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Le « mariage homosexuel » ?

  Publié le lundi 1er octobre 2012 , par Falk Van Gaver

On le voit chaque jour dans les médias, le débat sur le « mariage homosexuel » préoccupe les Français. Progrès pour certains, révolution ou encore catastrophe pour d’autres, le projet d’ouvrir le mariage civil aux personnes de même sexe ne laisse personne indifférent, tant il touche des questions fondamentales et intimes : le couple, la famille, l’amour, la filiation… Va-t-on vers un nouveau modèle de couple et de famille ?


Entretien avec le Père Louis-Marie Guitton, responsable de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

On le voit chaque jour dans les médias, le débat sur le « mariage homosexuel » préoccupe les Français. Progrès pour certains, révolution ou encore catastrophe pour d’autres, le projet d’ouvrir le mariage civil aux personnes de même sexe ne laisse personne indifférent, tant il touche des questions fondamentales et intimes : le couple, la famille, l’amour, la filiation… Va-t-on vers un nouveau modèle de couple et de famille ?

-  Tout le monde parle du « mariage homosexuel », mais qu’entend-on par là ? Qu’est-ce que le « mariage homosexuel » ? Quelle différence avec le Pacs ?

Tout d’abord il faudrait définir ce qu’est le mariage. Le mariage, c’est l’union entre un homme et une femme, union des cœurs mais aussi union des corps, donc potentiellement fondatrice d’une famille. A partir de là, le « mariage homosexuel » serait l’ouverture de cette union à deux personnes de même sexe : plutôt que de « mariage homosexuel », il convient de parler d’ouverture du mariage au personne de même sexe – et plus précisément d’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe… Le Pacs, Pacte civil de solidarité, a été quant à lui créé en 1999 pour satisfaire au moins provisoirement à la revendication de « mariage gay », permet une union civile plus souple que le mariage, mais n’ouvre pas la filiation ni l’adoption pour le couple « pacsé ». Il ne concerne d’ailleurs pas que les couples homosexuels qui ne forment qu’une petite minorité des près d’un million de « pacsés »…

-  Est-ce que le « mariage homosexuel » existe déjà ailleurs ? Y a-t-il d’autres pays qui ont déjà légiféré en ce sens ?

Une dizaine de pays, européens pour la plupart – Danemark, Espagne, Pays-Bas, Norvège, Suède entre autres, mais aussi Argentine, Canada et certains Etats des Etats-Unis ont depuis le début des années 2000 légalisé le « mariage homosexuel ». Si les revendications homosexuelles se font jour dans d’autres pays occidentaux pour la plupart, la très grande majorité des pays du monde reste à ce jour peu concerné par cette évolution… Ce qui fait que nous n’avons guère de recul pour évaluer l’impact de ces unions, sur la filiation, sur l’enfant…

-  Justement, qu’est-ce que cela va changer concrètement ?

Pour être concret justement, parlons de la cérémonie de mariage : à l’issue du mariage civil, le maire remet aux époux un livret de famille où il est écrit époux, épouse – qu’il faudra remplacer par conjoint/conjoint, puis 1er enfant, 2e enfant, etc., donc l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe implique nécessairement la filiation, que ce la filiation naturelle ou « artificielle »… Un enfant pourra donc avoir, au lieu d’un papa et d’une maman, deux papas et deux mamans…

Le mariage homosexuel ou plutôt l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe, qui implique filiation et adoption, va donc changer la famille.

-  Finalement, les couples homosexuels imitant les couples hétérosexuels, n’est-ce pas, comme certains l’ont dit, un hommage à la « famille traditionnelle » ? Alors, pourquoi faire une discrimination entre eux ?

Qu’il y ait imitation, et même rivalité mimétique, c’est certain, dans cette revendication du « mariage homosexuel », et c’est pourquoi même un aménagement substantiel du Pacs qui le rapprocherait encore davantage du mariage civil, ne suffira pas à satisfaire ces revendications : accéder au mariage est d’une immense portée symbolique pour la reconnaissance sociale de l’homosexualité… Tout est allé très vite, en moins de trente ans nous sommes passés de la condamnation sociale et légale de l’homosexualité à sa promotion comme mode de vie similaire à d’autres, retour de balancier, c’est certain, mais peut-être trop fort dans l’autre sens… Pour ce qui est de la discrimination, elle existe quand des personnes dans une situation similaire sont traitées différemment sans raison légitime : un couple hétérosexuel et un couple homosexuel, une famille « hétéroparentale » et une famille « homoparentale » sont-ils dans une situation similaire ? Là est la question. Rappelons qu’il y peut y avoir également discrimination lorsque des personnes dans une situation objectivement différente sont traitées de manière similaire…

-  Qu’est-ce que cela va changer pour la famille ?

C’est une révolution incalculable qui change les fondements naturels et culturels de la famille : elle ne reposera plus sur l’union différenciée d’un homme et d’une femme, de deux personnes de sexes opposés, mais sur l’union indifférenciée de deux personnes de n’importe quel sexe… On a beaucoup reproché à certains évêques leurs appréhensions sur les conséquences de cette loi, sur la polygamie ou l’inceste notamment, mais ces questions se posent vraiment : dans un couple de deux hommes ou deux femmes qui a des enfants, il y a forcément une troisième personne, le père ou la mère biologique de l’enfant, dans voire une quatrième personne, le deuxième parent de l’enfant dans le cas de l’adoption. Quelle sera leur place ? Va-t-on comme le réclament certains mouvements homosexuels queer et gender vers une « pluriparentalité », et vers une union civile libre et révocable à souhait de x partenaires de n’importe quel sexe, qui pourraient porter un « projet parental » ? La réclamation du « droit à l’enfant » pour tous, suite logique de la revendication du « droit au mariage » pour tous, risque de faire de l’enfant un produit de consommation, acheté symboliquement via l’adoption ou produit par les techniques de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui, les « mères-porteuses ». Car le projet de loi est bancal pour le moment et injuste, puisqu’il réserve aux hétérosexuels stériles le recours à la procréation médicalement assistée (PMA) et que les « mères-porteuses » sont interdites : ce seront les prochaines revendications des mouvement gay et lesbiens militants…

-  Alors que faut-il faire, que peut-on faire face à cette question ?

Avant tout, il faut prendre du temps. La question est trop grave pour être expédiée et mérite un grand débat national, une délibération politique qui convoque les spécialistes mais aussi chaque citoyen. Elle peut prendre différentes formes, états généraux du mariage, de la filiation et de la famille, référendum, etc. Les parlementaires seuls, les députés, les sénateurs, ne peuvent prendre cette décision, cela ne doit pas peser sur leurs seules épaules, il faut une consultation nationale, notamment chez les maires qui sont élus du peuple et les premiers concernés, car ce sont eux qui vont célébrer les mariages. Et d’abord, il faut se former et s’informer : il existe de très bons articles, documents, livres sur la question, et toute personne peut y accéder. Puis prendre la parole, en parler autour de soi, et éventuellement s’engager pour obtenir un moratoire, des états-généraux, un plan de réflexion et d’action… Je le répète, c’est une question trop grave, trop décisive, pour être expédiée et bâclée, il faut prendre le temps, là on ne touche pas à la politique fiscale ou économique, ni à des questions simplement politiques ou techniques, on touche au mariage, on touche à la filiation, on touche à la famille, on touche à l’enfant, et ce sont des questions hautement délicates et sensibles.

Prendre du recul, prendre du temps, prendre le temps de la réflexion avant de toucher une institution à la fois si importante et délicate que le mariage et la famille.

Propos recueillis par Yann de Rauglaudre







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