pour y refaire ses forces et recommencer sa tâche le jour suivant. Joseph était en effet un homme ordinaire, auquel Dieu fit confiance pour accomplir de grandes choses. Il sut vivre comme le Seigneur le lui demandait tous les événements qui composèrent sa vie, et c’est pourquoi la Sainte Écriture loue Joseph en disant qu’il était juste. Pour un Hébreu, juste veut dire pieux, serviteur irréprochable de Dieu, fidèle à la volonté divine ; d’autres fois, juste veut dire bon et charitable avec le prochain. En un mot, le juste est celui qui aime Dieu et démontre cet amour en accomplissant ses commandements au service de ses frères, les hommes.

Les oeuvres de l’Amour sont toujours grandes, même s’il s’agit de choses qui semblent de peu d’importance… Le Seigneur nous apprend que tout a de l’importance : les actions que notre vision humaine nous fait juger grandes, ou celles pour lesquelles, en revanche, nous avons peu d’estime.

Sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, sanctifier par le travail Vous devez vous sanctifier, en aidant en même temps à la sanctification des autres, vos égaux, en sanctifiant précisément votre travail et votre milieu : cette profession ou ce métier qui occupe vos journées, qui donne à votre personnalité humaine sa physionomie particulière, qui est votre manière d’être dans le monde, ce foyer, cette famille qui est la vôtre, ce pays où vous êtes nés et que vous aimez.

Le travail est l’inévitable compagnon de la vie de l’homme sur terre. Il s’accompagne d’effort, de lassitude, de fatigue, manifestations de la douleur et de la lutte, qui font partie de notre vie présente et qui sont les signes de la réalité du péché et de la nécessité de la Rédemption. Mais le travail en soi n’est ni peine, ni malédiction, ni châtiment. Ceux qui le prétendent n’ont pas bien lu la Sainte Écriture.

Il est temps que nous, les chrétiens, nous proclamions bien haut que le travail est un don de Dieu, et qu’il n’est pas sensé de diviser les hommes en diverses catégories selon le travail qu’ils réalisent, en considérant certaines tâches plus nobles que d’autres. Le travail - tout travail - est témoignage de la dignité de l’homme et de son emprise sur la création. C’est une occasion e perfectionner sa personnalité. C’est un lien qui nous nit aux autres êtres, une source de revenus pour assurer la subsistance de sa famille, un moyen de contribuer à l’amélioration de la société et au progrès de l’humanité tout entière.

Pour un chrétien, ces perspectives s’élargissent et s’amplifient, car le travail lui apparaît comme ne participation à l’oeuvre créatrice de Dieu, qui, en créant l’homme, le bénit en lui disant : Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez les poissons de lamer, les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui rampent sur la terre. Car, pour avoir été assumé par le Christ, le travail nous apparaît comme une réalité qui a été rachetée à son tour. Ce n’est pas seulement le cadre de la vie de l’homme, mais un moyen et un chemin de sainteté,une réalité qui sanctifie et que l’on peut sanctifier.

Prière à saint Joseph artisan de Pie XII
O glorieux Patriarche saint Joseph, humble et juste artisan de Nazareth, qui avez donné à tous les chrétiens, mais spécialement à nous, l’exemple d’une vie parfaite dans le travail constant et dans l’admirable union à Marie et à Jésus, assistez-nous dans notre tâche quotidienne, afin que, nous aussi, artisans catholiques, nous puissions trouver en elle le moyen efficace de glorifier le Seigneur, de nous sanctifier et d’être utiles à la société dans laquelle nous vivons, idéals suprêmes de toutes nos actions.

Obtenez-nous du Seigneur, ô notre très aimé protecteur, humilité et simplicité de cœur, goût du travail et bienveillance envers ceux qui sont nos compagnons de labeur, conformité aux divines volontés dans les peines inévitables de cette vie et joie dans leur support, conscience de notre mission sociale particulière, et sentiment de notre responsabilité, esprit de discipline et de prière, docilité et respect à l’égard de nos supérieurs, fraternité envers les égaux, charité et indulgence pour nos subordonnés. Soyez avec nous dans nos moments de prospérité, quand tout nous invite à goûter honnêtement les fruits de nos fatigues ; mais soutenez-nous dans les heures de tristesse, alors que le ciel semble se fermer pour nous et que les instruments du travail eux-mêmes paraissent se rebeller dans nos mains.

