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Le grand pardon de Tourves : aimer

Homélie de Mgr Rey donnée en la fête du Grand pardon de Tourves le 3 mai 2009

  Publié le vendredi 15 mai 2009 , par Françoise Girard

Lorsqu’on regarde la télévision, lorsqu’on lit les magazines, les journaux, lorsqu’on s’informe, on utilise souvent le mot aimer. Le mot aimer implique et mobilise les sentiments : aimer quelqu’un c’est lui montrer une affection mais le christianisme, à la suite du Christ qui nous a éclairé sur ce qu’est aimer, nous enseigne que l’amour n’est pas seulement un sentiment, un coup de cœur, l’amour c’est un art de vivre !


Aimer plus que sa vie

Aujourd’hui l’enseignement que nous délivre le Christ dans cet évangile du Bon Pasteur est tout à fait éclairant. Jésus nous dit qu’il est le Bon Pasteur : «  je suis le Bon Pasteur ». Le Bon Pasteur est d’abord celui qui aime non pas comme le mercenaire qui fait son métier pour garder les brebis et veiller à ce qu’elles ne s’égarent pas, mais le Bon Pasteur se caractérise par un amour tel qu’il est capable de donner sa vie pour ses brebis.

Et Jésus nous dit : « moi je suis le Bon Pasteur, je donne ma vie pour ceux que j’aime ».

Voilà une des caractéristiques particulières de l’amour que promeut l’évangile : aimer ce n’est pas simplement ressentir des choses mais c’est engager son existence jusqu’à en mourir pour défendre, soutenir ceux qu’on aime. Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Ainsi l’amour ne passe pas toujours par des sentiments : l’amour, à un certain moment passe par une fidélité à la promesse que l’on a faite. L’amour peut passer, et Jésus nous le montre dans la Passion, jusqu’à la Croix. Accepter de donner sa vie n’est pas toujours gratifiant et ne flatte pas toujours l’épiderme mais au contraire, est difficile à assumer. Toute mère de famille, tout père de famille sait très bien que l’amour pour ses enfants est tel, que l’on doit parfois affronter l’épreuve, la souffrance, de l’éloignement, de l’incompréhension, de l’infidélité pour être vraiment un vrai amour : aimer c’est donner sa vie.

Aimer et connaître

Jésus nous enseigne que le mot aimer implique la connaissance : l’amour n’est pas simplement de l’ordre de l’émotivité, aimer c’est rentrer dans la connaissance de l’autre. Le Bon Pasteur connaît ses brebis, il les connaît de l’intérieur Et là aussi nous pouvons prendre l’exemple de deux personnes qui s’aiment. A force de se fréquenter, de vivre non pas l’un à côté de l’autre mais de dépendre de l’autre, au cours d’une existence, on apprend à connaître celui qu’on aime, plus on connaît celui qu’on aime, plus on apprend à l’aimer, peut être différemment qu’on a voulu l’aimer la première fois.

Aimer engage aussi une intelligence, on n’est pas simplement dans l’ordre de l’affectivité mais dans l’ordre de la connaissance, de l’appréciation, l’estime de la considération pour l’autre. Jésus vient aussi nous révéler dans cet évangile sur le Bon Pasteur, que son amour n’est pas simplement fait pour ceux qui l’ont reconnu. Le Bon Pasteur cherche la brebis égarée : celle qui est loin, celle qui n’a pas encore identifié l’amour dont le Bon Pasteur l’aime. Le vrai Pasteur a un amour universel, qui ne se limite pas à ceux qui en bénéficient apparemment mais qui va toujours chercher au delà du cercle des initiés et des convaincus.

Quand par exemple, je nomme un prêtre dans une paroisse, le curé n’est pas simplement le curé pour ceux qui vont à l’église mais il est aussi le curé pour ceux qui n’y viennent jamais, pour ceux qui sont très loin. Il doit être aussi le Pasteur vis-à-vis de ceux là.

