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Homélie pour le 27ème dimanche du temps ordinaire 2018 (EA).

  Publié le lundi 8 octobre 2018 , par Philippe Roy

Les fins dernières : le jugement particulier.

La lumière de Dieu tombera d’aplomb sur tous les actes libres que nous aurons posés au cours de notre existence : pensées, paroles et actions les plus secrètes. Elle éclairera instantanément l’âme sur ses mérites et ses démérites et sur la sentence qui en résultera nécessairement.


Comme vous le savez déjà, pendant quelques dimanches nous continuons de méditer sur les fins dernières de l’homme, c’est à dire, sur tout ce qui nous arrivera à la fin de notre vie sur la terre : la mort, le jugement particulier, le purgatoire, le ciel ou l’enfer.

Quand devons-nous penser aux Fins dernières ? S’interroge le Catéchisme.
Il est bon de penser aux fins dernières chaque jour et particulièrement en faisant sa prière le matin au réveil, le soir avant le repos et toutes les fois que nous sommes tentés de faire le mal, parce que cette pensée est très efficace pour nous éviter de pécher.
C’est pour cette raison que nous voulons prendre du temps avec vous pour y réfléchir sérieusement.

Dimanche dernier le père Javier nous a parlé de la mort corporelle. Aujourd’hui nous allons méditer sur une réalité future, à laquelle personne n’échappera, mais à laquelle on ne pense pas très souvent ; sinon, certainement, nous mènerions tous une vie très différente, beaucoup plus sainte. Il s’agit de notre jugement particulier, le jugement qui aura lieu immédiatement après notre mort, pour décider de notre sort éternel.

Fondement biblique et du magistère.

La première chose à dire, est que le jugement particulier est une vérité de notre foi. La Parole de Dieu est très claire à son sujet.
Le Nouveau Testament affirme à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. La parabole du pauvre Lazare (Lc 16, 22 ) et la parole du Christ en Croix au bon larron : « en vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 43), ainsi que d’autres textes du Nouveau Testament (cf. 2 Co 5, 8 ; Ph 1, 23 ; He 9, 27 ; 12, 23) parlent d’une destinée ultime de l’âme (cf. Mt 16, 26) qui peut être différente pour les unes et pour les autres.
Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (1022) affirme : « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Cc. Lyon : DS 857-858 ; Cc. Florence : DS 1304-1306 ; Cc. Trente : DS 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII : DS 1000-1001 ; Jean XXII : DS 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII : DS 1002). »
S. Jean de la Croix disait de son côté : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » ( Dichos 64).

Qu’est que le Jugement particulier ? En quoi consiste-il ?
C’est une œuvre de justice, pour la rétribution des âmes. Cela implique un véritable jugement, pour donner à chacun selon sa conduite et ses mérites : non pas encore le jugement général du dernier jour à la résurrection des corps, mais un jugement particulier pour chaque âme, juste après la mort. Ce jugement s’effectue au premier instant de la vie de l’âme séparée. Il est l’œuvre du Christ, à qui le Père a donné le pouvoir d’exercer le jugement parce qu’il est Fils d’homme.
Le jugement particulier ne ressemble pas à ceux de nos tribunaux : nul besoin de paroles, a fortiori de discours. Il s’agit d’un jugement tout intérieur, où la conscience, dégagée de toutes ses ignorances et de ses dissimulations, devient un pur écho du jugement de Dieu.
« Ce qu’il y a pour nous de plus redoutable dans ce jugement, dit saint Jérôme, ce n’est ni la majesté du juge, ni sa puissance, ni sa grandeur, mais sa vérité, cette vérité qui nous confondra. »
La lumière de Dieu tombera d’aplomb sur tous les actes libres que nous aurons posés au cours de notre existence : pensées, paroles et actions les plus secrètes. Elle éclairera instantanément l’âme sur ses mérites et ses démérites et sur la sentence qui en résultera nécessairement :
ou bien la bénédiction et la récompense définitive, au besoin, à travers une purification au Purgatoire : le royaume préparé pour les justes depuis la création du monde ;
ou bien la malédiction et le châtiment définitif : le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Ce sont les sentences que le Christ prononcera solennellement lors du Jugement dernier, mais qui s’appliquent à chaque âme dès qu’elle quitte son corps .
Sachant donc de la certitude de notre foi que notre âme sera jugée et cela avant même que notre corps soit froid,« travaillons à notre salut avec crainte et tremblement » (Phil 2, 12). « Car c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Hb 10,31).

