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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Père Paul Roure

  Publié le vendredi 7 juillet 2006 , par Yann de Rauglaudre

Témoignages et Homélie


Le Père Paul Roure est parti à la Rencontre de Celui qu’il a cherché tout au long de sa Vie, le matin du jeudi 6 juillet.

Il a pu fêter au champagne il y a quelques jours ses 50 ans d’ordination sacerdotale, en fidélité a sa vocation de prêtre du Prado, proche du Christ, proche de l’humanité.

Ses obsèques ont été célébrées en la cathédrale de Fréjus le lundi 10 juillet à 16 heures.

"O homme,on t’a fait savoir ce qui est bien,ce que le Seigneur réclame de toi : Rien d’autre que de pratiquer la Justice,d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu !" prophète Michée

Message de Monseigneur Rey

Chers Frères, Chers Amis,

Le Père Paul Roure vient de nous quitter. Il vient de rejoindre dans la pleine Lumière, Celui qu’il avait servi dans la fidélité de la foi. De Lourdes où je préside le pèlerinage diocésain en compagnie de beaucoup de ceux qui l’ont connu, aimé et qui ont eu recours à son ministère, je vous assure de ma communion de pensée et de prière. Je pense en particulier au P. Lalanne et à ses compagnons pradosiens, mais aussi aux paroissiens et chrétiens qu’il a servis loyalement, humblement pendant 50 ans de sacerdoce. Aujourd’hui, je célèbrerai avec eux l’Eucharistie en mémoire de Paul Roure et en communion avec vous.

J’ai mieux découvert la personnalité de Paul Roure dans les visites que j’ai pu lui faire alors qu’il avait quitté son ministère à La Garde et se trouvait à Fréjus en retraite. Délesté de toute responsabilité pastorale, et alors que la maladie le gagnait, son « être sacerdotal » apparaissait avec plus d’éclat. En bout de vie, privé de tout apostolat, il ne lui restait en définitive que cette appartenance au Christ. A un Christ pauvre. A un Christ proche des hommes. A la fois orant et écoutant, prêt à donner sa vie pour ses amis. Sans doute le Seigneur s’est-il servi de cette épreuve finale, épreuve physique et morale, pour conformer son sacerdoce à l’image du Sien, et pour que, fixé à la Croix de son cancer, il puisse se préparer mystérieusement à une nouvelle naissance.

Chers Frères, séparé de nous par la mort, Paul Roure nous rejoint dans le Christ ressuscité. Il continue dans le Christ de nous accompagner sur nos chemins d’humanité afin de découvrir Son visage.

Merci Paul pour votre fidélité, pour votre sacerdoce, pour l’exemple évangélique que vous nous avez donné. Nous comptons désormais sur votre prière.

Devant la grotte de Massabielle, je confie à la Vierge Marie tous les membres de votre famille, ceux que vous rejoignez dans le Cœur de Dieu et ceux qui restent ici-bas dans l’espérance.

+ Dominique Rey

Témoignage : Père Gabriel NIKIEMA

Paul, mon Frère, « qu’est-ce qui se passe ? »

Alors que tu ne pouvais plus marcher, tu tenais malgré tout à prier, à célébrer, à manger avec ton équipe sacerdotale, ta petite famille que nous formons. C’est la question que tu nous posais quand tu arrivais pour l’office des heures, à la sacristie quand tu arrivais pour la messe, et quand tu arrivais pour les repas.

Aujourd’hui, permets-moi de te poser cette même question ? Mon Frère, « qu’est-ce qui se passe pour que « tu choisis » de t’en aller le 6 juillet, jour de la fête de cette sainte, petite innocente Maria Goretti, et jour de mon anniversaire des 15 ans d’ordination ? Serais-tu de ce genre de saint pour notre société ? Qu’est-ce qui se passe pour qu’ont célèbre tes adieux le jour où je quitte Fréjus ? Que cela me fait mal de ne pas être là pour célébrer la messe pour la dernière fois avec toi ici-bas. Par la prière, et la pensée, je suis présent et Dieu le sait et toi aussi.

