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"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".

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Ma vie avec le deuil des familles

  Publié le samedi 23 décembre 2006

« Je pensais rencontrer la mort et il y avait beaucoup de vie. » Retrouvez le témoignage de de sœur Maryvonne Jamin paru dans la rubrique Témoin d’aujourd’hui dans le magazine Église de Fréjus-Toulon n° 101 de novembre 2006.


"Je pensais rencontrer la mort et il y avait beaucoup de vie"

Sœur Maryvonne Jamin, engagée dans la Communion Saint-Lazare. Ce service de la Pastorale diocésaine du deuil favorise la proximité de l’Eglise avec les familles éprouvées : accueil et écoute, visite à domicile, présence et prière au moment de l’adieu.

- Qu’est ce qui fait qu’un jour on en vient à s’intéresser aux familles qui sont dans la peine ? Quel fut pour vous le déclic ?

J’ai demandé à monseigneur Madec alors évêque de Fréjus-Toulon s’il avait un service à me confier. Il m’a proposé une mission à l’aumônerie du cimetière. J’ai accepté car j’avais déjà rencontré des familles en deuil dans la vie quotidienne même si je ne savais pas encore si je pourrai répondre à leurs attentes dans le cadre de ce service. J’ai commencé le 2 janvier 1996.

- Qu’avez-vous éprouvé lorsque vous vous êtes retrouvée aumônier au cimetière ?

J’ai regardé, écouté et je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de vie alors que je m’attendais plutôt à y trouver la mort. Beaucoup de personnes sont là au services des familles et de la mort : Pompes Funèbres, personnels du cimetière, employés de mairie… avec lesquelles j’ai pu entamer un dialogue, parler de la vie de chaque jour et aborder des sujets importants comme la religion, la Résurrection, la réincarnation.


-  Le fait que vous soyez religieuse a-t-il facilité les questions de fond ainsi que votre intégration dans l’équipe ?

Oui. Je me rendais compte que toutes les personnes qui travaillaient là le faisaient avec beaucoup de dignité et de respect. Leur manière de travailler et leur présence auprès des familles m’ont beaucoup touchée. J’ai tout de suite trouvé ma place parmi elles au service des familles.


-  On sait que la vie est faite de rêves et parfois de regrets. En avez-vous un à nous faire partager ?

Je rencontre énormément de familles en deuil tout au long de l’année et je regrette de ne pouvoir continuer de les rencontrer, assurer un suivi, garder un contact. Elles sont beaucoup trop nombreuses. J’essaie d’être attentive auprès de celles qui me paraissent en avoir le plus besoin et de continuer à les rencontrer. Certaines me rappellent pour parler encore un peu.

- Dans quoi enracinez-vous votre mission ? Quelle est l’importance de la prière et de l’eucharistie dans ce que vous faites ?

J’ai senti que c’était vraiment Dieu lui-même qui m’appelait à ce service. Chaque jour j’accueille toute cette souffrance grâce au Christ lui-même qui a souffert dans son cœur et dans son corps. Avant chaque célébration, je dis au Seigneur que je lui donne ma parole, ma présence et lui demande qu’il agisse en moi pour donner aux familles ce dont elles ont besoin. Et puis, il y a l’eucharistie : à chaque fois que je communie, c’est avec toutes ces personnes qui sont déjà dans la maison du Père, avec toutes celles qui sont là pour leur défunt que je communie.

Ce que vous dit Daniel Robin, coordinateur de la confrérie du crematorium de Cuers avec qui vous partagez cette mission de l’accompagnement…

- Dans notre mission d’accompagnement, il y a beaucoup à voir et à digérer parfois. Que penses-tu de la bénédiction d’un enfant quelques jours après sa naissance ? Comment réagis tu devant une telle situation ?

La mort des petits-enfants est la souffrance la plus douloureuse, qui apparaît même comme une injustice, mais c’est dans ces moments là qu’il faut être le plus proche des parents, leur faire sentir que nous comprenons sans nous mettre à leur place. Ces parents ont besoin d’être accompagnés par une prière. J’ai vécu cela avec un petit de dix-huit mois. Sa mère et sa grand-mère sont venues me voir pour en parler, pour se préparer à la prière. Elles m’ont dit que ma voix les avait apaisées et encouragées. Il faut savoir pleurer avec ceux qui pleurent. Cette épreuve est tellement forte et lourde que c’est une façon de partager leur souffrance.

- Dans quels types de lectures trouvez-vous de quoi vous aider ou peut être vous évader ? Y-a-t-il une parole, une phrase qui vous aurait marqué et qui vous accompagne ?

Je suis à l’affût des nouveautés qui sortent car il faut toujours se renouveler pour être mieux au service des familles mais je sais aussi me détendre. Il y a une parole très forte que je vis à l’occasion de chaque deuil, c’est celle de Saint Paul : « ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». J’essaie de faire mienne cette parole de Saint Paul chaque fois que je rencontre une famille, que je prie avec elle. Ce n’est pas moi qui prie, c’est la Sainte-Trinité.

- Est-ce que la rencontre est importante dans votre mission ?

Je suis toujours émerveillée. Chaque rencontre me confirme combien l’écoute et la parole permettent d’avancer.

- Avez-vous un exemple de parcours spirituel qui a pris sa source à l’épreuve du deuil, comme cela arrive parfois ?

J’en ai un. J’ai rencontré une dame très bouleversée par la mort de son mari. Elle a reconnu avoir retrouvé un peu d’espérance au cours de nos échanges. J’ai pu lui faire partager ce que je vivais et lui faire connaître l’Arche des Moulins, une association de quartier où chaque jeudi nous avons l’eucharistie avant un repas partagé et puis à mon tour, j’ai découvert qu’elle faisait partie de « Un Soleil pour Tous », une association pour les enfants handicapés. Je me suis intéressée à sa vie que j’aime partager avec elle.

- On retrouve là votre désir de prolonger l’accompagnement des personnes rencontrées au-delà de la rencontre au moment du deuil. Quel mot vous vient à l’esprit pour mieux qualifier votre engagement ?

Sans hésitation, la tendresse.


-  Pourquoi celui-ci ?

Parce que c’est ce que j’essaie d’apporter aux familles, c’est ce dont elles ont le plus besoin. Je les confie au Père de tendresse, dans les prières ou les textes lus.

- Vous apportez la tendresse autour de vous, c’est une belle qualité. Avez-vous un défaut à vous faire pardonner ?

Je suis impulsive. Il y a des choses qui me révoltent car je sens à travers cela de l’injustice et je réagis très vite. Il faudrait que je freine un peu !


-  Si vous n’aviez pas cette mission auprès des familles en deuil, qu’auriez-vous aimé faire ?

J’ai eu l’occasion de m’occuper d’enfants, de jeunes et de toxicomanes mais ce qui m’a le plus touchée c’est mon travail auprès des requérants d’asile. Je suis sensible à la pauvreté, qu’elle soit matérielle, morale ou spirituelle.

- Est-ce que la vie vous comble, sœur Maryvonne ?

Tout à fait mais je suis prête à changer de vie si je dois un jour changer de mission. Je laisserai celle-ci pour celle que l’on me confiera. Toute mission est reçue de Dieu et je devrai y répondre.

Communion Saint Lazare

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