Quelques exemples historiques.
Comme le pire des pièges et des mensonges du diable est de nous faire croire que ces réalités n’existent point, ou du moins, qu’elles ne nous arriveront jamais, ou très tard, je voudrais continuer en vous citant deux témoignages historiques sur la réalité de notre jugement particulier.

Conversion de saint Bruno, témoin d’une condamnation.

D’après une ancienne tradition, le grand saint Bruno, fondateur de l’ordre de Chartreux, l’ordre religieux le plus strict de l’histoire, se détermina à quitter le monde, à la suite d’un événement miraculeux auquel il assista. Un célèbre docteur de l’Université de Paris, nommé Raymond Diocrés, était mort estimé de tous et avec la réputation d’un homme à la vie sainte et exemplaire.
Pendant ses funérailles célébrées à Notre-Dame de Paris, à la lecture de ces paroles de Job : « Faites-moi connaître, Seigneur, le nombre de mes péchés et de mes iniquités  », le défunt se releva dans son cercueil et s’écria : « Je suis accusé au juste jugement de Dieu ». L’Office interrompu par la panique de l’assistance est remis au jour suivant.
Le lendemain, au même moment de l’office, le cadavre se dressa de nouveau et dit : « Je suis jugé par le juste jugement de Dieu  ».La cérémonie interrompue par ce prodige est encore remise.
Enfin le troisième jour, au milieu d’une foule immense, au même passage de l’Ecriture, le défunt se leva de nouveau et prononça ces paroles terrifiantes : « Je suis condamné par le juste jugement de Dieu » .

