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"Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre"

(Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8)

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Homélie pour le dimanche de la Sainte Famille 2017 (EA).

  Publié le dimanche 31 décembre 2017 , par Philippe Roy

Le mystère de la ;procréation.

La prise de conscience des parents sur la réalité des enfants comme un don et de leur responsabilité pour les élever selon le plan de Dieu, doit créer en nous, parents une attitude spirituelle fondamentale : l’offrande.


Aujourd’hui nous célébrons encore Noël, dans l’octave de la Solennité.
Les grandes fêtes de notre foi, comme Pâques et Noël, sont célébrées pendant 8 jours pour avoir le temps de bien réaliser dans notre propre vie le mystère qui les accompagne et aussi parce que, tellement grande est la joie de nous savoir sauvés par notre Bon Dieu, que nous voudrions que cela dure vraiment pour toute l’éternité, c’est le symbolisme du nombre 8.

En ce premier dimanche de Noël, l’Eglise nous propose de regarder et d’imiter l’exemple de la Sainte Famille de Nazareth, Jésus, Marie et Joseph.
Nous allons donc méditer sur quelques aspects de la vie familiale. La famille, composée d’un père et d’une mère et des fruits de leur amour, est elle-même une participation à la dignité du Créateur. Lorsque l’on parle de l’engendrement d’enfants, on utilise le terme de procréation. Dieu a donné à l’homme cette dignité extraordinaire d’être, avec lui, procréateur. Dans le livre de la Genèse, nous lisons qu’après avoir donné naissance à son premier fils, Eve a déclaré : « J’ai donné la vie à un homme avec l’aide du Seigneur  ». (Gn 4,1). Elle a été associée au Créateur.

Les deux premières lectures nous parlent de la figure d’Abraham pour nous faire comprendre que nos enfants sont un don de Dieu et qu’ils impliquent une responsabilité spéciale.(Albert Vanhoye, Lectures bibliques B).

La première lecture nous présente la figure d’Abraham emplie de tristesse car il n’a pas d’enfant, alors que, comme Sarah son épouse, il est très avancé en âge. Ils n’ont plus d’espoir. Le Seigneur Dieu lui fait une promesse qui répond à son désir le plus profond : « Ne crains pas, Abram ! ... Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... Et il déclara : Telle sera ta descendance !  ». Dieu déclare que les enfants sont un don d’en haut, et que Dieu peut faire même ce qui paraît absolument impossible aux hommes. Abraham croit alors les paroles du Seigneur, et il accueille cette promesse avec une grande foi, bien qu’elle semble irréaliste et irréalisable.
Nous devons reconnaître que les enfants sont un don de Dieu qui fait naître dans le cœur des parents une joie toute particulière : la joie de la paternité et de la maternité qui est une joie bien plus grande que beaucoup d’autres.

La seconde lecture nous fait comprendre que la venue des enfants impose aux parents une nouvelle responsabilité. Les enfants sont un don d’un type très particulier. En réalité, ils n’appartiennent pas à leurs parents comme des choses. Un fils ou une fille sont bien un trésor mais pas un trésor matériel. Ils sont des personnes et appartiennent donc à Dieu et ils doivent être respectés en tant qu’ils continuent à lui appartenir. Pour comprendre cette réalité, Abraham a dû vivre une expérience particulièrement douloureuse. La Lettre aux Hébreux nous rapporte la manière dont il fut soumis à cette épreuve : Dieu lui demande d’offrir son fils Isaac. Abraham offre son fils et, ainsi, manifeste sa disponibilité. Il est prêt à rendre à Dieu ce don reçu, ce don qui ne lui appartient pas totalement.
L’épreuve au travers de laquelle Abraham est passé signifie et manifeste profondément que les enfants appartiennent à Dieu. Les parents ne doivent pas avoir à leur égard une attitude possessive. Ils ne doivent pas chercher, dans les relations qu’ils établissent avec leurs enfants, leur propre satisfaction mais le bien de ceux-ci, le bien de ces créatures aimées de Dieu qui doivent progressivement acquérir leur autonomie et vivre leur vocation propre.
Malheureusement, ceci n’est pas facile à accomplir. Dans nombre de familles, l’affection des parents devient possessive et rend difficile la croissance des enfants. Ils ont du mal à devenir des personnes libres qui n’appartiennent qu’à Dieu. Cette attitude possessive fait souvent beaucoup de mal.
Lorsqu’un fils se marie, il peut arriver que sa mère entende conserver avec lui la relation qu’elle avait lorsqu’il était enfant. Elle peut chercher à continuer à être celle qui dirige et décide de tout, celle qui reçoit tout l’amour de son fils. Ce comportement est souvent à l’origine de conflits. L’affection possessive n’est pas une affection véritable car elle recherche sa propre satisfaction au lieu de respecter et de favoriser le bien de la personne aimée.

