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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Marie dans son Assomption

  Publié le samedi 15 décembre 2007 , par Françoise Girard

L’Assomption manifeste que Marie, au terme de sa vie terrestre, a été élevée à la gloire du Ciel. Pour Marie, l’Assomption est la suite de sa participation à la vie de Jésus. Elle est associée, corps et âme, à la gloire de son Fils. Elle nous précède dans la joie du royaume et nous rappelle ainsi ce à quoi nous sommes appelés.


Le 15 août, les catholiques fêtent l’Assomption. [1]

Depuis des siècles, l’Assomption est traditionnellement l’occasion de processions en l’honneur de Marie. Chaque diocèse de France comptant au moins un grand sanctuaire marial, prières, méditations et rassemblements ont lieu, avant ou après la messe du 15 août, partout en France : à Lourdes, au Puy-en-Velay, dans les pardons bretons, autour de petites chapelles de montagne… Dans notre diocèse, les lieux dédiés à Marie ne manquent pas : Notre-Dame du Mai, à Notre-Dame de Pépiole, Noter-Dame du Beausset-Vieux, Notre-Dame de Consolation, Notre-Dame de la Verne, Notre-Dame des Anges, Notre-Dame de Grâces à Cotignac, Notre-Dame de la Victoire à Saint-Raphaël... mais aussi la cathédrale de Toulon, dédiée à Notre-Dame de la Seds.

Au cœur de l’été, la fête de l’Assomption est un appel à prendre de la distance avec le quotidien, à remettre notre vie et notre vocation en perspective, à nous élever spirituellement.

La célébration de l’Assomption, que l’on retrouve chez les orthodoxes sous le nom de "Dormition de la Vierge", est attestée depuis le VI° siècle. A la suite de saint Grégoire de Tours (VI° siècle), saint Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure (XIII° siècle) ont médité sur les derniers moments de Marie, comme en témoignent leurs écrits théologiques.

Après avoir consulté les évêques du monde entier, le pape Pie XII a affirmé solennellement la foi en l’Assomption de la Vierge Marie le 1er novembre 1950 : "L’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la Gloire céleste" .

Que savons-nous de la Vierge Marie d’après les Écritures ?

Marie est fiancée à Joseph, de la lignée de David, lorsqu’elle reçoit la visite de l’ange Gabriel (Annonciation). Il lui annonce que l’Esprit Saint viendra sur elle, qu’elle attendra un enfant à qui elle donnera le nom de Jésus. Il sera appelé "Fils de Dieu". Avec simplicité, elle fait part de sa disponibilité en répondant à l’ange : "Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole" (Fiat).

L’ange lui ayant appris qu’Elizabeth sa cousine attend également un enfant (Jean-Baptiste), elle va lui rendre visite (Visitation). Elles chantent toutes deux les louanges du Seigneur (Magnificat).

Alors que Marie approche du terme de sa grossesse, elle se rend à Bethléem, d’où est originaire la famille de Joseph, pour le recensement organisé par l’occupant romain. Comme il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune, c’est dans une crèche que Marie met au monde son fils Jésus, que les bergers, puis les mages, viennent adorer (Noël). Prévenue par les mages que le roi Hérode fait rechercher l’enfant pour le faire périr, la Sainte Famille s’enfuit en Égypte. À la mort d’Hérode, elle revient en Galilée et s’installe à Nazareth, où Jésus passe son enfance.

Vers la douzième année de Jésus, Marie et Joseph l’emmènent à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive. C’est à cette occasion que Marie et son époux perdent Jésus, resté dans le Temple avec les docteurs de la loi. Lorsqu’ils le retrouvent trois jours plus tard, Jésus leur tient ce propos : "Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être".

On retrouve Marie, dans les Écritures, quelques années plus tard : lors d’un mariage, elle indique à son fils que les convives n’ont plus de vin, tout en recommandant aux serviteurs de leurs hôtes : "Faites tout ce qu’Il vous dira" . Cet épisode des Noces de Cana, au cours duquel Jésus change l’eau en vin, constitue le premier signe qui suscite la foi des apôtres.

Enfin, sur la Croix, avant de mourir, Jésus confie Jean à sa Mère : "Femme, voici ton fils", et Il ajoute, à l’intention de Jean : "Voici ta Mère" .

C’est au moment de la Pentecôte, alors que Marie se trouve avec les apôtres dans la salle du Cénacle, que les Écritures évoquent sa présence pour la dernière fois. Elles ne disent rien du reste de sa vie.

La dévotion mariale

Comme le souligne le Catéchisme de l’Église catholique, « depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de "Mère de Dieu" » puisque elle a mis au monde Jésus, le Fils de Dieu. Peu à peu s’est imposée l’idée que Marie, par une grâce venue de son Fils, ne pouvait être qu’exempte de tout péché (sens de l’expression "Immaculée conception") et qu’à la fin de sa vie, elle a rejoint son Fils, corps et âme, dans la gloire de Dieu (Assomption).

"Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l’œuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l’Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l’Église le modèle de foi et de charité. (…) Elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. Les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins" . Plusieurs fêtes liturgiques la célèbrent, parmi lesquelles l’Assomption.

C’est pourquoi, partout dans le monde, un très grand nombre de sanctuaires ont été élevés en son honneur dont certains, d’ailleurs, portent le nom de Notre-Dame de l’Assomption. La dévotion mariale, marquée par la simplicité et dans laquelle les petits et les pauvres se retrouvent facilement, est centrée sur la prière du "Je vous salue Marie", répétée et méditée dans la récitation du chapelet et du rosaire. Elle est au cœur de la spiritualité de très nombreux mouvements, congrégations, pèlerinages et rassemblements.


[1] Assomption : le mot latin assumptio vient du verbe ad-sumere "prendre pour soi", "tirer à soi". La Solennité de l’Assomption de Marie célèbre la glorification de la Mère de Dieu. Les Écritures canoniques ne parlent pas de ce mystère, mais très vite la foi de l’Église en a témoigné : dès la fin du ve siècle, on enregistre des allusions à une fête de la "dormition" ou du "passage" de Marie. Le 1er novembre 1950, Pie XII a défini solennellement le dogme de l’Assomption de Notre-Dame, dans les termes suivants : "Marie, l’Immaculée Mère de Dieu, toujours Vierge, à la fin de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire du ciel". Le mystère de l’Assomption est le privilège mariai qui répond au privilège de l’Immaculée Conception : si Marie est la toute-pure, devenue la Mère de Dieu, associée à l’œuvre rédemptrice de son Fils, il convenait que Dieu l’élevât à la Gloire du Christ ressuscité et monté au ciel. Après l’Ascension du Seigneur, l’Assomption de Notre-Dame est pour nous le gage de notre appel à la Gloire : à côté de l’humanité du Christ, une personne humaine est entrée dans la vie des Trois et ne cesse, avec Jésus, d’intercéder pour que nous soyons là où elle est.

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