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La messe expliquée. (EA)

  Publié le lundi 24 septembre 2018 , par Philippe Roy

Lors du 21ème dimanche du temps ordinaire, le Père Emmanuel a expliqué le sens de la messe au cours de la célébration. Le texte de ses explications est repris ci-dessous.


Sens de la messe expliquée :

Aujourd’hui (21ème dimanche du temps ordinaire 2018) est lue la fin du sermon sur le Pain de vie. Nous verrons dans l’Evangile que beaucoup de disciples ont abandonné Jésus après ce discours pour ne pas l’avoir compris ou pour l’avoir mal compris.
Pour nous chrétiens, il se passe parfois la même chose : on ne participe plus à la messe, on s’y ennuie ou on ne vient que par obligation, sans l’apprécier et sans l’aimer, car on ne comprend pas tout ce qui s’y passe. Personne n’aime ce qu’il ne connaît pas.
Aujourd’hui je voudrais vous offrir une messe expliquée. Je m’arrêterai plusieurs fois pour que chaque geste, chaque prière soient mieux compris.
Je vais commencer par une question : pourquoi la messe est-elle appelée « Eucharistie » ? Que signifie le mot « Eucharistie ». C’est un mot grec. Un mot tout simple d’ailleurs puisqu’il veut dire : « merci » ! De nos jours encore, en Grèce, on entend ce mot prononcé dans la rue, dans les conversations courantes. Pour un service rendu, on dit « eucharisto poli » (merci beaucoup). Il n’est certainement pas inutile de rappeler que célébrer la messe, c’est d’abord et avant tout dire merci. C’est une action de grâce ! « Vraiment il est juste et bon de te rendre grâce...  ».
En partant à l’église le dimanche, il est bon de se demander : de quoi puis-je rendre grâce à Dieu ? L’apôtre Paul écrit aux Ephésiens : « chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur, remerciant (eucharistiant) Dieu le Père en tout temps et à tout propos au nom de notre Seigneur Jésus Christ » (Eph 5,19-20).
C’est certainement le motif le plus profond que nous avons de venir à la messe. Nous venons comme le lépreux de l’évangile (cf. Luc 17) remercier le Seigneur. Déjà Origène au 3ème siècle s’exprimait ainsi : «  nous célébrons l’eucharistie car nous ne sommes pas des ingrats ».

Procession et chant d’entrée.
La première action de la sainte messe est le chant d’entrée qui accompagne la procession du prêtre et des servants de messe.
Cette procession d’entrée symbolise le chemin de Croix qu’a suivi le Christ avant de mourir. L’autel est le Calvaire où le prêtre “in persona Christi” va offrir le sacrifice de la Croix pour notre salut. Cette procession prépare le cœur du prêtre et des fidèles à monter par la pensée au Calvaire et à s’offrir en sacrifice avec Jésus au Père.
Le chant d’entrée a une double fonction : rendre visible l’unité de l’assemblée chrétienne en unissant nos voix et aussi nous aider à comprendre le sens de la célébration, selon le temps liturgique ou la fête du jour. Le chant a en même temps le rôle de préparer à l’Eucharistie, en priant doublement selon ce que disait saint Augustin : «  Chanter, c’est prier deux fois  ».

Baiser de l’autel - encensement.
L’autel, point central de l’église symbolise le Christ, pierre d’angle rejetée par les bâtisseurs (Ac, 4,11). Ainsi, l’autel est le lieu où s’accomplit le sacrifice parfait dont on retrouve les préfigurations dans l’Ancien Testament. Il est aussi le centre de l’action de grâce, la table où se célèbre le repas du Christ et, en même temps, le signe du Christ Jésus au milieu de la communauté. Il symbolise aussi le tombeau des martyrs sur lequel les premiers chrétiens célébraient l’Eucharistie.
Avec le temps, l’Eglise a pris l’habitude de sceller les reliques d’un saint dans une pierre encastrée dans l’autel : c’est la pierre d’autel : “Ara” Sur cette pierre sont gravées cinq croix en souvenir des cinq plaies de Jésus crucifié.
Le baiser que le prêtre fait sur l’autel au début de la célébration et l’encensement sont de gestes de vénération et de respect envers le Christ.
Ayons donc du respect pour l’autel, saluons-le avec dignité lorsque nous passons devant lui, car il est l’endroit où se renouvelle quotidiennement le sacrifice de Jésus au Calvaire.

