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Journée mondiale de la pastorale des migrants et du réfugié

Dimanche 18 janvier 2009

  Publié le jeudi 22 janvier 2009 , par Nicolas Grivet

La paroisse Saint-Michel de la Beaucaire à Toulon a accueilli cette année le rassemblement diocésain de la pastorale des Migrants et du Réfugié pour célébrer la messe et partager un repas "saveurs du monde" avec l’association "le Rocher 83".

Voici l’homélie du père Olivier Laurent, délégué diocésain de la Pastorale des Migrants.


« Saint Paul, apôtre et migrant »

Frères et Sœurs,

Bienvenue à celles et ceux qui sont venus de loin, merci à la communauté du Rocher qui nous accueille dans cette belle église au cœur de ce quartier aux couleurs du monde.

Pourquoi l’Eglise nous invite-t-elle à célébrer la journée mondiale des migrants et des réfugiés ?

Permettez-moi d’y répondre tout d’abord par un chiffre, puis par quelques remarques d’ordre général.

Il y a actuellement entre 200 et 250 millions de migrants et de réfugiés dans le monde. Ils sont nos frères et nos sœurs en humanité et vivent pour la plupart dans des grandes situations de vulnérabilité, de précarité, voire d’exclusion.

La plupart (comme hier en Europe, celles et ceux qui quittèrent l’Irlande, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Pologne pour espérer une vie meilleure en Amérique ou en Europe du Nord), la plupart sont des migrants économiques qui ont pris la route et quitté leur pays à cause des dérèglements de l’économie mondiale et de l’inégalité croissante entre les pays développés et les pays du Tiers Monde où plus d’un milliard d’hommes et de femmes, surtout des enfants et des jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour.

Des millions de jeunes dans ces pays qui les ont scolarisés ou pas arrivent en âge de travailler et de fonder une famille mais, qu’ils aient ou pas de formation ou de diplômes, le marché de l’emploi est si faible qu’ils ne trouvent aucun travail pour envisager un avenir et faire vivre une famille tout en aidant leurs parents.

Alors partir, tout quitter, risquer sa vie et tenter sa chance ailleurs reste leur unique espoir.

A cette migration économique, s’ajoutent aussi, celle qu’entraînent les fléaux d’aujourd’hui : famines, catastrophes naturelles, conflits de toute nature, mauvaise gouvernance….

Notre temps est marqué de plus en plus par la mobilité des personnes.

Déjà à l’intérieur de nos frontières, beaucoup se déplacent pour rejoindre en semaine des lieux de travail loin de leur résidence et ils sont nombreux celles et ceux qui vivent dans une région où ils ne sont pas nés et qui changent de lieu de résidence plusieurs fois au cours de leur vie.

De plus en plus, les exigences de l’économie mondialisée entraînent de nombreux travailleurs, cadres et ouvriers à l’étranger. Les centres d’études, de recherche, les universités s’internationalisent et nos villes sont le reflet de cette diversité où se côtoient, plus ou moins bien, des hommes et des femmes venus de tous les continents.

Mais cette situation de grande mobilité due aux exigences de la mondialisation ne va pas sans générer de nombreuses difficultés, tant dans les pays de départ que dans les pays d’arrivée.

De plus en plus se mettent en place des politiques de contrôle de l’immigration. Elles sont inévitables, nécessaires mais délicates à gérer et ne vont pas sans problèmes. Bien souvent, les droits fondamentaux ne sont pas respectés et les mesures de régulation se cantonnent dans la surveillance renforcée des frontières, le refoulement des clandestins, le refus du regroupement familial, la sanctuarisation dans des quartiers périphériques, la discrimination à l’embauche…

De ce fait, par voie de conséquence, les circuits mafieux se développent de plus en plus et exploitent les candidats au départ qui subissent toutes sortes de sévices, parfois au prix de leur vie. On ne compte plus les périls en mer ou dans le désert, les tués sur les frontières de barbelés ou les murs et cela dans tous les continents. Les clandestins vivent en reclus, dans des conditions souvent inhumaines, sont exploités par des employeurs sans scrupules, des marchands de sommeil, des circuits de prostitution qui détruisent la dignité de milliers de femmes et de jeunes hommes.

Enfin, à l’heure d’internet où nous vivons de plus en plus dans un village planétaire, les images, les modèles de société, les idées, les mœurs, les traditions religieuses, les liens familiaux sont engagés dans un vaste brassage, des métissages de toutes sortes où se côtoient le meilleur et le pire.

Les questions du sens de la vie, de l’avenir de l’humanité, du prix de la personne humaine, de l’existence de Dieu, de la vérité sont posées à nouveaux frais.

De même que celles de la responsabilité globale vis-à-vis de la gérance de la terre, de son environnement, de ses ressources limitées et de leur égale répartition.

Si tous les hommes aspirent à une vie digne, libre, s’ils ont droit à la santé, à l’éducation, au respect dans leurs différences et leurs choix éthiques et religieux, nous ne pouvons nous replier sur nos préoccupations personnelles (certes parfois grandes et cause de soucis) mais nous avons à nous ouvrir aux défis de ce monde qui s’enfante dans la douleur.

Deux attitudes sont possibles : la peur et le repli identitaire ou bien l’ouverture et la responsabilité. Nous sommes dans le commencement d’un monde.

