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Homélie pour le 3ème dimanche de Carême 2018 (JGA)

  Publié le lundi 5 mars 2018 , par Philippe Roy

La gourmandise et la luxure.

Il n’y a rien d’impossible quand on sait prier et lutter. Lorsque nous nous appuyons sur la grâce divine et faisons des efforts énergiques, nous sortons victorieux des plus rudes tentations.

Synthèse à partir du "Précis de théologie ascétique et mystique" de l’abbé Adolphe Tanquerey.


Après avoir parlé de l’orgueil, de l’envie et de la colère, nous continuons nos prédications des dimanches de carême sur les péchés capitaux. Aujourd’hui nous allons commencer à parler des péchés qui se rattachent à la sensualité.

La gourmandise.
Quelle est sa nature ?
La gourmandise est l’amour désordonné des plaisirs de la table, du boire ou du manger. Le désordre consiste à rechercher le plaisir de la nourriture pour l ui-même, en le considérant comme une fin, à l’exemple, comme dit saint Paul, de ceux qui font un dieu de leur ventre (Phil., III, 19) ; ou de le rechercher avec excès, sans souci des règles que dicte la sobriété, quelquefois même contrairement au bien de la santé.
Les théologiens signalent quatre façons différentes de manquer à ces règles :
Manger avant que le besoin ne s’en fasse sentir, en dehors des heures marquées pour les repas et cela sans raison, pour satisfaire sa gourmandise.
Rechercher les mets exquis ou apprêtés avec beaucoup de soin, afin d’en jouir davantage : c’est le péché des gourmets.
Dépasser les limites de l’appétit ou du besoin, se gorger de nourriture ou de boisson, au risque de compromettre sa santé.
Manger avec avidité, avec gloutonnerie, comme font certains animaux.

Quelle en est la malice ?
Elle vient de ce qu’elle asservit l’âme au corps, matérialise l’homme, affaiblit sa vie intellectuelle et morale et le prépare, par une pente insensible, au plaisir de la volupté, qui, au fond, est du même genre. Pour en préciser la culpabilité, une distinction s’impose.
La gourmandise est une faute grave : lorsqu’elle va à des excès tels qu’elle nous rend incapables, pour un temps notable, de remplir nos devoirs d’état ou d’obéir aux lois divines ; par exemple, quand elle nuit à la santé, quand elle est une source de folles dépenses qui compromettent les intérêts de la famille, quand elle fait manquer aux lois de l’abstinence ou du jeûne. Il en est de même quand elle devient la cause de fautes graves. Les excès de table disposent à l’incontinence qui est fille de la gourmandise. Incontinence des yeux et des oreilles qui demandent une pâture malsaine aux spectacles et aux chants licencieux ; incontinence de l’imagination qui se trouble, incontinence de la mémoire qui cherche dans le passé des souvenirs capables d’exciter la concupiscence, incontinence de la pensée qui, s’égarant, se répand sur les objets illicites, incontinence du cœur qui aspire aux affections charnelles, incontinence de la volonté qui abdique pour s’asservir aux sens. L’intempérance de la table mène à l’intempérance de la langue. Que de fautes la langue commet au cours des repas pompeux et prolongés ! Fautes contre la discrétion ! Fautes contre la justice et la charité. Fautes contre la prudence !
La gourmandise n’est que faute vénielle lorsqu’on cède aux plaisirs de la table d’une façon immodérée, mais sans tomber dans des excès graves et sans s’exposer à enfreindre quelque précepte important. Ainsi ce serait un péché véniel de manger ou de boire plus que de coutume, par plaisir sans commettre d’excès notable.
En relation avec la perfection à laquelle nous appelle Jésus, la gourmandise est un obstacle sérieux :
elle entretient l’immortification, qui affaiblit la volonté, et développe l’amour du plaisir sensuel qui prépare l’âme à de dangereuses capitulations ;
elle est la source de bien des fautes, en produisant une joie excessive, qui porte à la dissipation, au bavardage, aux plaisanteries d’un goût douteux, au manque de réserve et de modestie, et ouvre ainsi l’âme aux attaques du démon. Il importe donc de la combattre.

