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La diaconie, une aventure de charité

  Publié le lundi 27 octobre 2008 , par Françoise Girard

Lorsqu’il y a 25 ans, la diaconie a été mise en lumière dans le diocèse, peu, sans doute, imaginait qu’elle prendrait l’ampleur et la place qu’elle occupe aujourd’hui.

Tout peut être service si toute action est vécue comme tel.
Aujourd’hui, on vient voir ce qui se passe dans notre diocèse pour en tirer les enseignements et pouvoir mettre en oeuvre ailleurs, tout ou partie de l’expérience qui s’y vit.
Nous remercions chaleureusement "Eglise de Corse" d’avoir accepté que nous reproduisions le reportage qu’elle a réalisé et publié dans sa revue diocésaine (numéro 10 d’octobre 2008).


Une aventure de la charité

C’est ainsi qu’on pourrait appeler la «  diaconie du Var » : une aventure de la charité. Elle dure depuis 25 ans. Celui qui l’anime, Gilles Rebêche, n’est pas un inconnu en Corse. Il y est venu pour animer l’une ou l’autre journée de réflexion. Il vient de publier un ouvrage : « Qui es-tu pour m’empêcher de mourir ? » (Editions de l’Atelier). Il n’a pas hésité à répondre aux questions que nous lui avons posées pour « Eglise de Corse ». Merci, Gilles. 1. Gilles, tu es diacre du diocèse de Toulon. Tu es à l’origine d’une structure originale « la diaconie du Var ». Quand tu t’es lancé dans cette aventure, quelle était l’idée-force ?

- En fait, c’est monseigneur Barthe, à l’époque évêque de Fréjus-Toulon, qui a précisé avec clarté l’idée force de la diaconie. J’ai été enthousiasmé par cette perspective qui était une manière originale de mettre en œuvre les orientations ecclésiologiques du concile Vatican II.
J’ai accepté son appel au diaconat et comme diacre d’être l’animateur de cette diaconie diocésaine naissante. Quand je relis les écrits de monseigneur Barthe, je les trouve toujours d’une étonnante actualité :

- « Il m’a semblé que la Diaconie pouvait favoriser la croissance d’une vraie charité : celle qui s’exerce sous la forme d’un service gratuit en faveur des plus démunis d’entre nos frères. Comment ?

  • En donnant un signe visible de la volonté de ce service par l’Eglise locale. Ce signe pouvait être non seulement une approbation officielle de la diaconie, mais encore l’engagement du diocèse par la mise à sa disposition de locaux qui lui appartenaient et par le soutien de ses responsables autour d’un diacre permanent détaché pour ce service d’Eglise.
  • En demandant à la diaconie, non pas d’absorber, mais de grouper autour d’elle les bonnes volontés individuelles ou collectives déjà engagées ou disposées à s’engager pour servir. Un instrument pour regrouper les forces dispersées.
  • En devenant ainsi une sorte de tête chercheuse pour détecter les besoins souvent cachés ou négligés.
  • En gardant la conviction que la défense de la justice est la première étape de la charité. Dans une société comme la nôtre, ce souci de ce qui est juste expose à beaucoup d’incompréhensions.

Telles sont les quelques idées qui m’ont poussé à voir comme providentielle l’éclosion d’une Diaconie pour que soit mieux vécue la charité dans le diocèse. Dans ma retraite, je me contente de prier pour que Dieu, par elle, continue son œuvre. »

2. « La pauvreté » a certainement changé de visage en 25 ans. Quel est ce visage ? Comment la diaconie a-t-elle actualisé sa démarche ? En 25 ans, c’est la société toute entière qui a changé de visage… et forcément aussi l’expression de la pauvreté. En un quart de siècle, des réalités telles que la mondialisation, le cyberspace et la communication par Internet ont transformé radicalement la manière de vivre ensemble. Cela n’a fait qu’accentuer la marginalisation et la disqualification des plus pauvres.
Désespérance, souffrance psychique, solitude, honte d’exister, mésestime de soi, culpabilité restent malheureusement une litanie qui s’amplifie avec les sans papiers, les demandeurs d’asile, les femmes isolées avec enfants, les jeunes en errance, les malades mentaux à la rue et les chômeurs de très longue durée n’ayant jamais travaillé ! La diaconie n’a pas réponse à tout : elle se veut surtout espace et réseau pour oser de nouvelles solidarités, favoriser la créativité et mobiliser le tissu ecclésial sur les chemins du service et de l’espérance. Ces dernières années, la diaconie du Var a stimulé les expériences de convivialité et de partage telles que les tables ouvertes paroissiales, les projets d’économie solidaire, la Caravane de l’Espérance pour mettre en route sur des projets festifs et des « visitations » des hommes et des femmes de tous horizons, la pastorale du deuil, les groupes d’amitié islamo-chrétienne, l’accueil des Roms de Roumanie, la formation permanente des bénévoles…

