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Homélie pour le 2ème dimanche de l’Avent 2017 (JGA).

  Publié le lundi 11 décembre 2017 , par Philippe Roy

Jean, le précurseur.

Précurseurs dans nos familles.

Chacun de nous est appelé à prendre les devants en famille, quel que soit son âge. Les parents bien sûr seront précurseurs pour leurs enfants, à qui ils ouvrent la voie par leur exemple, par leurs sacrifices, par leur vie de piété. A tour de rôle nous sommes des précurseurs pour nos frères et sœurs, cousins et cousines.


Jean-Baptiste : « Convertissez-vous ! ».
Dès la première page de l’Evangile de Marc apparaît la figure de Jean-Baptiste. Son ascétisme radical et la force de sa voix traversent les siècles dans un souffle prophétique profond. En notre for intérieur, si la superficialité ne vient pas l’étouffer, ce cri résonne et vient nous réveiller. Il a été perçu par d’innombrables générations de moines et moniales qui ont suivi radicalement l’ermite au désert, poursuivant un idéal exigeant qu’exprimait ainsi saint Jérôme au 5ème siècle : « Heureux genre de vie : dédaigner les hommes, rechercher les anges, quitter les villes et dans la solitude trouver le Christ ».

Pour nous tous chrétiens, Jean se dresse, comme les anciens prophètes, face à nos commodités et les montre du doigt. Si ce n’est pas très confortable, c’est tout à fait nécessaire à notre santé spirituelle… Benoît XVI l’exprimait ainsi : « En commençant par son aspect extérieur, Jean est présenté comme une figure très ascétique : vêtu d’une peau de chameau, il se nourrit de sauterelles et de miel sauvage, qu’il trouve dans le désert de Judée (cf. Mc 1, 6). Une fois, Jésus lui-même le mit en opposition avec ceux qui sont dans les palais des rois et sont vêtus d’habits luxueux (Mt 11, 8). Le style de Jean-Baptiste devrait rappeler à tous les chrétiens de choisir comme style de vie la sobriété, en particulier pendant la préparation à la fête de Noël où le Seigneur, comme le dirait saint Paul, « de riche qu’il était s’est fait pauvre pour vous, afin que vous deveniez riches grâce à sa pauvreté » (2 Co 8, 9) ».
Pour cela, il est nécessaire que nos oreilles spirituelles, abasourdies par le vacarme du monde moderne, réapprennent à écouter l’essentiel. L’Avent : temps de silence, temps d’écoute, si nécessaires.
« Quel chemin allons-nous préparer pour le Seigneur ? Un chemin matériel ? Mais la Parole de Dieu suit-elle un pareil chemin ? Ou faut-il préparer au Seigneur une route intérieure et ménager dans notre cœur des sentiers droits et unis ? Tel est le chemin par lequel est entré le Verbe de Dieu qui s’installe dans le cœur humain, capable de l’accueillir  » (Origène).
Le pape Benoît nous invitait à une telle radicalité : « L’appel de Jean va donc au-delà de la sobriété du style de vie et plus en profondeur : il appelle à un changement intérieur, à partir de la reconnaissance et de la confession du péché personnel. Alors que nous nous préparons à Noël, il est important que nous rentrions en nous-mêmes et que nous fassions sincèrement une révision de vie. Laissons-nous éclairer par un rayon de la lumière qui vient de Bethléem, la lumière de celui qui est ‘le plus grand’ est qui s’est fait petit, ‘le plus fort’ et qui s’est fait faible ».

Devenir des précurseurs.
Dans chaque église orthodoxe, il y a un panneau d’icônes (l’iconostase) séparant l’autel eucharistique de l’assemblée. A droite et à gauche de ce mur d’icônes, il y a toujours d’un côté Marie et de l’autre Jean-Baptiste. Car Jean-Baptiste est le troisième personnage le plus populaire pour les orthodoxes. Ils le vénèrent sous le nom de Précurseur, littéralement celui qui court devant (le Christ). Puisque Jean-Baptiste est le personnage central de ce deuxième dimanche de l’Avent, essayons aussi de voir ce qu’il nous révèle de notre vocation commune. S’il est Précurseur, c’est donc que chacun de nous est appelé à le devenir. Comment ?

Précurseurs dans nos familles.
On n’oublie pas que Jean-Baptiste était cousin de Jésus. Sans attendre Jésus, pourtant du même âge que lui, Jean-Baptiste part au désert, proclame un baptême de conversion, bref prend les devants sur ce qui doit arriver. Chacun de nous est appelé à prendre ainsi les devants en famille, quel que soit son âge. Les parents bien sûr seront précurseurs pour leurs enfants, à qui ils ouvrent la voie par leur exemple, par leurs sacrifices, par leur vie de piété. Mais entre frères et sœurs également on a besoin de précurseurs. A tour de rôle nous sommes des précurseurs pour nos frères et sœurs, cousins et cousines. Jean-Baptiste, qui pourtant avait pris de l’avance, a accepté humblement que son cousin Jésus prenne le relais lorsqu’il l’a rejoint au Jourdain : c’est à lui maintenant de passer devant.

Précurseurs au travail. Les chrétiens sont appelés à prendre des risques. Ils le feront avec la figure prophétique de Jean-Baptiste en filigrane de leur action : ne pas avoir peur d’être une voix qui crie (un peu seule peut-être au début…) dans le désert, appeler à une conversion.

Précurseurs dans l’Eglise. Vieille institution ayant l’inertie et en même temps la sagesse de vingt siècles d’expérience, l’Eglise catholique est toujours à réformer (reformata, sed semper reformanda) ! Pour proposer aux nouvelles cultures le message évangélique de toujours, il faut des hommes comme François d’Assise au XIIIe siècle. De tels précurseurs n’ont jamais manqué à l’Eglise : des premiers ermites fuyants la mollesse du IVe siècle en allant au désert en Egypte aux moines et moniales qui encore aujourd’hui abandonnent le monde pour consacrer leur vie à la seule chose nécessaire : l’écoute, l’adoration et le service du Seigneur.
A nous d’endosser parfois ce rôle lorsque nous ressentons fortement qu’il y a quelque chose à dire ou à faire pour annoncer l’évangile à nos frères et sœurs d’aujourd’hui.

Précurseurs, et donc dissidents.
Si nous devenons de tels précurseurs, nous croisons la route des dissidents qui osent vivre à contre-courant. Devenir précurseur est une manière d’entrer en dissidence, spirituellement. Mais le dissident résiste en dénonçant l’idéologie dominante, alors que le précurseur ouvre d’autres voies et déblaie le chemin devant ce qui doit venir. Reste que précurseurs et dissidents sont du côté du cri plus que du silence, de la voix précédant la parole, du différent plus que du majoritaire.
Il serait bien étonnant que vous ne soyez pas appelés à devenir un jour Jean-Baptiste envers quelqu’un, ou à suivre un Jean-Baptiste qui vous indique votre chemin.

Ainsi soit-il.










 

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