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Négociables ou pas ?

  Publié le lundi 4 juin 2012

On n’a jamais autant parlé chez les catholiques de ces fameux principes que lors de cette campagne électorale, et ce n’est pas nous qui allons le déplorer. La fille aînée de l’Eglise, qui a finalement toujours entretenu des relations tendues avec sa Mère, met souvent du temps à bien vouloir entendre le message prononcé de l’autre côté des monts…


Par le P. Louis-Marie Guitton

Responsable de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

On n’a jamais autant parlé chez les catholiques de ces fameux principes que lors de cette campagne électorale, et ce n’est pas nous qui allons le déplorer. La fille aînée de l’Eglise, qui a finalement toujours entretenu des relations tendues avec sa Mère, met souvent du temps à bien vouloir entendre le message prononcé de l’autre côté des monts…

Une fois la barrière franchie des sommets alpins, reste l’étape de l’atterrissage et de l’acheminement. On a bien signalé l’arrivée d’un aéronef en provenance de Rome, mais le déchargement de la cargaison s’est fait sous haute surveillance, de même, les points de diffusion ont été strictement encadrés. Si bien qu’en 2012, le concept pourrait presque passer pour nouveau, voire même inventé. La communauté des croyants est invitée à l’accueillir avec la plus grande circonspection : ce néologisme suspect serait susceptible de mauvaises interprétations. Il existerait des exigences morales fondamentales auxquelles le chrétien ne pourrait renoncer, appelés principes non-négociables, souvent résumées en trois points : la valeur et la dignité de la vie de toute personne humaine, la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme, la liberté d’éducation qui intègre les valeurs morales et religieuses selon les convictions des parents.

Le terme même ne serait pas approprié, voire inefficace, peu utilisé par le Pape et source de confusion. Les relations conflictuelles avec notre Mère ayant rendu difficile la transmission de l’héritage familial, peut-être faut-il remonter au bienheureux Jean-Paul II, qui, lui au moins savait parler au monde ?

Le 14 février 2001, il disait : « La promotion de la Culture de Vie devrait être la plus grande priorité de nos sociétés … Si le droit à la vie n’est pas défendu de façon catégorique comme condition de tous les autres droits de la personne, toute autre référence aux droits humains demeure fausse et illusoire. » Y a-t-il principe d’humanité plus fondamental que celui-là, qui assure le socle minimum du bien vivre ensemble ? Bien sûr, l’élection n’est pas un referendum sur l’avortement, mais reste la question de savoir comment l’on considère celui qui n’est pas encore né, la personne porteuse de handicap, le malade, la personne âgée… Anesthésie ou réveil des consciences, il faut bien choisir ! Pourquoi donc s’étonner de cette invitation à un choix inconditionnel en faveur de la vie ?

En 1981, dans la conclusion d’une exhortation sur la famille, Jean-Paul II affirmait : « L’avenir de l’humanité passe par la famille ! Il est donc indispensable et urgent que tout homme de bonne volonté s’emploie de toutes ses forces à sauvegarder et à promouvoir les valeurs et les exigences de la famille. » Et de rappeler, 25 ans plus tard, qu’il s’était toujours attaché à défendre « avec vigueur les droits de la famille contre les usurpations de la société et de l’Etat ». Premier lieu d’humanisation et cellule de base de la société, la famille est une réalité naturelle à accueillir et à protéger et non à redéfinir. Le travail ou le logement sont évidemment des principes fondamentaux, mais relatifs au service de la personne et de son épanouissement dans une famille. Est-il impossible de faire un lien entre la crise du logement et celle de la famille ou du « non-mariage » ? Faut-il énumérer enfin les rappels de Jean-Paul II sur le droit fondamental des parents à éduquer leurs enfants en fonction de leurs convictions, ou bien encore le droit de choisir leur école ?

Alors, comment faut-il appeler ces points : valeurs fondamentales, socles de la société, puisque tous les autres principes s’y rattachent ? Pourquoi ne pas dire tout simplement principes non-négociables, sans grimacer ? Il y a certes bien d’autres principes dans la l’enseignement social de l’Eglise, mais tous n’ont pas le même poids ou la même importance ! Benoît XVI appelle les premiers, droits universels, intangibles, inaliénables et indivisibles : principes de base de toute coexistence et piliers d’une société digne de l’homme. Les évêques ne sont pas à classer en différentes catégories selon qu’ils utilisent ou nom l’expression : rappeler constamment ces valeurs fait simplement partie de leur responsabilité à l’égard du troupeau qui leur est confié (Sacramentum caritatis, 83).

La tentation est grande de conclure en disant qu’aucun candidat « ne remplissant parfaitement les conditions », il serait impossible de se prononcer. D’aucun préféreraient que l’Eglise en dise un peu plus, fasse un pas supplémentaire. Nostalgie d’un certain cléricalisme ou paresse lorsqu’il s’agit de former sa conscience et de discerner les pas qu’il est possible d’accomplir de façon réaliste dans la situation actuelle ? Il faut reconnaître que la France n’est pas les Etats-Unis et que la fameuse « Note de 2002 » autant que l’Exhortation de Benoît XVI citée plus haut, s’adressent plus particulièrement aux hommes politiques et aux législateurs catholiques. L’abstention ou le vote blanc constituent sans doute un choix pour l’électeur catholique, à ne pas draper trop vite cependant dans les plis de l’étendard appelé objection de conscience, vote résistant ou cohérent…

Face à la difficulté de se déterminer, il est urgent d’encourager les catholiques à un engagement renouvelé dans le service à la politique, expression qualifiée et exigeante de l’engagement chrétien au service des autres. Qu’une génération se forme et se consacre à la vie politique, au service de la promotion intégrale de la personne humaine et du bien commun, pour bâtir une culture respectueuse de la vie et porteuse de solidarité ! « Il faut effectuer un choix cohérent avec les valeurs, en tenant compte des circonstances effectives… Les requêtes de la foi chrétienne sont difficilement repérables dans un unique groupement politique… Le chrétien ne peut pas trouver un parti qui corresponde pleinement aux exigences éthiques qui naissent de la foi et de l’appartenance à l’Église. » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, 573).

Pour celui qui veut bien se donner la peine d’ouvrir les yeux, le combat n’est pas uniquement politique mais spirituel. Encore Jean-Paul II en 1995 : « Nous nous trouvons en face d’un affrontement rude et dramatique entre le mal et le bien, entre la mort et la vie, entre la culture de mort et la culture de vie ». C’est bien ce que nous venons de chanter dans cette Fête de Pâques : « « La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; Vivant, il règne. » Le Christ, notre espérance, est ressuscité : face au relativisme ambiant, la vérité sur l’homme et la société ne s’éclaire de façon ultime qu’en lui !







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