Faites que, à votre exemple, nous tenions les yeux fixés sur notre Mère Marie, votre très douce épouse, qui, dans un coin de votre modeste atelier, filait silencieusement, laissant errer sur ses lèvres le plus gracieux sourire ; faites aussi que nous n’éloignions pas notre regard de Jésus, qui peinait à votre établi de menuisier, afin que nous puissions ainsi mener sur terre une vie pacifique et sainte, prélude de celle éternellement heureuse qui nous attend dans le ciel, durant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

(Pie XII institua en 1955 la fête de saint Joseph artisan, destinée à être célébrée le 1er mai de chaque année.)


JOUR 5

Benoît XVI - Angelus 19 mars 2006
Le Pape évoque le rôle de saint Joseph au moment de la mort de Jean-Paul II Je suis heureux de rappeler que le bien-aimé Jean-Paul II avait également une grande dévotion pour saint Joseph à qui il consacra l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos - le Gardien du Rédempteur, et de l’assistance duquel il fit certainement l’expérience à l’heure de sa mort. Considérations du Chanoine Maurice Bouvet (1880-1948)
L’Eglise le nomme le Patron de la Bonne Mort. Il arrive malheureusement que beaucoup se contentent ici des images vagues que proposent ces mots prestigieux. Il faut aller jusqu’à l’idée profonde : le sens est alors d’une étonnante plénitude et le culte de saint Joseph paraît sous un jour qui le magnifie. On va, il est vrai, de surprise en surprise. Les deux termes, Eglise et agonie, incluent un élément commun : l’idée de combat. L’Eglise ici-bas est nécessairement militante (qui lutte) ; agonie a le même sens.

Beaucoup en qui est le désir de la Bonne Mort n’ont de celle-ci qu’une idée bien chétive : celle d’une mort sanctifiée de telle sorte par les sacrements qu’une âme enfin échappe à la damnation. Certes, c’est là sauver l’essentiel. Qui ne sent pourtant que pareil désir manque d’inspiration proprement chrétienne ? Il peut suffire comme peut suffire la contrition imparfaite dont les motifs font rougir au pied du crucifix, pour peu qu’on les examine et contemple… Il peut suffire : il ne conduit pas loin. Pour un vrai chrétien, la Bonne Mort est bien autre chose : c’est mourir en ayant vécu non pour soi, stérilement et parfois sordidement, mais au service de ses devoirs d’état ; c’est mourir, sa tâche faite et bien faite, en paix.

Bien évidemment, une telle mort ne s’improvise pas. Elle ne vient pas du dehors, par un coup de grâce, s’ajouter à une vie médiocre et la démentir. Elle se prépare à longueur d’années. Non pas qu’elle se mérite, la grâce de Dieu la donne. Mais à cette grâce de persévérance finale, heureux qui se sent d’avance et dès longtemps accordé.

Prière pour la bonne mort

Saint Joseph, vous qui avez eu le bonheur d’être entouré de Jésus et de Marie quand vint pour vous le moment de retourner à la maison du Père, c’est à juste titre que les chrétiens s’adressent à vous comme au patron et au consolateur des mourants.

Nous vous demandons aujourd’hui votre soutien pour les derniers instants de notre vie terrestre. Obtenez-nous la grâce de vivre ici-bas comme vous, dans la justice et la droiture, en présence de Jésus et de Marie, sans jamais être séparés d’eux. Ainsi, au moment où nos jours prendront fin, notre vie terrestre sera transformée en une éternité de bonheur auprès du Seigneur. Amen !


JOUR 6

Jean-Paul II - Audience générale 1° avril 1981
Selon la doctrine évangélique, si merveilleusement développée dans les Épîtres de saint Paul, la pureté n’est pas une simple abstention de l’impudicité (1Th 4,3), ou tempérance : elle ouvre en même temps la voie qui conduit à une découverte toujours plus parfaite de la dignité du corps humain, lui qui est lié organiquement à la liberté du don dans l’authenticité intégrale de sa subjectivité personnelle, masculine ou féminine. De cette manière, la pureté comprise comme tempérance mûrit dans le coeur de l’homme qui la cultive et tend à la découverte et à l’affirmation de la signification sponsale du corps, dans sa vérité intégrale. C’est précisément cette vérité qui doit être connue intérieurement : elle doit, en un certain sens, être "ressentie par le coeur", afin que les rapports réciproques de l’homme et de la femme - et jusqu’au simple regard - retrouvent ce contenu authentiquement sponsal de leurs significations. Et c’est précisément ce contenu que l’Evangile indique comme "pureté du coeur".

