Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre"

(Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var




Délégué épiscopal à l’information et à la communication (jusque janvier 2018)


devenir prêtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles la foi pour les nuls
Accueil du site > Au service du diocèse > L’évêque > Homélies > Pèlerinage des pères de famille 2009

Pèlerinage des pères de famille 2009

  Publié le lundi 6 juillet 2009 , par Yann de Rauglaudre

Les 3, 4 et 5 juillet 2009, près de 1000 pères de famille ont convergé vers Notre Dame de Grâces.
Retour sur un pèlerinage où les pères ont confié leurs familles et leurs intentions à l’intercession de Notre Dame et de Saint Joseph.


Mgr Dominique Rey s’adresse au coeur des papas. Ecoutez ci-dessous son homélie de la messe de samedi soir.

Lisez ici la présentation de son livre "LE PRETRE" paru à l’occasion des Ordinations du 28 juin dernier.


Homélie de Monseigneur Rey

Messe du samedi 4 juillet

Le temps du pèlerinage, c’est une expérience spirituelle où, j’allais dire, la présence de Dieu passe par les pieds, passe par l’épreuve, la fatigue. On pourrait conjuguer par trois verbes - qui prennent tout leur sens en ce lieu marial - ce que vous êtes en train de vivre… puisque le pèlerinage ne s’achève pas tout de suite, il y aura la veillée ce soir et demain la grand-Messe.

Le premier des verbes, c’est S’OUVRIR.

Notre grande difficulté est de prétendre construire notre propre vie par nous-mêmes. C’est la stratégie de la coquille, du recroquevillement sur soi.

A travers la découverte de la beauté de la nature, des relations qui se nouent entre des personnes qui ne se connaissaient pas jusqu’à présent, le pèlerinage nous aide à entrer dans le mystère de la grâce c’est à dire de l’ouverture du cœur à Dieu.

Car le Seigneur veut entrer en nous par "le cœur". Il veut faire en nous sa demeure. C’est ce qu’il demande à chacun d’entre nous en marchant sur ces routes de Provence : faire l’expérience de ce qu’on appelle la grâce de Dieu, l’intervention de Dieu dans nos vies, en prenant une plus exacte mesure de ce que Dieu peut faire, sans qu’on s’en rende compte jusqu’alors. Un temps de relecture, un temps où nous découvrons, derrière les multiples choses que nous faisons, à travers les épreuves que certains d’entre vous subissent - qu’elles soient morales, conjugales, familiales et tant d’autres -, que le Seigneur est là, présent. Il s’agit d’ouvrir notre cœur, un peu plus, à cette présence de Dieu qui veut faire en nous le ménage, qui veut mettre de l’ordre, qui veut nous faire découvrir l’essentiel par rapport à ce qui est superficiel.

S’ouvrir, prendre le temps de s’ouvrir, pour laisser le Seigneur agir en nous, nous qui avons tellement, par tempérament, l’occasion de faire des choses par nous-mêmes - l’expérience de Marie, au jour de son Annonciation, est précisément de se laisser faire -, de laisser le Seigneur agir en soi, intervenir dans notre vie, nous apporter une lumière qu’on ne se donne pas à soi-même mais que l’on reçoit de Dieu. S’ouvrir, ouvrir son cœur, c’est le début propédeutique de toute relation avec le Christ.

Et puis il y a un deuxième verbe qu’il nous fait conjuguer. Face au don de Dieu qui nous invite à l’ouverture, la réponse c’est à notre tour de NOUS OFFRIR.

Je me souviens d’une petite histoire que je raconte quelquefois… tant elle m’a frappé. C’était dans un village d’Afrique extrêmement pauvre, au moment de la quête, il y avait une corbeille qui circulait de rangée en rangée… la corbeille était très grande pour récolter les petites piécettes qu’on y déposait. Voici qu’elle arrive devant un petit enfant, et ce petit enfant, mettant ses mains dans ses poches qui sans doute étaient crevées, ressort avec les mains vides. Alors, cet enfant a eu ce geste absolument étonnant : il a pris la corbeille, l’a posée par terre et il est monté dans la corbeille.

Le Seigneur ne veut pas simplement qu’on lui offre des petites choses, il veut qu’on s’offre soi-même. Ce que le Seigneur vient chercher, en réponse à son Amour, c’est le don de nous-mêmes. Et le pèlerinage, c’est une expérience de don. Il y a tout ce que l’on peut souffrir que l’on offre, mais plus particulièrement le Seigneur commence par nous demander ce qui est peut-être le plus difficile à offrir : notre pauvreté.

Un jour, St Jérôme, qui était le secrétaire du pape Damase au IV° siècle, se trouvait dans une grotte de Palestine à Bethléem. Là, il commençait à traduire la Bible de l’hébreu et du grec en latin qui devenait la langue majoritaire du bassin méditerranéen. Il se livrait à ce travail d’exégèse et de traduction.