Jugement sur les commandements de Gloria Polo.
Le deuxième témoignage est beaucoup plus récent ; la protagoniste, par une grâce spéciale de Dieu, est revenue à la vie et elle est toujours parmi nous, en Colombie. Dieu lui a accordée cette grâce afin qu’elle puisse en témoigner. Si vous voulez le connaître en entier, vous avez son témoignage avec des sous-titres en français sur l’internet ; elle s’appelle Gloria Polo.
Je vous cite quelques extraits de l’une de ses conférences :
« C’était à l’Université Nationale de Colombie à Bogota, en Mai 1995. Avec mon neveu, dentiste comme moi, nous préparions une maîtrise. Ce vendredi après-midi il pleuvait abondamment et mon neveu et moi-même, nous abritions sous un petit parapluie. Nous nous sommes dirigés vers des arbres pour éviter des flaques d’eau. À ce moment-là, nous avons été tous les deux foudroyés. Mon neveu est mort sur le coup.
Pour ma part, mon corps a été calciné de façon horrible, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce corps que vous voyez maintenant, reconstitué, l’est par la grâce de la miséricorde divine. La foudre m’avait carbonisée. je n’avais plus de poitrine et pratiquement toute ma chair et une partie de mes côtes avaient disparu. La foudre est sortie par mon pied droit après avoir brûlé presque entièrement mon estomac, mon foie, mes reins et mes poumons. Je pratiquais la contraception et portais un stérilet intra-utérin en cuivre. Le cuivre étant un excellent conducteur d’électricité, carbonisa mes ovaires. Je me trouvais donc en arrêt cardiaque, sans vie, mon corps ayant des soubresauts à cause de l’électricité qu’il avait encore.
Mais ceci ne concerne que la partie physique de moi-même car, alors que ma chair était brûlée, je me retrouvais à cet instant dans un très beau tunnel de lumière blanche. Mais j’ai commencé à descendre sans pouvoir me relever. Et je suis tombé dans un tunnel qui me tirait vers le bas. A un certain point, je vis au sol comme un gigantesque gouffre s’ouvrir et je vis un vide immense, un abîme sans fond. Le plus horrible concernant ce trou béant était que l’on y ressentait l’absence absolue de l’amour de Dieu et ce, sans le moindre espoir. Le trou m’aspira et j’étais terrifiée.
On ne pouvait pas sentir Dieu. Dans ces tourments-là, je me mis à crier : "Qui a pu commettre une erreur pareille ? Je suis presque une sainte : je n’ai jamais volé, je n’ai jamais tué, j’ai donné de la nourriture aux pauvres, j’ai pratiqué des soins dentaires gratuits à des nécessiteux ; qu’est-ce que je fais ici ? J’allais à la messe le dimanche... je n’ai pas manqué la messe du dimanche plus de cinq fois dans ma vie ! Alors pourquoi suis-je ici ? Je suis catholique, je vous en prie, je suis catholique, sortez-moi d’ici ".
Et alors une voix se fit entendre, une voix douce qui fit trembler mon âme. Tout fut alors inondé d’amour et de paix et toutes ces sombres créatures qui m’entouraient s’échappèrent car elles ne peuvent faire face à l’Amour. Cette voix précieuse me dit : "Très bien, puisque tu es catholique, dis-moi quels sont les commandements de Dieu".
Ici, commence son jugement, et il portera sur les 10 commandements.
Je dis : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu par-dessus tout et ton prochain comme toi-même". J’entendis alors : “Très bien, les as-tu aimés  ?” Je répondis : “Oui, je les ai aimés, je les ai aimés, je les ai aimés  !” Et il me fut répondu : "Non : Tu n’as pas aimé le Seigneur ton Dieu par-dessus tout, et encore moins ton prochain comme toi-même. Tu t’es créée un dieu que tu ajustais à ta vie et tu t’en servais seulement en cas de besoin désespéré. Tu te prosternais devant lui lorsque tu étais pauvre, quand ta famille était humble et que tu voulais aller à l’université. A ces moments-là tu priais souvent et tu t’agenouillais pendant de longues heures pour supplier ton dieu de te sortir de la misère ; pour qu’il t’accorde le diplôme qui te permettrait de devenir quelqu’un. Chaque fois que tu avais besoin d’argent, tu récitais le chapelet. Voilà quelle était ta relation avec le Seigneur".
"En fait, tu plaçais le Seigneur si bas que tu avais plus de confiance dans les augures de Mercure et Vénus. Tu étais aveuglée par l’astrologie, clamant que les étoiles dirigeaient ta vie ! Tu vagabondais vers toutes les doctrines du monde. Tu croyais que tu allais mourir pour renaître encore ! Et tu as oublié la miséricorde. Tu as oublié que tu as été rachetée par le Sang de Dieu".
On me mit à l’épreuve sur les dix commandements. On me montra que je prétendais aimer Dieu avec mes mots, mais qu’en réalité c’était Satan que j’aimais. Ainsi, un jour, une femme était entrée dans mon cabinet dentaire pour m’offrir ses services de magie, et je lui avais dit : "je n’y crois pas, mais laissez ces porte-bonheur ici, au cas où çà marcherait". J’avais remisé dans un coin, un fer à cheval et un cactus, censés éloigner les mauvaises énergies.