Aimer au passé

Aimer nous enseigne Jésus, se conjugue d’abord au passé : il nous faut lorsqu’on veut aimer avoir des exemples et Jésus est le plus grand des exemples de l’amour parfait, unique, inouï, incomparable. C’est en regardant Jésus, et on aime à le considérer sur la Croix, à travers les icônes, ou à travers les récits qu’en font les évangiles, qu’on apprend l’art d’aimer. On entre ainsi dans une découverte de la bonne façon d’aimer. En regardant l’histoire de Jésus mais aussi dans la Bible, on trouve bien des exemples qui peuvent éclairer, illustrer notre manière d’aimer et par lequel on peut identifier le vrai amour ou ce qui est recherche simplement de soi-même, de pouvoir utiliser l’autre en fonction de ses propres intérêts, de débusquer le mensonge ou les altérations à l’amour.

L’amour se construit et s’apprend au passé et c’est pour cela que l’eucharistie est un mémorial : on fait mémoire de la manière dont Jésus nous a aimé pour éclairer l’aujourd’hui de notre vie. On a besoin d’un référent, on a besoin d’un modèle et Jésus est le plus bel exemple d’amour.

Aimer au futur

Mais aimer ne se conjugue pas simplement au passé comme si le christianisme était obsolète, comme si les églises étaient des musées, le christianisme nous propose une espérance, un avenir. Comme le dit le prophète, je vous donnerai un avenir, une espérance. Oui, la force du Christ est d’inscrire en nous une espérance : on la reçoit au jour de notre baptême, c’est-à-dire une attente d’un monde nouveau où enfin les gens apprendront à s’aimer comme le Christ nous l’a enseigné. Nous attendons un royaume de justice, de paix et d’amour vers lequel nous sommes tendus et nous croyons que ce n’est pas seulement une utopie ou un rêve pieux mais c’est ce vers quoi nous marchons parce que le Christ nous a assuré de sa victoire. Nous marchons vers un amour universel, vers une fraternité où tous les hommes quelle que soit la couleur de leur peau ou quelles que soient leurs opinions, se retrouveront ensemble et cela est profondément inscrit dans l’attente qui habite notre cœur : nous sommes faits pour cette espérance et le Christ l’a gravée en nous. Oui, le Christ nous donne un enseignement qui vient du passé mais aussi pour l’avenir.

Aimer au présent

L’amour se construit et se conjugue non seulement au passé, au futur mais au présent : aimer c’est aujourd’hui que je dois le faire : aimer avec ce que je suis, aimer avec ceux qui m’entourent. Souvent nous aimons ceux qui sont loin, parce que c’est plus facile d’aimer ceux que l’on connaît à peine, que d’aimer ceux que l’on fréquente au quotidien. Mais pourtant c’est là, dans l’arène de notre vie et de la vie de chaque jour que nous faisons la démonstration de l’amour, de la vérité de l’amour. Car au quotidien nous rencontrons les contrariétés, les oppositions : peut être que nous sommes habitués à vivre avec des personnes qui nous déplaisent : à force de les fréquenter on n’a plus le goût de les aimer et c’est en venant puiser auprès du Christ dans la prière, c’est en retrouvant dans l’eucharistie la force d’aimer, la lumière de l’amour que l’on apprend à aimer ceux avec qui on vit au jour le jour. Et c’est pour cela que nous sommes rassemblés dans une église : non pas parce que nous sommes les meilleurs d’entre les hommes mais parce que nous prenons conscience que l’Eglise c’est d’abord, j’allais dire, une buanderie : il y a du linge sale, il y a nos vies qui ne sont pas très propres et on veut se mettre en chantier de conversion. On veut que le Christ opère en nous une transformation du regard et du cœur comme une opération intérieure pour nous apprendre à aimer comme lui-même nous l’a enseigné, pour aimer aujourd’hui, maintenant.

En ce jour où nous célébrons le grand pardon de Tourves qui est, là aussi, riche d’une belle mémoire qui a mobilisé les habitants de cette cité, voici que l’évangile du Bon Pasteur que nous entendons en ce jour nous délivre une leçon d’amour. Puissions-nous être les témoins de l’amour du Christ qui dépasse toute mesure et nous entraîne à sa suite pour aimer comme lui-même nous a aimé : demandons-en la grâce, la force, l’intelligence et la lumière en cette eucharistie, en ce jour . AMEN.

+ Dominique Rey
3 mai 2009


Le son de l’homélie de Mgr Rey a été recueilli par Jérôme Musiani et publié avec son aimable autorisation.
Le Son à Votre Image http://www.en-phase.fr







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