Nous voyons dans l’Évangile comment Marie et Joseph prennent conscience de ce que Jésus n’est pas un bien qu’ils possèdent mais une responsabilité, un don de Dieu qui continue à appartenir à Dieu bien plus qu’à eux. Quelques jours après la naissance de Jésus, ils le conduisent à Jérusalem pour l’offrir au Seigneur, c’est-à-dire pour reconnaître qu’il appartient à Dieu. La loi de Moise prescrit en effet : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur  ».
Marie et Joseph se rendent au Temple pour montrer que Jésus appartient à Dieu et qu’ils sont seulement, pour ainsi dire, les administrateurs et non les propriétaires de ce don.

Attitude d’offrande.
Cette prise de conscience des parents sur la réalité des enfants comme un don et de leur responsabilité pour les élever selon le plan de Dieu, doit créer en nous, parents (qu’ils soient physiques ou spirituels), une attitude spirituelle fondamentale : l’offrande.
Abraham a offert son fils à Dieu. Marie et Joseph ont fait de même. Cela peut nous aider de nous rappeler ici le bel exemple de la sainte famille Martin, famille de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, cette famille tout à fait normale mais qui a su vivre le quotidien dans la présence de Dieu et offrir tout l’ordinaire de chaque jour avec un amour extraordinaire. Un des biographes des saints Louis et Zélie affirmait : «  L’ancrage dans la prière et l’offrande sont les deux pôles de la vie spirituelle des Martin : tout vient de Dieu, tout est pour Dieu. De même que la prière irrigue tous les aspects de leur existence, leur attitude oblative se retrouve à tous les niveaux ; ils offrent leur travail, leurs petites joies et peines du quotidien, puis les grandes douleurs de leur vie, et enfin s’offrent eux-mêmes avec le Christ en Croix. C’est la spiritualité de l’offrande ».
Voyons-le, par exemple, dans ces paroles de saint Louis que nous rapporte Céline. Lorsque la dernière de ses filles lui demande d’entrer au Carmel, Louis s’écrie aussitôt : « Viens, allons ensemble devant le Saint Sacrement remercier le Seigneur des grâces qu’il accorde à notre famille, et de l’honneur qu’il me fait de se choisir des épouses dans ma maison. Oui, le bon Dieu me fait un grand honneur en me demandant tous mes enfants. Si je possédais quelque chose de mieux, je m’empresserais de lui offrir  » (Louis et Zélie Martin, Dieu premier servi).

Cette attitude d’offrir nos enfants à Dieu nous aide à nous libérer de tout égoïsme et de toute affection désordonnée. Mais surtout cela nous assure d’être plus fidèles à notre mission de parents pour aider nos enfants à accomplir leur mission de Dieu dans le monde.
Enfin, l’attitude de l’offrande nous donne de vivre dans la gratitude envers Dieu, de qui nous recevons tout don et toute grâce.
Cela se passe comme pendant la messe. La messe est une image de ce que doit être toute notre vie. Le prêtre reçoit le pain et le vin, fruit du travail de nos mains, mais reçus de la bonté de Dieu, pour les faire devenir le Corps et le Sang de Jésus et les offrir à nouveau à Dieu comme notre offrande d’amour.

Dans cette messe, de façon particulière pendant l’offertoire, nous devons nous offrir, nous et tous les nôtres et tous nos biens à notre bon Dieu. Que tout soit transformé en une belle et agréable offrande d’amour pour notre Dieu et Créateur.

Et que Marie, notre Mère du Ciel, nous bénisse.

Ainsi soit-il.










 

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