Comme tout cela était honteux. Ce fut un examen de ma vie à partir des dix commandements. Il me fut montré quel avait été mon comportement vis-à-vis de mon prochain. On me fit voir comment je prétendais aimer Dieu alors même que j’avais l’habitude de critiquer tout le monde, de pointer mon doigt sur chacun, moi la très sainte Gloria. On me montra aussi combien j’étais envieuse et ingrate. Je n’avais jamais éprouvé de reconnaissance envers mes parents qui m’avaient donné leur amour et avaient fait tant de sacrifices pour m’éduquer et m’envoyer à l’université. Dès l’obtention de mon diplôme, eux aussi devinrent inférieurs à moi ; j’avais même honte de ma mère en raison de sa pauvreté, de sa simplicité et de son humilité.
Sur cette épreuve des dix commandements, je n’avais pas une demi-réponse correcte.
C’était terrible, dévastateur. J’étais totalement bouleversée. Et je me disais : Au moins on ne pourra pas me blâmer d’avoir tué quelqu’un. Quand l’on en vint au cinquième commandement, le Seigneur me fit voir l’assassin horrible que j’avais été en commettant le plus horrible des crimes : l’avortement. De plus, j’avais financé plusieurs avortements parce que je proclamais qu’une femme avait le droit de choisir d’être enceinte ou pas. Il me fut donné de lire dans le Livre de Vie et je fus profondément meurtrie, car une fillette de 14 ans avait avorté sur mes conseils. J’avais également prodigué de mauvais conseils à des fillettes dont trois d’entre elles étaient mes nièces, en leur parlant de la séduction, de la mode, en leur conseillant de profiter de leur corps, et en leur disant qu’elles devaient utiliser la contraception. C’était une sorte de corruption de mineures qui aggravait l’horrible péché de l’avortement.
Pour ce qui est du sixième commandement, mon mari fut le seul homme de ma vie. Mais l’on me donna de voir qu’à chaque fois que je dévoilais ma poitrine et que je portais des pantalons-léopards, j’incitais les hommes à l’impureté et je les conduisais au péché. De plus, je conseillais aux femmes trompées d’être infidèles à leur mari, je prêchais contre le pardon et j’encourageais le divorce. Je réalisais alors que les péchés de la chair sont affreux et condamnables, même si le monde actuel trouve acceptable que l’on se conduise comme des animaux.
Au cours de ce jugement, l’on me montra que toutes mes fautes avaient pour cause la convoitise, ce mauvais désir. Je me suis toujours vue heureuse avec beaucoup d’argent. Et l’argent devint une obsession. J’avais tant d’argent, et je me trouvais seule, vide, amère et frustrée. Cette obsession de l’argent me détourna du Seigneur et fit que je m’échappais de ses mains.
Après l’examen des dix commandements, le Livre de Vie me fut montré. Je voudrais avoir les mots adéquats pour le décrire. Mon Livre de Vie commença lorsque les cellules de mes parents s’unirent. Le Livre de la Vie est vraiment très beau. J’ai vu là tout l’amour de Dieu pour moi, depuis ma création.
Vous ne pouvez imaginer l’immensité de mon chagrin lorsque mon Livre de Vie se referma. J’avais de la peine pour Dieu mon Père, de m’être comportée de la sorte car, en dépit de tous mes péchés, de ma saleté, de toutes mes indifférences et de mes sentiments horribles, le Seigneur a cherché à m’atteindre jusqu’au bout. Il m’a envoyé des personnes qui ont eu une bonne influence sur moi. Il m’a protégée jusqu’à la fin.
Dieu mendie notre conversion ! Bien entendu, je ne pouvais pas le blâmer de me condamner. De mon propre gré, j’ai choisi mon père, Satan, au lieu de Dieu ».
Cette femme a eu la miséricorde de Dieu de voir et vivre tout cela, et de revenir pour en donner témoignage. Elle a vécu son jugement particulier et elle devait être condamnée. Maintenant qu’elle est bien consciente de sa destinée, elle mène une vie toute autre, face à l’éternité, en préparant son jugement.

Conclusion.
A notre mort inévitable nous serons tous jugés. C’est à nous de préparer ce jugement. Le bon Jésus veut notre salut, il est sur la croix pour cela. Dans son amour inventif et afin de nous sauver tous, il a institué ici sur la terre un tribunal de miséricorde, pour anticiper volontairement le jugement en nous accusant nous-mêmes, pour recevoir le pardon de nos péchés : c’est le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation. Seuls notre manque de foi et notre endurcissement dans le péché pourraient empêcher le Christ de nous sauver.

Que la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère à tous, nous accorde cette grâce : de penser souvent à notre jugement particulier, pour nous préparer à lui, en vivant dans l’amour et la crainte de Dieu.

Ainsi soit-il.










 

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