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L’aide active à mourir

  Publié le dimanche 14 novembre 2010

L’Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon a développé un argumentaire pour répondre à André Comte-Sponville et ses "Six raisons de légiférer". Ce philosophe a présenté sur le site de l’association pour le droit de mourir dans la dignité un texte visant à légiférer sur l’euthanasie et, plus précisément, sur "l’aide active à mourir".


Parce qu’elle touche l’homme au plus profond de lui-même dans sa dimension la plus existentielle et anthropologique, la question de l’euthanasie concerne non seulement tous les hommes, mais surtout chaque homme et, particulièrement, ceux en situation de fragilité et de détresse.

Trop souvent pourtant, cette question ne trouve que des réponses sensibles et affectives, empreintes de compassion, de désarroi et bien souvent d’aveu d’impuissance. Face à la douleur, face à la débilité qui s’installe dans un corps ou dans une âme, la science qui, jusque-là, semblait toute-puissante, unique recours des malheureux cherchant auprès d’elle sinon la solution de leurs maux, du moins le soulagement de leur douleur, la science n’a-t-elle pas d’autre réponse que la mort de celui qui souffre ? Incapable de lutter contre le mal, ne peut-elle que proposer la destruction de celui qui a mal ?

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C’est oublier que la science n’est pas maîtresse des lois du monde, qu’elle n’est précisément pas toute-puissante et, donc, qu’elle n’est qu’un service rendu à la dignité de la personne humaine. Remettre la science au niveau d’un instrument devant concourir au développement de la personne humaine revient à se poser autrement la question de cette dignité. C’est parce que l’on tend parfois à oublier cette place de la science comme servante de la personne humaine que l’on abdique face à la toute-puissance de la science, pourtant si relative et évolutive. Là où la science ou la raison achoppent, l’homme se trouve alors face au néant. Dans l’impasse, convient-il de pallier ce néant en redonnant à la science sa suprématie ?

En devenant maîtresse de la mort, la science sort de sa propre aporie et rassure ainsi l’opinion publique troublée par la limite de celle qu’elle persiste encore à croire infaillible. Reste alors à donner un cadre juridique à l’imposture. C’est ici le fondement le plus solide de l’argumentaire tant de fois repris par M. Comte-Sponville, pourtant grand philosophe par ailleurs.

André Comte-Sponville réduit par des raccourcis défiant la plus saine démarche intellectuelle la dignité humaine à la liberté. Entendons : qui perd sa liberté perd sa dignité. C’est une telle constatation que M. Comte-Sponville souhaite défendre et promouvoir par l’instauration d’un cadre juridique.

Parce que l’argumentaire d’André Comte-Sponville ne repose sur aucun fondement définissant réellement la dignité humaine et qu’une loi votée, fût-ce à l’unanimité, ne définira jamais la vérité de la dignité humaine, mais, dans le meilleur cas, la garantira, nous avons voulu répondre aux arguments juridiques d’un philosophe de renom en les replaçant précisément face à leurs fondements. La dignité de la personne humaine ne se décide pas par décret ou par consensus, elle se reçoit de la contemplation même de la personne humaine dans toutes ses dimensions. C’est cette contemplation que la loi doit promouvoir et protéger. Commençons donc par débattre en vérité de ce qu’est l’homme avant de légiférer sur ce qu’on ne veut pas qu’il soit.

Nous confondons le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres avec la vérité profonde de l’homme. Ce n’est pas parce que je redoute personnellement l’affaiblissement ou la débilité de mon corps et de mon esprit ou que je suis mal à l’aise en les voyant gangréner peu à peu un proche, que cela change la vérité profonde de cet être. Or, la vérité profonde d’un être est précisément qu’il est humain avec ses grandeurs et ses limites. Même privé de liberté, il reste un homme avec toute sa dignité. Même emprisonné, même dément, il reste un être humain égal en dignité à tous les autres. La vie ne se mesure pas en termes de valeur ou de liberté. Elle ne se mesure pas, elle est. Et elle est une réalité contre laquelle personne ne pourra jamais rien, la vie n’est pas un concept idéal ou « modélisable » à souhait. La vie est. Je ne la maîtrise pas, car je n’ai pas décidé de vivre, je n’ai pas décidé d’avoir tels ou tels gènes, tels ou tels parents. La vie se reçoit ou se refuse. Je peux refuser la vie, c’est ma liberté. Mais cela ne changera rien à ce qu’est la vie, à ce qu’est ma vie. Ce n’est pas en acceptant ou refusant la vie que je lui donnerai ou lui retirerai plus ou moins de valeur. Mon choix privé face à ce que je fais de ma vie n’a pas d’impact sur ce qu’est la vie. On ne peut donc fonder intelligemment un argumentaire pour ou contre l’euthanasie sur la valeur de la vie, car l’euthanasie porte non sur la vie, mais sur le rapport que l’on a à la vie, à sa vie. A vues humaines, il peut être fondé de dire ’je ne veux pas vivre ainsi et souhaite donc mourir’. Mais il est infondé de vouloir changer la nature de ce qu’est la vie pour se donner les arguments de mourir. L’argument unique de l’euthanasie est : « Je ne veux pas ou plus vivre ». Les raisons de vouloir ne plus vivre sont toutes particulières et la décision demeurera toujours personnelle. C’est ma vie, et c’est moi qui n’en veux plus et qui décide d’en finir avec ma vie. Cela s’appelle un suicide. Il est de la seule responsabilité de celui qui veut mettre fin à ses jours. En aucun cas, il ne concerne la société.


Retrouvez l’intégralité de l’argumentaire développé par Cyril Brun, responsable de l’Observatoire socio-politique diocésain, dans Réponse à André Comte-Sponville respectivement dans ses Six raisons de légiférer.

"A force de tout voir, on en vient à tout supporter, puis à tout admettre, et, finalement, à tout justifier" (saint Augustin).











 
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