Dans la pureté bien mûrie, l’homme jouit des fruits de la victoire remportée sur la concupiscence, victoire dont a parlé saint Paul en exhortant chacun à "user de son corps avec sainteté et respect" (1Th 4,4) Mieux, c’est précisément dans une pureté bien mûrie que se manifeste partiellement l’efficacité du don du Saint-Esprit dont le corps humain "est le temple" (1Co 6,19). Ce don est surtout celui de la piété (donum pietatis) qui restitue à l’expérience du corps - spécialement quand il s’agit des relations réciproques de l’homme et de la femme - toute sa simplicité, toute sa limpidité et aussi toute sa joie intérieure. Comme on le voit, ceci constitue un climat spirituel très différent de la passion et de la libido dont parle saint Paul. L’apaisement de la passion est en effet une chose ; la joie que l’homme éprouve à se posséder plus pleinement lui-même et à pouvoir devenir ainsi encore plus pleinement un véritable don pour une autre personne en est une autre. Les paroles que le Christ a prononcées dans le Discours sur la Montagne conduisent précisément le coeur humain à cette joie. C’est à elles qu’il convient de confier sa propre personne, ses pensées et ses actions, afin de trouver la joie et de la donner aux autres.

Saint Josémaria Escriva - La pureté découle de l’amour
Je ne suis pas d’accord avec l’iconographie classique qui représente saint Joseph comme un vieillard, même si elle s’explique par l’excellente intention de mettre en valeur la virginite perpétuelle de Marie. Moi, le me l’imagine jeune, fort, avec quelques années de plus que la Vierge peut-être, mais dans la plénitude de l’âge et des forces humaines.

Pour vivre la vertu de la chasteté, il n’est pas nécessaire d’attendre d’être vieux ou de manquer de force. La chasteté naît de l’amour et, pour un amour pur, la force et la joie de la jeunesse ne sont pas un obstacle. Saint Joseph était jeune, de coeur et de corps, quand il épousa Marie, quand il connut le mystère de sa Maternité divine et vécut près d’Elle, en respectant l’intégrité que Dieu voulait léguer au monde comme un signe de plus de sa venue parmi les créatures. Qui ne sait pas comprendre un tel amour est bien ignorant de ce qu’est l’amour véritable, et méconnaît le sens chrétien de la chasteté.


JOUR 7

Jean-Paul II - Homélie 19 mars 1981
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. (Mt 1, 18) C’est le mystère de Marie. Joseph ne connaissait pas ce mystère. Il ne savait pas qu’en celle dont il était l’époux, même si, en obéissance à la loi hébraïque, il ne l’avait pas encore accueillie sous son toit, s’était accomplie cette promesse de la Foi faite à Abraham. Il ne savait pas que s’était accomplie en elle, de la descendance de David, la prophétie faite par le prophète Nathan à David…

C’est le mystère de Marie. Joseph ne connaissait pas ce mystère. Elle ne pouvait pas le lui transmettre, parce c’est un mystère qui dépasse les capacités de l’intelligence humaine et les possibilités du langage humain. Il n’était pas possible de le lui transmettre par des moyens humains. On pouvait seulement l’accepter de Dieu et croire. Comme crut Marie… Ces paroles adressée à Joseph : fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse (Mt 1, 20) sont peut-être adressée à chacun d’entre vous. Chers frères, maris et pères de famille ! Ne crains pas de prendre… Ne pas abandonner ! Cela a été dit au commencement : L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme (Gen 2, 24). Et le Christ ajoute : Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni (Mc 10, 9). La cohésion de la famille, sa stabilité est l’un des biens fondamentaux de l’homme et de la société. A la base de la cohésion de la famille il y a l’indissolubilité du mariage… Chers frères ! La voix qu’a entendu Joseph de Nazareth en cette nuit décisive de sa vie s’adresse toujours à vous, spécialement face au danger de destruction de la famille : "Ne craignez pas de persévérer, N’abandonnez pas ! Comportez-vous comme cet homme juste !" Jean-Paul II - Redemptoris Custos, 7

