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Homélie pour le 3ème dimanche de l’Avent 2017 (JGA).

  Publié le lundi 18 décembre 2017 , par Philippe Roy

La véritable joie.

La vraie joie n’est pas un simple état d’âme passager, ni quelque chose que l’on atteint de ses propres forces, mais elle est un don, elle naît de la rencontre avec la personne vivante de Jésus, de la place que nous lui accordons en nous, de l’accueil que nous réservons à l’Esprit Saint qui guide notre vie.


Dans notre parcours de l’Avent, nous voici parvenus au dimanche de « Gaudete », réjouissez-vous, dont le titre est emprunté à la lettre aux Philippiens : «  Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie »(Ph 4,4). Nous avons écouté la même invitation dans la deuxième lecture (1Th 5) et nous pourrions légitimement nous étonner : peut-on vraiment donner l’ordre à quelqu’un de se réjouir ?
Au milieu des tribulations, doutes et difficultés de cette vie, cet ordre n’est-il pas déplacé ?
Bossuet, dans un célèbre sermon a vivement ressenti cette difficulté : « Quel nouveau commandement ! Peut-on commander de se réjouir ? La joie veut naître de source, ni commandée, ni forcée. Quand on possède le bien qu’on désire, elle coule d’elle-même avec abondance ; quand il nous manque, on a beau dire « réjouissez-vous » ; eût-on itéré mille fois ce commandement, la joie ne vient pas. Et toutefois, c’est un précepte de l’apôtre ».

Ce temps de l’Avent est donc une bonne occasion de redécouvrir le véritable sens de la joie chrétienne. De manière significative, la langue latine distingue le « gaudium », un contentement légitime et durable, de la « laetitia », un mouvement d’humeur superficiel ; la même différence sépare la paix profonde, celle de l’âme qui jouit de son Seigneur, de la joie passagère que nous offre le monde et ses vanités. Comme l’océan, l’âme peut être agitée en surface, et n’avoir aucune laetitia, mais trouver dans les profondeurs de sa vie spirituelle le gaudium qu’engendre la présence de Jésus. Cette paix intérieure de la conscience, rien ne peut nous l’ôter : l’unique véritable préoccupation de notre vie devrait donc être de ne pas perdre notre union avec lui. Pascal l’exprime ainsi : « Le Dieu des Chrétiens est un Dieu qui fait sentir à l’âme, qu’il est son unique bien, que tout son repos est en lui, et qu’elle n’aura de joie qu’à l’aimer ».
C’est pourquoi l’invitation de saint Paul, dans la deuxième lecture, « soyez toujours dans la joie  », est reliée à son exhortation finale à la sainteté « que Dieu vous garde sans reproche ».

Pour trouver cette véritable joie nous pouvons réfléchir autour de ces mots de l’Evangile d’aujourd’hui.

« Qui es-tu ? »

Saint Jean-Baptiste répond à cette question en vérité et avec une grande simplicité par son témoignage, par ce qu’il dit et ce qu’il fait. Beaucoup se demandent s’il est un prophète ou le Messie tant attendu. L’impression, voire l’admiration qu’il provoque ne lui fait pas perdre de vue qui il est, ni désirer être ce qu’il n’est pas. Il est conscient d’être «  envoyé par Dieu », un prophète, témoin de la lumière. Il ne prend pas la place de Dieu ni pour les autres, ni pour lui-même. Il ne s’érige en sauveur de personne. Au contraire, en disant « c’est lui qui vient derrière moi », il annonce la venue du Seigneur, il invite à la conversion. Cette conversion, c’est tourner son regard vers ce Dieu qui vient à nous, cet Emmanuel venu pour nous sauver de notre mort physique et intérieure, tourner son regard, tourner son cœur, tout son être et ses œuvres vers le Seigneur.
Saint Jean-Baptiste invite à ce baptême de conversion, qui montre également le regret de ses offenses, et l’engagement à réparer le mal commis. C’est un homme qui se donne de tout son être au Seigneur dans la mission qu’il a reçue, qui met sa joie dans le Seigneur, dans son Sauveur, tout en se sentant indigne d’être serviteur du Christ. C’est une humilité véritable, comme en parle sainte Thérèse de Jésus : « L’humilité c’est marcher dans la vérité ». Et moi, que puis-je dire de moi-même ? Seigneur, enseigne-moi à me voir comme tu me vois ! Donc, le premier pas pour trouver la véritable joie : c’est, comme Jean le Baptiste, d’apprendre à nous connaitre.

« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ».

Cette affirmation de Jean-Baptiste nous interpelle : Dieu habite en moi depuis mon baptême, il se tient en moi, et je ne le connais pas, ou du moins pas totalement. Alors aujourd’hui je peux me demander : qui est le Christ ? Qu’est-ce que je connais de lui ? Et qui est-il pour moi ? Non en théorie, mais dans mon expérience. Je peux savoir que Dieu est amour, que Dieu nous aime, mais si je n’ai pas fait l’expérience qu’il m’aime moi, que je compte énormément pour lui, alors je ne le sais pas. Dieu n’est pas une idée, aussi belle soit-elle. C’est une personne divine, soit, mais une personne. Ai-je fait l’expérience d’avoir un Sauveur ? Ou est-ce que je compte sur moi pour me sauver et résoudre ma vie, pour me débrouiller ? Le deuxième pas, donc, vers la véritable joie c’est de connaitre et aimer le Christ.

Le Seigneur, par sa présence bienfaisante, infuse dans l’âme une sérénité profonde ; il se penche sur ses plaies pour les guérir, et lui donne la fécondité spirituelle, qui est la vraie source de réalisation personnelle. Ne l’avons-nous pas déjà expérimenté lors d’une communion eucharistique ? La joie est alors un signe tangible de l’œuvre de sanctification que Dieu réalise dans l’âme.
Le pape Benoît XVI l’exprimait ainsi : « La vraie joie n’est pas le fruit du divertissement, entendu dans le sens étymologique du terme divertere, c’est-à-dire sortir des engagements de sa vie et de ses responsabilités. La vraie joie est liée à quelque chose de plus profond. Certes, dans les rythmes quotidiens, souvent frénétiques, il est important de trouver des espaces de temps pour le repos, la détente, mais la vraie joie est liée à la relation avec Dieu. Qui a rencontré le Christ dans sa vie, éprouve dans son cœur une sérénité et une joie que personne ni aucune situation ne saurait faire disparaître. […] La vraie joie n’est pas un simple état d’âme passager, ni quelque chose que l’on atteint de ses propres forces, mais elle est un don, elle naît de la rencontre avec la personne vivante de Jésus, de la place que nous lui accordons en nous, de l’accueil que nous réservons à l’Esprit Saint qui guide notre vie. C’est l’invitation de l’apôtre Paul, qui dit : ‘Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ.’ (1 Th 5, 23) ».

Bien sûr, nous avons parfois de vraies raisons de ne pas être joyeux : deuil, souffrance, maladie, inquiétudes pour nos proches, etc. Saint Paul, en osant nous prescrire d’être « toujours joyeux », nous indique comment vivre ces moments-là : avec foi et confiance. La présence du Seigneur qui s’est fait homme, qui vient chaque jour dans nos cœurs nous assurer de son amour, qui ne nous abandonne jamais et reviendra à la fin des temps, produit dans l’âme croyante un fond de paix teinté de joie que nul ne peut lui ravir. Dans les moments d’épreuve, nous laissons-nous saisir par cette vérité ? Une mystique anglaise du XIVe siècle, la bienheureuse Julienne de Norwich, redécouvrait par ses épreuves cette ancre qu’est le Christ : « Je vis avec une absolue certitude... que Dieu, encore avant de nous créer, nous a aimés, d’un amour qui n’est jamais venu à manquer, et qui ne disparaîtra jamais ».

Reconnaissons par ailleurs que nous nous attristons souvent sans vraie raison : déconvenues, retards, contrariétés matérielles ou professionnelles.
Tant d’événements secondaires qui ne devraient pas avoir le pouvoir d’attrister notre âme. Essayons donc, pendant ce temps de l’Avent, de voir ce qui nous réjouit ou nous attriste. Nous nous savons aimés et sauvés par le Christ : les contrariétés du monde présent doivent retourner à leur place secondaire. Une phrase attribuée à Saint Augustin l’exprime parfaitement : «  celui-là se réjouit en tout temps qui se réjouit hors du temps ».

Ainsi soi-il.


D’après lectio divina du Père Nicolas Bossu.










 

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