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Le sacrement des malades

  Publié le jeudi 24 janvier 2008 , par Françoise Girard

Dans le n° 115 de février 2008 du mensuel Eglise de Fréjus-Toulon, le père Philippe Cerisier engagé dans la pastorale de la Santé, a présenté le sacrement des malades en s’appuyant essentiellement sur le catéchisme de l’Eglise catholiquen°1499 - 1525.


"Par l’Onction sacrée des malades et la prière des prêtres, c’est l’Église toute entière qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu’Il les soulage et les sauve ; bien mieux, elle les exhorte, en s’associant librement à la passion et à la mort du Christ à apporter leur part pour le bien du Peuple de Dieu" (Vatican II - Lumen Gentium n° 11).

La maladie dans la vie humaine

La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui éprouvent la vie humaine. Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort. Le malade devant Dieu L’homme de l’Ancien Testament vit la maladie en face de Dieu. C’est devant Dieu qu’il déverse sa plainte sur sa maladie (Ps 38) et c’est de Lui, le Maître de la vie et de la mort, qu’il implore la guérison (Ps 6, 3 ; Is 38). La maladie devient chemin de conversion (Ps 38,5 ; 39, 9.12) et le pardon de Dieu inaugure la guérison (Ps 32, 5 ; 107, 20 ; Mc 2, 5-12).

Le Christ Médecin

La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons d’infirmes de toute sorte (Mt 4, 24) sont un signe éclatant de ce "que Dieu a visité son peuple" (Lc 7, 16) et que le Royaume de Dieu est tout proche. Jésus n’a pas seulement pouvoir de guérir, mais aussi de pardonner les péchés (Mc 2, 5-12) : Il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps. Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu’Il s’identifie avec eux : "J’ai été malade et vous m’avez visité" (Mt 25, 36). Son Amour de prédilection pour les infirmes n’a cessé, d’éveiller l’attention toute particulière des chrétiens envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme.

L’Onction des malades

L’Eglise croit et confesse qu’il existe, parmi les sept sacrements, un sacrement spécialement destiné à réconforter ceux qui sont éprouvés par la maladie : l’onction des malades.

Cette onction sainte des malades a été instituée par le Christ notre Seigneur comme un sacrement du Nouveau Testament, véritablement et proprement dit, insinué par Marc (Mc 6,13), mais recommandé aux fidèles et promulgué par Jacques, apôtre et frère du Seigneur (Jc 5,14-15) (Cc. Trente - DS 1695).

Dans la tradition liturgique, on possède dès l’antiquité, des témoignages d’onctions de malades pratiquées avec de l’huile bénite. Au cours des siècles, l’onction des malades a été conférée de plus en plus exclusivement à ceux qui étaient sur le point de mourir. A cause de cela elle avait reçu le nom d’"Extrême-Onction ". La Constitution apostolique "Sacram unctionem Infirmorum" du 30 novembre 1972, à la suite du deuxième concile du Vatican (SC 73) a établi que désormais, dans le rite romain, on observe ce qui suit :
- le sacrement de l’onction des malades est conféré aux personnes dangereusement malades, en les oignant sur le front et sur les mains avec de l’huile dûment bénite - huile d’olive ou autre huile extraite de plantes - en disant une seule fois : "Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit-Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’Il vous sauve et vous relève". (CIC, can. 847, § 1) [1] .

Qui reçoit ce sacrement ?

L’onction des malades "n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour la recevoir est-il certainement déjà arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse" (SC 73 [2] ; CIC, can. 1004, § 1 ; 1005 ; 1007 [3] ; CCEO, can. 738).

Si la maladie s’aggrave, si une nouvelle maladie se déclare, au seuil d’une opération importante, le malade peut recevoir une nouvelle fois ce sacrement. Il en va de même pour les personnes âgées dont la fragilité s’accentue.

Qui administre ce sacrement ?

Seuls les prêtres (évêques et presbytres) sont les ministres de l’onction des malades (cf. Cc. Trente - DS 1697 ; 1719 ; CIC, can. 1003 [4] ; CCEO, can. 739, § 1).

Comment est célébré ce sacrement ?

Comme tous les sacrements, l’onction des malades est une célébration liturgique et communautaire, qu’elle ait lieu en famille, à l’hôpital ou à l’Eglise, pour un seul malade, ou tout un groupe. Elle peut être célébrée au sein de l’eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l’eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le "viatique" pour le "passage" vers la Vie Eternelle.

Parole et sacrement forment un tout inséparable. La Liturgie de la Parole, précédée d’un acte de pénitence, ouvre la célébration. Les paroles du Christ, le témoignage des Apôtres éveillent la foi du malade et de la communauté pour demander au Seigneur la force de son Esprit.

La célébration du sacrement comprend principalement les éléments suivants : "les prêtres de l’Eglise" (Jc 5,14) imposent - en silence - les mains aux malades ; ils prient sur les malades dans la foi de l’Eglise (Jc 5,15) ; c’est l’épiclèse (du grec épiclèsis "invocation" à l’Esprit-Saint) propre de ce sacrement ; ils donnent alors l’onction avec l’huile bénite, si possible, consacrée par l’évêque, lors de la semaine sainte. Ces actions liturgiques indiquent quelle grâce ce sacrement confère aux malades.