Comment y remédier ?
Le principe qui doit nous diriger dans la lutte contre la gourmandise, c’est que le plaisir n’est pas une fin, mais un moyen, et que par conséquent il doit être subordonné à la droite raison éclairée par la foi.
Avant tout, il faut prendre ses repas avec une intention droite et surnaturelle, pour mieux travailler à la gloire de Dieu : en esprit de reconnaissance pour la bonté de Dieu qui daigne nous donner le pain de chaque jour ; en esprit d’amour, mettant les forces que nous récupérons au service de Dieu et des âmes. Par là nous accomplissons la recommandation donnée par saint Paul aux premiers chrétiens et que, dans beaucoup de communautés, on rappelle au début des repas : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu  » (I Cor., X, 31).
Il ne faut donc pas trop manger ni trop boire. On doit se lever de table avec une sensation de légèreté et de vigueur.
A la sobriété le chrétien joint la pratique de quelques mortifications. Comme il est facile de glisser sur la pente et de trop donner à la sensualité, on se prive parfois de quelques aliments qu’on aime, qui seraient même utiles, mais ne sont pas nécessaires. Par là on acquiert une certaine maîtrise sur la sensualité, en la privant de quelques satisfactions légitimes ; on dégage l’esprit de la servitude des sens, on lui donne plus de liberté pour la prière et pour l’étude et on évite bien des tentations dangereuses. Parmi les mortifications les plus utiles, nous rangeons celles qui se rapportent aux liqueurs alcooliques. En soi l’usage modéré de l’alcool ou des spiritueux n’est pas un mal mais s’en abstenir, par esprit de mortification ou pour donner le bon exemple, est assurément très louable.

La luxure.
En premier lieu, quelle est sa nature ?
De même que Dieu a voulu qu’un plaisir sensible fût attaché à la nourriture, pour aider l’homme à conserver sa vie, ainsi a-t-il attaché un plaisir spécial aux actes par lesquels se propage l’espèce humaine. Ce plaisir est donc permis aux personnes mariées, pourvu qu’elles en usent pour la fin très noble pour laquelle le mariage a été institué, la transmission de la vie et l’union d’amour des époux. Mais il y a malheureusement en nous, surtout à partir de l’âge de l’adolescence, une tendance plus ou moins violente à goûter ce plaisir même en dehors du mariage légitime. C’est cette tendance désordonnée qu’on appelle la luxure et qui est condamnée dans ce double précepte du Décalogue : « Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement. L’œuvre de chair ne désireras qu’en mariage seulement. »
Ce ne sont donc pas seulement les actes extérieurs qui sont défendus, mais les actes intérieurs consentis, imaginations, pensées, désirs. Et c’est avec raison : car si on s’arrête de propos délibéré à des images ou pensées déshonnêtes, à des désirs mauvais, les sens se troublent, et des mouvements organiques se produisent qui ne sont trop souvent que le prélude d’actes contraires à la pureté. Si donc on veut éviter ces actes, il importe de combattre les pensées et les imaginations dangereuses.

Quelle est la gravité de ces fautes ?
Lorsqu’on recherche et veut directement le plaisir mauvais, le plaisir voluptueux, il y a faute mortelle. C’est en effet un très grave désordre que de compromettre la conservation et la propagation de la race humaine.
Mais il est des cas où, sans qu’on le recherche directement, ce plaisir se produit à la suite de certaines actions d’ailleurs bonnes ou au moins indifférentes. Si l’on ne consent pas à ce plaisir et si par ailleurs on a une raison suffisante pour faire l’action qui y donne lieu, on n’est pas coupable, et il ne faut donc pas s’alarmer.
Au point de vue de la perfection, il n’est pas, après l’orgueil, d’obstacle plus grand au progrès spirituel que le vice impur. Qu’il s’agisse de fautes solitaires ou de fautes commises avec d’autres personnes, elles ne tardent pas à produire des habitudes tyranniques qui paralysent tout élan vers la perfection et inclinent la volonté vers les joies grossières. Plus de goût pour la prière, plus de goût pour la vertu austère, plus d’aspirations nobles et généreuses. L’âme est envahie par l’égoïsme il ne reste plus que le désir de jouir à tout prix des plaisirs mauvais : c’est une véritable obsession. Alors l’équilibre des facultés est rompu : c’est le corps, c’est la volupté qui commande ; la volonté devient l’esclave de cette honteuse passion, et bientôt se révolte contre Dieu qui interdit et châtie ces plaisirs mauvais. Les tristes effets de cette abdication de la volonté se font bientôt sentir : l’intelligence s’émousse et s’affaiblit, on n’a plus de goût pour les études sérieuses ; l’imagination ne se porte plus que vers les choses d’en bas ; le cœur se flétrit peu à peu, se dessèche, s’endurcit, n’ayant plus d’attrait que pour les plaisirs grossiers. Souvent le corps lui-même est profondément atteint : le système nerveux, surexcité par ces abus, s’irrite, s’affaiblit et devient impropre à sa mission de régulation et de défense.