Je me souviendrai toujours, que je suis arrivé le 4 mai 2005, à la cathédrale de Fréjus, pour tenir compagnie au Curé parce que toi, Père Paul ROURE, tu devais rentrer à l’hôpital pour la première fois. Quand tu es revenu, j’ai appris à te connaître et à t’aimer. Depuis lors, tu n’as cessé d’être pour moi un modèle d’homme de Dieu, tout à Dieu, confiant en Lui. Tu ne te plains jamais de rien, tu vis comme si voyais l’Invisible, comme si tu ne souffrais pas d’un mal redoutable. Malgré tout, tu ne voulais rater aucun office : la messe, la liturgie des heures...

Paul, tu aimais la messe et tu la célébrais comme si c’était ta première messe, comme si c’était ton unique messe, comme si c’était ta dernière messe, comme le recommande Mère Térésa de Calcutta. Alors que tu souffrais sérieusement, à notre grande surprise, nous te voyons à la sacristie. Nous avons fini par t’apporter un coussin sur lequel tu t’asseyais durant la messe. Certainement, comme Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, tu te levais difficilement de ta chaise comme pour dire que tu l’offrais en sacrifice à cette messe pour le salut du monde et pour ce peuple à toi confié dans cette portion d’église à Fréjus.

Je me souviens de la dernière fois que tu concélébrais avec nous à la cathédrale : le dimanche de la passion du Christ, dimanche des rameaux. Tous les fidèles s’en souviennent de ce jour car pratiquement nous avons eu peur que tu tombes en public. Tu tenais à vivre ta part de la souffrance du Christ et tu es resté jusqu’au bout de la célébration. Le Samedi Saint tu disais à ton frère de te ramener au presbytère car dis-tu, « j’ai la messe à dire... ». Le jour de Pâques on te découvre à genoux la face contre ton fauteuil transpirant, ne pouvant plus te relever, respirant difficilement. Le lundi de Pâques, alors que nous allons pour une messe préparatoire à la bravade, tes forces t’ont abandonnées ; tu souffrais beaucoup et tu ne pouvais plus tenir debout. C’est alors que tu es admis à l’hôpital Bonnet.

Paul, je me souviens qu’à la prière eucharistique n° 3, tu aimais ajouter ceci : « Que l’Esprit Saint fasse de nous, de toute notre vie, une offrande à ta gloire... ». En réalité, tu vivais ce que tu disais. Je suis en admiration de la profondeur de ton être de Prêtre, de ta foi, de ta disponibilité, de ton accueil, de ton sang froid. Un homme effacé, discret, et quand tu interviens, c’est pour donner une parole appesante. Tu ne m’as jamais appelé par mon nom. « Mon Frère », m’appelais-tu. Tu es un véritable homme de paix, un imitateur de ton Maître, Jésus Christ de qui tu partages son sacerdoce. Ce ministère sacerdotal, tu l’as exercé jusqu’à dimanche 3 juillet où tu as concélébré pour la dernière fois à la chapelle de la maison de repos au grand étonnement de tous les participants. Tu étais certainement conscient de la pénurie de Prêtres, de la décroissance des vocations sacerdotales et tu continuais ta prière à ces intentions jusqu’à ta dernière énergie.

Il n’y a pas de doute, ta dépouille se transformera en humus pour la naissance et la croissance des vocations apostoliques. D’auprès du Père, intercède pour que fleurissent des vocations de tous genres pour cette Eglise qui a tant besoin.

Du monastère de Solesmes, je m’associerai à toute la communauté chrétienne de Fréjus et d’ailleurs pour t’offrir en sacrifice pendant que tu quittes nos yeux humains.

Ton Frère Gabriel NIKIEMA

DERNIER ADIEU A PAUL ROURE

Cathédrale St Léonce Fréjus, le 10 juillet 2006 Diacre Gilles REBECHE

Lorsqu’il devait préparer une homélie, Paul allait et venait dans le presbytère jusqu’à ce qu’il s’exclame : “ça y est, j’ai trouvé le filon”.

