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Homélie pour le 29ème dimanche du temps ordinaire 2018 (JA).

  Publié le dimanche 21 octobre 2018 , par Philippe Roy

Les fins dernières. Le purgatoire.

Ne craignez pas le purgatoire à cause de la peine qu’on y souffre, mais désirez n’y pas aller pour faire plaisir au bon Dieu qui impose avec tant de regret cette expiation. Dès lors que vous cherchez à Lui plaire en tout, si vous avez la confiance inébranlable qu’Il vous purifie à chaque instant dans son Amour et qu’Il ne laisse en vous aucune trace de péché, soyez bien sûre que vous n’irez pas en purgatoire.

Source : Le Ciel sera si beau (par un moine bénédictin).


Suivant notre propos de réfléchir sur les fins dernières, je vais aujourd’hui vous entretenir du purgatoire. Dimanche dernier le père José nous a parlé de la réalité de l’enfer, destin éternel qui atteindra tous ceux qui, pendant cette vie, auront refusé volontairement l’amitié de Dieu. Le deuxième destin éternel c’est le ciel. Pourquoi donc parler du purgatoire s’il n’y a que deux destins éternels possibles après le jugement qui suit notre mort ? Qu’est-ce que le purgatoire ? Essayons de donner une réponse.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du Ciel ». L’Eglise appelle purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés, l’enfer. L’Eglise a formulé la doctrine de la foi relative au purgatoire surtout aux conciles de Florence et de Trente. La Tradition de l’Eglise, faisant référence à certains textes de l’Écriture (par ex. 1 Co 3, 15 ; 1 Pie 1, 7), parle d’un feu purificateur. Cet enseignement s’appuie aussi sur la pratique de la prière pour les défunts dont parle déjà la Sainte Ecriture : « Voilà pourquoi Judas Macchabée fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché » (2 Mac 12. 46).

Pourquoi le Purgatoire ?
Beaucoup d’âmes, au sortir de cette vie, tout en étant dans la charité (peut-être grâce à une conversion in extremis), ont si peu désiré Dieu au cours de leur vie terrestre et sont si peu prêtes à entrer dans son intimité, qu’une préparation s’impose. Le but du purgatoire est précisément d’écarter les obstacles qui s’opposent à leur admission dans la très pure lumière de Dieu. Or la seule chose qui empêche l’âme de s’unir à Dieu, c’est le péché : il la salit, il l’oblige à réparation et il la blesse dans ses facultés. Purifier l’âme de sa souillure, la libérer de sa dette de peine et la guérir de ses mauvaises inclinations, tel sera donc l’objet du purgatoire.

En quoi consistent les peines du purgatoire ?
La souffrance du purgatoire est analogue à un feu qui nous brûle. C’est d’abord le regret de nos fautes et non pas le remords sans espoir de l’Enfer. C’est un regret éclairé au contraire par l’espérance : nous sommes certains de voir Dieu un jour. Mais nous voyons en nous ce qui lui déplaît et qui nous empêche de nous approcher de Lui : au cours de notre vie, nous avons offensé volontairement sa divine Bonté. Rien ne saurait davantage tourmenter l’âme éprise de Dieu.
C’est ensuite la peine de plus en plus terrible de se voir encore éloigné de Dieu. Les âmes souffrent extrêmement de ce retard, mais l’espérance certaine de parvenir à la vision de Dieu pacifie cette souffrance.
Membres de cette partie du Corps Mystique du Christ que l’on appelle l’Eglise souffrante, les âmes du purgatoire sont conformées au Christ souffrant et à son agonie sur la Croix. Comme le Christ sur la Croix, ces âmes sont dans la charité. Elles sont certaines de leur salut et heureuses de se préparer à la grande rencontre. Elles sont consolées par la Mère de Dieu et par les anges. Elles jouissent d’une paix incomparable. Leur souffrance même leur est cause de joie, puisque par elle, elles satisfont à la justice divine. Elles goûtent la joie dans la souffrance de l’amour. Le purgatoire est donc une attente à la fois paisible, douloureuse et bienfaisante, parce que l’on sait que l’on va vers Dieu.

Y-a-t-il quelque possibilité d’éviter le purgatoire, c’est-à-dire d’aller directement au ciel ?
A-t-on le droit de désirer cette grâce ?

La miséricorde divine qui nous accompagne tout au long de notre vie, nous attend spécialement au seuil de l’éternité, à l’heure de notre mort. Heureux ceux qui reçoivent d’un cœur contrit, à l’heure de leur mort, l’absolution sacramentelle et le saint corps de Notre-Seigneur ! Prions pour que cette grâce soit donnée à beaucoup et que tous soient du moins dans la disposition de la recevoir.
Mais pour faciliter aux grands malades et aux personnes âgées en état de grâce l’accès direct et immédiat de la gloire du Ciel dès l’instant de leur mort, notre divin Sauveur a voulu également instituer un sacrement spécial : l’onction des malades. Le résultat de ce sacrement, enseigne le Concile de Trente, c’est la grâce du Saint-Esprit, dont l’onction purifie le malade de ses fautes, s’il en restait à expier, et des suites de son péché, puis soulage son âme et la réconforte, en excitant en elle une grande confiance en la miséricorde divine, ce qui lui donne de supporter plus allègrement les fatigues et les incommodités de la maladie, de résister plus facilement aux tentations du démon qui veut nous meurtrir au talon, et enfin de recouvrer la santé du corps, le cas échéant, si cela était utile au salut éternel. On comprend pourquoi Satan s’efforce d’empêcher l’administration de ce merveilleux sacrement. Demandons-le pour nous-mêmes, si notre état est grave, et ne craignons pas de faire peur à un malade en appelant auprès de lui un prêtre, dès que la gravité de son mal est reconnue. Dieu donne une grâce spéciale pour ces moments-là.

De son côté sainte Thérèse de l’Enfant Jésus inspirait ces bonnes pensés à une sœur : « Ne craignez pas le purgatoire à cause de la peine qu’on y souffre, mais désirez n’y pas aller pour faire plaisir au bon Dieu qui impose avec tant de regret cette expiation. Dès lors que vous cherchez à Lui plaire en tout, si vous avez la confiance inébranlable qu’Il vous purifie à chaque instant dans son Amour et qu’Il ne laisse en vous aucune trace de péché, soyez bien sûre que vous n’irez pas en purgatoire  ». C’est la voie du renoncement à soi-même en tout pour l’amour de Dieu, il faut « se livrer totalement à Dieu », devenir une « victime d’amour ».

Pouvons-nous porter secours aux âmes du purgatoire ?
A certains de ses serviteurs, notre Seigneur entrouvre parfois la porte du Purgatoire, afin de leur demander des prières et des sacrifices pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes qui y souffrent. Interrogée à Fatima sur le salut de deux jeunes filles récemment décédées, Notre-Dame répondit que l’une d’elles était déjà au Ciel, mais que la seconde, une certaine Amélie, serait en Purgatoire jusqu’à la fin du monde (Apparition du 13 mai 1917). Au cours des cérémonies de funérailles, la prière pour les défunts tend aujourd’hui à céder le pas au témoignage en leur faveur : « un tel était si gentil, si bon, il avait bien quelques défauts, mais le Seigneur est miséricordieux, il l’a sûrement déjà accueilli dans sa maison, alléluia  ! », alors que la pauvre âme commence peut-être un long purgatoire. Elle serait si soulagée que l’on prie pour elle, que l’on fasse célébrer des messes à son intention et que l’on s’efforce de gagner des indulgences pour les lui appliquer.
On oublie trop souvent que les âmes du Purgatoire ne peuvent plus rien pour elles-mêmes, tandis qu’il nous est si facile à nous de les soulager : Dieu est si bon qu’il a pour ainsi dire remis entre nos mains les clefs du Paradis.

