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Homélie pour le P. Michel Moncault

  Publié le mercredi 25 septembre 2002 , par Mgr Dominique Rey

Après la mort accidentelle du Père Michel Moncault, Vicaire Général, le 19 août 2002, monseigneur REY a présidé une messe le 13 septembre 2002 en la Cathédrale de Toulon. Voici son homélie.


Je me trouvais le 19 août au nord Vietnam.

D’abord le choc : une nouvelle soudaine, inconcevable, abrupte

Nous sommes tellement immergés dans le monde des continuités, la succession ininterrompue des jours, la solidarité des instants et leur enchaînement chronologique, automatique... Alors, lorsqu’il y a rupture dans cet ordonnancement, on éprouve le sentiment d’un effondrement insupportable, d’un désordre, d’un malentendu, d’une injustice.

Oui, il y a eu le choc de la perte brutale et les explications rationnelles sur le déroulement de l’accident, ne servant qu’à creuser un peu plus l’horreur du drame.

Et puis, vient le temps du deuil, le long labeur du deuil. La tâche de désapprendre à travailler avec Michel, intégrer dans le cours de nos journées, son absence physique encore plus ressentie peut être après l’inhumation.

Nous voici livrés à nos souvenirs. Et nous voudrions, au nom de l’amitié ou de l’estime, comme à la dérobée, retrouver les traces encore fraîches, recueillir les gestes ou les paroles, fixer les regards et les silences qui en disent parfois plus long que les mots, qui furent le lot d’une certaine complicité ou d’une certaine connivence avec Michel pour en restituer toute la vérité.

Apprendre un instant à regarder l’horizon de sa vie, avec ses yeux à lui et selon son point de vue. Et dans cette montée du passé en nous, dans ce travail de mémoire, ressusciter l’instant où Michel nous est apparu le plus lui-même, lui qui pouvait si bien par pudeur ou par calcul se retrancher derrière sa jovialité, son humour, sa prestance, sa culture artistique...

Oui, derrière l’écorce des mots ou des rires, nous voudrions filtrer la vérité d’un être et sa profondeur. Enfin l’identifier lorsque la vie s’arrête de bouger et au moment où le film se fige en une ultime photo (à l’heure où l’on ne plus esquiver les vraies questions).

Mais la vie d’un être ne s’arrête pas à ce que nous en voyons ou à ce que comprenons ou jugeons. La vie du Christ sourd en nous de manière souterraine depuis qu’à lui nous avons été greffé.

Il y a en nous des « Bethléem » parce que l’enfant que nous avons été n’a heureusement pas encore disparu.

Il y a en nous des « Nazareth », c’est-à-dire une vie cachée dans la monotonie du quotidien, mais qu’habite en creux la passion d’aimer et de croire.

Il y a en nous des « Tibériade » où notre humanité blessée crie sa soif et sa faim.

Il y a en nous des « Béthanie » où l’amitié trouve un gîte pour s’apaiser de se rafraîchir.

Il y a en nous le « Golgotha » dans lequel se réfugient nos vendredis saints, notre amour incertain, mais où nous attend le pardon de Dieu.

Il y a en nous aussi des matins de Pâques lorsque fleurit l’espérance et quand le Ressuscité « fait toutes choses nouvelles ».

Il y avait tout cela en Michel, dans la trame de son cœur et nous n’y avons pas prise.

Il y avait aussi en Michel le prêtre qui avait fait le choix de Dieu parce que Dieu l’avait d’abord choisi. Un choix inscrit au-delà même de la conscience, comme une marque indélébile, un sceau, l’empreinte d’un amour indestructible qui motivait en fin de compte les générosités qu’il nous avait manifestées, les solidarités dont nous avons été bénéficiaires, les témoignages de foi qu’il a pu rendre.

En définitive, au-delà des honneurs, des estimes, des reconnaissances vers lesquels louche notre ego, plus profondément que nos errements...

...Il n’y a que cet amour dont nous sommes investis qui échappe à l’usure du temps.

...Il ne reste qu’une certitude absolue parce qu’elle n’est pas faite de main d’homme et parce qu’elle trouve en Dieu ses racines... et dont Michel a voulu vivre et faire vivre les autres.

Oui, face à la mort, notre foi repose non sur une évidence de raison mais sur l’accueil d’un témoignage. Celui du Christ qui s’éveille à jamais vivant au printemps de Pâques.

Dieu s’est saisi de la question de la mort et il ne l’a pas laissée sans réponse. Il ne s’est pas contenté d’une bonne parole sur la mort. Car, seul est fondé de parler de la mort celui qui en revient. Sans changer de nom, grâce à lui, la mort a changé de visage. Elle est devenue à partir du Christ, à cause du Christ une nativité.

Michel est né à la vie de celui qu’il avait annoncé, prié et servi.

Par delà nos larmes et nos regrets, Dieu recueille la vie d’un être quand, à nos yeux, elle est disponible et mûre pour la vendange et qu’elle peut ainsi être mystérieusement associée à la coupe du salut.

Michel, encore 3 mots pour te dire :

- D’abord merci pour le don de ta vie au Christ et pour avoir, par ton ministère, donné le Christ aux hommes. Merci.

- Ensuite pardon. Mourir, c’est plonger dans l’absolue miséricorde de Celui qui est venu non pour nous juger mais pour nous sauver. Pardon de ne l’avoir pas compris auparavant. Pardon de n’avoir pas conjuguer le nom de Dieu avec celui de Père. Un pardon toujours à reprendre vis à vis à de Dieu, de moi-même et de toi.

- Enfin, s’il te plait. S’il te plait, reste avec nous. Prie pour nous. Pour que le meilleur, le plus utile de ce que ta vie a semé puisse nous aider à nous acheminer sans encombre vers Celui qui tu peux enfin contempler, et que nous cherchons si souvent à tâtons.

+ Dominique Rey











 
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