3. Quel est le genre de personnes aujourd’hui engagées dans le travail de la diaconie ?

Il y a en fait plusieurs « tribus » : - Les « enfants naturels de l’Eglise », c’est-à-dire cette foule d’hommes et de femmes nourris à l’Evangile mais qui avaient pris leur distance avec l’institution ecclésiale. A travers la diaconie, ils sont comme des « recommençants de la Charité. » - Les « cathos sociaux », c’est-à-dire des hommes et des femmes de tous milieux, pour qui l’engagement social est un incontournable de leur vie de foi. - Les « humanitaires », des gens généreux, soucieux des autres, voulant lutter contre l’injustice et la pauvreté… qui trouvent dans la diaconie un espace concret d’engagement. - Les « blessés de la vie », hommes et femmes éprouvés par des problèmes de tout ordre (chômage, alcool, solitude, exclusion, maladie…) et qui dans leur malheur trouvent un espace pour s’exprimer… et aussi servir les autres. - Les « militants de la transformation sociale » qui, malgré les déceptions et les désillusions, croient toujours qu’un « nouveau monde est possible » en changeant nos modes de vie. - Les « spirituels » issus de groupes de prière ou de communautés nouvelles qui intègrent dans leur mission de nouvelle évangélisation, l’attention aux plus pauvres et la compassion avec les plus fragiles. - Les « professionnels du social » qui veulent vivre leur métier dans un contexte associatif, voire ecclésial, pour une plus grande cohérence avec leurs convictions. - Les « bénévoles des mouvements caritatifs » qui ont besoin de garder en éveil le sens de leur engagement et de vivre en réseau pour partager leur savoir-faire et leur savoir-être ! - Les « religieux(-ses) engagés » au nom de leur congrégation dans la diaconie pour un témoignage de vie, une tâche professionnelle ou une mission pastorale.

L’originalité de la diaconie du Var est précisément de faire travailler ensemble ces « différentes tribus » sur un projet commun et dans un contexte pluridisciplinaire, œcuménique voire interreligieux, en laissant même une place à l’incroyant. Que l’Eglise en soit le chef d’orchestre relève du miracle de la communion !

4. Dis-nous, si possible, le pourquoi de ce livre « Qui es-tu pour m’empêcher de mourir ? »

Ce livre est un hommage à ceux qui m’ont permis de mieux comprendre ma vocation et qui ont été le visage de la diaconie ces dernières années : prêtres, diacres, gens de la rue, familles du quart-monde, religieuses, parents, etc. Beaucoup sont aujourd’hui décédés mais restent un témoignage lumineux du projet de la diaconie. Ce livre est une expression de mon action de grâce : ni rapport d’activité, ni autobiographie, ni manuel théologique ; il est comme une relecture spirituelle de ces 25 ans de la diaconie… pour partager avec les plus jeunes… mais aussi les autres diocèses, cette saveur de l’Evangile à laquelle nous avons goûté.

5. Si c’était à refaire, le referais-tu ?

Si c’était à refaire, bien sûr que je le referais… mais à vrai dire je n’ai pas encore l’impression d’être à l’heure des bilans de vie. J’ai 52 ans et j’ai plutôt le sentiment que chaque jour tout commence, que tout est à démarrer. Evoquer la mémoire des défunts ne me conduit pas à regarder en arrière dans les souvenirs… mais plutôt en avant, vers l’horizon de demain, là où les « vivants » nous précèdent !

6. Comment vois-tu l’avenir du diaconat dans le service de la charité ? Ne crains-tu pas que cette spécificité se dilue ? Il y a comme un lien intrinsèque entre le diaconat et le service de la charité. On sait bien que dans l’histoire, le diaconat a disparu en particulier quand ce lien s’est distendu… et que les diacres ont préféré les préséances de la liturgie ou celle de l’administration des communautés ecclésiales.
A quoi sert un diacre ? Il sert à servir ! Et plus particulièrement à servir ceux que personne ne veut servir.

Jésus s’est fait diacre en lavant les pieds de ses apôtres ! J’ai confiance en l’avenir du diaconat. Il se cherche et c’est normal : le service désintéressé, l’amour préférentiel pour les pauvres ne va pas de soi… et n’est jamais allé de soi… même si l’Evangile n’a pas à rougir de sa longue tradition dans le service de la charité.

Aujourd’hui, on pourrait dire en paraphrasant l’apôtre Paul : « L’Eglise aurait beau avoir les diacres les plus brillants et les plus performants,
S’ils ne sont pas pour le service de la charité, cela ne lui sert à rien.
Les diacres pourraient être les meilleurs des prédicateurs et les plus sûrs des intendants,
Si ce n’est pas pour le service de la charité, cela ne lui sert à rien. »
Ceci dit, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Aucun office dans l’Eglise ne nous dispense de ce service de la charité. J’ai moi-même en 25 ans eu plusieurs ministères dans le diocèse : délégué épiscopal à la solidarité, aumônier d’université et membre de la pastorale des jeunes, délégué diocésain à la communication, délégué diocésain à la pastorale du deuil, professeur de séminaire, conseiller pour le service des relations avec l’Islam, membre du conseil épiscopal, membre d’une équipe pastorale paroissiale… et je peux attester qu’aucun de ces ministères ne m’a dispensé du service de la charité ! La diaconie est d’abord un savoir-être avant d’être un savoir-faire !

Propos recueillis par Gaston Piétri











 
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