Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

En effet, ta charité m’a déjà apporté
beaucoup de joie et de réconfort,
car grâce à toi, frère,
les cœurs des fidèles ont trouvé du repos.

Phm1.07

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var




Adjointe au directeur de la communication

Agenda Fréjus-Toulon


devenir prêtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles la foi pour les nuls

Noël autrement

  Publié le mercredi 19 novembre 2008 , par Françoise Girard

Jeanne-Chantal Douhéret anime l’émission "Une vie pour toutes" sur RCF Méditerranée dans laquelle elle présente des anonymes qui ont fait le choix de se donner sous telle ou telle forme.

En décembre 2008, elle a interwievé Maryse Bounarel, aumônier en centre pénitentiaire et Martial et Jacqueline d’Auzac de Lamartinie volontaires au Samu social.


Extraits de l’émission diffusée sur RCF Méditerannée.

"J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire…" - Matthieu 25, 35-37

- Maryse, comment vous est venu ce sens de l’autre en difficulté ?

- Je donnais des cours à la maison d’arrêt de Toulon et j’animais des groupes de parole avec des personnes détenues. L’aumônier me demanda de rejoindre l’aumônerie. J’ai d’abord animé des groupes d’échange et j’ai été affectée comme aumônier : la mission est tout à fait différente puisqu’elle nous permet une relation privilégiée avec la personne détenue.

- Martial et Jacqueline, comment s’est passé le premier contact avec la population désocialisée de la rue ?

- Un bus de nuit a été crée en 1993 avec le Secours catholique qui tournait l’hiver, de novembre à mars. Nous allions au devant des gens exclus en leur donnant une soupe et un morceau de pain. Nous avons fait cela pendant deux ans. Les Amis de Jéricho ont pris la suite puis le bus est devenu Samu social et en1998, nous avons ouvert notre premier centre d’hébergement d’urgence à La Coquette.

- Comment se déroule aujourd’hui votre mission auprès des détenus, Maryse ?

- Cette mission d’aumônier a ce versant particulier de rencontrer la personne détenue seule. Cette rencontre à deux est très enrichissante pour l’un comme pour l’autre. On apprend beaucoup par cette écoute. On découvre des personnalités très complexes qui ont eu des parcours de vie difficiles avec des périodes lumineuses mais aussi des périodes troubles. Ils sont fêlés, cassés et à leur écoute, on essaie de découvrir d’où vient la fêlure pour essayer de cheminer avec. Il faut être fidèle. La vie d’un prisonnier est toujours en attente de quelque chose et nous n’avons pas le droit de les décevoir dans cette relation.

- La rencontre, Martial, c’est ce qu’attendent aussi les gens de la rue ?

- Tout à fait. La rencontre était le but, lorsqu’on a crée le bus de nuit. Bien sûr, on arrive avec un sandwich et un bol de soupe, mais la rencontre est primordiale car on vient pour eux et ils se sentent reconnus. Ils ont besoin de nous voir, de se sentir connus. Bien souvent on les appelle par leur nom de rue ou par leur prénom parce qu’on les connaît bien. Depuis quinze ans que nous faisons le bus de nuit, nous en connaissons certains particulièrement. Le sandwich est un peu la raison qui nous permet d’aller dans la rue mais c’est surtout la rencontre qui compte.

- Peut-on évoquer la fête de Noël de façon ordinaire avec les personnes que vous côtoyez, Jacqueline ?

- Non, parce qu’il y a trop de souffrance en eux. La période de Noël est un moment douloureux. Cette fête leur rappelle leur enfance ou une époque où ils étaient bien dans la société. Certains pleurent, d’autres se murent dans un silence que nous respectons. C’est plutôt une période de tristesse, nostalgique. Certains s’alcoolisent encore plus, pour ne pas se rappeler que c’est une fête qu’ils ont vécue autrement avant.

- Et les détenus Maryse, sont-ils sensibles à cette période de l’année ?

- Point de guirlandes dans les coursives du centre pénitentiaire. Le festival de la consommation n’arrive pas jusqu’à eux. Ils délirent, comme ils disent… Ces privations peuvent déchaîner de la révolte, de la haine qui engendrent violence et tristesse, un grand sentiment de solitude qu’ils manifestent parfois en se mettant à hurler.