Et puis voici que, dans cette grotte de Bethléem, il reçoit une apparition du Christ qui l’interroge :
- Jérôme, qu’est-ce que tu m’offres ?
alors, Jérôme réfléchit
- Seigneur, je t’offre tout mon itinéraire depuis Rome jusqu’à ce jour ; tout mon passé t’appartient, Seigneur…
- Jérôme, poursuit le Christ, qu’est-ce que tu m’offres encore ?
Jérôme réfléchit
- Seigneur, je t’offre tout ce que je fais, le travail de traduction de la Parole de Dieu. Je veux que cette Parole éclaire ma propre vie et me sanctifie…
- Jérôme, poursuit le Christ, mais qu’est-ce que tu m’offres encore ?
alors Jérôme réfléchit
- Mais Seigneur, je t’ai offert mon passé, mon présent…eh bien, je t’offre mon avenir, tous mes projets…tout cela t’appartient…
- Jérôme, continue le Christ, qu’est ce que tu m’offres encore ?
Silence embarrassé de Jérôme jusqu’à ce que le Christ lui dise :
- Jérôme, offre-moi ta pauvreté, offre-moi ton péché.

L’expérience du pèlerinage, c’est le moment où Jésus vient, comme il nous l’a dit, non pas chercher les bien-portants mais les malades. Ce qu’il vient chercher en nous, ce ne sont pas nos capacités, nos vertus, nos mérites et nos savoir-faire… il les connaît… Mais il vient chercher la part la plus difficile et la part la plus fracturée de nous-mêmes : notre péché. Et il faut commencer par offrir cela. Il faut commencer par Jean-Baptiste pour parvenir à Jésus.

Et c’est le chemin pénitentiel qui nous est proposé durant le temps de pèlerinage, c’est commencer par cette offrande qui nous libère, face à ce Dieu qui est toute miséricorde… S’OFFRIR… Marie aussi, s’est offerte au pied de la Croix, elle a offert le fruit béni de ses entrailles dans un oubli silencieux d’elle-même.

Et puis un troisième verbe qui exprime tout ce que nous avons pu vivre : S’UNIR… Nous sommes montés ici, à ce sanctuaire, en chapitre ; la marche n’était pas solitaire, nous étions les uns avec les autres, comme une cordée.

Je crois que le Mystère du Christ nous amène inéluctablement à découvrir le Mystère de l’Eglise. Jésus commence sa mission par appeler les apôtres. Ils vont partager la vie du Christ.

Etre chrétien, c’est faire profondément l’expérience de l’Eglise.

« Jésus et l’Eglise, c’est tout un » disait Jeanne d’Arc, car l’Eglise est là pour actualiser, signifier la présence du Ressuscité, pour nous redire et pour relire sa Parole, pour nous donner son Pain de Vie.

L’expérience d’un pèlerinage nous fait entrer sans doute de plain pied - à travers la vie communautaire et fraternelle - dans cette dimension très importante de notre vie chrétienne : Aimer l’Eglise, l’aimer comme notre patrie, aimer ce qu’Elle dit et enseigne parce que c’est une nourriture et c’est une lumière. Car l’Eglise parle à partir du Christ, à partir de la réalisation des Mystères du Christ, Elle nous donne les lumières que nous ne pouvons pas toujours percevoir à partir de notre raison raisonnable. L’Eglise est là pour accompagner notre pèlerinage sur terre.

S’OUVRIR,
S’OFFRIR,
S’UNIR…
Que le Seigneur vous donne de conjuguer ces verbes à la suite de Marie. Elle était à l’Annonciation, elle était à la Crucifixion, elle était au Cénacle, portant dans sa foi la prière des douze.
Que Marie nous accompagne sur cette route, sur ce chemin, vers la patrie du Ciel, pour nous faire découvrir de quel amour nous sommes aimés, pour nous faire découvrir la présence, à nos côtés, du Christ Vivant, rayonnant de son Amour.

Amen.







Cliquer sur les doubles flêches pour écouter les fichiers joints :
 Homélie de Mgr Rey (et cigales !)

téléchargez les piéces jointes de cet article
Homélie de Mgr Rey (et cigales !) [MP3 - 4.3 Mo]



- Le site du sanctuaire
- Merci à Jérome Le Montreer pour l’enregistrement audio de l’homélie,
- Merci à Emmanuel Thibaut pour le travail de re-transcription.

 




 
Contacts | Mentions légales | Plan du site | Contributeurs | Espace privé | RSS | cef.fr | messesinfo.cef.fr | rcf.fr | webTvCn.eu | domaine-castille.fr | bonnenouvelle.fr

Conception et développement : bonnenouvelle.fr

http://www.diocese-frejus-toulon.com/Pelerinage-des-peres-de-famille.html