Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



Accueil du site > Se former et annoncer > La nouvelle évangélisation en paroisse > Une Eglise en croissance > La formation des disciples et la croissance de l’Église 10/12

La formation des disciples et la croissance de l’Église 10/12

Père Mario Saint-Pierre, prêtre et théologien

  Publié le jeudi 12 mars 2009 , par Père Mario Saint-Pierre

Quel est le véritable pépin de l’Église ? Les problèmes sont nombreux, les pépins sont incalculables. Mais je parle ici du véritable et profond pépin de l’Église. Quel est le pépin fondamental qui est sans doute à la source de tous les pépins ? Pourquoi dans l’Église nous ne serions pas heureux de moissons abondantes, signes de notre engagement à répondre à la volonté d’amour du Christ qui consiste à obéir tout simplement au commandement missionnaire : « Allez… » ?


Jouons avec les mots. Vous savez sans doute qu’il y a des pépins dans les pommes. Habituellement, nous nous attendons à trouver des pépins dans la pomme que nous mangeons. Mais parfois il n’y a pas de pépin !!! Cela ne représente pas un pépin pour celui qui mange le fruit, mais pour le pomiculteur, si ! Si les pommes décidaient de ne plus produire de pépins, les pomiculteurs auraient un grave pépin, disons un pépin fondamental, un pépin qui deviendrait la source de bien d’autres pépins. Mais soyons rassurés. Que ferait le monde biologique et celui de l’agriculture sans l’évidente réalité de la fécondité. Qu’une pomme ou l’autre n’ait pas de pépins n’a rien d’inquiétant en soi. On sait bien que sur le lot, la majorité des pommes sont fécondes et peuvent se reproduire. Alors, si dans la pomme il y a un pépin, cela n’est pas un problème. Cette pomme est source d’une grande espérance, elle possède un énorme potentiel. Ce pépin, tout dépendamment de la vision que nous portons, contient en puissance un pommier, des pommes, voire même un verger. Si en vous montrant un pépin, je vous posais la question : combien de vergers voyez-vous dans ce pépin ?, vous seriez très surpris. En fait, j’ai eu la joie de poser cette question très souvent à des personnes et même à des groupes à l’occasion d’échanges informels ou de sessions de formation. Je suis très étonné et émerveillé d’entendre chaque fois les réponses de chacun. Mais si je vous parle de pépins ou du pépin, ce n’est pas seulement pour faire un jeu de mot. La question se pose maintenant en ce qui concerne l’Église.

Quel est le véritable pépin de l’Église ?

Poser la question en ce sens peut paraître étrange après la réflexion biologique que nous avons présentée. Si vous avez, dès le départ, pris le mot « pépin » dans son sens négatif, vous pouvez énumérer la longue liste des problèmes ecclésiaux qui envahit l’Église dans son ensemble et les communautés locales en particulier. Les problèmes sont nombreux, les pépins sont incalculables. Mais je parle ici du véritable et profond pépin de l’Église. Quel est le pépin fondamental qui est sans doute à la source de tous les pépins ? Vous êtes peut-être surpris par cette question qui prétend identifier un problème universel pour toute l’Église, un problème qui semble être la source de tous les autres problèmes. Mais réfléchissez bien !

Et maintenant, si je vous disais que le grand pépin de l’Église est de ne pas avoir de pépins !! « Quoi ? Mais que dit-il ? Où veut-il en venir ? » Je vois vos réactions et j’entends vos interrogations perplexes même de loin !! Oui, parlons du véritable pépin ecclésial, du problème fondamental de l’Église qui consiste à ne pas suffisamment prendre en considération le fait que de trop nombreux chrétiens et de trop nombreuses communautés chrétiennes sont incapables de se reproduire, de se multiplier, de porter du fruit. Ils n’ont pas de pépins pour se reproduire, engendrer et enfanter de nouveaux disciples pour Jésus dans le service fondamental qu’est l’évangélisation. De nombreux chrétiens n’ont pas de pépins dans leur cœur, parce qu’ils ne savent pas évangéliser, porter du fruit dans le témoignage de vie. Ils sont stériles, quoi ! Même s’ils sont de très bon chrétiens, ils peuvent être plus saints que certains évangélisateurs. Mais ils n’ont pas de pépins. Le drame de nombreuses communautés, c’est qu’elles ne savent pas comment se renouveler dans l’évangélisation, créer un dynamisme de croissance et même de multiplication.

