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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

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Homélie pour le 22 ème dimanche du temps ordinaire 2018 (JGA).

  Publié le mardi 4 septembre 2018 , par Philippe Roy

Un cœur pur.

Soyons très attentifs ! Ne tolérons pas que le Mauvais pénètre notre âme, la souille, nous laisse avec un cœur impur et débile.

Soyons bien avisés ! Demandons à Jésus de nous purifier et guérir régulièrement. Rien ne saurait lui donner davantage de joie.


De quoi est-il question dans l’Evangile d’aujourd’hui ? De pureté.
Qu’est-ce que la pureté, en une phrase ? La pureté est un état indispensable pour atteindre l’union parfaite avec Dieu. C’est pourquoi l’Ancien Testament consacre à la pureté et à l’impureté tant de pages. De nombreux juifs prenaient très au sérieux cette exigence à juste titre puisqu’il en allait de leur vocation même. Il était donc normal que les pharisiens s’intéressent aux questions de pureté et Jésus ne songeait pas à le leur reprocher, d’autant que lui-même s’y intéressait tout autant.

Examinons notre messe. Elle débute par un rite pénitentiel où nous demandons à Dieu de nous purifier afin d’être dignes de Le célébrer. Puis à l’offertoire avec le rite du lavement des mains : le prêtre supplie Dieu de pardonner ses péchés et de le purifier encore. Puis la prière eucharistique rappelle à Dieu : « Tu rassembles ton peuple afin qu’il te présente une offrande pure ». Avant de communier, nous disons tous : «  Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir », et le prêtre ajoute à voix basse : « Accueillons d’un cœur pur, ce que notre bouche a reçu ».

Bref, la pureté est la toile de fond de la religion chrétienne.
Mais de quelle pureté s’agit-il ? Il y a en effet deux types de pureté : La pureté rituelle, qui concerne diverses choses, en particulier le corps, l’alimentation, le vêtement, l’hygiène, etc.
Et la pureté morale, qui garde la conscience sans tâche au milieu des tentations du monde (Jc 1, 27).
L’Ancien Testament parle abondamment des deux types de pureté, la rituelle et la morale. Le judaïsme accordait une grande importance à la pureté rituelle, codifiée dans la Bible et développée longuement par des traditions « humaines », c’est-à-dire non inspirées par Dieu. Quant à Jésus, il réduit la pureté rituelle au minimum et accorde à la pureté morale une importance suprême. Mais on se tromperait en voyant là une attitude révolutionnaire. Au contraire Jésus revient à la source, il rappelle pourquoi Moïse a reçu la Loi, surtout le Décalogue : pour purifier le cœur de l’homme et lui permettre ainsi de se rapprocher de Dieu, de lui rendre un culte, avant d’entrer un jour dans son Royaume.

Écoutons encore Jésus : « Ce qui, du dehors, entre dans l’homme, ne peut pas le rendre impur, car cela ne pénètre pas dans son cœur mais dans son ventre et finit aux lieux d’aisance. Mais ce qui sort du cœur de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur  ».
Face à l’hypocrisie des scribes et pharisiens, le Christ invite ses disciples à prendre conscience de certains aspects de leur monde intérieur. Il ne remet pas en cause le concept d’impureté ni son importance, « voilà ce qui rend l’homme impur  », dit-il deux fois, mais Il le déplace de l’impureté légale et extérieure à la vraie impureté, celle du cœur.

A sa suite, nous allons essayer d’examiner nos comportements.
En quoi le texte de ce jour nous concerne-t-il ? Nous nous étonnons et nous moquons volontiers des coutumes de l’époque de Jésus, sans penser que nous tombons parfois dans le même travers. Car nous avons aussi souvent une conception légaliste de la foi : nous comptons nos heures de prière, nos offrandes, nos gestes de charité et lorsque nous nous y tenons, nous sommes contents de nous et estimons être quittes envers Dieu. Nous offrons à Dieu des créneaux bien identifiés et balisés, mais lui interdisons tout autre dépassement et empiétement sur nos vies. Est-ce cela, l’amour de Dieu qui est le premier Commandement (cf. Mt 22,38) ?
Nous arrivons à respecter, pour la plupart d’entre nous, les principaux commandements dans leur aspect extérieur et nous en tirons gloire. Mais nous tuons volontiers avec notre langue ou par notre indifférence, nous avons des compromissions avec la concupiscence, nous sommes peu regardants sur la manière de placer notre argent, d’accaparer des profits ou de partager avec les pauvres. Nous inculquons à nos enfants un langage respectueux de leurs aînés mais ne sommes pas choqués de partir en vacances en laissant nos proches seuls et sans visite. Enfin, intérieurement nous comparons tout : salaires, carrières, études des enfants, appartements, vêtements. Est-ce cela, l’amour du prochain, qui est le Deuxième Commandement et qui est semblable au premier (cf. Mt 22,39) ? Très souvent, nous tenons davantage à des conventions et à des valeurs humaines (honneur, éducation, réussite) qu’aux vraies valeurs chrétiennes (foi, charité) et choisissons souvent nos fréquentations en fonction des premières.
Bref, un jour ou l’autre, nous sommes tous pharisiens.
Jésus nous invite à démasquer cette tendance à soigner l’extérieur au détriment de l’intérieur. « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, etc. » En affirmant que toutes ces mauvaises intentions sortent « du cœur de l’homme  », Jésus renvoie à ce qui en constitue l’origine : un état de notre cœur profond qui nous échappe largement, le mystère du mal présent en nous.

