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Marie-Madeleine et les saints de Provence

  Publié le jeudi 5 août 2010 , par Françoise Girard

A l’occasion des deux translations des reliques de sainte Marie-Madeleine, Saint-Maximin et la Sainte-Baume organisaient de grandes festivités en cette année 2010.
Retrouvez ici la transcription des propos recueillis par Jeanne-Chantal Douhéret et Audrey Souriau dans le cadre de l’émission "En direct des Sessions" sur RCF le 23 juillet 2010.


Cette année était fêtée la double translation des reliques de sainte Marie-Madeleine : une semaine de commémorations festives à Saint Maximin et la Sainte-Baume.

- Mireille Bœuf, vous êtes la présidente de l’association Santo Madaleno. La fête de Marie Madeleine est une fête traditionnelle à Saint Maximin ?

- La fête de Marie-Madeleine à Saint-Maximin existe depuis très longtemps ; La première a été fixée par Charles II d’Anjou en 1280 après qu’il a découvert les reliques en1279. La tradition se maintient toujours.

- Cette année, il y a deux commémorations pour deux translations. C’est une année particulière ?

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Le reliquaire de sainte Marthe et au premier plan celui de saint Lazare

- Effectivement, la première translation date de 1660. Le corps de Marie-Madeleine avait été enfermé en 1280 par Charles d’Anjou dans un coffre d’or, d’argent et de pierreries qui n’a pas résisté aux siècles. Il a fallu le remplacer au XVII° siècle. La translation dans l’urne de porphyre, commandée par Mgr Marini en Italie et transportée à Saint-Maximin, s’est faite à l’occasion de la visite de Louis XIV en février 1660 au cours de grandes festivités. Et deux cents ans plus tard, c’est la translation du chef de la sainte… Deux siècles ont passé. La Révolution a profané nos reliques comme beaucoup d’autres. Le premier reliquaire du chef de Marie-Madeleine offert par Charles d’Anjou avait disparu. Grâce à la ferveur populaire, aux soutiens de l’évêque de Fréjus-Toulon et du curé de Saint-Maximin, un nouveau reliquaire, dessiné par Revoil, architecte des Monuments Historiques et réalisé par Didron, orfèvre parisien, a pu être offert. C’est celui que nous possédons toujours et dans lequel se trouve le chef de notre Sainte.

- Mgr Jean-Pierre Ravotti, vous êtes un enfant de Saint-Maximin. Comment vit-on avec le patronage de Marie-Madeleine ?

- De nationalité italienne, je suis provençal dans l’âme. Enfant, j’ai été très marqué et je crois que ma vocation de prêtre est venue de là.

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Sainte Marthe portée en procession

- Vous revenez tous les ans dans votre ville natale. Pourquoi ce besoin de retrouver Marie-Madeleine et votre basilique ?

- Marie-Madeleine est la femme de ma vie. C’est une figure extraordinaire. Dans les années cinquante, lorsque j’étais enfant, le culte de Marie-Madeleine avait une certaine ampleur. Les gens participaient beaucoup. Les fêtes solennelles de 1960 m’ont fortement impressionné : J’étais enfant de chœur. Ensuite, j’ai approfondi le personnage. Marie-Madeleine est devenue une compagne, quelqu’un qui fait partie de ma vie, que je prie très souvent, à qui je m’adresse régulièrement et pour qui je sens un attachement viscéral. Les saints ne nous éloignent pas de Dieu. Marie-Madeleine est un intermédiaire comme tous les saints. Ce qui est beau c’est que ce mystère de la sainteté lui rend une réalité humaine, incarnée. D’autant plus que Marie-Madeleine a eu un passé un peu houleux !

Marie Madeleine fut ermite dans le massif de la Sainte Baume. Elle y est morte vers l’âge de soixante-dix ans. Ce sont les Dominicains qui animent aujourd’hui le sanctuaire de la Sainte-Baume. Ils s’associent à ces célébrations.

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Saint Lazare porté par les Lazaristes de Marseille

- Frère Romaric, vous êtes le supérieur de cette communauté ; vous avez donné des conférences sur Marie-Madeleine ; quel portrait aimeriez-vous nous en faire ?
- C’est une femme très attachante et très mystérieuse qui parle particulièrement au cœur d’un Dominicain. Elle a une physionomie très proche de notre vocation, proche de toute vocation chrétienne. Pour nous, c’est avant tout Marie de Magdala, le premier témoin de la Résurrection, l’apôtre des apôtres, le point de départ de la transmission de la Foi que nous recevons aujourd’hui, le modèle de ceux qui croient que Jésus est ressuscité et en donnent témoignage. C’est d’autant plus parlant que dans l’Evangile on constate qu’elle est effrayée d’annoncer cela et pourtant elle le fait.

