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Le prêtre, homme de communication

  Publié le lundi 4 octobre 2010 , par Yann de Rauglaudre

Le prêtre est député à la communication de Dieu ; communication de la vie divine, par le baptême ; communication de la présence réelle du Christ, dans l’eucharistie ; de son pardon, dans la confession ; de sa puissance de guérison, dans le sacrement de l’onction faite aux malades ; de la force de l’Esprit-Saint qui fait de chaque confirmé un authentique témoin de la foi. Le prêtre est l’homme de la communication de la Parole de Dieu, qu’il a pour charge d’annoncer, d’enseigner, de partager.


La communication du prêtre s’identifie à son ministère. Mais la communication du prêtre n’est pas celle du monde. Elle ne se réduit pas aux règles du marketing, aux lois de la rhétorique. Elle ne relève pas d’abord de la maîtrise des nouveaux outils technologiques ou de l’art de convaincre et de persuader une clientèle potentielle, même s’il est indispensable que le prêtre aujourd’hui, puisqu’il s’adresse au monde et entre en dialogue avec celui-ci, connaisse son langage, ses codes culturels et ses instruments de communication.

La communication du prêtre obéit à une économie (qui n’est pas marchande), qui est l’économie de la grâce : économie du don de Dieu et de la gratuité de son amour, économie de la charité fraternelle. L’Esprit-Saint est l’agent principal de la communication de Dieu. Cette communication, dont le prêtre est le ministre, se caractérise par des traits spécifiques qui sont au cœur de sa vocation et de sa mission.

1) D’abord, le prêtre n’est pas l’émetteur initial du message.
Il n’en est que l’humble et fidèle transmetteur. Il n’est pas la source de l’information. Il doit veiller au contraire à ce que cette source ne soit pas polluée ou déroutée par la canalisation. Il ne véhicule pas son opinion personnelle sur Dieu, sur le Christ, sur l’Eglise. Il parle au monde, à partir de l’Evangile qu’il ne cesse de répéter à temps et à contretemps, pour en livrer le secret à nos contemporains. Il se contente de mettre en relief, de placer les accents et les virgules, sans déroger au contenu de cette Bonne Nouvelle, pour que les hommes d’aujourd’hui puissent la comprendre, l’assimiler, se l’approprier. En lisant la Parole de Dieu au prisme de l’expérience multi-séculaire de l’Eglise, au prisme de la lumière que cette Parole de salut a faite en lui, a faite de lui, à partir de l’épreuve à laquelle cette Parole l’a lui-même soumis, le prêtre atteste de la beauté, de la profondeur et de la vérité du message de la foi.

Face au bavardage incessant et horizontal qui occupe les médias où chacun veut prendre la parole, le prêtre, lui, est serviteur d’une Parole unique qui l’a lui-même saisi, avant qu’il ne s’en saisisse pour la donner au monde. Il n’en est pas l’auteur, ni le seul interprète. Mais cette Parole le fait vivre. Tel le phare, sa mission est de diffuser sa lumière. Il place sa vie sous son autorité.

La mission du prêtre est sans cesse de désigner la source trinitaire de la communication et de rétablir dans le Christ (par sa Rédemption) la communication avec Dieu et entre nous.

2) 2ème trait de cette communication : le prêtre s’engage dans ce qu’il énonce.
Le message qu’il transmet n’est pas extérieur à sa vie. La Parole de Dieu le traverse, parfois le crucifie, tant il se sait indigne de la proférer. Saint Paul parle du « glaive » de la Parole.

Dans sa communication, le prêtre engage tout son être. Le geste de prostration que l’ordinand accomplit, signifie, couché à même le sol, la mort à soi qu’appelle le ministère de la Parole de Dieu.

Dans les Ecritures, la prédication apostolique commence après l’expérience pascale. Aujourd’hui encore, c’est par la remise radicale de soi au Christ, au cœur de l’ordination, que le Seigneur nous configure à Lui, le Bon Pasteur, nous qualifie pour parler de Lui, non plus de l’extérieur mais à partir de l’acte par lequel Il se donne au monde, par lequel en Lui et à cause de Lui, le prêtre se livre à son tour, pour la vie du monde. En se donnant au Christ, on accède à une nouvelle intelligence de la vie, à un nouvel ordre de connaissance, à une nouvelle sensibilité, à une nouvelle esthétique, qui a pour nom la sainteté. Les saints sont les plus grands communicants. Comme la lune, ils rayonnent par toute leur vie une lumière solaire (qui est celle de la charité), qui les a eux-mêmes irradiés du dedans.