En effet comme un chercheur de pierres précieuses, il explorait avec passion les textes bibliques de la Parole de Dieu, mais il recherchait aussi les perles de cette Parole dans les exemples de la vie quotidienne de ceux qu’il rencontrait, tout autant que dans les textes du Concile Vatican II qu’il appréciait particulièrement. Et quand il faisait une homélie, son filon c’était toujours un mélange de ces trois pierres précieuses : la Bible, la vie quotidienne et les textes de l’Eglise. Tous ceux qui ont connu Paul se souviennent de cette Parole d’un fidèle serviteur de Dieu, simple, modeste, fraternel et convivial.

Cherchant, à mon tour le filon pour prendre la parole aujourd’hui pour ce dernier adieu, j’ai cru l’avoir trouvé hier matin en me promenant dans la garrigue, où je me suis trouvé face à face avec une croix plantée sur la colline et fabriquée avec deux traverses de chemin de fer. J’ai été très touché par ce signe de la croix qui aurait beaucoup plu à Paul, lui le fils de l’ancien Chef de gare, qui était ainsi arrivé à Fréjus à cause du travail de son père, et qui, depuis, avait épousé, avec affection et fidélité, ce diocèse de Fréjus Toulon, malgré sa nostalgie de Lyon et de la Haute Savoie. En effet la contemplation de la croix fabriquée avec les traverses de nos existences était un des secrets de Paul ROURE ;

Mais ce qui nourrissait son âme d’apôtre du Christ, c’était surtout son attachement au Prado, cette famille spirituelle dans laquelle il n’a jamais fait ses engagements parce qu’il ne s’en croyait pas digne, mais qui a marqué toute son existence de prêtre. Il faisait souvent référence à un ouvrage du Père Chevrier, fondateur du Prado, intitulé “le véritable disciple”, qu’il avait toujours proche de lui.

Et c’est probablement un des héritages spirituels qu’il nous laisse aujourd’hui en nous invitant à la suite du Père Chevrier à ne pas négliger la rencontre avec le Christ dans « le triple rendez-vous de la crèche, du tabernacle et de la Croix ». Dans ces trois rendez-vous, Dieu se révèle à nous vulnérable, pauvre, caché. Il nous propose à sa suite de ne pas rechercher la voie des grandeurs, des fausses vanités ou des chemins du pouvoir. Ces trois rendez-vous sont ceux du service et de l’imitation de Jésus Christ. C’est sûrement aujourd’hui le filon dans lequel il nous faut accueillir le témoignage de Paul et d’enseignement de sa vie. Lui qui était passionné par les études bibliques, lorsqu’on parlait entre nous de l’évangélisation il souhaitait que l’on se souvienne que le seul véritable Evangile lisible par nos contemporains est celui qui s’incarne dans nos vies, le témoignage de nos existences inscrites dans la durée et la fidélité devenant pour eux le seul texte de la Parole de Dieu qu’ils puissent parfois déchiffrer.

Retrouver le Christ dans le rendez-vous de la crèche Pour Paul, c’était évident, ce rendez-vous était celui de l’incarnation, pas seulement celle que l’on célèbre le jour de Noël, mais celle où Dieu prend corps dans nos vies chaque jour. Pour Paul, l’Evangile devait s’incarner dans la vie quotidienne, dans l’ordinaire des jours, dans la simplicité des rencontres et des évènements. Le rendez-vous de la crèche c’était forcément le rendez-vous de la communion de Dieu avec les pauvres et les petits : c’est cette communion qui le poussait toujours à ce souci de la justice, de la solidarité avec les plus faibles, allant jusqu’à se passionner pour l’engagement syndical et politique ; son adhésion inconditionnelle à la pédagogie de l’Action catholique, au “voir, juger et agir”, sa fidélité au milieu ouvrier, son attention aux enfants et aux tout-petits, tout cela faisait partie de la personnalité de Paul. Mais le rendez-vous de la crèche, c’était aussi pour lui le rendez-vous de l’hospitalité simple et conviviale. Combien de visages, d’histoires personnelles pourraient être évoqués aujourd’hui dans cette cathédrale en souvenir de cette hospitalité reçue à la table du presbytère de St Aygulf, de Bandol ou de La Garde. Beaucoup d’entre nous en ont bénéficié avec bonheur et reconnaissance.

