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Père Xavier Brou

  Publié le vendredi 19 septembre 2008 , par Yann de Rauglaudre

Jeune prêtre ordonné par son évêque Mgr Madec le 30 juin 1996 à La Crau, le père Xavier Brou est décédé accidentellement le 7 mars 1999. Une messe pour les 10 ans de son départ à Dieu a été célébrée le samedi 7 mars, 10h30 à l’église saint-Michel à Draguignan. Retrouvez ici l’homélie de son frère dans le sacerdoce et ami : père Christian Pradeau.


Il venait de terminer la retraite des prêtres du diocèse, s’était empressé de dire la messe à Draguignan, est allé reporter la clef oubliée de sa chambre à St Maximin et était attendu à Ste Réparate à Nice...hélas il n’y fut jamais...

Défenseur du lien, nommé pour trois ans... par 15 évêques à ND de Lumière il n’aura accompli qu’une année à l’officialité d’Aix-en-Provence, suite à des études de droit canon à Paris... et maintenant il veille sur nous tous et envoie les grâces de Dieu dans la formation de jeunes prêtres.

Le Père Xavier repose désormais avec celui qui l’a guidé pendant 10 ans, le Père Yves Eouzan

- Album d’ordination du père Xavier Brou

- Album "Père Xavier Brou - Père Yves Eouzan"

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In memoriam

Messe Anniversaire pour le Père Xavier Brou

7 mars 1999 - 7 mars 2009

Le père Christian Pradeau a prononcé l’homélie suivante lors de la messe anniversaire qui a été célébrée à Draguignan le 7 mars 2009. Les textes choisis étaient :
- Lecture du livre de l’Exode 33,7-11
- le psaume 83 (84) ,1—11
- l’Evangile selon Saint-Matthieu au chap. 14, les versets 22 à 33

Le Bon Dieu nous permet parfois de vivre de grandes choses, de grands moments, qui nous construisent et qui deviennent partie intégrante de ce que nous sommes.

Lorsqu’on entre au séminaire, une des premières choses que l’on doit approfondir ou mettre en place, c’est la vie de prière. Pour cela, nous avions des exposés, des cours de spiritualité de qualité (avec vous Père Bouttin, avec aussi le Père Eouzan, comment ne pas l’évoquer, lui qui a tellement compté pour Xavier et je sais que c’était réciproque), des retraites, des lectures spirituelles. Tout ce qui est indispensable pour plonger dans une vie de prière. Quand je suis rentré au séminaire, comme tout séminariste, j’ai eu cela.

Mais le plus grand, le plus bel enseignement sur la prière, c’est de Xavier que je l’ai reçu ; et je crois que je ne suis pas le seul à pouvoir dire cela.

Voir Xavier prier, ou plutôt voir Xavier en prière, c’était réellement impressionnant, c’était en même temps très beau et un peu… mystérieux… et donc aussi un peu effrayant, dans le sens où l’on pressentait qu’il se passait quelque chose de grand….
Une rencontre… Comme vous disiez, Père Bouttin, il y a maintenant 10 ans… "On devinait un secret entre lui et Dieu, qui l’animait, le faisait vivre intensément". Quand il priait, on avait l’impression qu’il avait sur lui comme une chape de silence. Sa présence en prière nous pointait du doigt une autre Présence. Cet invisible dans lequel il plongeait, devenait presque palpable. "Comme s’il voyait l’invisible, il tenait ferme", comme il est dit dans l’Epître aux Hébreux. Il avait cette capacité et cette grâce de se retirer au plus secret de son cœur, comme si c’était SA tente, (de la rencontre) et sa prière manifestait une rencontre avec ce Dieu qui parle à Moïse comme un homme parle à un homme (ou, comme dans certaines traductions, un ami à son ami).

Xavier en prière, c’était du roc ! Vraiment il s’y tenait ! Toujours, son chapelet, son bréviaire… quand c’était l’heure d’un office, il arrêtait tout et priait son office ! La prière était son centre de gravité, son point d’équilibre.

Dieu était véritablement sa force et sa liberté intérieure, c’est-à-dire cette capacité à choisir, à vouloir le bien pour lui et pour les autres … et vous l’avez vu œuvrer à cela comme prêtre. Il avait une réelle liberté intérieure.

Et le psaume que nous avons entendu (je sais que c’est un psaume qu’il aimait particulièrement), ce psaume lui correspond très bien :
« Heureux les hommes dont tu es la force
Des chemins s’ouvrent dans leurs cœurs
Ils vont de hauteur en hauteur » Ps 83

Il était profondément ancré en Dieu par sa vie de prière. Et il n’est pas étonnant que, faisant le choix de Dieu, il ait ainsi fait de tels pas de géant, qu’il soit allé de hauteur en hauteur, en si peu de temps !

