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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

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L’Eglise est communion et mission

  Publié le mardi 3 novembre 2009 , par Yann de Rauglaudre

Dimanche 27 septembre le 5ème pèlerinage marial du partage a réuni plus de 600 personnes au sanctuaire Notre-Dame de Grâces à Cotignac. Ce fut un beau rassemblement diocésain sous le signe de la communion. Cette ouverture de la seconde de la diaconie a été marquée par l’homélie de monseigneur Dominique Rey qui a été applaudie par les participants.


Il y a une quarantaine d’année, à l’occasion du grand événement de la vie de l’Eglise que fut le Concile Vatican II, les évêques, rassemblés à Rome autour du pape Jean XXIII puis de Paul VI, se sont posés la question : qu’est-ce que l’Eglise ?

Pour préciser une définition de l’Eglise, deux mots qui trouvent en ce jour toute leur actualité, ont été proposés. L’Eglise, ont-il dit est d’abord une communion, un mystère de communion. C’est une maison, une famille. L’Eglise, ensuite, a une mission. Elle n’a pas pour objectif de s’occuper simplement d’une association de gens qui militeraient en fonction de causes qui leur seraient communes. L’Eglise vise à finaliser un apport au service de l’homme, de toute l’Humanité. Un des buts de l’Eglise est précisément de s’occuper de ceux qui n’en font pas partie.

L’Eglise est communion
L’Eglise est mission
Elle rassemble ceux qui sont amenés à confesser la même foi, et désire rassembler, un jour, tous ceux qui font partie de notre Humanité.

Je rappelle ceci parce que je crois qu’en cette deuxième année de la Diaconie, nous aurons à cœur d’essayer de vivre, pas simplement comme un concept ou une idée, mais comme deux réalités bien concrètes, la communion et la mission. Cela n’implique pas simplement d’être bien entre nous mais au-delà d’avoir le souci, la passion même, de ceux qui sont encore loin, de ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ, car cette communion comporte plusieurs aspects..

La Communion : partage d’une même foi.

La Communion est d’abord le partage d’une même foi. C’est le Christ qui nous rassemble. Lorsque nous nous regardons les uns les autres, nous n’avons pas la même couleur de peau, pas la même éducation, ni même niveau de vie ou même histoire, et pourtant nous sommes rassemblés en ce lieu. En quelque sorte, Celui qui crée notre rencontre depuis de multiples lieux du Var, pour des Tables ouvertes ou d’autres activités de la Diaconie, Celui qui constitue notre unificateur commun, c’est le Christ. A cause du Christ, au nom du Christ, nous sommes rassemblés, convoqués, en cette messe et en cette journée.

Ainsi, la première communion n’est pas simplement le fait de pouvoir trouver des affinités entre nous, mais de reconnaitre dans le Christ celui qui fonde une seule famille. Depuis le jour de notre baptême, nous sommes en quelque sorte « programmés » pour former une même communauté et partager une même table : la table où sont servis la Parole et le Pain de vie, pour recevoir la même promesse, mystère de communion qui est d’abord un mystère de foi commune. Il nous est bon de professer ensemble cette certitude que le Christ a établie dans notre cœur : Dieu est Père, Dieu est Amour et Il nous a envoyé son propre Fils. Pour nous révéler son amour, il a permis que ce Fils soit livré pour nous sur la Croix et qu’il souffre la Passion. Enfin, cet amour a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit qui nous rassemble dans cette église.

La Communion : partage de nos dons.

