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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

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Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques 2018 (JA).

  Publié le jeudi 3 mai 2018 , par Philippe Roy

La vigne et les sarments.

C’est la grâce de Dieu reçue par les sacrements qui nous fait demeurer en Jésus Christ, tandis que le péché nous en détache et en conséquence nous fait dessécher et périr


« Moi, je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » (Jn 15, 1).

Voilà aujourd’hui, en ce 5ème dimanche de Pâques, une autre image, une autre parabole ou allégorie, exposée par Jésus, notre divin maître et sauveur, qui a pour but de nous apprendre l’essence même du christianisme, autrement dit, ce que veut dire “être chrétien” ou appartenir au Christ, être baptisé, faire partie de l’Église.

Il s’agit de la parabole de la “vraie vigne”. Jésus est la “vraie vigne”.
Mais afin de mieux comprendre l’enseignement de notre Seigneur qui repose sur une réalité naturelle et plus ou moins connue de tous, je voudrais dire quelques précisions données par des vignerons, ici en France où la culture de la vigne est si répandue et si importante.

« La vigne est un très bel arbre fruitier, nous régalant de son raisin à la fin de l’été. L’entretien, le traitement et la plantation sont autant de gestes qui vous permettront d’arriver rapidement à de très belles récoltes.
La taille de la vigne est importante car elle conditionne la qualité de la récolte des raisins, elle permet de maîtriser la pousse vigoureuse des lianes et permet de limiter les maladies.
Les traitements sont importants et la taille indispensable pour favoriser la fructification et faire en “bon vendangeur” une récolte riche et abondante. Pour produire de nombreuses et belles grappes, la vigne réclame des tailles à différents stades de son développement : juste après sa plantation, chaque année à la fin de l’hiver/début du printemps, à nouveau en mai-juin, puis après la floraison et enfin durant l’hiver…
Après plusieurs années de fructification : il faut rajeunir et renouveler la vigne. Coupez entièrement le vieux bois au-dessus d’une jeune pousse venue naturellement sur la branche principale ou à la base du pied de vigne.
En l’absence de jeune pousse, taillez sévèrement à la base d’un vieux sarment pour provoquer son départ
 ».
Voilà donc ces quelques mots qui marquent l’importance de l’entretien et de la taille de la vigne : c’est un travail indispensable si l’on souhaite obtenir un bon fruit et une bonne récolte.

Voyons maintenant ce que nous dit notre Seigneur Jésus Christ. C’est Lui, en effet, en tant que créateur, qui a donné l’existence à la vigne et c’est Lui qui dévoile un enseignement spirituel profond à partir de cette création.
Jésus se proclame lui-même la vraie vigne. Or, la vigne est composée des racines, du bois, et des sarments (ces derniers portent les feuilles et les fruits, les raisins).
« Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments », dit Jésus. Alors, Jésus distingue deux types de sarments différents : il y a ceux qui ne portent pas de fruit et ceux qui en portent.
Les premiers, qui ne portent pas de fruit, Dieu le Père, qui est le vigneron, les enlève totalement, c’est-à-dire qu’Il les sépare de la vigne, les jette dehors pour qu’ils se dessèchent et puis Il les brûle. C’est une image, celle de la triste réalité et du terrible destin qui est celui des condamnés, c’est-à-dire ceux qui ne veulent pas demeurer en Jésus Christ et produire de fruit.
Jésus lui-même explique : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent ».
Les autres sarments, ceux qui portent des fruits, Dieu le Père, les purifie en les taillant, afin qu’ils en portent davantage. On l’a dit : il est tout à fait nécessaire de tailler et purifier les sarments, c’est pour leur bien, pour le bien de la vigne tout entière. C’est parce qu’il aime sa vigne et s’occupe d’elle, que le vigneron la soigne et la purifie en la taillant. Le contraire ce serait la livrer à l’oubli, à l’abandon.
Jésus ajoute ensuite que c’est par sa parole qu’il purifie les sarments : « Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite ». Cela on le voit très clairement lors du discours de Jésus sur le pain de vie. « Beaucoup de ses disciples –dit l’évangéliste Jean–, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner ». Voilà les sarments qui ne veulent pas demeurer attachés à la vigne : regrettons leur attitude. « Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » » (Jn 6, 60.66-69). Voici les sarments qui préfèrent demeurer attachés à la vigne : suivons leur exemple.

Enfin disons un mot de ce que signifie “demeurer en Jésus Christ”. Que le sarment demeure ou ne demeure pas sur la vigne c’est très facile à comprendre, on peut le voir et le constater, c’est un fait concret. Mais comment pouvons-nous reconnaître si nous (chacun de nous) demeurons en Jésus Christ ? Est-ce qu’il y a un signe pour vérifier cela ?
Jésus lui-même nous donne la réponse : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Et quels sont ces fruits ? Ce sont les œuvres de miséricorde. Et c’est la foi et l’espérance animées par la charité, c’est-à-dire par la grâce de Dieu reçue à travers les sacrements, qui nous donnent de faire ces œuvres, qui nous permettent de porter ces fruits. «  Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 34b-35).

En résumé : c’est la grâce de Dieu reçue par les sacrements qui nous fait demeurer en Jésus Christ, tandis que le péché nous en détache et en conséquence nous fait dessécher et périr. En fait, c’est à travers le combat quotidien contre le péché et nos défauts, à travers le travail pour pratiquer les vertus, et les grâces qu’Il nous donne continuellement, que le Père nous soigne et nous purifie (c’est son œuvre d’amour en nous), afin que nous portions beaucoup de fruit et nous soyons des disciples de Jésus Christ.

Que la Vierge Marie, celle qui a porté le fruit le plus précieux, Jésus Christ, nous obtienne la grâce de devenir des sarments vivants et pleins de fruit.

Ainsi soit-il.










 

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