Comme il résulte des textes évangéliques, le mariage de Marie est le fondement juridique de la paternité de Joseph. C’est pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus que Dieu choisit Joseph comme époux de Marie. Il s’ensuit que la paternité de Joseph - relation qui le place le plus près possible du Christ, fin de toute élection et de toute prédestination (cf. Rm 8, 28-29) - passe par le mariage avec Marie, c’est-à-dire par la famille. Tout en affirmant clairement que Jésus a été conçu par le fait de l’Esprit Saint et que dans ce mariage la virginité a été préservée (cf. Mt 1. 18-25 ; Lc 1, 26-38), les évangélistes appellent Joseph l’époux de Marie et Marie l’épouse de Joseph (cf. Mt 1, 16. 18-20. 24 ; Lc 1, 27 ; 2, 5).

Pour l’Eglise aussi, s’il est important de proclamer la conception virginale de Jésus, il est non moins important de défendre le mariage de Marie avec Joseph car, juridiquement, c’est de lui que dépend la paternité de Joseph. On comprend alors pourquoi les générations ont été énumérées selon la généalogie de Joseph : "Pourquoi - se demande saint Augustin - n’auraient-elles pas dû être celles de Joseph ? Joseph n’était-il pas l’époux de Marie ? [...] L’Ecriture affirme, par la voix autorisée de l’Ange, qu’il était son époux. Ne crains pas, dit-il, de prendre chez toi Marie, ton Épouse. - ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Il reçoit l’ordre de donner à l’enfant son nom, bien qu’il ne soit pas né de lui. Elle enfantera un fils, dit-il, auquel tu donneras le nom de Jésus. L’Ecriture sait bien que Jésus n’est pas né de Joseph, puisque, alors qu’il était préoccupé au sujet de l’origine de la maternité de Marie, il lui est dit : cela vient de l’Esprit Saint. Et pourtant, l’autorité paternelle ne lui est pas enlevée puisqu’il lui est ordonné de donner à l’enfant son nom. Enfin, la Vierge Marie elle-même, qui a bien conscience de ne pas avoir conçu le Christ par l’union conjugale avec lui, l’appelle cependant père du Christ. " Le fils de Marie est aussi fils de Joseph en vertu du lien matrimonial qui les unit : "En raison de ce mariage fidèle, ils méritèrent tous les deux d’être appelés les parents du Christ, non seulement elle, d’être appelée sa mère, mais lui aussi, d’être appelé son père, de même qu’époux de sa mère, car il était l’un et l’autre par l’esprit et non par la chair. " Dans ce mariage, il ne manqua rien de ce qui était nécessaire pour le constituer : "En ces père et mère du Christ se sont réalisés tous les biens du mariage : la progéniture, la fidélité, le sacrement. Nous connaissons la progéniture, qui est le Seigneur Jésus lui-même ; la fidélité, car il n’y a aucun adultère ; le sacrement, car il n’y a aucun divorce. "

Quand ils analysent la nature du mariage, saint Augustin comme saint Thomas considèrent constamment qu’elle réside dans l’ "union indivisible des esprits", dans l’ "union des coeurs", dans le "consentement", tous éléments qui se sont manifestés d’une manière exemplaire dans ce mariage. Au point culminant de l’histoire du salut, quand Dieu révèle son amour pour l’humanité par le don du Verbe, c’est précisément le mariage de Marie et de Joseph qui réalise en pleine "liberté" le "don sponsal de soi" en accueillant et en exprimant un tel amour. "Dans cette grande entreprise du renouvellement de toutes choses dans le Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la Nouvelle Alliance. Et voici qu’au seuil du Nouveau Testament comme à l’entrée de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Eve fut la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre. Le Sauveur a commencé l’oeuvre du salut par cette union virginale et sainte où se manifeste sa toute-puissante volonté de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l’amour et ce berceau de vie. "

Que d’enseignements en découlent aujourd’hui pour la famille ! Puisque, "en définitive, l’essence de la famille et ses devoirs sont définis par l’amour" et que "la famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l’amour, reflet vivant et participation réelle de l’amour de Dieu pour l’humanité et de l’amour du Christ Seigneur pour l’Eglise son Epouse" c’est dans la sainte Famille, cette "Eglise en miniature" par excellence, que toutes les familles chrétiennes doivent trouver leur reflet. En elle, en effet, "par un mystérieux dessein de Dieu, le Fils de Dieu a vécu caché durant de longues années. Elle est donc le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes".

