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L’univers jeune : le désenchantement

par le père Thierry Dassé

  Publié le mardi 10 février 2009 , par Grégory Soodts

En entrant dans le XXIème siècle nous avons pris conscience et tenté d’analyser une période que l’on qualifie de crise globale. Crise de la transmission, crise de la stabilité, crise des normes, crise de la raison , nous sommes bien entrés dans une « société du risque » tel que l’affirme le sociologue Beck pour qualifier le monde moderne...


Les Lumières qui étaient porteuses de grands idéaux (ceux de notre République) ont failli à leurs promesses et se sont contentées, en déclarant le primat de la Raison, de rayer et d’envoyer aux oubliettes la relation à Dieu dans l’ordre de la Transcendance. Les grands idéaux et le Progrès tant attendus sont détruits, les valeurs morales et religieuses ne sont peut-être pas totalement oubliées mais, pour reprendre une expression de Gilles Lipovetsky : "on s’en fout !"

L’analyse de la crise permet de dire que l’on est aujourd’hui à la recherche de quelques repères (nouveaux ? anciens ? on est toujours en train de faire le tri...), la quête de sens se fait urgente, on aspire enfin à une nouvelle religiosité . Cette "nouvelle religiosité" fait cependant appel à ce qu’il y a de plus ancien ; on redécouvre ainsi le paganisme, le druidisme, les célébrations celtiques (que vont vite intégrer les sectes sataniques dans leur culte de la nature), la magie, le spiritisme et les messes noires. Une "pseudo religion" se crée. Véritable phénomène de mode qui finira par intéresser de nombreux jeunes attirés par les transgressions systématiques qu’elles offrent (il n’y a plus de tabous moraux, sexuels ou religieux).

Plus de la moitié des jeunes sondés se sont dits intéressés par l’occultisme et le surnaturel !

- Une enquête menée auprès de 115 collèges et lycées a révélé ces statistiques éloquentes :

  • Plus de la moitié des sondés (54%) se sont dits intéressés par l’occultisme et le surnaturel, un quart (26%) se disant "très intéressés".
  • Même si selon des experts, les affirmations selon lesquelles le satanisme est répandu chez les jeunes manquent de preuves solides, il ne fait aucun doute que de nombreux jeunes ont un penchant, ne serait-ce qu’épisodique, pour certaines formes de satanisme et d’occultisme.
  • A travers la littérature, les films, les jeux vidéo, les jeux de rôle, la musique, les vêtements, la culture des adolescents est remplie de références à l’occulte, à la quête du mystère, au combat manichéen du bien et du mal.

- On peut rappeler ici quelques principes basiques de la psychologie de l’adolescent : sa fragilité dans la position instable qu’il occupe à la croisée de deux mondes ; celui de l’enfance qu’il est appelé à quitter et auquel il ne s’identifie plus totalement et celui de l’adulte vers lequel il est en tension et qui n’est donc pas encore le sien. Son développement se situe donc autour de deux directions :

  • le détachement vers lequel il tend afin d’acquérir son individualité et de constituer un Sujet qu’il veut autonome,
  • la perte de la relation parentale qui implique le souci d’une forme d’insécurité. (double insécurité car problème également des identités fluides de la génération des parents d’où, quelle rupture par rapport à quelle identité ?)

Se séparer suppose un nouvel investissement, d’où l’importance du groupe chez les adolescents.
Dans ce monde de l’immédiat permanent, du zapping et du déballage public, l’ésotérisme peut être perçu comme un bon exutoire. "L’idée qu’il faut aller chercher au-delà de la réalité immédiate s’impose dans toutes les périodes de troubles et d’incertitudes sur les systèmes de pensée traditionnels", rappelle Jean-Pierre Laurant, chercheur au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité.
Plus on est jeune et détaché des dogmes religieux, plus on croit au surnaturel, observent les sociologues. Rien d’étonnant, donc, à ce que les ados se soient piqués au jeu de l’ésotérisme bien avant leurs parents.

Magie, rites initiatiques et horreur

On ne saurait passer sous silence les cinquante millions d’exemplaires du "Da Vinci Code" de Dan Brown qui détruit l’image du Christ en en faisant le père de la lignée mérovingienne ; le Saint Graal est, quant à lui, réduit au sexe de Marie-Madeleine. Nous poursuivons dans l’univers des pratiques magico-initiatiques avec "Le Seigneur des Anneaux" ou "Matrix", sans parler du western chamanique qu’est "Blueberry, l’expérience secrète". Les films comme "La Neuvième porte", "Dogmata", "Stigmata" ont fait fureur. Et que dire de la projection de la version intégrale de "l’Exorciste" que de trop nombreux jeunes ont vu.

On parle beaucoup également des jeux de rôle. Il n’est toujours pas prouvé qu’ils sont à l’origine de suicide ou de petite promenade dans les cimetières, ils seraient un bon moyen de vaincre sa timidité…On attend encore les analyses des psys et les enquêtes sociologiques sur ce phénomène qui, si l’aspect ludique n’est pas contrôlé, peut vite mener à la dépendance et à la dérive. Quant aux BD gore, elles n’ont plus grand chose à voir avec Hergé ou Uderzo !
On s’habitue peu à peu à la laideur et à l’horreur ce qui implique leur escalade dans la production visuelle afin de susciter encore quelques sensations.

Le désenchantement violent

C’est une des caractéristiques de la modernité que certains sociologues voire philosophes appellent le "désenchantement violent" qui porte des jeunes (beaucoup trop !) vers le surnaturel (pourvu qu’il soit détaché de tout type d’institution) ou vers la violence en y intégrant souvent le fanatisme religieux.

Voilà donc le défi et le paradoxe de la transmission ; rebondir en intégrant le besoin de surnaturel (retour du religieux !!!), d’intériorité voire de spiritualité (même si les livres les plus vendus aujourd’hui parlent d’une spiritualité sans Dieu….Comte-Sponville, Ferry…), connaissant la méfiance soulevée par l’institution religieuse perçue le plus souvent comme intégrisme et fanatisme.
Et revoilà ce sujet, que nous appellerons hypermoderne aujourd’hui avec un beau paradoxe : refus toujours de diverses formes d’autorités qu’il considère comme inadéquates et nostalgie d’un ordre qui semblait exister… avant !

Père Thierry Dassé







- Connaître pour mieux comprendre les cultures des jeunes…
- La BD en quelques chiffres :
Nombre d’album publiés : en 2000 : 1142 (+285 rééditions)
En 2006 : 3195 (+612 rééditions)
Actuellement plus de 300 titres par mois tous genres confondus.
40 millions d’albums vendus.

 




 
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