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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

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Homélie pour le 1er dimanche de Carême 2018 (EA).

  Publié le dimanche 25 février 2018 , par Philippe Roy

L’orgueil.

Par la foi nous avons la possibilité de connaître et de jouir d’une vérité qui nous dépasse et qui nous sauve et qui n’as pas d’origine en nous-même. Cette foi est donc un des grands remèdes contre l’orgueil, car par la foi l’esprit de l’homme s’ouvre à l’Esprit de Dieu de telle manière qu’ils communiquent


Pendant ces dimanches de carême, temps de préparation pour la Pâque, temps d’accompagnement de Jésus dans son combat au désert contre le mal, temps de purification de notre cœur pour aimer Dieu davantage, nous allons étudier, avec la grâce de Dieu, une partie fondamentale de la morale chrétienne : les sept péchés capitaux.
Comme il n’y a que cinq dimanches de carême, on les verra assez brièvement en essayant que cela reste un enseignement plutôt pratique que théorique, afin que vous ayez des éléments qui vous aident dans votre travail spirituel pendant ce précieux temps pour vous tourner un peu plus vers notre Bon Dieu.

Pourquoi choisir les péchés capitaux ?
Parce que ces sept vices sont à la racine de tous les maux et de tous les péchés. En fait, le nom de capital vient de ce qu’ils sont tous plus ou moins présents en tous les hommes et qu’ils sont à l’origine de beaucoup d’autres péchés. Capital, donc, ne veut pas dire “mortel” mais que ces vices sont des tendances mauvaises antérieures à tous les péchés, comme une mère avec ses filles. Les péchés capitaux sont à la tête de péchés dérivés ; si l’on évite les péchés capitaux, on évite aussi les autres. Et si l’on s’y attaque on fera régresser aussi les autres. Voilà notre grand intérêt.
Alors, lorsqu’on veut vaincre un défaut ou un péché qui nous domine, il est convenable d’aller chercher la racine, pour le tuer définitivement et pour qu’il ne pousse plus dans notre vie.

Les sept péchés capitaux sont comme les sept démons de la femme de l’évangile, Marie de Magdala, qui fut libérée par Jésus. Nous avons tous ces sept démons, heureusement pas tous en même temps et avec la même intensité. Souvent chacun a un péché dominant, qui est plus enraciné en lui et qui est la cause de la plupart de ses vices et fautes. Il nous faudra donc, avec la grâce de Dieu, découvrir, si on ne le connaît pas encore, notre vice ou péché dominant pour pouvoir se surveiller et le vaincre en plantant à sa place la vertu contraire, son remède.
Il faut bien comprendre la nature de ces péchés capitaux. Ils sont les sept idoles de l’âme. Par ces péchés on se crée une idole à la place de Dieu.

Pourquoi cela ?
Saint Thomas d’Aquin expliquait que le péché capital exerce un rôle de finalité : soit un bien désirable que l’on recherche, soit un mal dont on veut s’éloigner.
Du côté des biens il y a quatre péchés capitaux, que l’on peut mettre en opposition avec les vœux religieux :
le bien de l’âme : désir d’être soi-même sa propre excellence, bonheur, pouvoir : c’est le péché d’orgueil, contraire au vœu d’obéissance ; le bien du corps : concerne non seulement la sexualité, mais aussi la nourriture : ce sont les péchés de luxure et de gourmandise, contraires au vœu de chasteté ;
les biens extérieurs : c’est le péché d’avarice, contraire au vœu de pauvreté. Pécher c’est manquer son but. On se met au centre du monde. Les biens matériels prennent la place de Dieu, au moins pour ces quatre péchés capitaux. Pour les trois autres péchés, on fuit ce que l’on considère comme un mal : l’acédie, ou paresse : aller vers Dieu c’est exigeant. Dans l’acédie on craint la difficulté sensible, du coup on baisse les bras, on choisit la facilité. Crainte de l’effort ;
la jalousie : je me sens menacé par le bien du prochain, alors je dénigre. la colère : réaction vive. On réagit contre quelque chose que l’on considère injuste, mais de façon disproportionnée.

L’orgueil. Aujourd’hui nous commençons par l’orgueil, car c’est le péché capital par excellence.
« L’orgueil est une déviation de ce sentiment légitime qui nous porte à estimer ce qu’il y a de bon en nous et à rechercher l’estime des autres dans la mesure où elle est utile aux bonnes relations que nous devons avoir avec eux. Assurément on peut et on doit estimer ce que Dieu a mis de bon en nous, en reconnaissant qu’il en est le premier principe et la dernière fin : c’est un sentiment qui honore Dieu et qui nous porte à nous respecter nous-mêmes. On peut aussi désirer que les autres voient ce bien, l’apprécient et en rendent gloire à Dieu, de même que nous devons reconnaître et estimer les qualités du prochain : cette estime mutuelle ne fait que favoriser les bonnes relations qui existent entre les hommes.
Mais il peut y avoir déviation ou excès dans ces deux tendances. On oublie parfois que Dieu est l’auteur de ces dons et on se les attribue à soi-même : ce qui est un désordre, puisque c’est nier au moins implicitement que Dieu soit notre premier principe. De même on est tenté d’agir pour soi ou pour gagner l’estime des autres au lieu d’agir pour Dieu et de lui rapporter tout l’honneur de ce que nous faisons : c’est un désordre, puisque c’est nier, implicitement du moins, que Dieu soit notre dernière fin. Tel est le double désordre qui se trouve dans ce vice.
On peut donc le définir : un amour désordonné de soi-même qui fait qu’on s’estime, explicitement ou implicitement, comme si l’on était son premier principe ou sa dernière fin. C’est une sorte d’idolâtrie, parce qu’on se regarde comme son dieu
 » (Abbé Adolphe Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique).