Les effets de ce sacrement

La grâce première de ce sacrement est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l’état de maladie grave, ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d’angoisse de la mort (He 2,15). Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps. Comme pour le baptême, l’onction des malades offre la rémission de tous les péchés.

Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s’unir plus intimement à la Passion du Christ. Il est d’une certaine façon consacré pour porter du fruit par la configuration à la Passion rédemptrice du Sauveur.

Les malades qui reçoivent ce sacrement, "en s’associant librement à la Passion et à la mort du Christ", apportent "leur part pour le bien du peuple de Dieu" (LG 11). En célébrant ce sacrement, l’Eglise, dans la communion des saints, intercède pour le bien du malade. Et le malade, à son tour, par la grâce de ce sacrement, contribue à la sanctification de l’Eglise et au bien de tous les hommes pour lesquels l’Eglise souffre et s’offre, par le Christ, à Dieu le Père.

Si le sacrement de l’onction des malades est accordé à tous ceux qui souffrent de maladies et d’infirmités graves, il l’est à plus forte raison à ceux qui sont sur le point de sortir de cette vie (In exitu vitæ constitut) - Cc. Trente - DS 1698), de sorte qu’on l’a aussi appelé sacramentum exeuntium (sortir en s’élevant). L’onction des malades achève de nous conformer à la mort et à la résurrection du Christ, comme le baptême avait commencé de le faire. Elle parachève les onctions saintes qui jalonnent toute la vie chrétienne ; celle du baptême avait scellé en nous la vie nouvelle ; celle de la confirmation nous avait fortifiés pour le combat de cette vie. Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre comme d’un solide rempart en vue des dernières luttes, avant l’entrée dans la maison du Père (DS 1694).

Foire aux questions

- Qu’est-ce que le viatique ? A ceux qui vont quitter cette vie, l’Eglise offre, en plus de l’onction des malades, l’eucharistie comme viatique, une provision pour le dernier voyage. Reçue à ce moment de passage vers le Père, la communion au corps et au sang du Christ a une signification et une importance particulières. Elle est semence de vie éternelle et puissance de résurrection, selon les paroles du Seigneur : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie Eternelle et Moi, Je le ressusciterai au dernier jour" (Jn6, 54). Sacrement du Christ mort et ressuscité, l’eucharistie est ici sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père (Jn13, 1).

Ainsi, comme les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie constituent une unité appelée "les sacrements de l’initiation chrétienne", on peut dire que la pénitence, la sainte onction et l’eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme, "les sacrements qui préparent à la Patrie" ou les sacrements qui achèvent la pérégrination terrestre.

- Onction des malades ou extrême-onction ? L’onction des malades est un sacrement de vie ! Le poids des idées reçues est tel que beaucoup hésitent à demander le sacrement des malades, parce qu’ils l’associent à la mort prochaine…

Certes, si l’onction soulage l’âme du malade et la fortifie, à plus forte raison elle est, avec le viatique (sacrement de l’eucharistie administré à un mourant, comme provision pour son dernier voyage), une aide pour le passage vers le Père. Puisque les sacrements sont pour les vivants, il ne faut pas attendre la dernière extrémité pour demander à le recevoir des mains du prêtre. De ce fait, il ne peut pas être donné à un défunt.

- Peut-on donner l’onction des malades à une personne inconsciente ? D’une manière générale, l’Eglise demande la participation consciente du malade, pour recevoir ce sacrement. Toutefois, en cas de doute sur l’état de conscience du malade, ou en cas de danger de mort imminent, le prêtre est amené à discerner s’il doit conférer ou non ce sacrement.

- Peut-on recevoir ce sacrement plusieurs fois ? L’onction des malades est un sacrement sur la durée. On peut envisager des célébrations annuelles. Toutefois, si l’état du malade s’aggrave ou se détériore, il est possible de le conférer à nouveau.


[1] Can. 847 - § 1. Dans l’administration des sacrements qui requièrent l’utilisation des saintes huiles, le ministre doit se servir d’huile d’olive ou d’autres plantes, récemment consacrée ou bénite par l’évêque, restant sauves les dispositions du ⇒ can. 999, n. 2 ; il n’utilisera pas les huiles anciennes, sauf en cas de nécessité.

[2] 73. Rite de l’onction des malades

L’extrême-onction. qu’on peut appeler aussi et mieux l’onction des malades, n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse.

[3] Can. 1004 - § 1. L’onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse.

§ 2. Ce sacrement peut être réitéré si le malade, après guérison, tombe de nouveau gravement malade, ou si, au cours de la même maladie, le danger s’aggrave. Can. 1005 - S’il y a doute que le malade soit parvenu à l’usage de la raison, ou que sa maladie soit dangereuse, ou qu’il soit décédé, le sacrement sera administré.

Can. 1006 - Le sacrement sera donné aux malades qui, lorsqu’ils étaient conscients, l’ont demandé au moins implicitement.

Can. 1007 - L’onction des malades ne sera pas donnée à ceux qui persévèrent avec obstination dans un péché grave manifeste.

[4] Can. 1003 - § 1. Tout prêtre, et seul le prêtre, administre validement l’onction des malades.










 
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