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dans la grande assemblée.

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Le devoir d’être libre

Editorial de monseigneur Dominique Rey dans le mensuel {"Eglise de Fréjus-Toulon"} n° 113 - décembre 2007

  Publié le lundi 26 novembre 2007 , par Yann de Rauglaudre

Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, rappelle que tout ce qui est légal n’est pas toujours moral et deux fondements de la démocratie : le droit à l’objection de conscience et le droit de l’homme à la vie, en particulier au stade embryonnaire. La recherche scientifique n’a pas tous les droits, de même que les médias ont à s’enrichir de ce que dit l’Eglise des droits humains.


En janvier 2004, le philosophe Jürgen Habermas et le cardinal Josef Ratzinger s’interrogeaient, dans le cadre d’un débat de philosophie politique, sur les "fondements pré-politiques de l’état démocratique" Tous deux soulignaient que la notion d’objection de conscience prenait toute sa légitimité lorsque le citoyen était confronté au divorce entre la loi civile et ces fondements pré-politiques. Ils convenaient qu’il y a un droit, voire un devoir de désobéissance civique, lorsque ce divorce est flagrant. Ce qui est légal n’est pas toujours moral. Dans un passé récent, nous savons bien que l’idéologie nazie s’est imposée par la voix des urnes.

On peut même dire que contrairement aux systèmes tyranniques et totalitaires, le régime démocratique révèle sa grandeur lorsqu’il reconnaît le droit à l’objection de conscience, c’est-à-dire lorsqu’il reconnaît que les lois sociales ne peuvent en aucun cas violer la conscience individuelle.

Dans le contexte pluraliste d’une société où les repères constitutifs d’humanité sont brouillés, l’Eglise est plus que jamais gardienne de l’intégrité humaine et de l’héritage de la morale universelle. De façon prophétique et pour conjurer les transgressions qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine, l’Eglise parle du respect dû à chaque personne, du stade embryonnaire de la vie jusqu’à la mort naturelle. Image et ressemblance de Dieu, chaque être humain est sacré. Don de Dieu, il est appelé à devenir sujet de sa propre histoire. L’exigence éthique que l’Eglise, experte en humanité, exprime vis-à-vis de la vie, la conduit parfois à défendre l’homme contre lui-même et contre les dérives d’une société qui voudrait se donner le droit de décréter qui mérite de vivre, et qui doit mourir.

L’Eglise souligne que la légalité démocratique ne dispose pas de tout l’espace de la légitimité. Il y a un domaine essentiel qui échappe à la décision politique et qui concerne la défense de l’humanité, de ses droits les plus précieux, et qui ne saurait se plier aux fluctuations de l’opinion et du suffrage. C’est au nom de la promotion des droits de l’homme, qui sont autant de devoirs vis-à-vis d’autrui, que l’Eglise en appelle à une objection de conscience à l’égard des pressions sociales, institutionnelles, professionnelles ou médiatiques, qui les mettraient en cause. La recherche scientifique n’a pas tous les droits. Les hommes politiques ne peuvent décider de tout. On ne peut s’en remettre aux seuls média pour se forger une opinion personnelle. On ne peut se prévaloir de critères économiques ou financiers pour justifier ou tolérer ’l’intolérable’.

"Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait".
Matthieu 25, 40











 
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