Disons-le encore une fois, comment un cœur humain devient-il malade ? Réponse : en laissant entrer en lui de mauvaises choses ou pire en les ramassant.
En effet, lorsque notre bouche avale un aliment mauvais, on le recrache ou on finit par le vomir. Mais lorsque notre cœur avale une pensée mauvaise, c’est plus grave car, aussitôt entrée, cette pensée se change en poison et commence ses ravages.

Dernière remarque : que devons-nous faire ? Réponse : deux choses.
Sur ce qui vient de l’extérieur pour entrer en nous : il faut être très attentif ! Ne pas tolérer que le mauvais pénètre notre âme, la souille, nous laisse avec un cœur impur et débile.
Sur ce qui existe déjà à l’intérieur : il faut être bien avisé ! Demander à Jésus de nous purifier et guérir régulièrement. Rien ne saurait lui donner davantage de joie.

Un dernier mot sur les tristes évènements qui concernent l’Eglise de nos jours. Toute âme qui s’élève élève le monde ; et aussi toute âme qui tombe fait tomber avec elle le monde. C’est pourquoi le péché et la sainteté ne sont jamais qu’une question individuelle. Si le péché affecte toute l’Eglise, la sainteté de chacun peut aussi la faire rayonner. L’Eglise est Sainte parce qu’elle est le Corps Mystique du Christ, le Christ répandu et communiqué. Sa sainteté se manifeste d’une façon évidente par la cohorte des saints qu’elle a engendrés et continuera d’engendrer. Le Christ est parfaitement pur, d’une beauté divine transcendante ; et pourtant, l’Evangile de la Passion nous le montre couvert des blessures qui viennent du péché de l’homme. Ainsi de l’Eglise qui, tout en étant "sans tâche ni ride", "sainte et immaculée", peut apparaitre parfois portant sur elle (comme le Christ a porté sur lui) les péchés de ses enfants, que précisément elle a pour tâche de convertir et sanctifier. La frontière entre ce qui est de l’Eglise Sainte et ce qui est du Mauvais passe par chacun de nous, dans la mesure où nous avons tous une part d’ombre -qu’elle tente de convertir en Lumière- et une part sanctifiée. Tout ce qui est saint en nous vient du Christ, par elle ; tout ce qui ne l’est pas est résistance à son influence. Face aux scandales qui enlaidissent le visage de l’Eglise, le chrétien peut et doit ressentir un sentiment d’indignation et prendre la décision de ne pas rentrer en compromis avec le mal, par l’omerta, au contraire s’impose un travail pour que la vérité soit connue et le mal combattu. Mais il doit aussi mystérieusement se sentir impliqué dans la réparation de ces fautes, car tous les chrétiens sont membres du même corps de l’Eglise. La réponse que chaque chrétien est appelé à avoir face à ce qui atteint l’Eglise de l’intérieur est la conversion personnelle, l’esprit de sacrifice et de réparation. L’histoire de l’Église montre que les crises ont toujours été surmontées par des élans de sainteté jaillis du cœur de l’Église. La crise que nous traversons ne dérogera pas à cette règle car elle pousse l’Église à l’humilité, vertu qui porte toujours des fruits de renouveau.

« Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu ».

Que notre mère du ciel intercède pour nous et nous apprenne la pureté du cœur.

Sources :
Fr. Gilles-Marie Marty, http://toulouse.dominicains.com
Nicolas Bossu, http://www.lectio-divina-rc.fr/
http://jeunes-anciennes-de-saintjos...
Jean-Raphaël Dubrule, https://misericordedivine.fr
Sandro Magister, L’Église pécheresse http://chiesa.espresso.repubblica.i...










 

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