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Homélie pour le 20ème dimanche du temps ordinaire 2018 (EA).

  Publié le lundi 20 août 2018 , par Philippe Roy

La cause principale du malheur de l’homme, de la tristesse et de l’insatisfaction générales que nous éprouvons ou que nous voyons dans le monde, est que nous cherchons à rassasier notre cœur avec les choses de ce monde, avec des plaisirs mondains, avec des créatures et non pas avec la seule nourriture capable de le rendre heureux et de lui donner la paix : le Pain de la Vie, le Corps de Jésus, Dieu lui-même.


En ce dimanche, nous continuons à écouter et à méditer le discours de Jésus sur le Pain de Vie.
Notre Seigneur nous a promis et nous a laissé un aliment tout à fait spécial. Il parle d’un Pain, mais, qui n’est pas un pain normal, car il l’identifie avec sa propre chair. Chose étonnante qui a fait reculer beaucoup de ses disciples. Et en plus, il nous assure que ce Pain vient du Ciel et qu’il peut nous donner la vie éternelle.

Chaque créature, chaque être vivant a besoin d’une nourriture qui lui soit adaptée et convenable selon sa nature. Ainsi les plantes qui prennent de l’eau et du soleil et les animaux, qui chacun selon leur propre nature, mangent de l’herbe, des fruits, de la viande ou un peu de tout. A tous la nourriture matérielle leur est suffisante, car ils n’ont tous qu’une nature matérielle.
L’homme a une double nature, son corps et son âme, la matière et l’esprit. Et il est évident qu’il doit nourrir les deux. Tout l’enjeu de notre vie est d’arriver à satisfaire et rassasier les désirs de notre esprit. Là est le grand souci pour l’homme. L’esprit a besoin d’une nourriture adaptée, spirituelle et à la mesure de son désir. L’esprit humain a été créé par Dieu et pour Dieu. Sa capacité est donc quasi infinie. L’homme est capable de Dieu et seulement Dieu pourra le combler.
Saint Augustin disait à Dieu : « Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi ».

La cause principale du malheur de l’homme, de la tristesse et de l’insatisfaction générales que nous éprouvons ou que nous voyons dans le monde, est que nous cherchons à rassasier notre cœur avec les choses de ce monde, avec des plaisirs mondains, avec des créatures et non pas avec la seule nourriture capable de le rendre heureux et de lui donner la paix : le Pain de la Vie, le Corps de Jésus, Dieu lui-même.
Nous, les catholiques, nous avons la grande grâce de connaître le seul Pain qui peut combler tous les désirs de l’homme, qui peut lui donner le repos définitif, comme dit saint Augustin.

En profitons-nous ?
Ou sommes-nous comme les païens qui ne connaissent pas Dieu et qui sont malheureux puisqu’ils cherchent encore le bonheur et à être rassasiés par les choses de ce monde, par les choses périssables ? Dans la première lecture, du livre des proverbes, nous avons un appel à être intelligents et à profiter du Pain que Dieu lui-même nous a préparés et qui est le seul à nous combler :
« « Vous, étourdis, passez par ici ! » A qui manque de bon sens, la Sagesse dit : « Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence » ».
Croire en Dieu, avoir confiance en Lui et faire de l’Eucharistie, le Pain de Vie, notre nourriture principale et la plus désirée, c’est prendre le chemin de l’intelligence, de la paix et de la sagesse.