Le signe de croix.
C’est le signe des chrétiens qui se rappellent que Jésus est mort sur la croix par amour pour tous les humains. Au début de la messe, avec tous ceux qui sont rassemblés, nous traçons ce signe sur nous.
Il doit être ample pour nous envelopper comme s’il était un vêtement ; le vêtement du chrétien, sa véritable dimension. Toutes les prières du chrétien devraient débuter et s’achever par ce signe de foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit.
Il nous rappelle aussi que la messe est une prière à toute la Trinité : le Fils qui s’offre au Père par la puissance de l’Esprit Saint.
L’assemblée adhère à cette profession de foi qui manifeste son identité chrétienne en répondant « amen », c’est-à-dire « oui, nous y croyons ».

Salutation au peuple.
Après le signe de croix, le célébrant fait une salutation au peuple. Il y a trois formules possibles :
« Le Seigneur soit avec vous  » (2 Th 3,16).
« La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous » (2 Co 13,13).
« Que Dieu, notre Père et Jésus-Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix  » (1 Co 1,3 ; Ep 6,23).
Ces formules de salutation au peuple de Dieu sont les formules utilisées par les apôtres dans leurs lettres destinées aux premières communautés chrétiennes. Elles expriment la même certitude de foi qui anime l’assemblée chrétienne : Dieu est au milieu de nous et c’est Lui qui nous rassemble. « Lorsque deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai là au milieu d’eux » (Mt 18,20).

Rite pénitentiel.
Le prêtre invite l’assemblée à « se reconnaître pécheur », c’est-à-dire à demander la grâce de ses péchés d’un cœur contrit. Le rite pénitentiel est une excellente préparation pour accueillir la parole de Dieu et pour communier en vérité au Corps et au Sang du Christ. Cela nous remet à notre juste place. En effet, nous appartenons à un peuple de pécheurs pardonné et sanctifié par le Christ. Il s’agit de demander et d’accueillir la grâce de Dieu pour nous reconnaître pécheur : de nommer dans le secret de notre cœur tous ces manquements qui sont éloignements de Dieu et dont nous serons purifiés par la grâce de l’Eucharistie ou, s’il s’agit de fautes graves, par la confession.

Le Kyrie Eleison.
C’est une prière (en grec) héritée des origines de l’Eglise. Ce rite litanique reprend la demande de miséricorde adressée à Jésus par les aveugles et d’autres malades : « Seigneur, prends pitié, O Christ, …  » (Mt 15,22 ; Mt 20,30 ; Mc 10,47)

Gloire à Dieu.
Dieu est bon ! Il est grand ! Il fait des merveilles et nous sommes heureux de savoir qu’Il nous aime.
C’est pourquoi nous le chantons : « Gloire à Dieu ………  ». C’est un des plus vieux hymnes de l’Église. Il commence par l’annonce des anges aux bergers : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime  » (Luc 2,14).
C’est une prière de louange, d’action de grâce, une acclamation à Dieu qui par la naissance du Messie, vient sauver son peuple et lui fait don de son amour.
De nos jours, le Gloria est proclamé à chaque messe dominicale, à l’exception des dimanches appartenant aux temps de pénitence, Avent et Carême.

Prière d’ouverture ou collecte.
Le célébrant prend la parole et invite à la prière en disant : « Prions le Seigneur ». Puis le prêtre dit la prière d’ouverture en collectant les prières personnelles et reprend généralement le thème du dimanche ou de la fête célébrée. C’est important donc que, dans ces instants de silence, nous pensions à nos intentions et demandes particulières pour qu’elles soient présentées à Dieu à travers le prêtre, notre médiateur.
Elle s’achève par « pour les siècles des siècles  », traduction d’une expression hébraïque qui signifie que la souveraineté divine à laquelle nous accédons par la prière dépasse toute durée humaine et nous plonge dans le déploiement de l’histoire jusqu’à son achèvement à la fin des temps quand « l‘univers entier sera réuni sous un seul chef, le Christ » (Ep. 1,10).
L’assemblée adhère à cette prière en répondant « amen  » qui signifie « ainsi soit-il ».

Les lectures.