Retrouver le Christ dans le rendez-vous du tabernacle C’est bien sûr le rendez-vous de la prière. Pour Paul, la journée ne pouvait que commencer et finir dans la prière, temps d’adoration, temps de méditation sur la Parole de Dieu soulignée avec minutie chaque jour sur son missel, rendez-vous de l’Eucharistie. Tout cela, c’était sa vie. Prêtre du Prado, il était aussi « familier de l’abbaye de Lérins » et se savait lié à cet îlot de prière de notre diocèse. Comment ne pas être ému en me souvenant de la messe que je lui servais ici dans cette cathédrale, dès l’âge de 8 ans ! Et de cette dernière messe qu’il voulut concélébrer le 2 juillet dans la chapelle de l’hôpital avec le Père Guy Christen et le Père François de Viviès. L’an dernier à Mougins, alors que la maladie l’avait déjà gagné, il me disait en confidence sur son lit d’hôpital : “Tu sais, je redécouvre les psaumes. Je les apprécie d’autant plus car j’ai l’impression qu’ils ont été écrits spécialement pour prier quand on est malade”. Comme je lui rappelais cet échange, il y a quelques semaines au Bonfin, alors qu’il ne pouvait plus lire son bréviaire, je lui ai demandé : “Comment tu fais ? ” Il m’a répondu tout simplement en souriant : “Je me les remémore ”. Pour lui désormais, l’Eucharistie assumait pleinement l’offrande de sa propre personne.

Le rendez-vous de l’Eucharistie fait partie du trésor qu’il nous livre. Il était parfois agacé quand on « utilisait » l’eucharistie dans des témoignages triomphalistes ou arrogants. Il aimait rappeler que le rendez-vous intime du tabernacle, c’est celui qui nous aide à faire de toute notre vie, une vie eucharistique, une vie exposée sur les fractures de la société, livrée pour le salut du monde. Comme le Christ au tabernacle, nous sommes donnés au monde, vulnérables, exposés, fragiles, à mains nues, prêts à être mangés par la mission. Dans le rendez-vous du tabernacle, l’Eglise se découvre elle-même Corps du Christ, Pain rompu, pour un monde nouveau.

Retrouver le Christ dans le rendez-vous de la Croix Fondamentalement pour Paul, ce rendez-vous de la Croix évoquait la communion avec tous les exclus, les souffrants, les sans voix, ceux qui n’ont pas droit au chapitre, ceux qui se croient abandonnés de Dieu.

Le rendez-vous de la Croix était incontournable dans sa fidélité au Christ Jésus. Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Comme la croix faite de deux traverses de chemin de fer, le rendez-vous de la Croix fut pour Paul un chemin de vie, un itinéraire permanent. De manière plus récente, l’épreuve de la mort de son neveu, de sa sœur et de son frère fut, avec la maladie, un des rendez-vous les plus violents avec cette Croix. Le Père Gabriel rappelait hier soir à la veillée de prière, que Paul répétait souvent dans ses dernières semaines, comme une rengaine, la phrase “Mais qu’est-ce qui se passe ? ”, comme s’il sentait précisément que ce qui se passait, c’était le début du passage de la Pâque par la croix, une croix de détresse et d’incompréhension.

Dans la première lecture, l’Apôtre nous interrogeait : “qui nous séparera de l’amour du Christ ? Ni les épreuves, ni la détresse, ni les difficultés, ni la mort, non rien ne nous séparera de l’amour du Christ”. Merci Paul, mon père, mon frère, mon ami, de nous avoir témoigné par ton existence de cette vérité de la Parole de Dieu. Non, rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ. Puisses-tu nous aider maintenant dans la lumière de Dieu à vivre à notre tour ces trois rendez-vous de la crèche, du tabernacle et de la Croix, pour continuer avec toi à imiter le Christ dans un style de vie simple, fraternelle, façonnée par la prière et le service des autres.

« Entre maintenant dans la joie de ton Maître, bon et fidèle serviteur du Seigneur ».Amen

Diacre Gilles REBECHE











 
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