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Homélie pour le 30ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA).

  Publié le dimanche 29 octobre 2017 , par Philippe Roy

« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »

La question laisse transparaître la préoccupation, qui est présente dans l’ancienne tradition judaïque, de trouver un principe qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de Dieu.

Dieu est non seulement l’objet de l’amour, de l’engagement, de la volonté et du sentiment, mais également de l’intellect qui ne doit donc pas être exclu de ce domaine. Notre pensée elle-même doit se conformer à la pensée de Dieu.


La Parole du Seigneur, qui vient de résonner dans l’Evangile, nous a rappelé que toute la Loi divine se résume dans l’amour. L’évangéliste Matthieu raconte que les Pharisiens, après que Jésus a répondu aux Sadducéens en leur fermant la bouche, se réunirent pour le mettre à l’épreuve (22, 34-35). L’un d’eux, un docteur de la loi, lui demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » (22, 36).

Le pape Benoît XVI, dans son homélie du 26 octobre 2008, en clôture du Synode des évêques commente ainsi ce passage :

« La question laisse transparaître la préoccupation, qui est présente dans l’ancienne tradition judaïque, de trouver un principe qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de Dieu. Ce n’était pas une question facile, considérant que dans la Loi de Moïse, ce ne sont pas moins de 613 préceptes et interdictions qui sont ainsi prévus. Comment y discerner le plus grand ? Jésus, lui, n’a aucune hésitation et répond ainsi promptement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement » (22, 37-38). Dans sa réponse, Jésus cite le Shemà, la prière que le juif pieux récite plusieurs fois par jour, surtout le matin et le soir (Dt 6,4-9 ; 11,13-21 ; Nb 15,37-41) : la proclamation de l’amour intégral et total dû à Dieu, en tant qu’unique Seigneur. L’accent est mis sur la totalité de ce dévouement à Dieu, en énumérant les trois facultés qui définissent l’homme dans ses structures psychologiques profondes : le cœur, l’âme et l’esprit. Le terme esprit, diánoia, contient l’élément rationnel. Dieu est non seulement l’objet de l’amour, de l’engagement, de la volonté et du sentiment, mais également de l’intellect qui ne doit donc pas être exclu de ce domaine. Notre pensée elle-même doit se conformer à la pensée de Dieu.
Mais, ensuite, Jésus ajoute quelque chose qui, en vérité, n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : « Le second [commandement] lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (22, 39). L’aspect surprenant de la réponse de Jésus tient en ce qu’il établit une relation de ressemblance entre le premier et le second commandement, qui est encore une fois défini avec une formule biblique déduite du code lévitique de sainteté (Lv 19,18). Et voici donc que, dans la conclusion du récit, les deux commandements sont associés dans le rôle de principe fondamental sur lequel se pose toute la Révélation biblique : “A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes” (22, 40).
 »

Les deux commandements sont semblables : aimer Dieu, le créateur et le rédempteur de l’homme, et aimer l’homme, image et ressemblance de Dieu.

En théorie, il nous est facile de comprendre cette non-opposition entre les deux amours. Ils sont même complémentaires, comme nous le dit saint Jean dans sa première épître : « Bien-aimé, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu, et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour  ». (1 Jn 4, 7).

Mais en pratique, c’est plus difficile. Parce qu’en aimant l’homme, l’image et la ressemblance de Dieu, on risque d’oublier Dieu, qu’on ne voit pas. Et au contraire, en disant qu’on aime Dieu on pourrait laisser de côté la charité envers son prochain.
C’est pour cela que l’apôtre saint Jean nous enseigne : «  Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité ». (1 Jn 3, 17-18). Et Saint Jacques : « Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi  ». (2, 18).

Pour accomplir ce double commandement la vie de Jésus nous montre un chemin possible, le seul chemin possible. En effet, c’est par l’engagement de toute son existence que Jésus fera la preuve de la vérité de sa réponse. A chaque page de l’Evangile Il donne sa vie aux hommes : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude  » (Mt 20, 28), tout en s’offrant, en même temps, à Dieu : « en entrant dans le monde, le Christ dit : … Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté ». (Héb 10, 7).

Il nous faut donc suivre le Christ.

D’une façon très simple le saint Curé d’Ars enseignait :
« Mais, me direz-vous, comment pouvons-nous connaître que nous suivons Jésus-Christ ? Mes frères, rien de plus facile à savoir. C’est lorsque vous observez fidèlement les commandements. Il nous est ordonné de prier Dieu soir et matin avec un grand respect : eh bien ! Le faites-vous à genoux, avant de travailler dans le désir de plaire à Dieu et de sauver votre âme ? Ou bien, au contraire, le faites-vous par habitude, par routine, sans penser à Dieu, sans songer que vous êtes en danger de vous perdre ?... Les commandements de Dieu vous défendent de travailler le saint jour du dimanche. Eh bien ! Voyez si vous êtes fidèles, si vous avez passé saintement ce jour, à prier, à vous confesser de vos péchés, crainte que la mort ne vous surprenne dans un état capable de vous conduire en enfer. Examinez la manière dont vous avez assisté à la Sainte Messe… Les commandements de Dieu défendent de jurer : voyez quelles paroles sont sorties de votre bouche, consacrée à Dieu par le saint baptême ; examinez si vous avez juré le nom de Dieu, si vous n’avez point dit de mauvaises paroles... ».

De même on pourrait s’examiner par rapport aux paroles du Christ parlant du jugement final (Mt 25, 34-46) : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »… « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait  ».


Le Ciel consistera à aimer Dieu et à aimer nos prochains. «  Aime donc Dieu plus que toi-même, nous dit Saint Anselme, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel ».

Que par la méditation de la Parole de Dieu et avec l’aide de la grâce divine nous anticipions la joie du Ciel.

Ainsi soit il.










 

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