La liturgie de la Parole.
A la messe, les chrétiens écoutent la Parole de Dieu. Cette parole transmise dans la Bible, a été écrite par de nombreux auteurs pendant des centaines d’années à travers des récits, des histoires, des poésies, des proverbes, des chants, des cris de douleur et de joie.
L’entendre ne suffit pas, l’écouter ne suffit pas. La Parole doit entrer dans notre cœur comme une nourriture. Elle doit rejoindre notre vie comme une lumière qui lui donne du sens et la fait entrer dans la grande histoire du Peuple de Dieu, dans la grande histoire de l’humanité. C’est un moment de prière où nous écoutons la Voix de Dieu.

Le dimanche, on lit trois textes :
Le premier est tiré d’habitude de l’Ancien Testament qui contient la Loi de Yahvé, les écrits des prophètes, l’histoire du peuple d’Israël et des écrits de sagesse.
Cette lecture est toujours en relation directe avec l’Evangile de manière à ce que le texte de l’Ancien Testament annonce une promesse de Dieu qui sera accomplie par Jésus dans l’Evangile.
Le deuxième est tiré des lettres des apôtres : Pierre, Paul, Jean ou Jacques. Elle se fait en mode de lecture continue afin de nous faire connaître l’enseignement des apôtres qui est à la source de notre vie chrétienne.
Le troisième est un extrait de l’Evangile qui répond à la première lecture dans un dialogue d’Alliance entre Dieu et son Peuple (Matthieu, année A ; Marc, année B ; Luc, année C ou Jean qui est plus particulièrement lu à l’occasion de certaines fêtes ou moments de l’année).
Le psaume. Le psaume, lu après le premier passage d’Ecriture est le lien profond entre les trois lectures. Et il nous offre un moment de louange et prière de préparation pour accueillir l’Evangile.

Alléluia et Evangile.
Alléluia est un mot hébreu qui signifie « louez Dieu ». C’est une invitation à la louange qui a pour fonction de mettre en relief la parole de l’Evangile.
Les trois petites croix que nous traçons sur notre front, sur nos lèvres et notre cœur avant d’écouter l’Evangile est un geste simple pour demander de bien entendre la Parole, de la garder dans notre cœur et de la proclamer par nos lèvres.
Pour l’Evangile nous nous mettons debout. Dans la gestuelle symbolique chrétienne, c’est le respect pour accueillir le Christ qui vient à nous par les paroles de l’Evangile.

L’homélie.
Comme les apôtres à la suite du Christ, le prêtre explique le message que Dieu veut nous dire par sa Parole. Elle doit montrer comment la Parole peut éclairer notre vie aujourd’hui afin que nous puissions mieux en vivre dans notre quotidien.

Profession de foi.
En réponse à la Parole de Dieu, nous exprimons notre foi en Dieu comme au jour de notre baptême par le symbole des apôtres ou le symbole de Nicée-Constantinople. Ce sont des textes très anciens dans l’histoire de l’Eglise, des « symboles », ce qui nous fait « tenir ensemble » dans la foi.

Prière universelle ou des fidèles.
La prière des fidèles renoue avec une tradition ancestrale. La prière de cette assemblée-ci, limitée à ce lieu, à ce temps, s’élargit à la mesure de l’Eglise universelle, d’où son nom de « prière universelle ». C’est pourquoi une communauté particulière peut se dire catholique : elle ne célèbre pas sa liturgie mais celle de l’Eglise, en communion avec toute l’Eglise catholique.

Liturgie de l’Eucharistie.

Maintenant nous commençons la liturgie de l’Eucharistie, la deuxième grande partie de la sainte messe, dont le cœur est la consécration.

La quête.
La quête se fait à ce moment de la messe parce que c’est le gage concret de l’amour fraternel et de la participation des chrétiens à la vie matérielle et aux besoins de l’Eglise. Autrefois, assez souvent, l’offrande était faite de dons en nature pour un partage des biens comme la collecte faite par saint Paul pour l’Eglise de Jérusalem. L’argent recueilli est le signe matériel de l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de nos forces et de nos énergies.