- Que fait-on de particulier au Samu social pour ne pas vivre ce temps là comme le reste de l’année ?

- Les 24 et 31 décembre, nous améliorons les menus. Nous remplaçons le sandwich et la soupe habituels par un sac repas agrémenté d’une salade en barquette, de friandises et de gâteaux. Pour les hébergements d’urgence, nous préparons un repas amélioré que nous partageons avec eux le 31 décembre mais épuisés par leur galère de la journée, ils n’attendent jamais minuit. Pour ceux qui le souhaitent, il y a une messe à Jéricho le 25 décembre, suivie d’un repas partagé tous ensemble.

- Et en prison ? Comment vit-on ce moment dit "de fêtes" ?

- L’administration propose aux familles une belle action. Elles peuvent préparer un colis de denrées consommables autorisées. Le colis est acheminé de l’accueil des familles jusqu’à la cellule. C’est un colis plein de bonheur. Mais ce qui l’est encore plus c’est que souvent, celui qui a reçu offre une part du contenu à son co-détenu qui a peu ou pas reçu. Le don se pratique en détention. Ce ne sont pas que des brutes. Le jour de Noël, il y a deux messes dans le gymnase. Beaucoup de personnes s’inscrivent et le gymnase est décoré par des écrits et des illustrations issus des groupes d’échange.

- Gardez vous en mémoire un Noël particulier Jacqueline ?

- Je me souviens du premier Noël passé avec les SDF à l’ouverture de l’hébergement d’urgence de La Coquette. Il y avait surtout des jeunes et aujourd’hui dix ans après l’un d’entre eux nous parle encore du poulet au curry qui avait été servi ce soir là.

- et vous Maryse ?

- C’est plutôt un après-midi, il y a peu de temps. Nous échangions sur Noël et on a parlé de la crèche : "La crèche rappelle que devant Dieu, nous sommes tous égaux. Tous les santons représentent l’humanité. Ensemble on adore ce Dieu qui s’est fait humain en Jésus." "La mangeoire, la paille, l’étable, ce n’est pas poétique et l’odeur…C’est la représentation de l’humanité la plus misérable et c’est là qu’Emmanuel, Dieu avec nous, enfant pauvre est né". Vincent de Paul disait :"Ce n’est pas nous qui les évangélisons, c’est eux qui nous évangélisent".

- Quel message de Noël auriez-vous envie de leur transmettre ? Maryse pour les détenus.

- La parole d’un détenu :"Il est très sympa ce Jésus, parce qu’il sympathise avec toutes nos détresses, il se met à notre place". C’est cela la Bonne Nouvelle de Noël.

- Jacqueline et Martial pour les gens de la rue ?

- Je leur dirais que je les aime. Même s’ils ne reconnaissent pas que Dieu est présent, ils restent sensibles à tous les gestes d’amour ce jour-là. Je les remercie pour le bonheur partagé, de les voir heureux et retrouver leur dignité. Les SDF ne font pas de grandes phrases, ils sont sensibles aux gestes et à la présence. Ils savent exprimer leur reconnaissance et remercier. Ils savent que nous sommes là pour eux et se sentent reconnus. L’amour est réciproque. Cela nous comble et nous encourage sinon nous ne ferions pas cela depuis dix ans.


Vous aimez écouter RCF, radio associative qui ne vit que de vos dons ? Vous pouvez la soutenir en donnant. Merci.







Vous pouvez écouter RCF Méditerranée sur le :
- 105.1 pour Toulon Provence Méditerranée et l’Ouest-Var,

- le 99.0 pour l’Est du département (Fréjus, Saint-Raphaël),

- le 91.0 pour l’aire dracénoise.

... et également en direct sur le site internet.

 




 
Contacts | Mentions légales | Plan du site | Contributeurs | Espace privé | RSS | cef.fr | messesinfo.cef.fr | rcf.fr | webTvCn.eu | domaine-castille.fr | bonnenouvelle.fr

Conception et développement : bonnenouvelle.fr

http://www.diocese-frejus-toulon.com/Noel-autrement.html