3) La communication du prêtre présente un trait particulier : elle est efficace.
« Parler pour ne rien dire ». Tel est souvent l’inanité, la vacuité de ces tonnes de papier, ces millions d’heures de TV, de radio, d’internet, de SMS, de réseaux sociaux… La pléthore de mots, la futilité de leur contenu trahissent en réalité un considérable déficit de communication. Comme me le faisait remarquer un jeune converti, « à la télé, on parle de tout, mais en vérité, il n’y a rien… Dans l’eucharistie, on ne voit rien, mais il y a tout. »

Quand Dieu parle, sa Parole est efficace. La réalité se trouve alors appelée à l’existence. Sa parole accomplit ce qu’elle signifie. Dans l’Evangile, lorsque Jésus dit « Lève-toi et marche », le paralytique, de suite, se relève. Le « viens et suis-moi » fait aussitôt du péager un disciple. « Ephata » et, immédiatement, la langue se délie et le sourd-muet peut désormais s’exprimer.

Tandis que le prêtre prononce les paroles du Christ en disant : « Ceci est mon Corps », « tes péchés sont pardonnés », instantanément, une conversion se produit : le pain devient Corps du Christ, le pénitent se trouve réconcilié avec Dieu. Ainsi, la communication du prêtre n’est plus de l’ordre du virtuel, mais elle atteint le réel pour le transformer, par l’action de l’esprit-Saint, en matière du Royaume nouveau.

4) Le prêtre est homme de communication mais aussi homme du mystère.
Dans notre monde globalisé, la profusion des outils de communication conduit paradoxalement à l’absence de vraie communion. Toutes ces qualités que permet la technologie, contribuent inversement à isoler ceux qui utilisent le mobile ou internet : à s’isoler d’avec les autres tout en restant apparemment avec eux, à rejoindre l’interlocuteur à l’autre bout du fil en se coupant de ceux qui sont à nos côtés. En l’absence du corps et du regard de l’auditeur, on fonctionne dans le virtuel. La folle prétention actuelle des médias de vouloir tout dire, tout voir jusqu’à scruter l’intimité, et se livrer au voyeurisme, à l’exhibitionnisme, est une négation du mystère.
Au matin de Pâques, la course de Pierre et du disciple bien aimé s’arrête devant un tombeau vide. La résurrection s’atteste par une absence. La foi ne repose pas sur la vision, mais sur l’ouïe. « Pour rendre la foi plus pure et plus ferme, la vue a été remplacée par l’enseignement » (sermon de saint Léon le Grand pour l’Ascension).

La société du spectacle et de l’image voudrait, en en donnant plein la vue, offrir une vision : celle du monde de la fête perpétuelle et du divertissement. A contrario, la transfiguration du Thabor s’achève dans le retrait de la lumière divine avec ces deux mots : « Ecoutez-le ». La Transfiguration prépare les disciples à la défiguration du Golgotha.

Le réel dans toute sa densité échappe à la curiosité de la caméra. L’écran peut faire écran. L’image attire, fascine, subjugue, mais elle reste à distance de l’expérience concrète. La vérité d’une personne, la profondeur d’un message, ne peut être réduite à l’apparence et à la vanité d’une image et même, excède les mots dont on use pour en parler. C’est la raison pour laquelle la communication du prêtre passe par des actes. Elle puise dans la longue tradition de l’Ecriture et de l’Eglise, les signes, les symboles, les gestes, les rites… pour que s’effectuent la circulation des biens spirituels et sacramentels et l’accès au mystère de la foi.

Et l’eucharistie est l’acte suprême de la communication de la vie divine, et donc du ministère presbytéral. Celui dont on parle se donne en nous en partage. Le Christ livre sa vie afin de nous donner la Vie en surabondance. Et pourtant, ce geste de communication du Christ coïncide avec l’ignominie d’un supplice horrible qui est aussi l’immolation de la Parole.

En opposition avec le langage publicitaire racoleur et séducteur, hédoniste et narcissique, le message de la foi conduit au sacrifice de soi. L’eucharistie atteste de cette offrande qui est au cœur de la vraie communication.

Oui, l’eucharistie est la pointe de la communication du prêtre. Elle est la source et le sommet de son ministère.

+ Dominique Rey 26 septembre 2010











 
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