Et pour justifier cette terrible stérilité, de manière péremptoire, certains affirment que derrière cette vision de croissance se cachent des intentions secrètes de gloire, une recherche de succès personnel, des motivations perverses, etc. C’est comme si le pomiculteur ne devait surtout pas espérer pour son verger une grande moisson de pommes en quantité et en qualité. Mais, le pomiculteur voit grand parce qu’il a un cœur généreux et vaillant. Pourquoi dans l’Église nous ne serions pas heureux de moissons abondantes, signes de notre engagement à répondre à la volonté d’amour du Christ qui consiste à obéir tout simplement au commandement missionnaire : « Allez… » ? Oui, obéir à la mission évangélisatrice c’est en quelque sorte entrer dans une vision de croissance et de multiplication. La logique de l’amour chrétien implique ce réalisme de la fécondité, pas seulement biologique pour les couples mariés, mais aussi et surtout spirituelle qui consiste à engendrer dans la foi de nouveaux membres de l’Église, Corps du Christ.

Notre pépin en Église ou notre défi ecclésial consiste à semer dans le cœur de nos frères et sœurs de ce monde le pépin de l’Évangile pour qu’il produise du trente, du soixante, du cent pour un. Le défi de l’évangélisation qui permet la croissance de l’Église est donc non seulement l’évangélisation comme telle mais aussi la formation des disciples pour qu’ils parviennent à maturité. Si notre métaphore biologique est toujours valable, nous pouvons affirmer que le pommier a atteint sa pleine maturité dans le fait de produire des pommes qui permettent la reproduction de pommiers. Un chrétien mature et bien formé se caractérise essentiellement par la capacité de se reproduire pour former d’autres chrétiens capables à leur tour de se multiplier.

Le problème est que nous avons perdu cette conscience vivante et vitale de la reproduction spirituelle et chrétienne, alors que dans l’Église primitive cette réalité était pleinement présente et vécue en profondeur. Paul l’affirmait à sa manière dans sa lettre aux Galates : « moi qui de nouveau vous enfante dans les douleurs, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous » (Ga 4, 19). Et que se passe-t-il lorsque le Christ est formé dans le cœur d’un nouveau disciple ? La réponse est simple : le Christ en lui veut se reproduire dans le cœur de ceux qui ne le connaissent pas encore. Cela correspond bien au mandat missionnaire de l’évangile selon saint Matthieu : « Formez des disciples » (Mt 28, 19). Si le disciple est bien formé, il évangélisera et formera d’autres disciples capables d’évangéliser et de se reproduire… Le développement biologique du vivant est, selon le Dieu de la Genèse (Gn 1, 22.28), un développement exponentiel. Dieu voit grand dans la croissance et la fécondité non seulement pour la nature mais aussi et surtout pour l’Église. D’un point de vue plus pastoral, Jean-Paul II affirmait de manière claire et radicale :

Aucune communauté chrétienne n’est fidèle à sa propre tâche si elle n’est pas missionnaire : ou bien elle est une communauté missionnaire, ou bien elle n’est même pas une communauté chrétienne,… »
(Message pour la journée mondiale des missions, 19 mai 1991)

. Une communauté qui ne croît pas, ou qui ne se multiplie pas est stérile, en quelque sorte elle est déjà morte.

Sommes-nous prêts à sortir du déni de notre infécondité spirituelle et pastorale dans le domaine de l’évangélisation pour permettre une réelle et profonde conversion à une vie et une pastorale plus authentiquement évangéliques ? Si cette situation d’insatisfaction nous fait souffrir cela est bon signe, mais il ne faut pas en rester là et nourrir un esprit dépressif et morose. Au contraire, le Christ nous appelle à la vie, à une espérance et à un renouvellement de nos communautés chrétiennes pour qu’elle ne cesse de croître et de se multiplier. Pour vivre cela, nous devons considérer la formation des disciples comme à la fois le plus grand défi et la plus grande espérance pour le renouveau de l’Église dans l’évangélisation. Il faut revenir à la case départ, à la case « Jésus » qui appelle ses premiers disciples pour les former à la mission et pour donner à l’Église sa puissance de fécondité. Jésus a ainsi accompagné ses disciples, il s’est engagé personnellement pour les enfanter à une mission de croissance et de multiplication ecclésiales. L’Église est Mère : cette affirmation a du poids.

L’Église en croissance ne cesse d’engendrer à la vie de grâce pour que les disciples étant enfantés puissent enfanter. Saint Bède le disait avec clarté, brièveté et lumière : « l’Église qui enfante chaque jour l’Église ».











 
Contacts | Mentions légales | Plan du site | Contributeurs | Espace privé | RSS | cef.fr | messesinfo.cef.fr | rcf.fr | webTvCn.eu | domaine-castille.fr | bonnenouvelle.fr

Conception et développement : bonnenouvelle.fr

http://www.diocese-frejus-toulon.com/La-formation-des-disciples-et-la.html