Prière à saint Joseph

Saint Joseph,
Vous avez connu comme nous la vie familiale,
Vous et Marie, vous vous êtes aimés,
Comme deux époux savent le faire.
Votre amour mutuel se tournait naturellement
Vers Jésus, le Fils de Dieu, devenu enfant.
Et comme nous, vous avez dû faire grandir votre amour
Au milieu des joies et des peines de la vie.

Saint Joseph,
Protégez aujourd’hui notre famille.
Aidez-nous à bien nous comprendre,
A l’exemple de votre Fils Jésus
Qui savait regarder les cœurs au-delà des visages.
Faites que ni l’orgueil ni l’égoïsme ne porte atteinte
A l’affection que nous nous portons.
Rendez-nous toujours plus fidèles à nos engagements.
Veillez sur nos enfants.

Saint Joseph,
Dans tout ce qui pouvait vous arriver
Vous faisiez confiance à Dieu.
Soutenez notre Espérance.
Dans nos peines, nos faiblesses et nos doutes,
Aidez-nous à croire
A l’amour toujours fidèle
Et à la Miséricorde toujours accueillante
De notre Père du Ciel. Amen

Prière pour la famille de Mère Térésa

Père céleste,
Tu nous as donné en la Sainte Famille de Nazareth un modèle de vie.
O Père aimant, aide-nous à faire de notre famille un autre Nazareth où l’amour, la paix et la joie règnent.
Que nous puissions être profondément contemplatifs, intensément Eucharistiques et vibrants de joie.
Aide-nous à rester unis dans la joie comme dans la peine grâce à la prière en famille.
Apprends-nous à voir Jésus dans les membres de notre famille, spécialement dans les moments douloureux.
Fais que le Cœur Eucharistique de Jésus rende nos cœurs doux et humbles comme le Sien et qu’il nous aide à accomplir saintement nos devoirs familiaux.
Que nous nous aimions les uns et les autres comme dieu aime chacun de nous, de plus en plus chaque jour, et que nous nous pardonnions nos offenses comme tu pardonnes nos pêchés.
O Père aimant, aide-nous à recevoir tout ce que tu nous envoies et à donner généreusement tout ce que tu demandes avec un grand sourire.
Cœur Immaculée de Marie, cause de notre joie, prie pour nous.
Saint Joseph, prie pour nous. Saint Anges gardiens, soyez toujours avec nous, guidez-nous et protégez-nous. Amen


JOUR 8

Léon XIII
Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a acquis de son sang et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins.

Protégez, ô très sage Gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ ; préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption ; soyez-nous propice et assistez-nous, du haut du ciel, ô notre très-puissant Libérateur, dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Église de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Accordez- nous votre perpétuelle protection, afin que, soutenus par votre exemple et votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du ciel. Ainsi soit-il.

Prière de Jean-Paul II
Oratoire Saint Joseph de Mont Royal, 11 septembre 1984
Saint Joseph, avec toi, pour toi, nous bénissons le Seigneur. Il t’a choisi entre tous les hommes pour être le chaste époux de Marie, celui qui se tient au seuil du mystère de sa maternité divine, et qui, après elle, l’accueille dans la foi comme l’œuvre du Saint-Esprit. Tu as donné à Jésus une paternité légale en lien avec la lignée de David. Tu as constamment veillé sur la Mère et l’Enfant avec une sollicitude affectueuse, pour assurer leur vie et leur permettre d’accomplir leur destinée.

Le Sauveur Jésus a daigné se soumettre à toi comme à un père, durant son enfance et son adolescence, et recevoir de toi l’apprentissage de la vie humaine, pendant que tu partageais sa vie dans l’adoration de son mystère.

Tu demeures auprès de lui. Continue à protéger toute l’Église, la famille qui est née du salut de Jésus. Protège spécialement ce peuple canadien qui s’est placé sous ton patronage. Aide-le à s’approcher à son tour du mystère du Christ dans les dispositions de la foi, de soumission et d’amour qui ont été les tiennes.

