Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles
Accueil du site > Eglise du Var Paroisses > Paroisses > Ollioules - Saint-Laurent > Une paroisse en prière > Homélie pour le 27ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA).

Homélie pour le 27ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA).

  Publié le dimanche 15 octobre 2017 , par Philippe Roy

La parabole des vignerons homicides, comme le chant d’Isaïe, nous rappellent l’amour de Dieu pour chacun de nous. Les vignerons, la vigne, le vignoble, les sarments, la grappe, le vin, tous ces éléments sont liés les uns aux autres. Et ce lien est vital. C’est ce que le Seigneur veut nous faire comprendre.


En ce dimanche les lectures que nous venons d’entendre nous présentent encore l’image de la vigne. Quand le Seigneur parle de la vigne, il parle de Lui et il parle de nous. Il parle de nous avec la tendresse du vigneron pour sa vigne, avec l’attention du vigneron pour son vignoble.

Aujourd’hui, à travers le prophète Isaïe, Il nous dit : « Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile  ». Ailleurs Jésus Lui-même nous dit : « Je suis la vigne, mon Père est le vigneron. De même que le sarment ne peut porter de fruit par lui-même sans demeurer sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi ».

Toutes ces paraboles qui parlent de la vigne reviennent à exprimer l’amour du Seigneur pour son peuple, l’amour que l’Epoux fidèle prodigue à son épouse, l’amour du Seigneur pour cette créature créée à son image et qu’il a soignée comme nulle autre. En effet, Jésus fait voir aux Juifs avec quel soin la providence de Dieu a toujours veillé sur eux, qu’elle n’a rien omis de tout ce qui pouvait contribuer à leur salut.
Ainsi on comprend l’amertume du maître de la vigne, de ce grand amoureux, de ce passionné, quand on le traite comme un dangereux inconnu, un ennemi dont il faut se méfier, un intrus dans sa vigne.

A propos de la parabole des vignerons homicides dans l’Evangile, le Pape Benoît XVI explique dans une homélie prononcée en 2009 à la Basilique Saint-Paul : « On y voit celui qui ayant décidé que Dieu est mort, se déclare Dieu lui-même, et se considère l’unique artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde. En se débarrassant de Dieu et en n’attendant pas de Lui son salut, l’homme croit pouvoir faire ce qui lui plaît et se présenter comme seule mesure de lui-même et de sa propre action. Mais quand l’homme élimine Dieu de son horizon, qu’il déclare que Dieu est mort, est-il vraiment plus heureux ? Devient-il vraiment plus libre ? Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d’eux-mêmes et uniques maîtres de la création, peuvent-ils vraiment construire une société où règnent la liberté, la justice et la paix ? Ne se produit-il pas plutôt, comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne, qu’on étende l’arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injustice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions ? Le point d’arrivée, à la fin, est que l’homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse ».

On peut trouver également dans cette parabole, comme dans le chant d’Isaïe, ce qu’on pourrait appeler une profonde déception, la déception de Dieu, parce qu’Il a travaillé et soigné sa vigne, mais elle n’a pas donné de fruit. Déception parce que, étant Lui-même l’amour on ne l’aime pas, on ne le reconnait pas. Et en plus de ne pas avoir de reconnaissance envers lui, on veut purement et simplement l’exclure. C’est ce que nous voyons dans notre société : le premier exclu de la société c’est Dieu. Et en son nom, on exclut les prophètes et les envoyés de Dieu, on exclut le Christ Jésus, le fils bien-aimé. Il est exclu de la société parce qu’il gêne, parce qu’il rappelle qu’il existe et qu’il a des droits, parce qu’il exige ce qui lui est dû. C’est justement par le péché qu’Il est exclu des cœurs, qu’on le jette dehors ou qu’on le tue. Cette parabole donc décrit merveilleusement toute l’histoire du salut, avec cette longue patience de Dieu qui rappelle sans cesse son existence, qui envoie prophètes et messagers, qui vient lui-même en personne et qui est rejeté et mis à mort. Mais elle décrit aussi notre propre histoire, notre propre relation avec Dieu. Combien de fois ai-je été l’un de ces vignerons homicides, l’un de ceux, qui en choisissant Barabbas, ont livré Jésus à la mort en croix ?
L’homme, chacun de nous, par le péché, se comporte dans le monde comme un propriétaire du monde ; il s’est instauré maître du monde et ne veut rendre de compte à personne. Il déclare avoir tué Dieu et il s’en vante. Il s’estime plus libre, parce qu’il est plus seul. Il a fondé sa liberté sur le vol, le mensonge et sur le meurtre. Voilà notre situation actuelle.

Mais tout n’est pas négatif, parce que les paroles de Jésus contiennent aussi une promesse : la vigne, l’Eglise, ne sera pas détruite. Tandis qu’il abandonne à leur destin les vignerons infidèles, le maître ne se détache pas de sa vigne et la confie à d’autres serviteurs fidèles. Ceci indique que, si dans certaines régions la foi s’affaiblit jusqu’à s’éteindre, il y aura toujours d’autres peuples prêts à l’accueillir. C’est justement pour cela que Jésus, alors qu’il cite le Psaume 117 : « La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est devenue la pierre d’angle », assure que sa mort ne sera pas la défaite de Dieu. Tué, Il ne restera pas dans la tombe, et au contraire ce qui semblait être une défaite, marquera le début d’une victoire définitive. A sa douloureuse passion et à la mort en croix, succèdera la gloire de sa résurrection. La vigne continuera alors à produire du raisin et sera donnée en location par le maître « à d’autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps » (Mt 21.41).

Peut-être a-t-on été malheureusement jusqu’à maintenant l’un de ces vignerons homicides, alors c’est aujourd’hui le moment de se convertir pour devenir l’un de ces autres vignerons qui donneront leur fruit fidèlement. « L’image de la vigne, dit encore le Pape Benoît XVI, avec ses implications morales, doctrinales et spirituelles, reviendra dans le discours de la dernière Cène, lorsque, prenant congé des Apôtres, le Seigneur dira : « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit ». (Jn 15.1-2). A partir de l’évènement pascal, l’histoire du salut connaîtra donc un tournant décisif, et n’en seront protagonistes que d’autres vignerons qui, greffés comme sarments choisis dans le Christ, véritable vigne, porteront des fruits abondants de vie éternelle (cf. l’oraison collecte). Parmi ces vignerons nous sommes là, greffés dans le Christ qui voulut devenir lui-même la vraie vigne ».

En conclusion, la parabole des vignerons homicides, comme le chant d’Isaïe, nous rappellent l’amour de Dieu pour chacun de nous. Les vignerons, la vigne, le vignoble, les sarments, la grappe, le vin, tous ces éléments sont liés les uns aux autres. Et ce lien est vital. C’est ce que le Seigneur veut nous faire comprendre.

Prions pour que le Seigneur qui nous donne son corps et son sang, Lui-même, dans l’Eucharistie, nous aide « à porter du fruit » pour la vie éternelle.

Ainsi soit-il.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr