Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles
Accueil du site > Eglise du Var Paroisses > Paroisses > Ollioules - Saint-Laurent > Une paroisse en prière > Homélie pour le 29ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA).

Homélie pour le 29ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA).

  Publié le dimanche 22 octobre 2017 , par Philippe Roy

Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). Tu es homme, ô chrétien ! Tu es donc la monnaie du trésor divin, une pièce portant l’effigie et l’inscription de l’empereur divin. Dès lors, je demande avec le Christ : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? » Tu réponds : « De Dieu ». Je te réponds : « Pourquoi donc ne rends-tu pas à Dieu ce qui est à Lui ?


« Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ?  »

Quand Jésus prononce ces paroles il tient dans sa main une monnaie, une pièce d’un denier. Il est aussi entouré de ses ennemis qui veulent le prendre au piège en le faisant parler.
C’est la figure, la face du César qui est frappée sur cette monnaie. Jésus après la réponse des pharisiens continue en disant : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu  ».
« Il faut rendre à chacun ce qui lui revient. Voilà une parole vraiment pleine de sagesse et de science célestes. Car elle nous enseigne qu’il y a deux sortes de pouvoir, l’un terrestre et humain, l’autre céleste et divin... Elle nous apprend que nous sommes ainsi tenus à une double obéissance, l’une aux lois humaines et l’autre aux lois divines... Il nous faut payer à César la pièce portant l’effigie et l’inscription de César, mais à Dieu ce qui a reçu le sceau de l’image et de la ressemblance divines : « La lumière de ton visage a laissé sur nous ton empreinte, Seigneur » (Ps 4,7 Vulg)  ». (Saint Laurent de Brindisi, Sermon pour le 22e dimanche après la Pentecôte).

Saint Augustin commente ce passage de l’évangile en disant : « César donc réclame son image ; César ne veut pas laisser périr ce qu’il a ordonné de frapper ; et Dieu, voudrait-Il perdre ce qu’Il a fait !? Ce n’est pas César, mes frères, qui frappe lui-même sa monnaie ; ce sont des monnayeurs, des artistes et des serviteurs à qui il intime ses ordres ; et ceux-ci y impriment une image, ils y impriment l’image de César. César toutefois réclame ce que d’autres ont fait ; César le met dans son trésor et il n’entend pas qu’on lui refuse ce tribut. L’homme aussi est la monnaie du Christ, et je vois sur cette monnaie l’image, le nom, les bienfaits du Christ et les devoirs qu’il impose ». (Sermons sur l’Écriture, Sermon XC).

Mais il ne faut pas se tromper, ce ne sont pas deux domaines totalement séparés, celui de la vie sociale et politique et celui de la vie spirituelle : si on doit rendre à César ce qui est à César, c’est pour accomplir la vertu de justice, c’est en définitive pour obéir à Dieu qui nous demande la pratique de ces vertus.
César n’a pas l’exclusivité du domaine humain et matériel et Dieu celui du domaine spirituel. L’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Les pharisiens avaient bien dit en affirmant à Jésus : « Tu enseignes le vrai chemin de Dieu ». Sa réponse ne dissocie pas les deux domaines, César et Dieu, elle les unit en donnant priorité à Dieu.
Rendre à César ce qui est à César, c’est en définitive accepter l’incarnation, c’est accepter la réalité humaine, c’est accepter le chemin qui nous permet, dans un juste comportement vis-à-vis de César de pouvoir rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire la totalité de l’homme.

Cet évangile vient aussi nous rappeler cet autre passage de l’Ecriture, au commencement des temps. Il est écrit dans le livre de la Genèse (1,26-27) : « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.  »
Saint Laurent de Brindisi reprend : «  Nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). Tu es homme, ô chrétien ! Tu es donc la monnaie du trésor divin, une pièce portant l’effigie et l’inscription de l’empereur divin. Dès lors, je demande avec le Christ : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? » Tu réponds : « De Dieu ». Je te réponds : « Pourquoi donc ne rends-tu pas à Dieu ce qui est à Lui ? »…
Si nous voulons être réellement une image de Dieu, nous devons ressembler au Christ, puisqu’il est l’image de la bonté de Dieu et « l’effigie exprimant son être » (He 1,3). Et Dieu « a destiné ceux qu’il connaissait par avance à être l’image de son Fils » (Rm 8,29). Le Christ a vraiment rendu à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Il a observé de la manière la plus parfaite les préceptes contenus dans les deux tables de la loi divine « en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2,8), et ainsi il était orné au plus haut degré de toutes les vertus visibles et cachées
 ».

Il nous faut ressembler au Christ. Il faut, comme nous dit Saint Paul, nous revêtir du Christ, c’est-à-dire nous revêtir de la grâce du Christ, de la charité. Cette charité, que nous avons reçue comme une grâce, comme un don gratuit lors de notre baptême, doit progresser, se nourrir et se perfectionner. La charité comme toute autre vertu grandit lorsqu’on l’exerce. Les œuvres de miséricorde, celles corporelles comme celles spirituelles, nourrissent en nous l’image divine.
Au contraire, le péché ternit et flétrit cette image : quand nous cherchons la vanité plutôt que l’humilité ; quand nous aimons la richesse plutôt que la pauvreté ; quand nous n’avons pas le temps pour la prière ; quand nous donnons beaucoup plus d’attention à la santé du corps qu’au salut de l’âme … Dans tous ces cas nous ne donnons pas à Dieu ce qui est à Dieu.

Qu’en ce jour nous nous décidions à mettre en œuvre ce premier commandement que Jésus nous a donné : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit », afin que nous soyons de vraies images de Dieu.

Et que la Vierge Marie nous bénisse et accompagne.

Ainsi soit-il.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr