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Inondations à Rio Formose au Brésil

Témloignage du père Jean-Marie Labat, sur place

  Publié le lundi 2 août 2010 , par Françoise Girard

Le père diocésain Jean-Marie Labat,exerce son ministère à Rio Formose au Brésil. Il témoigne de la réalité sur le terrain face aux très graves inondations qui ont frappé la région.


Bonjour,

Vous m’avez demandé un rapport sur la catastrophe qui est arrivé sur la zone littorale du Pernambuco et de Alagoas. Je ne peux parler que du Pernambuco où je suis. Tout en sachant que l’état de Alagoas a été plus touché que le Pernambuco.

Pour ma part, je suis au milieu de la catastrophe, mais dans la seule petite ville, Rio Formoso qui n’a presque pas été touché. En effet dans le district de Cucau, il n’y a eu qu’une trentaine de famille sans abris. Mais tout autour dans le diocèse, il y a eu 19 villes atteintes par les inondations. 129 ponts détruits, dont le grand pont tout neuf de la route nationale Br 101. Ce qui est arrivé est inimaginable. Après 3 jours et 3 nuits de pluies torrentielles sans arrêt, l’eau des fleuves est montée jusqu’ à 5 et 6 mètres de hauteur.

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Restes du pont sur la route Br101 qui traverse le Brésil

Pour comprendre le mieux est de donner quelques exemples que je connais :

- la ville de Barreiros, 25 000 habitants, à coté de Rio Formoso, a été détruite à 95%. Dans cette vallée, il n’y a eu que très peu de morts (une trentaine !) car les habitants ont été bien avertis. Ils savaient ce qui pouvait arriver, car il y a 10 ans il y avait eu une inondation. Ils sont donc montés dans des lieux élevés. Ils ne pensaient pas cependant que l’eau passerait au dessus du premier étage, par-dessus les toits. La ville, comme toutes les villes, a été coupée de toutes communications durant 2 jours. Même les téléphones portables ne fonctionnaient plus (manque d’électricité dans les relais). Les gens sont restés 48 heures sans eau, sans nourriture, sans électricité et dans la boue. Pour les secours, on ne pouvait même pas rentrer dans la ville. J’ai réussi à y entrer seulement 5 jours après (parce que je suis prêtre !). Les maisons, ou bien elles ont disparu comme à Agua Preta où un quartier à totalement disparu, ou bien l’eau a tout vidé des appartements. On a retrouvé des affaires jusqu’à 500 km sur les plages du Ceara. Palmares qui est la ville principale du diocèse n’est plus reconnaissable. L’évêché est démoli, complètement vidé. Il n’y a plus ni meubles, ni documents. Le centre de formation ne s’est pas écroulé mais il n’est plus utilisable.

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De la boue partout

- la famille d’un diacre marié est restée 2 jours sur le toit au-dessus du premier étage avec de l’eau jusqu’aux pieds, sans manger, sans boire, et sans pouvoir communiquer. Vous devez penser, il n’y avait pas d’hélicoptères. J’en ai vu 2 plusieurs jours après. Pensez aussi que la catastrophe s’étendait sur plus de 200 km2. Les journaux français ont sous-estimé les sans-abris : en fait, rien qu’à Barreiros il faut compter 20 000 sans-abris. Imaginez combien il peut y avoir sur deux états, sur 200km2. Ici les gens disaient c’est un petit Haïti ou encore c’est comme un tsunami.

Imaginez ce que c’est que de nourrir tous les jours ces familles, leur donner des vêtements, de l’eau, du papier hygiénique ! (A Barreiros, il n’a eu que 5 WC chimiques apportés par l’armée pour 25 000 habitants !) l y a des tonnes de boue de partout (et il pleut tous les jours). Pour ravitailler, il faut marcher dans la boue au milieu des gravats de toute sorte. On respire avec difficulté, en raison de tous les cadavres d’animaux morts qui sont dans la boue. La solidarité des gens a été admirable. Tous les jours il y a une queue de centaines de personnes pour porter de la nourriture toute prête car ils n’ont plus rien pour faire cuire. Les mairies des villes (où elles n’ont pas été détruites) et beaucoup de paroisses recueillent tous les jours des vivres, de l’eau potable, des vêtements, etc.

Les paroisses ont joué un grand rôle. D’abord ce sont souvent les curés qui ont averti le peuple par les hautparleurs des églises avec les mairies. Ensuite, les églises, comme les mairies et les écoles (du moins ce qu’il en reste) jusqu’à aujourd’hui sont remplies de familles et d’accumulations de vivres à distribuer. A l’intérieur, il y a les poules, les chèvres, les chiens, chats, etc. Je parle plus des églises car malheureusement souvent les mairies et les écoles ont été détruites, alors que les églises le plus souvent situées en hauteur ont résisté.

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Restes du gymnase de Palmares : même les décombres ont été balayés

L’armée travaille beaucoup aussi, elle est omniprésente. Elle retire la boue, répare les ponts détruits, donne des tentes de fortunes. Mais pour revenir à la normale, si on y revient, il faudra plus d’une année. Le gouvernement a bien réagi, beaucoup d’argent a été libéré, mais ça parait une goutte d’eau dans l’océan du désastre.

Notre diocèse est en piteux état. Notre évêque a bien du courage. Les prêtres ont été admirables. Maintenant il faut reconstruire… Et aujourd’hui c’est le grand problème de notre diocèse qui ne baisse pas les bras. L’évêché est vidé de tout, meubles documents, livres, archives, etc. Le centre de formation où j’enseigne pour les futurs diacres mariés, n’est pas détruit, mais il est vidé de tout et complètement inutilisable. En plus, il n’y a plus de rentrée d’argent, les églises servent à abriter les gens. Il n’y a pus de messes dans certaines villes. Le diocèse déjà était très pauvre, maintenant il est complètement ruiné. Heureusement, à part la cathédrale qui a reçu 6 mètres d’eau, les églises n’ont pas beaucoup été touchées. Mais toutes les paroisses font des efforts considérables pour secourir les gens. En résumé notre diocèse est dans une situation grave.

Priez pour nous et surtout pour toute cette centaine de milliers de familles qui ont tout perdu.

Bien unis dans la foi en Jésus-Christ ;
Père Jean-Marie Labat







Vous pouvez écrire au père Jean-Marie Labat.

 




 
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