Et notre foi chrétienne nous invite à l’ouverture.

Alors nous pouvons nous poser la seconde question.

Pourquoi cette célébration de la Journée mondiale de la pastorale des migrants nous propose-t-elle le figure de saint Paul ?

Au début de l’annonce évangélique, au moment de la naissance des premières communautés chrétiennes, n’étions-nous pas également au commencement d’un monde ? Le langage a consacré l’expression « avant et après Jésus – Christ ».

Et Paul venu d’Asie Mineure, l’actuelle Turquie, est féru de culture grecque et formé dans les plus célèbres écoles rabbiniques de son temps, va être ce grand passeur qui va annoncer la Bonne Nouvelle non plus seulement comme l’accomplissement d’une promesse de Dieu à son peuple choisi, Israël, mais comme la réalisation d’un salut offert à tous ceux qui croiront en Jésus Christ mort et ressuscité, folie pour les païens et scandale pour les juifs.

Saint Irénée, ce grand évêque de Lyon, lui même venu du Moyen-Orient dans une phrase saisissante, écrivait que Dieu, en Jésus-Christ est venu habiter chez nous pour que l’homme s’habitue et Dieu et que Dieu s’habitue à l’homme.

Ainsi la route du Christ c’est l’homme et nous ne pouvons en exclure aucun.

Jésus est devenu notre frère aîné, le frère universel, celui qui nous propose un chemin de bonheur, le chemin de l’amour fraternel. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé »

Et c’est Paul qui s’écrira qu’en Jésus « il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre » mais que nous sommes tous des enfants de Dieu appelés à la fraternité.

Aussi n’aura –t-il de cesse de faire droit aux nouvelles communautés, issues du paganisme et de ne pas leur imposer la tradition juive pour vivre en disciple de Jésus. Elles ont à incarner dans leur culture l’essentiel de la foi, le message central de l’Evangile : « Dieu est amour » comme nous l’a rappelé le pape Benoît XVI au début de son pontificat. Paul a su relever les défis de son temps, d’une société où se côtoyaient de nombreux peuples, toutes sortes de religions, de traditions, de statuts sociaux et dire à ceux qui accueillait la Parole de grâce que la Voie de Jésus était un chemin de liberté, d’égalité et de fraternité.

Oui, nous sommes tous frères dans le Christ Jésus, un seul corps dans la diversité de ses membres, une seule famille, la famille de Dieu.

Et c’est l’Eglise, universelle qui est pour tous, en route avec tous et qui aujourd’hui comme hier se construit avec tous. En elle s’accomplit cette parabole de communion au-delà des frontières, dans la diversité des langues, des cultures, des races.

Les JMJ, les rencontres européennes, le pèlerinage de confiance sur la terre, les rencontres sur la colline de Taizé, les grands congrès eucharistiques en sont des illustrations contemporaines de haute portée symbolique.

Mais cette Eglise famille de Dieu s’enrichit à chaque fois qu’elle élargit l’espace de sa tente. Alors quelle place faisons-nous dans nos communautés aux frères et sœurs chrétiens, venus d’ailleurs et qui désormais vivent parmi nous ? Cette question est vraiment à l’ordre du jour et nous avons à y répondre dans nos paroisses, nos groupes de vie évangélique, dans nos associations, nos quartiers.

Une Eglise sur la route et qui fait le chemin possible avec celles et ceux qui avancent dans la fidélité à leurs propres traditions spirituelles : enfants d’Abraham, juifs et musulmans, pratiquants des sagesses d’Asie, hommes et femmes de bonne volonté.

Enfin une Eglise de la sollicitude fraternelle, solidaire et attentive aux défis du temps présent et qui manifeste son amour de prédilection pour les éprouvés, les laissés pour compte, les sans voix, sans forces, les déplacés, victimes des désordres engendrés par une mondialisation sans repères.

Notre fraternité a un prix, elle nait du cœur transpercé du Christ et nous entraîne parfois sur le chemin des douleurs. Unis au Christ et à sa Mère nous avançons, espérant contre toute espérance, avec audace et courage dans l’attente du jour où tout sera accompli et où nous pourrons enfin vivre rassemblés et communier dans le même amour pour chanter et louer Dieu notre Père commun.

« Tout simplement… Ils veulent vivre
Ces hommes, ces femmes
Poussés sur les routes, les mers, les déserts
Par les violences
Des guerres, de la faim, des politiques indignes.
Pour tenir une place au soleil, ils risquent leur vie.
Pour trouver l’espérance
Ils acceptent l’inacceptable
Pour fuir la peur et la détresse
Ils s’accrochent à un pays d’accueil.
Qu’ils prennent Seigneur, leur place là où ils sont !
Qu’ils soient considérés et reconnus
Dans leur travail
Leur contribution à la société
Leur dignité !
Que se lèvent partout
Des hommes et des femmes remplis de ton Esprit.
Qu’ils mettent au premier rang
La dignité et le respect de toute vie humaine.
Inspire à nos communautés
L’esprit du vivre ensemble
Donne chair à nos mots, à nos intentions
Elargis notre regard jusqu’au pays de l’autre
Pour qu’en cette terre où germent désespoir, peurs, détresses
Coulent désormais le miel de l’accueil, le lait de la vie.
De la vie… ma préférée ».

(Pastorale des migrants : rencontre nationale. Nantes Oct. 06)











 
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