Regarde les besoins spirituels et matériels de ceux qui recourent à ton intercession, en particulier des familles et des pauvres de toutes pauvretés ; par toi, ils sont sûrs de rejoindre le regard maternel de Marie et la main de Jésus qui les secourt. Amen.


JOUR 9

Isidore Isolani
Supplique au pape Adrien VI (1522) pour qu’il "ordonne que l’Eglise Universelle célèbre en l’honneur de saint Joseph des jours de fête annuels, solennels, joyeux, avec observance exacte et vénération apostolique comme un moyen efficace pour procurer la paix de l’Eglise et la conversion de l’Asie musulmane. "

Père Verlinde - Conférence, 20 mars 2011
Nazareth : berceau de la première et de la nouvelle évangélisation
"L’Eglise ne peut croître et prospérer si elle ignore que ses racines cachées plongent dans l’atmosphère de Nazareth. Car travailler avec Jésus travailleur, s’immerger dans Nazareth, devient le point de départ d’une nouvelle conception de l’Eglise pauvre et humble, d’une Eglise famille, d’une Eglise nazaréenne. Nazareth recèle un message permanent pour l’Eglise. Ce n’est ni dans le temple, ni même sur la montagne sainte, que commence la Nouvelle Alliance, mais dans la masure de la Vierge, dans la maison de l’ouvrier, en un lieu oublié de la Galilée des païens dont personne n’attendait quelque chose de bon. C’est toujours en revenant à ce point de départ que l’Eglise doit se régénérer. " (Cardinal Joseph Ratzinger, cité par la revue Magnificat 19 mars 2007)

La Nouvelle Evangélisation ne pourra se faire que dans une fidélité renouvelée aux événements fondateurs de la foi. Or les racines de l’évangile s’enfoncent profondément dans la terre de Nazareth où le Verbe de Dieu fait chair a voulu demeurer pendant trente ans, un long temps d’enfouissement, de maturation, préparation indispensable aux trois années d’évangélisation proprement dites. C’est à Nazareth que Jésus a vécu les Béatitudes au quotidien de la vie de la Sainte Famille avant de les prêcher sur la montagne. Or ce qui frappe dans les récits de l’enfance, c’est avant tout l’effacement de la Sainte Famille à l’image de celui de Joseph. Celui-ci commence par vouloir s’éloigner de sa fiancée ayant reconnu l’oeuvre de l’Esprit Saint dans le fait qu’elle soit enceinte, il ne voulut pas s’immiscer dans le déploiement du dessein de la providence. Cet homme juste a pleinement pris conscience de l’abîme qui sépare la créature de son créateur surtout depuis que le péché l’a privée de la grâce. Cette même crainte salutaire va le conduire à obéir inconditionnellement à Dieu lorsque celui-ci lui demande de prendre chez lui son épouse et d’être le gardien du mystère qui s’accomplit en elle. Joseph reçoit ainsi la charge de protéger l’honneur de la Vierge et d’insérer son enfant divin dans la lignée de David de laquelle devait naître le Messie Contrairement à la mission des apôtres qui annoncèrent le Christ au monde, le ministère de saint Joseph était de le cacher jusqu’au jour de sa manifestation définitive. De ce contraste nous pouvons tirer une leçon pour l’Eglise d’aujourd’hui.

Certes la Nouvelle Evangélisation sera l’œuvre d’apôtres qui proclameront la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cache, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Mystère qu’il s’agit de porter à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi. Mais si le Seigneur permet que les Eglises d’occident vivent aujourd’hui un temps de crise, qu’elles subissent les conséquences d’un sécularisme agressif voire même d’une christianophobie grandissante, n’est-ce pas pour nous inviter à adopter l’attitude la Sainte Famille, et en particulier de saint Joseph jusqu’au temps fixé. La priorité ne serait-elle pas pour l’Eglise de notre temps de faire une retraite à Nazareth pour y revenir à l’essentiel et pour assurer ainsi la fécondité du mouvement d’évangélisation qui en sera le fruit.

