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Homélie pour le 26ème dimanche du temps ordinaire 2018 (JA).

  Publié le mercredi 3 octobre 2018 , par Philippe Roy

Les fins dernières : la mort.

Nous tenir prêts, c’est nous rappeler sans cesse notre condition mortelle, et considérer chaque jour de notre vie comme un sursis accordé par Dieu pour notre conversion ; c’est vivre constamment sous le regard de Dieu et donner à chaque instant son poids d’éternité et d’amour.


Comme vous l’a annoncé le père José dimanche dernier, nous allons méditer pendant quelques dimanches sur les fins dernières. Dans l’introduction faite la semaine dernière notre curé a insisté sur l’importance que revêt cet exercice, que l’on peut résumer en se servant de l’advertance faite par l’Esprit Saint dans le livre de l’Ecclésiastique : « Souviens-toi de tes fins dernières et jamais tu ne pécheras » (Si 7, 40).

Après cette introduction la première réalité que nous devons considérer est celle de la mort. Aux dires de certains, la mort serait le terme absolu et définitif de l’existence humaine : l’homme perdrait son être, entrerait dans le néant ; au mieux la personne se dissoudrait dans un grand tout indifférencié, un nirvana sans retour.
Pour d’autres, au contraire, elle ne serait qu’un terme relatif, la fin d’une étape, d’un épisode, pour une âme qui a encore d’autres vies à vivre, qui poursuit sa route, ses (trans)migrations.

La doctrine chrétienne tient entre ces deux opinions un milieu qui est un sommet :
la mort n’est pas la fin de l’existence personnelle, c’est-à-dire elle n’est pas un anéantissement ;
elle marque cependant pour l’homme le terme de l’état de vie et de mérite. « Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement  » (Hb 9, 27). Autrement dit, le sort de l’homme est éternellement fixé en fonction de l’état où la mort l’a trouvé. «  Il n’y a pas de « réincarnation » après la mort  » nous apprend clairement le CEC (n° 1013).

Le sens de la mort.
Disons d’abord un mot sur le sens de la mort.
Pourquoi l’homme meurt-il, pourquoi doit-il mourir ? S’agit-il d’une loi de la nature, nécessaire ; ou est- ce le résultat d’un accident, un châtiment, une peine ? Quel est le sens de la mort ?
La réponse à cette question nous est révélée dès les premiers chapitres du Livre de la Genèse où la mort apparaît comme une conséquence de la désobéissance de nos premiers parents. Conformément à l’avertissement que Dieu avait donné à Adam : « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort », (conformément à cet avertissement) tombe la sentence, après la transgression : «  Tu retourneras en poussière ».
Saint Paul fait pour toute la descendance d’Adam ce triste constat : « C’est par un seul homme que le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, ainsi la mort a atteint tous les hommes ».
Il est intéressant de remarquer ici combien la Révélation justifie l’étonnement commun devant la mortalité de l’homme et son sinistre cortège de souffrances et de drames : tout cela peut-il avoir une cause simplement naturelle et surtout être voulu par le Créateur ? …«  Dieu n’a pas fait la mort, est-il écrit dans le Livre de la Sagesse, Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants [...]. Oui, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature ; c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde... »
Dieu, dans sa sagesse et sa bonté, avait conféré à l’homme, à titre de don gracieux surajouté à la nature, l’immortalité corporelle. Ce faisant, il lui épargnait la corruption commune aux êtres vivants, en égard à son âme immortelle. Mais à cause du péché la mort a trouvé sa place aussi chez les hommes.
C’est Jésus, le Dieu de miséricorde, qui par sa mort et sa résurrection a vaincu la mort. Il nous invite à le suivre, à participer à sa destinée… La mort trouve ainsi un sens rédempteur, salvifique.

L’importance de la mort en tant que choix décisif.
Avec la mort cessent le temps du mérite et la possibilité de la conversion. C’est là une vérité que l’Église a toujours professée explicitement et expressément. Elle est de foi. Elle s’oppose aux doctrines de réincarnation et aux théories selon lesquelles les mauvais anges et les damnés, à la fin, se convertiraient.
« Nous devons tous comparaître devant le tribunal du Christ, écrit saint Paul, afin que chacun recueille le prix de ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal ».
« C’est chose assurée, lit-on sous la plume de saint François de Sales, que l’état auquel nous nous trouverons à la fin de nos jours, lorsque Dieu coupera le fil de notre vie, sera celui où nous demeurerons pour toute l’éternité  ».
Déjà saint Benoît, commentant l’Évangile (cf. Jn 12, 35), nous avertissait en ces termes : « Si nous voulons échapper aux peines de l’enfer et parvenir à la vie éternelle, tant que nous sommes encore dans ce corps et que nous pouvons, à la lumière de cette vie, accomplir tout cela, il nous faut courir et faire maintenant ce qui nous profitera pour l’éternité  ».
Le sort de l’homme est donc définitivement fixé au dernier instant de sa vie corporelle. A l’approche de la mort, Satan et les anges rebelles s’efforcent d’entraîner à la perdition la pauvre âme qui se débat et qui, trop souvent, ne s’est guère préparée au choix décisif auquel désormais elle ne peut plus se soustraire. Ceux qui assistent les mourants peuvent en témoigner : même après la mort apparente, le visage trahit parfois la lutte qui semble se livrer mystérieusement jusqu’à ce que l’âme quitte le corps. Appelons saint Michel et les saints anges à notre secours, pour qu’ils nous arrachent aux pièges du Prince des Ténèbres.
N’est-ce pas ignorer l’intention même de la vie que de la faire servir à des délais sans fins, d’autant plus périlleux que la trame peut se déchirer soudainement ? Qui peut se promettre aujourd’hui d’être encore vivant demain ? « Insensé, dit le Seigneur au riche de la parabole, cette nuit même on va te redemander ton âme  ».

Préparation à la mort.
Tenez-vous prêts et priez ! nous prévient constamment notre Seigneur.
« Comprenez bien ceci, nous dit encore Jésus, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de la maison. Vous aussi tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme va venir  ».
Nous tenir prêts, c’est nous rappeler sans cesse notre condition mortelle, et considérer chaque jour de notre vie comme un sursis accordé par Dieu pour notre conversion ; c’est vivre constamment sous le regard de Dieu et donner à chaque instant son poids d’éternité et d’amour. Les saints n’ont pas fait autre chose, et c’est de cette façon qu’ils ont pu rendre les plus grands services à l’humanité. Le monde, au contraire, s’emploie à endormir nos consciences, à camoufler la mort et à faire oublier la vie future.
Saint Jean-Paul II affirmait : « La civilisation contemporaine fait tout ce qui est en son pouvoir pour détourner la conscience humaine de l’inévitable réalité de la mort en tentant de pousser l’homme à vivre comme si la mort n’existait pas ! La réalité de la mort est cependant évidente. Il n’est pas possible de la faire taire ; il n’est pas possible de dissiper la peur qui l’accompagne. L’homme craint la mort, comme il craint ce qui vient après la mort. Il craint le jugement et la punition, et cette crainte a une valeur salvifique : elle ne doit pas être effacée de l’homme » parce qu’elle nous fait prendre les choses selon leur valeur réelle.

Prions pour tous ceux qui meurent aujourd’hui et chaque jour. C’est un acte de miséricorde que de prier pour eux, pour leur salut éternel. Prions aussi pour nous-mêmes : afin que la mort ne nous surprenne pas comme un voleur. Qu’à notre tour nous puissions dire comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs maintenant et à l’heure de notre mort.

Ainsi soit-il.










 

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