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Le diagnostic prénatal en question

  Publié le vendredi 31 août 2012

Responsable de la Commission Bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, Pierre-Olivier Arduin vient de publier un guide pratique du diagnostic prénatal, répondant au souhait de Benoît XVI de voir développée une « infoéthique » pour le grand public.


Par Falk van Gaver

Délégué de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

Directeur de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, marié et père de sept enfants, docteur en philosophie, Pierre-Olivier Arduin a le mérite d’envisager les questions de bioéthique sans passion, avec rigueur, délicatesse et fermeté, et surtout un solide ancrage éthique, pratique et philosophique dans le magistère de l’Eglise et la déontologie médicale – et une connaissance approfondie des questions juiridiques.

Le diagnostic prénatal et le dépistage prénatal, qui recouvrent différentes techniques, non invasives (échographie, tests sanguins maternels…) ou invasives (amniocentèse, choriocentèse…), sont un formidable outil pour connaître l’état de santé du fœtus, ce qui a permis le développement d’une véritable médecine prénatale, avec notamment la chirurgie fœtale, permettant de sauver ou d’améliorer la vie de l’enfant à naître en cas de maladie ou de handicap.

Cependant, et paradoxalement, si cette formidable possibilité au service de la vie s’est développée grâce au diagnostic prénatal, ce dernier n’est dans la pratique, et le plus souvent, qu’une étape-relais vers l’avortement, sous la forme de l’IMG (« interruption médicale de grossesse » ou plus précisément « interruption de grossesse pour raisons médicales »). Ainsi ce sont près de 7000 IMG qui sont pratiquées chaque année en France, et ce sont 96% des fœtus dépistés comme atteints de trisomie 21 qui sont avortés – sans compter les 500 à 600 fœtus perdus suite à des diagnostics prénataux effractifs (amniocentèse ou autre), dont 95% sont exempts de toute maladie et de tout handicap.

Bref, c’est à la réalité d’un véritable eugénisme de masse que nous avons affaire, où les soignants ne sont plus au service de la vie mais du « projet parental », et où le diagnostic prénatal permet un « contrôle qualité » de l’enfant à naître – et son élimination prénatale en cas d’imperfection. Cette mentalité eugénique n’est pas le fait des seuls parents, car c’est dès le début en vue de l’élimination des fœtus « anormaux » (atteints d’anomalies génétiques ou chromosomiques) que les techniques de diagnostic prénatal ont été explicitement développées. Ainsi l’amniocentèse avec étude de caryotype qui permet de détecter les futurs enfants trisomiques a été précisément créée pour empêcher leur venue au monde. Dès lors, les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal qui délivrent les autorisations d’IMG ne sont le plus souvent que les chambres d’enregistrement des desideratas des parents, et la centaine de refus annuels se voient régulièrement contestés devant les tribunaux. Et cet eugénisme privé sera bientôt favorisé par l’apparition de nouveaux tests sanguins délivrés en pharmacie, qui permettront de déceler dès les premières semaines toute probabilité d’imperfection chez l’embryon et de recourir librement à une IVG (« interruption volontaire de grossesse »). Se profile ainsi un monde où la génétique serait au service d’un projet eugénique favorisé par les pouvoirs publics et les techniques médicales, qui réaliserait la sinistre prophétie du prix Nobel de médecine, Sir Francis Crick, codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN : « Aucun enfant ne devrait être reconnu humain avant d’avoir fait ses preuves par un certain nombre de tests portant sur sa dotation génétique. S’il ne réussit pas ses tests, il perd le droit à la vie. »[1]

Loin de sombrer dans le fatalisme, Pierre-Olivier Arduin en appelle à l’objection de conscience des parents mais surtout des soignants et, réaliste, rappelle que « l’objection de conscience ne peut se contenter d’être individuelle, elle doit s’institutionnaliser pour devenir collective ». Comme la « culture de vie » ne peut rester une vue de l’esprit mais doit reprendre le terrain, il invite les étudiants français à étudier la médecine en cohérence avec leur conscience à Rome, et l’Eglise de France à développer un plan ambitieux de cabinets en gynécologie-obstétrique et de maternités labellisées « respect de la vie ».

Pierre-Olivier Arduin, Le diagnostic prénatal. Un éclairage éthique pour parents et soignants, Préface de Mgr Jacques Suaudeau, Editions de l’Emmanuel, 2012, 153 p., 15€

[1] Nature, vol. 220, 1968, p.429-430











 
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