En Marie nous contemplons le terme du voyage, la Jerusalem céleste qui descend d’auprès de Dieu comme une fiancée parée pour son époux, belle, resplendissante de la grâce qui a pleinement accompli son œuvre en elle. Mais nous avons également besoin d’un modèle pour nous conduire sur la route qui mène vers ce terme. Et nous proposons que saint Joseph ait précisément été donné à l’Eglise de tous les temps en vue de ce ministère : de nous conduire vers cette perfection, vers cette Eglise resplendissante dont Marie est la parfaite image. Saint Joseph marqué par les conséquences du péché originel, a dû combattre contre le vieil homme, contre l’inertie d’une nature blessée qui nous fait tendre spontanément vers l’amour de soi et non vers l’agapè. Joseph incarne pour nous la part d’activité que nous avons à assumer pour maîtriser ce qui en nous s’oppose au mouvement de la grâce. Marie et Joseph demeurent tous deux nos modèles. Ils incarnent les deux aspects inséparables de la synergie entre la nature et la grâce. Nous avons besoin de Marie et de Joseph sur ce chemin de sainteté.

Saint Joseph peut et veut nous aider dans ce combat contre la part obscure de nous-mêmes : par son comportement au sein de la sainte famille, il nous apprend comment acquérir la parfaite maîtrise de soi pour une plus grande liberté au service de la charité. Il nous enseigne que le mouvement de conversion salutaire comporte deux aspects : nous livrer à la fois à l’Esprit dont Marie est comblée et au Verbe qui s’est incarné en Jésus. La relation de saint Joseph à la pleine de grâce est indissociable de sa relation au Verbe Incarné. En tant qu’époux de la Vierge et par son union avec elle, il était en étroite communion avec l’Esprit Saint. Quant à la seconde personne de la Trinité, elle lui a été unie par les liens de l’amour filial le plus vrai et le plus profond.

Saint Joseph nous montre comment nous livrer à l’action de l’Esprit Saint en devenant le serviteur de la Vierge Marie, son esclave comme dirait saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et comment nous livrer à l’action de la Parole en entrant dans l’intimité du Verbe incarné qui se donne à nous dans la simplicité d’un enfant. Saint Joseph se trouve ainsi intimement associé de manière unique à la plus sainte des créatures et à celui qui est le Saint par excellence. De plus comme il est établi chef de la sainte famille pour être sur terre l’ombre du Père des cieux, on peut affirmer qu’outre la Vierge immaculée, nul n’a vécu aussi proche de la Trinité que saint Joseph...C’est en nous mettant à l’école de saint Joseph pour accueillir l’Esprit dans l’intimité de la Vierge Marie et écouter le Verbe nous instruire en Jésus que l’Eglise militante pourra s’engager sur le chemin de conversion qui s’impose à elle comme préparation indispensable à la Nouvelle Evangélisation.

La meilleure manière de préparer cette Evangélisation Nouvelle consiste à implorer une nouvelle effusion de l’Esprit Saint sur l’Eglise. L’effusion de l’Esprit Saint advient nécessairement par le cœur immaculé de Marie. Il faut nous disposer à accueillir ce don de Dieu en nous rapprochant de la Vierge, puisque là où est Marie là est l’Esprit. Autrement dit, il nous faut frapper à la porte de l’humble maison de Nazareth pour demander à saint Joseph de nous introduire dans l’intimité de son épouse afin qu’elle nous apprenne à prier dans l’Esprit.

Qui mieux que saint Joseph pourra nous aider à contempler et à imiter celle qui fut toujours inconditionnellement docile à la Parole divine celle dont l’humanité a atteint son plein accomplissement grâce à sa foi parfaitement obéissante aux initiatives divines. Pour entrer dans l’obéissance filiale à la parole il nous faut regarder vivre Marie avec les yeux de Joseph. Ces yeux de l’amour qui permettent de voir le halo de lumière, c’est-à-dire de l’Esprit Saint, autour de la pleine de grâce. Ce qui suppose que le chef de la Sainte Famille nous accueille dans l’intimité de Nazareth. Il est tout disposé à nous apprendre comment partager avec l’Immaculée nos soucis et nos peines en toute simplicité, comme lui-même devait le faire.

Si la Nouvelle Evangélisation suppose qu’on ait fait avant tout une expérience profonde de Dieu, si elle doit procéder d’un dialogue renouvelé avec le Verbe de Dieu fait chair reconnu à la lumière de l’Esprit pour pouvoir l’annoncer à partir de cette rencontre transformante, alors vraiment saint Joseph a encore beaucoup à apprendre à l’Eglise de ce début de troisième millénaire qui se prépare à re-évangéliser nos pays de vieille chrétienté ou de chrétienté vieillissante.











 
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