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"Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre"

(Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8)

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Homélie pour le 4ème dimanche de l’Avent 2017(EA).

  Publié le lundi 25 décembre 2017 , par Philippe Roy

Nous pouvons et nous devons demander la grâce d’accueillir, chacun selon notre propre vocation, le projet de Dieu dans notre vie avec une humilité parfaite, une grande générosité et une continuelle adhésion, dans la prière persévérante.


En ce dimanche qui précède immédiatement Noël, le quatrième de l’Avent, la liturgie nous propose de lire l’Evangile de l’Annonciation. Même si, comme il est évident, l’Annonciation n’a pas eu lieu quelques jours avant Noël, la liturgie nous offre ce passage de la Parole de Dieu pour éclairer le mystère de Noël. La très sainte Vierge Marie nous y montre comment accueillir le Seigneur qui vient vers nous.

Prophétie. Dans l’annonce que l’ange vient apporter, il est dit que le Seigneur Dieu donnera au fils de Marie le trône de David son père. Pour éclairer cette prédiction, la première lecture nous présente l’oracle du prophète Nathan au roi David.
Après avoir vaincu tous ses ennemis avec l’aide du Seigneur, le roi David se fait construire un magnifique palais, une maison de cèdre, un bâtiment particulièrement riche pour l’époque. Il prend alors conscience qu’il n’a pas pensé construire une maison pour l’arche de Dieu, pour la présence de Dieu, et il partage ce constat avec le prophète Nathan. Au cours de la nuit, Nathan entend la voix de Dieu qui lui demande de changer la réponse qu’il a faite à David. La réponse de Dieu est, en substance : « Ce n’est pas toi, David, qui me construira une maison mais c’est moi qui en construirai une pour toi ». Cette maison ne sera pas une maison de pierre, mais une dynastie royale qui recevra le pouvoir sur le peuple de Dieu pour tous les siècles. Le Seigneur dit à David : « Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté ». Dieu promet donc à David de lui donner un fils qui lui succédera, un fils pour lequel il sera un père : «  Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils ».
Cet oracle de Nathan est à l’origine de l’espérance messianique.

Accomplissement. Dans l’Annonciation à Marie, l’ange dit que cet oracle et cette espérance vont se réaliser. Le fils de Marie sera le successeur de David. L’ange affirme : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin  ». C’est ainsi que s’accomplit parfaitement la promesse divine. L’oracle de Nathan se réalise d’une manière qu’il n’était pas possible de prévoir auparavant.
Il en va d’ailleurs toujours ainsi. Lorsque Dieu fait une promesse, sa réalisation est toujours plus belle et plus parfaite que ce que les hommes avaient pu en comprendre. Le fils de Marie n’est pas seulement le successeur de David, il est véritablement le Fils de Dieu.
Après avoir entendu cette annonce de l’ange, Marie demande : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? ». La réponse de l’ange révèle que son fils sera véritablement le Fils de Dieu puisqu’il n’aura pas de père humain et sera conçu par l’opération du Saint-Esprit. L’ange lui dit : « l’Esprit-Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu  ».
La révélation est alors accomplie. Le projet de Dieu est bien plus grand et bien plus extraordinaire que ce que l’on pouvait imaginer. Nous pouvons admirer cette générosité divine véritablement extraordinaire, stupéfiante. Le Dieu Saint choisi une simple jeune fille. Il en fait la mère de son Fils, la mère humaine du Fils éternel du Père céleste. Cet événement merveilleux change toute notre existence et toute l’histoire du monde. Le Fils de Dieu se fait enfant, assume la condition humaine pour la restaurer et ainsi, instaurer le royaume de Dieu et y faire entrer les hommes.

Accueil de Marie. En ce dimanche, tout proche du grand Mystère de Noël, nous devons fixer notre regard sur la Vierge Marie. Elle est le modèle parfait pour accueillir la venue du Fils de Dieu, pour en être dignes. Dieu, dans sa première venue, se présente dans le silence, l’humilité et la pauvreté. Pour l’accueillir il nous faudra faire de même.
Comment la Vierge Marie s’est-t-elle préparée et comment a-t-elle répondu à l’appel de Dieu ?
Attente pleine d’espérance : elle attendait la rédemption et le salut de Dieu. Même si elle voyait, comme nous aussi aujourd’hui, que le mal et le péché semblaient régner sur le monde, la sainte Vierge elle ne désespérait pas, elle savait bien que Dieu est le Maître de toute la création, celui qui gère notre histoire par sa Providence. Et en même temps, elle agissait pour que le plan de Dieu soit accompli. Elle espérait dans la foi, et elle était très attentive à la Parole de Dieu, par la lecture et par l’écoute.
Silence et prière : la deuxième attitude que l’on apprécie chez la Mère de Dieu c’est le silence et la prière. Ce n’est que par la prière que nous pouvons entrer en relation avec Dieu, l’écouter et l’aimer. Et le silence en est la condition indispensable. Mère Teresa de Calcutta disait : « le fruit du silence est la prière ». Dans l’Annonciation, et nous pouvons croire que c’était son attitude constante, nous voyons la Vierge Marie en silence et en profonde prière, dans la solitude de sa maison de Nazareth.
Simplicité et humilité : écoutons ses paroles. Nous pouvons admirer sa simplicité, elle avoue son incompréhension devant la merveilleuse annonce de l’ange, et son incomparable humilité, puisque devant la gloire qui lui est offerte par Dieu, elle répond en se présentant seulement comme une humble servante, prête à accueillir la volonté de Dieu, si difficile et mystérieuse qu’elle soit.
Confiance et courage, audace : enfin, nous pouvons également admirer sa confiance en Dieu sans aucune limite et son courage inégalable. Elle sera la Mère, toujours vierge, du Sauveur du monde, dont elle savait très bien par la méditation de l’Ecriture, qu’il devrait porter sur Lui-même tous les péchés et se donner en sacrifice à Dieu pour la multitude.

Saint Bernard, dans son homélie sur les louanges de la Vierge Marie, décrit cet instant, le plus décisif de l’histoire, avec une éloquence vraiment admirable : « Tu l’as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d’un homme — tu l’as entendu — mais de l’Esprit Saint. L’ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Or voici, elle t’est offerte, la rançon de notre salut. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie. Pourquoi tarder ? Pourquoi trembler ? Crois, parle selon ta foi et fais-toi tout accueil. Que ton humilité devienne audacieuse, ta timidité, confiante. Certes il ne convient pas en cet instant que la simplicité de ton cœur virginal oublie la prudence ; mais en cette rencontre unique ne crains point la présomption, Vierge prudente. Car si ta réserve fut agréable à Dieu dans le silence, plus nécessaire maintenant est l’accord empressé de ta parole. Heureuse Vierge, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres à l’assentiment, ton sein au Créateur. Lève-toi, cours, ouvre-lui : lève-toi par la foi, cours par l’empressement à sa volonté, ouvre-lui par ton consentement. Voici, dit-elle, la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole ».

Nous devons admirer Marie et éprouver une joie intime pour sa réponse si belle et si généreuse au projet divin. Nous pouvons et nous devons demander la grâce d’accueillir nous aussi, chacun selon notre propre vocation, le projet de Dieu dans notre vie avec une humilité parfaite, une grande générosité et une continuelle adhésion, dans la prière persévérante.

Accueillons Noël, c’est à dire, Jésus-Christ, le Fils de Dieu qui va naître demain, avec les mêmes sentiments et les mêmes dispositions que la très Sainte Vierge Marie.
Ainsi soit-il.










 

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