Pratiquement, que pouvons-nous faire pour elles ?
D’abord et avant tout, nous convertir nous-mêmes, veiller à mettre notre cœur en paix avec la grâce de Dieu, car seuls les membres vivants de l’Église peuvent faire circuler la vie dans l’ensemble du corps. Les membres morts, par le péché, ne sont pas interdits de prière : ils doivent au contraire demander à Dieu la grâce de la conversion pour eux-mêmes et ils peuvent prier pour autrui. Mais ils ne sont pas en état de mériter, ni pour eux, ni pour les autres, aussi longtemps qu’ils ne sont pas en grâce avec Dieu. Une fois en paix avec Dieu, que notre cœur s’efforce de garder le souci de soulager les âmes souffrantes. Une courte invocation comme celle-ci peut nous y aider : « Que les âmes des fidèles défunts par la miséricorde de Dieu reposent en paix ». On peut aussi réciter l’office des morts ou le psaume 129 : De Profundis ou adresser à Dieu une prière simplement mentale.

En vertu de la valeur infinie du sacrifice de Jésus au Calvaire, aucune œuvre ne peut mieux secourir les défunts que l’offrande de la sainte messe à leur intention. On peut aussi offrir la sainte communion pour eux. Ensuite, le saint Rosaire, le chemin de Croix et la visite au cimetière, le jeûne, l’aumône, la charité sous toutes ses formes, et l’exercice même de notre devoir d’état, spécialement lorsqu’il s’accompagne de circonstances pénibles : toutes ces œuvres que l’Eglise a enrichies d’indulgences, peuvent être offertes à Dieu avec l’intention habituelle d’en faire bénéficier les âmes du purgatoire.

A ce propos je vous raconte une histoire qui s’est passé à Paris en 1827, concernant la valeur de la messe :
« Une pauvre servante avait l’habitude de faire dire une messe par mois pour les âmes du Purgatoire. Mais elle perdit sa place et n’eut bientôt plus que vingt sous : de quoi payer son dîner. Cependant elle se rappela, en allant prier à l’église Saint-Eustache, qu’en ce mois elle n’avait pas fait dire sa messe ordinaire pour les défunts. Que faire ? Ce fut en elle un combat entre sa piété et sa faim. La piété l’emporta. Elle va régler sa messe, y assiste. En sortant de l’église, elle ne sait pas même quelle direction prendre, lorsqu’un jeune homme s’approche d’elle et lui dit :
« Vous cherchez une place ? - Oui, Monsieur. - Eh ! bien allez à telle rue, tel numéro, je crois que vous trouverez là de l’emploi et que vous y serez bien ».
Quelques heures plus tard, elle se présentait à l’adresse indiquée. A ce moment même, la maîtresse de maison venait justement d’être mise dans l’obligation de renvoyer une domestique insolente. Surprise de ce secours inattendu, elle se demandait quel pouvait être ce jeune homme qui avait su prévenir sa détresse et lui envoyer cette bonne servante.
Mais celle-ci, levant à ce moment les yeux sur le mur, aperçut un portrait :
« Tenez, Madame, dit-elle, ne cherchez pas plus longtemps : voilà exactement la figure du jeune homme qui m’a parlé ; c’est de sa part que je viens vous voir ».
Stupéfaite, la vieille dame se fait redire toute l’histoire ; celle de la dévotion aux âmes du purgatoire, de la messe du matin, de la rencontre du jeune homme ; puis, se jetant au cou de la pauvre fille, elle l’embrasse avec tendresse et lui dit :
« Vous ne serez pas ma servante ; vous êtes, dès ce moment, ma fille ; c’est mon fils, mon fils unique que vous avez vu ; mon fils, mort depuis deux ans, que vous avez délivré du purgatoire, je ne puis en douter ». »

Quant aux âmes auxquelles nous aurons pu apporter du soulagement, soyons certains qu’elles ne nous oublieront pas. Dans la gloire du Ciel que nous aurons contribué à leur obtenir, il est impossible qu’elles ne s’occupent pas de nous et de notre salut.

Si nous voulons bien confier nos petits efforts à la Très Sainte Vierge Marie, médiatrice de toutes grâces. Elle nous aidera à les rendre agréables à Dieu et en multipliera les effets.

Ainsi soit-il.










 

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