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En effet, ta charité m’a déjà apporté
beaucoup de joie et de réconfort,
car grâce à toi, frère,
les cœurs des fidèles ont trouvé du repos.

Phm1.07

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Jésus et le mariage

  Publié le lundi 15 octobre 2012

A l’heure où le débat est lancé dans notre pays face à la menace de la dissolution de l’institution du mariage, la Parole de Dieu porte une lumière vive.


Par Fr. Henri-Dominique de Spéville, op

A l’heure où le débat est lancé dans notre pays face à la menace de la dissolution de l’institution du mariage, la Parole de Dieu porte une lumière vive.

Des pharisiens viennent interroger Jésus à propos d’un point de la loi religieuse. Jésus renvoie d’abord à leur références religieuses : la loi de Moïse qui codifie toute la vie des israélites. Moïse permet le divorce, plus précisément la possibilité pour le mari de renvoyer sa femme, à condition de remettre un acte de répudiation. Mais Jésus ne s’en tient pas à la lettre de Moïse. Non seulement il interprète cette prescription de la Loi de Moïse à propos de la répudiation comme une concession regrettable, rendue nécessaire en raison de l’endurcissement du coeur, mais surtout, et cela est très important pour nous, il renvoie à plus haut, à l’origine : « au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. »

En d’autres termes, Jésus nous fait comprendre que l’institution du mariage ne relève pas du droit particulier des religions, c’est un droit qui concerne l’humanité entière, depuis toujours et pour toujours. Au-dessus de la loi des hommes, et même au-dessus des lois des religions particulières, il y a ce que nous appelons en théologie catholique la loi naturelle.

La loi naturelle ne désigne pas ici les lois de la nature telles que la physique ou la biologie peuvent les découvrir, les lois qui régissent le comportement des éléments, des êtres inanimés ou des être vivants.

Il s’agit ici de la loi morale telle que la raison humaine peut l’appréhender et qui trouve son fondement non dans une charte extérieure inventée ou révélée, mais dans l’intelligence de ce qu’est la nature humaine, et sa finalité. L’homme peut se comprendre lui-même, par la réflexion philosophique, et d’une manière générale par les sciences humaines. Aujourd’hui le simple avis des experts n’est même pas retenu. Pratiquement tous les psychologues vous diront l’importance pour la structuration de l’esprit de l’enfant d’avoir la double référence paternelle et maternelle. Les carences en ce domaine sont souvent à l’origine de souffrances importantes, voire de troubles du comportement. Mais les psychologues ne sont pas invités au débat. Aujourd’hui, nous avons l’impression que le bon sens lui-même ne peut s’exprimer en raison du terrorisme intellectuel d’une minorité qui refuse le débat serein mais qui se contente de brandir la pancarte « homophobie » dès que l’on veut discuter et argumenter. Même dans les milieux homosexuels, nous assistons à un terrorisme intellectuel. Les personnes homosexuelles ne sont pas toutes favorables au mariage de personnes du même sexe, mais si elles expriment leurs opinions, elles sont attaquées par certaines associations militantes fanatiques.

Pour les questions de société, l’Eglise argumente à partir de la loi naturelle. Elle ne cherche aucunement à imposer à la société entière ce qui serait une particularité catholique ou un point de vue théologique ou spirituel. L’Eglise argumente non à partir de la révélation divine mais à partir de la raison afin que tout homme de bonne volonté puisse entendre son message. L’Eglise veut faire entendre la voie de la raison.

Un auteur ancien disait ceci à propos de la loi naturelle : « Il existe certes une vraie loi, c’est la droite raison ; elle est conforme à la nature, répandue chez tous les hommes : elle est immuable et éternelle ; ses ordres appellent au devoir, ses interdictions détournent de la faute (...). C’est un sacrilège que de la remplacer par une loi contraire ; il est interdit de n’en pas appliquer une seule disposition ; quant à l’abroger entièrement, personne n’en a la possibilité. » Ce n’est pas un Père de l’Eglise qui écrit cela, mais un auteur païen de la Rome antique : Cicéron ! pourtant cité dans le catéchisme de l’Eglise catholique.

St Thomas d’Aquin ajoute : « La loi naturelle n’est rien d’autre que la lumière de l’intelligence mise en nous pas Dieu ; par elle nous connaissons ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Cette lumière ou cette loi, Dieu l’a donnée à la création. »

Dans l’état actuel de l’humanité, la raison humaine est souvent obscurcie par toutes sortes de mensonges, parfois par les passions elles-mêmes qui l’entravent et l’empêchent d’aller au bout de ses raisonnements. L’Eglise considère que la Révélation divine vient conforter la raison dans la compréhension de l’humaine nature. Les récits de la Genèse éclairent d’une belle lumière la condition humaine. Le Bx Jean-Paul II a abondamment commenté ces premières pages de la Bible pour livrer une pensée lumineuse sur l’anthropologie, sur la complémentarité homme-femme et sur l’amour humain en particulier. En méditant l’Ecriture sainte, l’Eglise livre au monde une vision éclairée de la destinée humaine, de la condition humaine, des règles élémentaires qui découlent du fait d’être humain.

L’Eglise est experte en humanité, car elle puise dans le trésor de la révélation ce qu’elle exprime de manière rationnelle pour que tout homme, croyant ou non, puisse se connaître et vivre dignement.

En ce qui concerne les débats actuels, l’Eglise, c’est-à-dire à la fois les pasteurs (évêques, prêtres) et nous tous aussi, nous ne cherchons pas à maintenir ce qu’on appelle l’héritage judéo-chrétien parce qu’on aurait peur de perdre de l’influence sur la société. Non, l’Eglise défend le mariage parce que c’est la loi naturelle, que c’est un bien pour la société, c’est un élément constitutif et essentiel de la société, pour sa cohésion, pour la transmission de la vie et pour l’éducation des enfants. Une union homosexuelle ne relève pas de la relation de conjugalité, donc du mariage.

Je ne peux ici développer l’argumentaire contre le mariage de personnes du même sexe. Je ne puis que vous recommander de vous informer, en particulier à lire les textes très respectueux pour les personnes homosexuelles, et en même temps très éclairants sur la question du mariage. Il y a le document émanent de la commission famille et société de la conférence des évêques de France, document consultable et téléchargeable sur le site eglise.catholique.fr, et aussi des articles parus dans le mensuel du diocèse « Eglise Fréjus-Toulon » et d’autres textes ou interviews publiés sur le site internet du diocèse.

L’Eglise a non seulement le droit, mais encore le devoir de faire entendre la vérité. Sinon on pourrait l’accuser de non assistance à société en danger. Alors gardons courage ! Ne baissons pas les bras !

Comme dans l’Evangile, aujourd’hui encore Jésus prend les petits enfants dans ses bras, et les bénis en leur imposant les mains. Puisse cette bénédiction s’étendre à tous.







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