Offertoire.
Le prêtre, au nom de toute la communauté, présente le pain et le vin. C’est parce que le Christ lui-même a utilisé ces aliments pour nous laisser l’Eucharistie qui est en même temps sacrement pour nourrir notre âme et sacrifice pour pardonner nos péchés.
Le pain demande beaucoup de travail, la plantation du blé, la récolte, la mouture du grain et la cuisson de la pâte. Le pain est donc un excellent symbole du travail patient et méticuleux de l’homme. En plus, des milliers de grains devenant un même pain forme l’image d’une Eglise constituée d’une multitude de membres. De même pour le vin.
En présentant le pain et le vin, le prêtre dit une prière de bénédiction qui a pour but de reconnaître que tout nous vient du Dieu de l’univers. Elle s’inspire directement de la bénédiction juive que le père de famille prononçait au début du repas sur le pain. Elle a été récitée par Jésus au dernier repas avec ses apôtres. Avant de présenter le vin, le prêtre y ajoute une goutte d’eau. Cette eau symbolise notre assemblée ici-présente qui doit s’unir au Christ pour le sacrifice afin de profiter de ses fruits. De même, elle symbolise l’eau et le sang qui ont coulés du côté ouvert du Christ sur la Croix.
Après la présentation du pain et du vin, le prêtre s’incline profondément devant l’autel et dit à voix basse : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur : accueille-nous. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant Toi  ». Cette courte prière nous montre avec quel esprit et avec quelle disposition de cœur il nous faut porter notre offrande à Dieu : simplicité et pauvreté.
Parfois, le prêtre encense le pain et le vin ainsi que les membres de l’assemblée eucharistique. Ce rite témoigne de l’honneur rendu à une personne ou à un objet. Il est aussi signe de la présence de Dieu et de notre prière qui monte vers Lui comme la fumée monte vers le ciel dans la prière du soir (Ps. I41, 2).
Ensuite le prêtre se lave les mains en disant : « Lave moi de mes fautes, Seigneur, et purifie moi de mon péché ». Ce rite a pris place dans la liturgie en fidélité au geste d’humilité et de purification que Jésus a pratiqué lors de la Cène (lavement des pieds). Et aussi, on purifie les doigts qui vont toucher et offrir le Corps du Christ tout de suite.

Prière Eucharistique.

La Préface et Sanctus.
Au début de la prière eucharistique, un dialogue inspiré des usages juifs s’instaure entre le président et l’assemblée : «  Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». En effet, la messe nous fait entrer dans l’action de grâce du Christ et de son Église « pour la gloire de Dieu et le salut du monde  » (Vatican II : Lumen gentium, 11). Pour cela, « sursum corda ! », « élevons notre cœur ! », formule déjà attestée dans les catéchèses de Jérusalem. Le prêtre demande que les cœurs se détachent des pensées de la terre pour se diriger vers Dieu seul. Ici commence le sacrifice.
La préface est une prière, ou mieux, un chant d’action de grâces à Dieu pour tous ses bienfaits, surtout pour la Rédemption. Cette prière culmine avec l’hymne du Sanctus, union de la terre et du ciel dans une même louange. L’univers est rempli de la gloire de Dieu qui, en sa plénitude, est présent en toute chose. En Dieu, il n’y a que beauté, amour et perfection, Il est Dieu trois fois saint.
Le sanctus est formé de deux parties : l’acclamation d’Isaïe « Saint ! Saint ! Saint le Seigneur… » le jour où le mystère de Dieu se dévoilait devant lui et où lui était annoncée sa mission de prophète (Is 6, 3). L’acclamation de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des cieux  » le jour où Jésus est entré dans Jérusalem.

Canon ou prière Eucharistique.
La suite de la prière eucharistique est appelée « canon » (d’un mot grec qui signifie « règle ») car c’est une partie fixe.
Toute la prière eucharistique est entièrement adressée au Père. Elle est dite et accomplie au nom du Christ pour son Eglise assemblée qui est ainsi unie à son sacrifice rédempteur dans l’Esprit Saint. Elle fait mémoire des gestes et des paroles de Jésus pendant son dernier repas, la Cène.
Avant le concile Vatican II, il n’y avait qu’une seule prière eucharistique, le canon romain. Depuis, l’Eglise donne le choix entre quatre prières eucharistiques.
Chacune des prières suit le schéma général :
L’invocation de l’Esprit Saint sur les dons (épiclèse), afin que par sa puissance soient-ils sanctifiés et transformés dans le corps et le sang du Christ [1] .
Le récit de l’institution eucharistique (consécration [2] ou anamnèse [3] ). Le cœur de toute la Messe, le renouvellement du sacrifice du Christ sur l’autel : corps livré, sang versé pour nous. A ce moment très solennel on est tous à genoux, pour adorer le Saint Mystère.
La prière de l’anamnèse et l’invocation de l’Esprit Saint sur la communauté (seconde épiclèse).
Les prières d’intercession [4] . Pour appliquer les fruits du Sacrifice du Christ : on prie pour les défunts, pour les vivants, pour l’Église, etc...