Le saint Curé d’Ars, avait fait vraiment de l’Eucharistie le centre de sa vie, de son ministère sacerdotal et de tout son amour. Dans les annales 1924 de son Catéchisme, il nous aide à saisir ce grand mystère, écoutons-le. D’abord quelques idées sur le besoin de nourrir notre âme avec Dieu et la solution inouïe que Dieu lui-même a trouvée :
«  Notre âme est si précieuse aux yeux de Dieu que, dans sa sagesse, Il n’a point trouvé de nourriture qui fût digne d’elle que son corps adorable, dont Il veut qu’elle fasse son pain de chaque jour  ».
« Si nous ne nourrissions pas notre corps, il perdrait ses forces. Eh bien si vous privez vos âmes de leur nourriture, elles seront languissantes et faibles. L’âme ne peut se nourrir que de Dieu. Il n’y a que Dieu qui lui suffise : il n’y a que Dieu qui puisse la remplir : il n’y a que Dieu qui puisse rassasier sa faim. Il lui faut absolument son Esprit ».
« Comme rien de créé ne peut nourrir l’âme qui est un esprit, Dieu voulut se donner lui-même pour sa nourriture. Notre âme ne peut avoir d’autre nourriture que Dieu lui-même, parce qu’elle doit vivre de l’esprit de Dieu même ».
« Tous les êtres de la création ont besoin de se nourrir pour vivre, c’est pour cela que le Bon Dieu a fait croître les arbres et les plantes ; c’est une table bien servie où tous les animaux viennent prendre chacun la nourriture qui lui convient. Mais il faut aussi que l’âme se nourrisse... Lorsque Dieu voulut donner une nourriture à notre âme pour la soutenir dans le pèlerinage de la vie, Il promena ses regards sur la création et ne trouva rien qui fût digne d’elle. Alors Il se replia sur lui-même et résolut de se donner...  ».
« « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous l’accordera ». Jamais nous n’aurions pensé à demander à Dieu son propre fils. Mais ce que l’homme ne peut pas dire ou ne pas concevoir, et qu’il n’eût jamais osé désirer, Dieu dans son amour, l’a dit, l’a conçu et l’a exécuté. Eussions-nous jamais osé dire à Dieu de faire mourir son Fils pour nous, de nous donner sa chair à manger, son sang à boire ? Si tout cela n’était pas vrai, l’homme aurait donc pu s’imaginer des choses que Dieu ne peut pas faire ; il serait allé plus loin que Dieu dans les inventions de son amour. Cela n’est pas possible ».

le saint curé exprime son admiration devant ce sacrement qui nous donne le Ciel sur la terre :
« O homme, que tu es heureux, mais que tu comprends peu ton bonheur ! Si tu le comprenais, tu ne pourrais pas vivre... Oh ! non, bien sûr, tu ne pourrais pas vivre !... Tu mourrais d’amour !... Ce Dieu se donne à toi... tu peux l’emporter, si tu veux... où tu veux... il ne fait plus qu’un avec toi  ».
«  Si l’on pouvait comprendre tous les biens renfermés dans la sainte communion, il n’en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l’homme. L’avare ne courrait plus après ses trésors, l’ambitieux après la gloire ; chacun quitterait la terre en secouant la poussière et s’envolerait vers le ciel ».
«  Quand nous avons communié, si quelqu’un nous disait : qu’emportez-vous dans votre maison ? Nous pourrions répondre : J’emporte le Ciel  ».

Et, enfin, il nous encourage à bien faire nos communions, à nous approcher avec l’âme bien préparée, et surtout, avec un grand désir de communier et de nous unir à Dieu et vivre avec Lui. Les effets et les fruits de la communion sont en lien étroit avec cette préparation intérieure :
«  Quand on fait la sainte communion, on sent quelque chose d’extraordinaire, un bien-être qui parcourt tout le corps et se répand jusqu’aux extrémités. Qu’est-ce que ce bien-être ? C’est Notre-Seigneur qui se communique à toutes les parties de notre corps et les fait tressaillir... Ceux qui ne sentent tout à fait rien sont bien à plaindre ! »
« Une communion bien faite suffit pour embraser une âme de l’amour de Dieu et lui faire négliger la terre  ».
« On sait quand une âme a reçu dignement le sacrement de l’Eucharistie... elle est humble, elle est douce, elle est mortifiée, charitable et modeste, elle s’accorde avec tout le monde. C’est une âme capable des plus grands sacrifices ; enfin elle n’est plus reconnaissable ».

Que la TS Vierge Marie, Notre Dame du Saint Sacrement, nous accorde les bonnes dispositions pour recevoir dignement et avec beaucoup de fruit et de bonheur son Fils bien-aimé dans l’Eucharistie, notre Pain de Vie.

Ainsi soit-il.










 

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