Je crois qu’aujourd’hui on peut avoir un peu peur d’annoncer notre Foi. Marie-Madeleine a quelque chose à nous dire de ce point de vue là. Pour les Prêcheurs, les Dominicains, cela nous parle particulièrement. Marie-Madeleine est aussi attachante pour nous parce que nous voyons en elle la sœur de Marthe et de Lazare, Marie de Béthanie : cette femme qui reste assise aux pieds de Jésus, à l’écouter, le contempler, pendant que Marthe sert. Elle est le modèle de la vie de contemplation, de la vie d’écoute attentive et amoureuse du Seigneur. C’est l’origine, pour le Dominicain, le prêcheur, de toute prédication. Comme pour tout chrétien, on ne peut prêcher que parce que l’on a contemplé.

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Le reliquaire de la tête de Marie-Madeleine

Enfin et surtout, Marie-Madeleine est particulièrement attachante parce qu’elle est pécheresse pardonnée. Il y a un anonymat dans le péché qui fait que chacun peut se retrouver dedans. Quoi que j’ai pu faire, je peux me retrouver en Marie-Madeleine. Elle me montre que, quoi que j’ai pu faire, la miséricorde est plus grande que tout. Elle est un véritable chemin de conversion à travers lequel elle guide et réconforte.

- La grotte de la Sainte-Baume est un lieu de pèlerinage. Quelle signification a ce lieu symbolique pour les gens qui s’y pressent ?

- Marie-Madeleine est-elle réellement venue en ce lieu ? Ce que l’on sait c’est qu’elle est là. Le lieu attire pour la figure de Marie-Madeleine et la beauté du site : il y a une vue prodigieuse sur la Sainte-Victoire, le Luberon, les Ecrins. C’est un lieu qui apporte la paix, le silence, le recueillement. Il y a un calme surprenant aux abords de cette grotte. La montée dans la forêt est providentielle : elle met en condition, elle dispose le cœur.

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Le cardinal Rodé, Mgr Rey, Mgr Molinas et le père Casseron durant la procession

-  Il faut des lieux comme celui-ci, des reliques, pour approcher les saints ?

- Il y a dans ce genre de démarche une illustration du principe d’incarnation. Nous ne sommes pas de purs esprits angéliques, nous sommes des esprits incarnés donc toute notre connaissance passe nécessairement par les sens. Nous avons besoin de matérialiser par le voir, le toucher, le sentir, le goûter. Nous avons besoin de matérialiser notre expérience spirituelle par l’expérience sensible. Faire un pèlerinage vers des reliques, aller dans un lieu où un saint a pu vivre, voir ce qu’il a vu, nous permet d’imprégner les fibres de notre être d’un plus grande dévotion pour le saint et d’un plus grand amour pour Dieu.

Cette semaine de célébrations à Saint-Maximin autour de Marie-Madeleine fut aussi l’occasion de célébrer les saints de Provence.

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Le reliquaire de sainte Sara

- Brigitte Morelle, vous êtes historienne des saints de Provence. Vous avez soutenu la tradition des saints de Provence ; pouvez-vous nous rappeler qui ils sont ?

- Marie-Madeleine n’est pas arrivée toute seule en Provence aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Elle est arrivée avec Marie Jacobé et Marie Salomé qui ont vécu la passion du Christ avec elle. Elle était accompagnée de son frère Lazare, de Marthe et de Maximin.

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Le reliquaire de saint Maximin

- Pourquoi sont-elles arrivées sur une barque en Provence ?

- Il y a eu une première dispersion des chrétiens après la mort de Jésus, vers Antioche, Chypre. Plus tard, sous Hérode Agrippa, gouverneur de Judée, ami de l’empereur romain Claude, il y eut des persécutions qui ont incité Pierre, libéré de prison par les anges à partir évangéliser les nations, les païens.

- C’est à ce moment là que les sept de Béthanie s’embarquent vers les Saintes-Maries- de-la- Mer ?

- Arrivées aux Saintes-Maries, Marie Salomé et Marie Jacobé, âgées, vont y rester. Un puits d’eau douce va jaillir. Un autel va être construit et la première eucharistie va être célébrée là. Maximin officie. C’est le premier contact chrétien en Narbonnaise.