Doxologie.
« Doxologie » vient du grec « doxa » =louange ou gloire et « logos » = parole. C’est une prière de louange envers Dieu Un et Trine : «  Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de qui tout vient, et un seul Seigneur Jésus-Christ par qui tout existe » (1Co 8, 6). Il est donc juste que toute louange remonte vers le Père par le Christ.
Cette doxologie finale « Par Lui, avec Lui et en Lui  » veut d’abord dire que notre chemin vers le Père est Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. C’est effectivement grâce à Jésus que nous sommes sauvés et emportés dans la vie de Dieu son Père.
En ajoutant « dans l’unité de l’Esprit Saint », nous affirmons la puissance unifiante de l’Esprit.
Pendant cette conclusion de la prière eucharistique, le prêtre élève la patène contenant le Corps du Christ et le calice contenant son Sang pour montrer que le Seigneur est bien la victime offerte au Père par le sacrifice de la messe.
L’assemblée répond « Amen » qui est de fait, l’amen le plus solennel de toute la messe car il ratifie toute l’action sacerdotale du Christ renouvelée devant nous par les mains du prêtre.

Notre Père.
C’est la seule prière que Jésus nous ait demandé de faire ! La proclamation commune du Notre Père est le moment où nous affirmons notre nouvelle identité : Notre Dieu nous offre sa paternité. Il nous adopte et nous fait entrer dans son propre mystère. Quand nous, chrétiens, disons ensemble le Notre Père, nous sommes revêtus d’un respect et d’une dignité qui ne nous appartiennent pas mais qui viennent de Dieu même : «  Reconnais, ô chrétien, ta dignité  » (saint Léon).

Embolisme et Rite de la paix.
L’embolisme, prière qui suit immédiatement le Notre Père, développe et amplifie la dernière demande de cette prière en suppliant le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous donner dès maintenant le bonheur qui sera pleinement le nôtre lorsque Jésus reviendra dans la gloire. C’est là notre « bienheureuse espérance  », l’avènement de Jésus-Christ, notre Seigneur comme le rappelle saint Paul à Tite (Ti 2, 13).
Par le rite de la paix, les fidèles demandent la paix et l’unité pour l’Eglise et toute l’humanité et ils expriment leur amour mutuel avant de participer au même pain. Cette paix, nous la recevons du Christ comme un don infiniment précieux qui nous transforme et nous rend capables de nous accueillir les uns les autres.

Agnus Dei.
Cette expression est un nom très ancien donné au Seigneur Jésus. Le nom laisse entendre que Jésus s’est laissé faire comme un agneau qui se laisse conduire à l’abattoir « sans ouvrir la bouche » (Is 53, 7) et qui prend sur lui les péchés du monde. Comme saint Jean Baptiste nous adorons le Christ notre Agneau Sauveur.
Pendant le chant de l’« Agnus Dei », après avoir diviser l’hostie en deux, le prêtre laisse tomber dans le calice un troisième petit morceau d’hostie qui symbolise la Résurrection, l’union du corps, sang, âme et divinité du Christ dans l’Eucharistie. Le Christ est tout entier, tel qu’Il est au Ciel, présent dans chaque hostie, dans chaque miette du pain consacré.
Puis, le prêtre récite à voix basse une prière qui le prépare à recevoir la communion : « Seigneur Jésus-Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais, qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison  ».

Communion.
Elle a un sens bien connu et très explicite, c’est l’union à Jésus : « si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6).
En recevant le Christ, nous sommes incorporés à Lui. Cette nourriture nous convertit : nous croyons l’assimiler, mais, en réalité, c’est elle qui nous assimile. Nous sommes changés en ce que nous mangeons ou plutôt en celui que nous mangeons.
De plus, en communiant au Christ, nous recevons aussi l’Église qui est son corps mystique. Par ce sacrement, le Christ construit son Église [5] .

Prière après la communion.
Cette prière nous permet d’exprimer notre action de grâce pour le don reçu et nos demandes pour l’avenir.