Nous sommes en communion parce que nous partageons nos dons. Certains, parmi nous, ont, et d’autres n’ont pas, beaucoup de choses, certains sont riches, d’autres pauvres. Il y a des personnes qui ont beaucoup de charismes : certains prennent la parole avec facilité (parfois il faut même les arrêter...) tandis que d’autres sont embarrassés et ne savent pas manier leur langue. Certains courent très vite et d’autres ont des difficultés à marcher mais chaque être humain a ses dons particuliers. Avant tout, il est un don pour l’autre. Chaque être humain est tellement grand, en son mystère d’amour, en sa vie tellement précieuse et sacrée, que même si nous ne le connaissons pas suffisamment encore, même s’il est handicapé, même s’il est blessé, il représente une richesse extraordinaire. Nous devons le recevoir comme un don, comme un cadeau de Dieu, comme une certaine présence et une tendresse de Dieu. Alors nous comprenons que nous sommes donnés aussi les uns aux autres : par cette communion, nous sommes une famille où l’on s’aime. Par la fraternité qui fonde notre solidarité, nous formons, comme le dira l’apôtre Paul, « un seul corps » : nous sommes interdépendants les uns des autres et si un des membres souffre, tous ceux qui l’entourent souffrent. Alors, chacun aide son frère à découvrir son propre don : je suis très heureux de voir apparaître dans notre Eglise du Var (soit qu’ils viennent de loin soit qu’ils se révèlent parmi nos proches), tant de charismes, tant de manières de vivre la foi et d’exprimer notre humanité commune : ce sont des richesses en abondance. Bien au-delà d’un système soviétique qui ne supporte qu’une seule tête et nivelle les autres, regardons la nature qui s’exprime a profusion par cette végétation si variée et diversifiée. Dans le mystère de cette communion qu’est l’Eglise, nous avons chacun notre place. Chacun doit pouvoir exprimer sa vie, le mystère de sa vie, le don de Dieu d’une manière singulière, différente des autres. Plus la diversité est grande, vécue dans l’acceptation de l’autre, dans sa connaissance et son estime, plus la communion grandit, s’approfondit, se construit.
L’Eglise est communion parce qu’elle est partage d’une même foi.
L’Eglise est communion parce qu’elle est partage de nos dons.
L’Eglise est communion parce qu’elle est partage de nos pauvretés.

La Communion : partage de nos pauvretés

Nous avons commencé cette messe en disant « Seigneur, prends pitié » et aujourd’hui nous vénérons saint Vincent de Paul, que l’on appelait le « patron des Pauvres », en raison de son amour de prédilection pour les pauvres de son temps.

La vraie communion se nourrit de la présentation de nos pauvretés. Il n’est pas facile, quand on est pauvre, (nous ne parlons pas de ceux qui veulent rester dans une situation d’assistanat perpétuelle), de dire qu’on est un pauvre. Nous avons une certaine dignité, une certaine respectabilité. Dévoiler nos pauvretés est très difficile. Ce peut être vécu par certains comme dégradant ou insultant. Cependant, le Seigneur, nous invite à vivre la communion jusques là. Il est le maître, le Créateur du monde et de l’Histoire : pour nous révéler son amour il est allé jusqu’à exposer sa pauvreté, sur la Croix ; il s’est présenté à nous défiguré, dévisagé : ses mains étaient percées, son flanc était troué et c’est la Pauvre qu’il a montré à travers lui. Notre Seigneur nous invite à présenter dans la simplicité nos pauvretés, non pas pour s’y résigner, non pas par fatalisme mais parce qu’à travers cette présentation de nos pauvretés et dans nos pauvretés il fait éclater sa miséricorde ; Dans les pauvretés de notre péché ou celles des malheurs de la vie, le Seigneur nous fait comprendre que nous valons plus que le mal que nous subissons, plus que le malheur que nous rencontrons : nous sommes ses enfants. Dans une communauté chrétienne, on doit pouvoir accueillir, reconnaître les pauvretés des uns des autres pour pouvoir s’aimer d’avantage. Par l’écoute des difficultés de ceux que nous côtoyons, malgré le peu de coeur que nous avons, va grandir un surcroît d’amour vis-à-vis de lui, s’ouvrant même à une tendresse. Et peut-être, ce pauvre nous révélera notre propre pauvreté qu’on avait du mal à reconnaître et à identifier. Une communauté se nourrit de l’échange de la pauvreté, de nos pauvretés respectives. Et l’accablement n’a pas lieu d’être, car au contraire cet échange nous renforce dans l’esprit de famille.