Quels sont les remèdes ?
Pour résister à une passion si dangereuse, il faut : des convictions profondes, la fuite des occasions dangereuses, la mortification et la prière.

Des convictions profondes portant à la fois sur la nécessité de combattre ce vice et la possibilité d’y réussir.
Ce que nous avons dit de la gravité du péché de luxure montre combien il est nécessaire de l’éviter pour ne pas s’exposer aux peines éternelles. Il y a deux motifs tirés de saint Paul.
Nous sommes les temples vivants de la Ste Trinité. Or rien ne souille plus ce temple que le vice impur qui profane à la fois le corps et l’âme du baptisé.
Nous sommes les membres de Jésus-Christ, auquel nous sommes incorporés par le baptême ; et nous devons par conséquent respecter notre corps comme le corps même du Christ. Et nous irions le profaner par des actes contraires à la pureté ! Ne serait-ce pas une sorte de sacrilège odieux, et cela pour se procurer un plaisir grossier qui nous ravale au niveau de la brute ? Bien des hommes disent qu’il est impossible de pratiquer la continence. Ainsi le pensait Augustin avant sa conversion. Mais revenu à Dieu et soutenu par les exemples des saints et la grâce des Sacrements, il comprit qu’il n’y a rien d’impossible quand on sait prier et lutter. Lorsque nous nous appuyons sur la grâce divine et faisons des efforts énergiques, nous sortons victorieux des plus rudes tentations.

La fuite des occasions.
C’est un axiome spirituel que la chasteté se conserve surtout par la fuite des occasions dangereuses ; quand on est convaincu de sa faiblesse, on ne s’expose pas inutilement au danger : quiconque s’expose au danger, y périt (Eccl., III, 27). Quand donc il s’agit de lectures, de visites, de rencontres... il n’y a pas lieu d’hésiter ; au lieu de les rechercher, on les fuit, comme on fuit un serpent dangereux.

La mortification.
Les yeux doivent être particulièrement surveillés, parce que les regards imprudents allument les désirs et ceux-ci entraînent la volonté. Voilà pourquoi Notre Seigneur déclare que « quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère dans son cœur  » (Matth., V, 28) ; et il ajoute que « si notre œil droit est une occasion de scandale, il faut l’arracher  », c’est-à-dire détacher énergiquement son regard de l’objet qui nous scandalise. Le sens du toucher est encore plus dangereux, parce qu’il provoque des impressions sensuelles qui facilement tendent à des jouissances mauvaises ; il faut donc s’abstenir de ces attouchements ou caresses qui ne peuvent qu’exciter les passions. Le cœur doit aussi être mortifié par la lutte contre les amitiés dangereuses. On ne joue pas impunément avec le feu. Enfin l’une des mortifications les plus utiles est l’application énergique et constante au devoir d’état. L’oisiveté est mauvaise conseillère.

La prière.
Le Concile de Trente nous avertit que Dieu ne commande rien d’impossible, mais qu’il nous demande de faire ce que nous pouvons et de prier pour obtenir la grâce de faire ce dont nous sommes incapables par nous-mêmes. Cette prescription s’applique surtout à la chasteté, qui offre, pour la plupart des chrétiens, même quand ils sont dans le saint état du mariage, des difficultés spéciales. Pour en triompher, il faut prier, prier souvent, et méditer sur les grandes vérités : ces ascensions fréquentes de l’âme vers Dieu nous détachent peu à peu des joies sensuelles pour nous élever vers les joies pures et saintes. A la prière il faut joindre la pratique fréquente des sacrements. En effet quand on se confesse souvent, qu’on accuse franchement les fautes ou les imprudences commises contre la pureté, la grâce de l’absolution, jointe aux conseils qu’on reçoit, fortifie singulièrement la volonté contre les tentations. Cette grâce s’affermit encore par la communion fréquente : l’union intime avec Celui qui est le Dieu de toute sainteté amortit la concupiscence, rend l’âme plus sensible aux biens spirituels et la détache ainsi des plaisirs grossiers.
Il n’est pas de remède plus efficace soit pour préserver soit pour fortifier la vertu, avec la prière, les sacrements et une volonté ferme on triomphe de tous les obstacles.

Demandons à Notre Seigneur Jésus Christ la grâce de purifier notre cœur de toute inclination au péché.

Ainsi soit-il.










 

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