Bénédiction et Envoi.
De « bene dicere » = dire (du) bien : le prêtre demande que Dieu nous fasse du bien.
Liturgiquement, ce geste est le symétrique exact de l’accueil du célébrant au début de la messe. Après avoir accueilli son peuple, le Dieu de Jésus-Christ l’envoie en le bénissant. Cette bénédiction est aussi un des fruits de la participation de la sainte messe.
« Allez dans la paix du Christ » : “Allez”. Cet impératif vient de la finale de l’Evangile de Matthieu « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ! »(Mt 28, 19). Ainsi, il y a un lien indissociable entre l’Eucharistie et la mission d’évangélisation qui est rituellement signifiée ici et cet envoi par le Christ est aussi un envoi en Lui et avec Lui. Il nous envoie répandre le bonheur et la paix vécus au cours de la messe. Sa parole nous accompagne, sa vie est en nous, nous pouvons vivre en chrétiens.

Annexe :
Couleurs des temps liturgiques.
Violet : couleur austère qui incite à la réflexion et à la pénitence. Cette couleur est utilisée durant le temps de l’Avent pour nous préparer spirituellement à la venue de Jésus à Noël, et durant le Carême, afin de signifier notre désir de pénitence et de conversion.
Vert : couleur de vie. Le vert des vêtements liturgiques symbolise la vie quotidienne qui doit être empreinte d’espérance dans la vie éternelle.
Blanc : couleur de la lumière et de la résurrection, couleur des vêtements du Christ transfiguré qui révèle sa divinité. On l’utilise pour les grandes fêtes : Noël, Pâques, la Toussaint, le Christ-Roi et les fêtes des saints.
Rouge : couleur du sang qui symbolise le martyre et le témoignage de foi et d’amour des apôtres et des saints martyrs, c’est aussi la couleur du feu de l’Esprit Saint qui se répand dans le cœur des apôtres à la Pentecôte.
Rose : couleur employée pour deux dimanches dans l’année, en vertu d’une vieille coutume papale.
Ces deux dimanches ont conservé le nom de Gaudete pendant l’Avent et de Laetare pendant le Carême, car leur chant d’entrée commençait par ces paroles latines : ils sont centrés sur la joie de la proximité du Seigneur et sont une pause au milieu des temps de pénitence.


[1] Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

[2] Ce deuxième élément de la prière eucharistique est capital. On passe de l’invocation au récit : « la nuit qu’il fut livré… ». Toute prière eucharistique fait référence à l’événement de la dernière Cène que nous vivons dans la grâce de la croix et de la résurrection. Ainsi, au nom du Christ et de son Corps, l’Église, le prêtre reprend les paroles de l’évangile et fait ce que Jésus a commandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre agit et parle dans la personne du Christ « in persona Christi ». Mystérieusement et sacramentellement, le pain devient le Corps du Christ et le vin son Sang, non pas seulement symboliquement mais, réellement sous les apparences du pain et du vin. Après la consécration, le prêtre interpelle l’assemblée en disant : « Il est grand le mystère de la foi » (1Tim 3, 9). Nous professons alors le cœur de notre foi : « Nous proclamons ta mort, Jésus ressuscité, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! ». C’est l’anamnèse.

[3] Anamnèse signifie « mémoire », mais c’est plus que se souvenir. C’est plus que répéter les paroles et les gestes de quelqu’un. Faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c’est affirmer qu’ici et maintenant, Jésus-Christ continue de s’offrir pour la vie et le bonheur des hommes. Le prêtre demande à Dieu d’envoyer à nouveau son Esprit sur l’assemblée pour qu’elle devienne Église, c’est-à-dire Corps du Christ. Cela fait penser à la parole de Paul Claudel adressée à André Gide « l’Église, voyez-vous, c’est une espèce d’immense incorporation eucharistique ».

[4] Dans les prières d’intercession qui suivent l’anamnèse, l’Église supplie le Père pour que l’œuvre du Christ se réalise en elle et dans le monde. C’est pourquoi, nous prions l’Église en mentionnant le pape, l’évêque du lieu et tous les autres, les prêtres, les diacres et tous les fidèles. Nous prions aussi pour les fidèles défunts qui nous ont précédés dans la foi et enfin, pour cette communauté célébrante afin qu’elle soit rassemblée avec l’Église du ciel. Ce faisant, l’Église exprime la prière du Christ le Jeudi Saint qui loue son Père et intercède pour toute l’humanité.

[5] Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».









 

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