Une vraie communion chrétienne a le regard tourné vers ceux et celles qui ne vivent pas encore de l’Amour du Seigneur, pour qui l’Amour du Seigneur reste étranger parce qu’ils ne l’ont pas rencontré, parce qu’ils ont des images façonnées par leur propre histoire ou leurs mésaventures avec l’Eglise, des déceptions, que sais-je ? Ils se font une certaine idée de la foi et n’atteignent pas le visage du Dieu auquel je crois. En fait, je ne crois pas au Dieu auquel ils ne croient pas. Notre foi nous invite sans cesse à pouvoir élargir l’espace de notre tente. L’amour est diffusif : on ne peut pas se contenter de s’aimer entre nous. On voudrait que d’autres encore rejoignent cette communion, partagent cette promesse, soient gagnés par l’espérance ; on voudrait que toute l’Humanité rencontre le Christ qui est la clef de l’histoire, de la compréhension de notre propre vie et du mystère des choses. Notre communion a besoin de se dilater. Certaines de nos églises dans le Sud ont des enceintes et parfois des périmètres assez petits, mais les murs de l’Eglise sont ceux de notre planète : L’Eglise s’ouvre à tous sans exception. Certains se sentent loin de l’Eglise parce que certaines règles liées à l’amour les rebutent. Ainsi, lorsque Jésus dit : « Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi… Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi (Mt 18,8) ».

Paroles extrêmement dures, mais l’amour ne supporte pas les travestissements, les altérations, les déformations. Jésus nous le rappelle : si on aime, on aime jusqu’au bout sinon on n’aime pas vraiment. Par cette radicalité, Jésus nous donne des règles pour garantir la force, la plénitude et l’intensité de l’amour. pour que nous ne déformions pas l’amour ni ne le compromettions par des idolâtries ou de fausses alliances. Donc beaucoup de personnes à l’extérieur de l’Eglise portent un jugement peut-être sévère vis-à-vis d’elle parce qu’ils assimilent ces règles à du dogmatisme, à une Eglise fermée : ils ne comprennent pas de l’intérieur. Nous sommes appelés, en nous efforçant de vivre les conditions de la charité qui assurent la cohérence interne de l’Eglise, de pouvoir faire comprendre que personne n’est exclu de l’Eglise, que chacun a sa place. Peut-être nous est-il difficile d’harmoniser ces exigences avec notre situation, parce que par exemple nous sommes divorcés-remariés, ou que les règles énoncées par l’Eglise en termes de vie morale nous semblent trop lourdes à pratiquer. Soyons cependant convaincus que nous sommes tous en chemin, qu’il n’y a pas de « parfaits » dans l’Eglise, il n’y a que des pauvres types, vous... moi... et chacun essayons de marcher vers la lumière. L’Eglise n’exclue personne et dans sa sagesse, elle est merveilleusement notre guide et nous conduit au-delà de nos espérances. Nous nous tenons la main comme dans une cordée pour atteindre au sommet de la montagne. Nous avons besoin de tous pour arriver au faîte.

Demandons cette grâce au Seigneur.
Demandons au Seigneur comme nous le rappelle l’évangile, un cœur suffisamment large pour voir l’action de l’Esprit-Saint à travers le monde. Les apôtres s’étonnaient que des personnes qui pourtant ne suivent pas le Christ réalisent des miracles. Le Christ s’en réjouit. Nous ne sommes pas propriétaire de l’Esprit-Saint : il est agissant dans le monde, dans les jardins secrets, par des germinations secrètes et il nous surprend. Découvrons combien le Seigneur, en particulier tout au long de cette année, a besoin d’hommes et de femmes qui s’ouvrent au bonheur qu’il y a de rendre les autres heureux. C’est cela servir, c’est cela la vocation du chrétien, c’est d’aider chaque être humain à découvrir le sens, la valeur de sa vie, la beauté de sa vie, la joie de vivre en présence de Dieu. AMEN

* Retranscrit de l’enregistrement de RCF Méditerranée







Cette homélie ne peut être reproduite ou reprise même partiellement sans autorisation préalable : merci de respecter cette consigne.
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