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Les chrétiens face à l’immigration

Monseigneur Dominique Rey

  Publié le vendredi 24 décembre 2010 , par Yann de Rauglaudre

Après la deuxième guerre mondiale, les pays industrialisés ont connu une période de forte expansion économique et de prospérité, nécessitant une main d’œuvre abondante, peu exigeante en matière de salaires, et pouvant accepter des tâches pénibles désertées par les nationaux. D’un autre côté, le sous-développement des pays du tiers-monde et le manque d’emplois et de travail dans ces pays rendaient disponibles une main d’œuvre répondant à ces besoins et capables, de s’expatrier.


D’où la venue massive en Europe occidentale de travailleurs immigrés qui ont ensuite bénéficié de procédures de regroupement familial pour accueillir leurs proches. Certains immigrés sont entrés aussi clandestinement. Outre les nombreux problèmes humains posés par la cohabitation de ces travailleurs et de leurs familles avec la population autochtone, provoquant des phénomènes de rejet et de friction, les travailleurs immigrés apparaissent des concurrents face à un emploi en récession.

Nous avons besoin de l’immigration

Force est de constater que nous avons besoin des immigrés. Ils tiennent une place importante dans la vie de nos sociétés. Dans la majorité des cas, ils répondent à une demande de travail qui, sans cela, resterait insatisfaite, dans des secteurs économiques où la main d’œuvre locale est insuffisante ou n’est pas disposée à effectuer certaines tâches. De ce point de vue, l’immigration contribue au développement économique des pays d’implantation.

"Force est de constater que nous avons besoin des immigrés. Ils tiennent une place importante dans la vie de nos sociétés"

Cependant l’arrivée d’immigrants dans les pays développés est souvent perçue comme une menace. Sur le plan culturel, les migrants importent dans le pays d’accueil d’autres modes de vie. Sur le plan social, on note des risques significatifs de marginalisation et de désocialisation.

De la déculturation au communautarisme

La déculturation ne vient pas seulement du multiculturalisme au sens ethnique (melting pot), mais aussi du fait que les familles restent en marge de la vie sociale. L’intégration des nouvelles générations se heurte à leur perte d’identité, à leur déracinement par rapport à leur origine mais aussi à leur insuffisante insertion dans le tissu socio-culturel.

Cette déculturation peut conduire à différentes formes de communautarisme et de tribalisme. Au niveau religieux, la foi devient un sujet de reconnaissance mutuelle et d’allégeance de substitution par rapport aux autorités défaillantes : aussi bien celle du père que celle de l’école ou de l’Etat. On constate en particulier dans certaines populations d’origine musulmane, un retour à certaines formes de fondamentalisme. Ce radicalisme est porté par la ferveur identitaire du groupe alors même que la société n’offre aucun avenir professionnel et maintient les jeunes en situation d’échec scolaire et culturel.

Une seule famille humaine L’Eglise ne cesse de rappeler que tous les peuples forment une seule communauté, qu’ils ont une seule origine. Tous les hommes sont frères parce qu’ils n’ont qu’un seul Père et forment dès lors une seule famille humaine. Cette unité n’est pas une uniformité. Le véritable défi est de pouvoir assembler dans un projet social commun des expressions culturelles, religieuses diversifiées et d’éviter toutes les formes de marginalisation et de stigmatisation. Ceci suppose d’une part une prise de conscience de l’identité nationale et en particulier pour l’Europe de ses racines chrétiennes, et d’autre part de développer des lieux de dialogue et de reconnaissance mutuelle vis-à-vis des immigrés qui viennent d’autres aires culturelles ou sociales.

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"L’Eglise ne cesse de rappeler que tous les peuples forment une seule communauté, qu’ils ont une seule origine. Tous les hommes sont frères parce qu’ils n’ont qu’un seul Père et forment dès lors une seule famille humaine. Cette unité n’est pas une uniformité."

Evaluer pour accompagner

L’effort d’inculturation requiert un jugement prudentiel, d’équité pour pouvoir apprécier à quel rythme et à quel niveau le pays souhaite accueillir des immigrés. Des immigrations trop massives peuvent être sources de déstabilisation pour les populations d’accueil qui n’ont pas mis en place des dispositifs d’accompagnement et d’insertion. Face à l’immigration, on a besoin de réglementations respectueuses de la dignité des personnes en particulier dans les dispositifs de retour dans leur pays d’origine des clandestins. On doit aussi réguler l’immigration afin que les personnes accueillies puissent s’intégrer correctement dans la vie sociale et économique. Corrélativement, la responsabilité des Etats, qui connaissent l’immigration est de promouvoir l’essor économique des pays d’origine pour éviter des exodes massifs et en particulier la fuite d’élites.







- Texte paru dans Eglise de Fréjus-Toulon n° 147 - janvier 2011
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