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Saint Marc (chapitre 10, verset 43)

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Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent 2017 (JGA).

  Publié le lundi 4 décembre 2017 , par Philippe Roy

« Veillez ! »

Comment, à l’invitation de notre Seigneur, être des âmes vivantes ? Qu’allons-nous pouvoir mettre en œuvre pendant cet Avent qui pourra nous réveiller, qui pourra renouveler notre ferveur, notre ardeur à attendre, notre prédication ?


« Etes-vous des âmes vivantes ? », voila une question que Léon Bloy posait souvent à ses amis.
Redoutable question ! Qu’est ce qu’une âme vivante ? Une âme vivante est une âme qui n’est pas habituée. Une âme habituée est une âme qui ne veille plus, une âme qui ne se tient plus sur ses gardes, une âme qui ne cherche plus, une âme morte. Il est clair que nous vivons dans une époque où se côtoient des âmes blasées, des âmes qui ne savent plus comment se divertir.
Comment pallier cette angoisse profonde qu’est le fait d’exister sans Dieu.
Le mot d’ordre de l’Évangile de saint Marc est répété trois fois en ce dimanche avec insistance : « Veillez !  ».
« Veillez !  » : Pourquoi ? Il est venu, Il vient et Il viendra. Qui donc ? Mais Jésus ! Lumière née de la Lumière, Dieu né de Dieu, notre Sauveur ! C’est cela l’Avent, l’adventus : nous célébrons celui qui vient dans les sacrements de l’Église, qui reviendra dans la gloire, celui qui s’est incarné ! L’Éternel est advenu dans le temps, le Créateur dans la créature, l’Inénarrable dans le discours, l’Inexplicable dans la parole, l’Invisible dans le monde visible, l’Impalpable dans le tangible. Dieu tout entier, sans être en rien changé, a assumé une humanité toute entière pour nous sauver.

Ce temps liturgique comporte donc la mémoire des trois avènements du Christ : sa naissance, historique, parmi les hommes, dans la crèche il y a 2000 ans ; sa venue, future, dans la gloire lors de la parousie, la fin du monde, et sa venue, actuelle, dans nos vies par sa grâce.
Un grand converti du siècle passé, le bienheureux John Henry Newman, anglican devenu célèbre dans l’Église catholique, proposait cette observation qui nous bouleverse tous : « Quels qu’ils soient les vrais chrétiens veillent ; et les chrétiens peu solides ne veillent pas  ».

Ce temps de l’Avent nous est proposé pour nous remettre en chemin. Pour nous réveiller. Pour relever la tête ! Alors la question se pose : comment, à l’invitation de notre Seigneur, être des âmes vivantes ? Qu’allons-nous pouvoir mettre en œuvre pendant cet Avent qui pourra nous réveiller, qui pourra renouveler notre ferveur, notre ardeur à attendre, notre prédication ? Pour méditer sur cela, les textes de l’Ecriture que nous avons entendus ainsi que les différentes prières de la liturgie dessinent un double mouvement qui en fait n’en est qu’un.
Contempler ! Nous sommes d’abord invités à fixer notre regard sur le bien que nous poursuivons "la rencontre du Seigneur", son avènement.
Agir ! Puis nous sommes appelés à intégrer l’attente de ce salut dans l’épaisseur de notre vie : « veillez ! », nous est-il dit.

Il en est un peu comme de la randonnée en montagne : la perspective de jouir d’une vue magnifique au sommet, motive notre marche, marche qui nécessite de bien se préparer, d’avoir de bonnes chaussures, un manteau efficace et un bon casse-croute.
De la même manière le temps de l’Avent est traversé par une profonde espérance qui est appelée à s’épanouir en paix, dans la joie. Il nous rappelle que nous sommes sauvés mais que ce salut doit encore se révéler.
Cette tension entre le "déjà-là" et le "pas-encore" est symptomatique du combat spirituel que nous menons : vivant déjà de la vie de Dieu par notre baptême nous jouissons déjà de Dieu lui-même : « dans le Christ vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu » nous dit saint Paul ; mais ce n’est pas encore le sommet de la vision bienheureuse qui sera atteint après notre randonnée terrestre et lorsque le Christ reviendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts.
Alors que mettrons-nous dans notre sac de « veilleur » pour attendre ? Que mettrons-nous dans notre sac de randonneur pour atteindre le sommet ? Pour veiller il faut une lampe : une lumière sur ma route ta Parole Seigneur.
Pour attendre aussi longtemps qu’il sera nécessaire, il faut se nourrir : l’Eucharistie fortifiera en nous l’amour de Dieu.
Pour faire de la randonnée il faut pouvoir repartir après un coup de pompe : le Pardon du Seigneur nous remettra dans la bonne voie.
L’Eglise nous invite aussi dans ce temps de l’Avent à faire quelques sacrifices et à vivre la Miséricorde.

Il y a donc un aspect important de conversion dans ce temps. Le temps de l’Avent, c’est le violet des ornements liturgiques (signe de conversion et de pénitence dans l’Eglise), c’est le Gloria en moins à la messe du dimanche (vous remarquerez qu’il y a quelque chose en moins au début !) ; c’est le dépouillement de l’église et du chœur : selon les règles liturgiques, on ne doit plus fleurir, ou beaucoup moins en tous cas puisque la sobriété doit primer (sauf éventuellement une couronne de l’Avent) et l’orgue ou tout autre instrument doit se taire pendant les liturgies, sinon pour accompagner le chant tout simplement. Bref, l’Avent, un peu à l’image du Carême, est un temps de pénitence et de conversion. Les anciens parmi nous se rappelleront que l’Avent était appelé autrefois « le petit carême ».

Au fond, que veut dire "Veiller" et à quelle conversion suis-je appelé dans l’Avent ? La conversion, c’est décider de suivre Jésus ! C’est déjà difficile ; mais une deuxième conversion nous appelle à aller encore plus loin dans notre désir de suivre le Christ : préférer Jésus et le préférer à toutes choses.
Ouvrons les yeux, frères et sœurs, avant qu’il ne soit trop tard ! Veillons ! Veillons sur nous ! Nous avons entendu ces paroles terribles du prophète Isaïe : «  Nous avons irrité le Seigneur par notre obstination dans le péché, nous sommes desséchés comme des feuilles mortes ». Que voulez-vous faire de plus ? Avons-nous le cœur desséché à ce point ?
Veillons sur les autres ! Saint Dominique dans sa prière nocturne criait vers le Seigneur : « Que vont devenir les pécheurs ? » Vous est-il arrivé de vous réveiller en pleine nuit et là, de prendre un chapelet, de parler au Seigneur pour ceux qui crient leur souffrance dans les hôpitaux, pour ceux qui à ce moment-là meurent, vendent leur corps ou bien achètent celui des autres ? Que vont devenir les pécheurs ? Qu’allons-nous devenir, Seigneur, nous sommes tous l’ouvrage des tes mains.

Que l’Esprit Saint embrase notre cœur du désir de Dieu qui est une authentique attente !
Veillons, frères et sœurs ! La vie éternelle est à ce prix. Nous avons assez perdu de temps !

Que la Vierge-Marie, elle qui sut attendre dans la paix et la confiance, nous accompagne, qu’elle fortifie notre espérance. Soyons des âmes vivantes. Bon Avent.

Ainsi soit-il.










 

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