Cette force lui donnait une grâce d’écoute et d’offrande.

Il est décédé le dimanche de Carême où on lisait l’Evangile de la Samaritaine. « Si tu savais le don de Dieu et quel est celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié, et il t’aurait donné de l’eau vive. » (Jean 4). Je crois que Xavier vivait réellement en s’abreuvant à pleine gorgée à cette source ; et il avait réellement le désir de faire boire les autres à cette même source ; je crois que c’est habité par cette soif qu’il a vécu son sacerdoce.

Fondamentalement, ce qui faisait la force de Xavier, c’est qu’il croyait à la grâce, tout simplement, au primat de la grâce. Ce qu’il était, (Je préfère parler au présent car ce qu’il était, il l’est pour l’éternité) ce qu’il est, il le doit à une belle humanité, c’est vrai, riche de qualités humaines, riche de ce que vous, ses parents, ses frères, vous lui avez donné.
C’est grâce à vous ; et c’est aussi l’œuvre de la grâce de Dieu en lui. Cette force qu’il puisait dans la prière lui donnait d’être souple à la grâce, à Dieu qui nous parle et nous façonne à travers les évènements de la vie. On sentait qu’il était habité par une présence dans laquelle son humanité s’épanouissait et se déployait.

Il était fort de par Dieu, mais jamais il n’en a été arrogant ou suffisant. Au contraire, il avait une extrême conscience de sa pauvreté et que, comme dit saint Paul, ce qu’il était, il le devait à la grâce de Dieu et à sa miséricorde.

Et c’est en Dieu que Xavier vivait toute chose : son séminaire, ses études à La Castille puis à Paris, son apostolat, plus tard bien sûr son sacerdoce, et je peux vous assurer, en arrivant comme prêtre à Draguignan, combien je n’avais qu’à récolter les fruits qu’il avait semés, j’ai vraiment touché du doigt tout le travail d’enfantement qu’il avait accompli en bon pasteur, dans les cœurs.

C’est en Dieu qu’il plaçait toutes ses relations et ses amitiés, d’une manière très chaste, très juste, avec beaucoup de délicatesse. Quelques jours après son décès, j’ai retrouvé une carte qu’il m’avait écrite quelques années auparavant où il me disait (c’était une très belle image de la Pietà – Xavier aimait beaucoup la Pieta) : « Je ne sais si nous nous reverrons avant Pâques. Je te souhaite alors de bonnes et saintes fêtes de Pâques. Puisse le Seigneur nous introduire toujours plus aux mystères que nous célébrons cette semaine. En te redisant toute mon affection et ma prière fraternelles. »

Le mystère pascal… le Passage…
Le Père Xavier a été plongé dans ce mystère de mort et de résurrection, et il l’est pour l’éternité.
Sa force était de garder les yeux sur le Christ et sur lui seul, sur le Mystère, sur la grâce, et c’est pour cela qu’il a eu et qu’il a du rayonnement. C’est pour nous, prêtres, une grande leçon d’humilité, de sérieux avec lequel nous devons nous appuyer, par la prière, sur la grâce de Dieu, pour refléter la bonté du Père. Et c’est une leçon pour chacun de nous, baptisés !

Nous aussi, gardons toujours les yeux sur le Christ, sur le mystère de Dieu. Sinon nous coulerions ! C’est le plus beau témoignage que nous puissions rendre au Père Xavier. Bien sûr, les vents sont contraires, les vents du doute, de toutes nos questions, de ce qu’il peut y avoir de révolte ou d’incompréhension en nous, et de peine. Dix ans ont passé, mais le temps qui, j’en suis sûr, a fait son œuvre en nous, le temps semble ne pas s’être écoulé, ou si peu… ! Les vents sont toujours là, mais c’est en gardant les yeux sur le Ressuscité que nous vivons dans la juste espérance. Le Père Xavier n’est pas derrière nous : il est devant nous !

Cela ne supprime pas notre peine ni notre douleur, et je peux vous assurer que, comme prêtre, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui en célébrant la messe ! Mais je peux profondément dire que, si ma peine est immense, la joie de l’avoir eu pour ami, pour frère dans le sacerdoce, comme modèle, comme intercesseur aussi, pour l’éternité, cette joie est infiniment plus grande.

Et comme Xavier…
« Il faut toujours dire : Que Dieu soit béni ! »
P. Chr. PRADEAU











 
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