Marthe va partir évangéliser Tarascon et Avignon. Elle construit une petite église à Tarascon et on a retrouvé son corps sous la crypte de la collégiale de Tarascon. Lazare part à Marseille. Maximin à Aix. Entre Aix et Saint-Maximin, il y aura toujours des liens car Marie-Madeleine va décider de monter à la Sainte-Baume. Quand elle sentira sa fin arriver, elle descendra mourir entre les bras de Maximin qui va lui donner sa dernière communion. Celui-ci lui donnera une sépulture honorable et demandera à être enterré auprès d’elle.

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La procession dans les rues de Saint-Maximin

- Mireille Bœuf, les reliques de tous les saints de Provence ont été accueillies tout au long de cette semaine à Saint-Maximin pour être exposées dans la basilique…

- Il était important cette année de rassembler autour de Marie-Madeleine tous les saints de Provence pour affirmer et faire vivre notre tradition. L’archiprêtre de la collégiale Sainte-Marthe de Tarascon nous disait l’autre soir qu’ils devaient avoir bien des choses à se dire depuis deux mille ans qu’ils ne s’étaient pas vus. Ils doivent surtout avoir des choses à nous dire. Nous espérons, à partir de ce point de départ, mettre en lien tous ces lieux de culte où se trouvent les saints de Provence : Saintes-Maries-de-la-Mer, Tarascon, Aix, Marseille, Saint-Maximin et la Sainte-Baume, et pouvoir poursuivre pèlerinages et manifestations. La tradition veut que l’on vienne à Saint-Maximin avant de monter en pèlerinage à la Sainte-Baume. Il est important pour nous de remettre en perspective ces deux lieux.

- A Saint-Maximin sont venus, pour accompagner les reliques, la nation Gardianne et le Félibrige. Pouvez-vous nous les présenter ?

- La nation Gardianne perpétue la tradition camarguaise liée au culte de sainte Sara des Saintes-Maries-de-la-Mer et est associée aux trois pèlerinages traditionnels : en mai, avec les gitans et Sara, en octobre avec les provençaux et les languedociens, en décembre pour la fête des reliques. Le Félibrige maintient la tradition de la langue provençale : il rendra hommage à Mistral qui a si bien chanté la basilique. D’ailleurs, pendant les fêtes de Marie Madeleine, le Pater, au cours de la messe, est récité en provençal. Il y a aujourd’hui des écoles félibréennes, notamment à Saint-Maximin et des interventions auprès des enfants des écoles sont proposées pour aider à la transmission de notre langue.

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La procession des reliques s’achève dans la basilique

- Jean-Luc Myskowski, vous êtes peintre : que vous inspirent Marie-Madeleine et la Provence ?Marie-Madeleine inspire toujours les artistes et les créateurs. Jean-Luc Myskowski et son fils Mathieu ont participé à ces célébrations jubilaires.

- Je suis artiste peintre professionnel, en Provence depuis quarante-cinq ans dont trente à Saint-Maximin. J’ai eu l’honneur d’être considéré comme félibre l’année dernière pour mes travaux de calligraphie et d’illustration des poèmes de Camille Raybaud. Cette année, j’ai travaillé avec mon fils, artiste plasticien et infographiste, sur l’évangélisation de la Provence autour de Marie-Madeleine et des saints de Provence dans un spectacle de mise en lumière de la basilique au cours de trois soirées. Nous avons souhaité que les profanes puissent accéder à une certaine spiritualité : lorsque l’on voyait Marie Madeleine s’élever au sommet du mont Pilon, on dépassait le cadre de la tradition pour entrer dans une autre dimension. La mise en lumière de la rosace a été le clou du spectacle, une sorte de feu d’artifice pour clôturer les manifestations.

- Mireille Bœuf, ces deux semaines de festivités sont un point de départ ?

- Nous avons parlé des liens à maintenir entre tous les lieux de culte des saints de Provence. L’exposition du musée Rostan est destinée à être itinérante. Elle va parcourir la Provence durant cette année jubilaire et permettre à Marie-Madeleine et à ses compagnons d’être à l’honneur au-delà de cet été.

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Les danses sur le parvis de la basilique

- 22 juillet, fête de la patronne du diocèse : Marie-Madeleine
- Homélie du cardinal Rodé pour les fêtes de Marie-Madeleine











 
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