L’orgueil a différentes facettes : c’est l’amour propre, la suffisance, la vanité, la gloriole, le mépris, l’arrogance, l’autosatisfaction. C’est l’amour désordonné, démesuré de soi-même.
L’orgueilleux place sa personnalité au centre du monde et même au centre de lui-même. Il se croit supérieur aux autres et ce qui est le pire, il peut se croire supérieur à Dieu.

Quelle est la malice de ce péché ?
Pour bien juger de cette malice, on peut considérer l’orgueil en lui-même ou dans ses effets.
En lui-même : l’orgueil proprement dit, celui qui consciemment et volontairement usurpe, même implicitement, les droits de Dieu, est un péché grave, le plus grave même des péchés dit saint Thomas, car il ne veut pas se soumettre au souverain domaine de Dieu ou il ne reconnaît pas que Dieu soit le premier principe de tout le bien en lui ou, enfin, il nie le droit de Dieu d’être notre fin dernière.
Dans ses effets : Les Pères de l’Église enseignent avec raison qu’il est la racine de tous les autres vices et que de plus il corrompt les bonnes actions que l’on fait par vanité.
Ce terrible vice nous prive de beaucoup de grâces et de mérites. Nous lisons dans la Parole de Dieu : «  Dieu disperse les superbes ». « Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais aux humbles il accorde sa grâce. Dieu élève les humbles ». « Bienheureux les pauvres de cœur… ».
Et, enfin, l’orgueil est une source de nombreuses fautes et d’autres graves péchés, que l’on appelle ses filles : la présomption, l’ambition, la vaine gloire ou vanité, l’égoïsme, l’ostentation, l’hypocrisie, la jactance, etc... et la liste peut continuer presque sans fin.

Critères pour discerner la présence du péché ou les formes de ce vice de l’orgueil.
L’orgueilleux vit pour lui, il a évacué Dieu, il agit pour lui et non pour la gloire de Dieu, il vit par lui, il a du mal à recevoir des autres et de Dieu, il n’a pas tellement besoin des autres. La sainteté c’est entrer dans une bonne relation avec Dieu et avec les autres.
L’indépendance.
Le curé d’Ars disait que lorsque l’on est orgueilleux on maîtrise son existence, c’est la suffisance.
Avoir toujours raison, être incapable de demander de l’aide, ne pas supporter et reconnaître la critique, accuser les autres, se mettre en avant, se valoriser…

Remèdes :
Contre l’orgueil, le sommet de toute malice nous avons, en premier lieu, la vertu de la foi, la plus haute sur la terre.
La foi : croire à quelqu’un... et l’orgueil est le contraire, c’est croire à soi-même.
Foi humaine.
Il y a une vertu humaine. Je crois à un autre, pour lui-même, je lui fais confiance. C’est l’attitude principale d’un élève, d’un disciple. Il nous faut, pendant notre vie, avoir une foi humaine en beaucoup d’hommes, qui sont passés avant nous et qui nous enseignent beaucoup de choses. L’orgueilleux ne peut pas vivre en paix, il doutera de tout le monde, parce qu’il ne croit qu’en soi-même. Il ne pourra pas avoir des véritables et saines relations avec ses frères.
Foi chrétienne.
Et, il y a aussi une autre foi, supérieure, la foi chrétienne. C’est la foi en Dieu, mais qui nous a été révélée par Jésus-Christ. Et comme Jésus est le fils de Dieu, il est bien digne de confiance, plus que n’importe quelle personne. Par cette foi, nous croyons dans la Parole du Christ de tout notre cœur, avec une soumission totale, sans pouvoir en douter dans l’absolu. Et tout ce que l’Église nous enseigne comme venant du Christ, nous le croyons aussi fermement.
Par le moyen de la foi, donc, nous avons la possibilité de connaître et de jouir d’une vérité qui nous dépasse et qui nous sauve, et qui n’as pas d’origine en nous-même. Cette foi est donc un des grands remèdes contre l’orgueil, car par la foi l’esprit de l’homme s’ouvre à l’Esprit de Dieu de telle manière qu’ils communiquent et toute la sagesse, toute la bonté et toute la beauté de Dieu entrent dans notre esprit et nous nous en jouissons comme si c’était les nôtres propres.
L’homme passe d’une certitude puisée en lui-même, qui est le principe de l’orgueil, en une autre certitude qui est puisée en l’autre qu’il aime. Rien de plus contraire à l’orgueil que d’être dans cette attitude de soumission, d’obéissance et confiance.
Cette foi casse la clôture du cœur orgueilleux qui se regarde et s’aime seulement soi-même et ouvre l’esprit vers Dieu et vers ses supérieurs ou ses frères qui lui parlent de la part de Dieu.

D’autres remèdes pour combattre l’orgueil :
Pascal dit que le salut de l’orgueilleux c’est l’humour, « hu » de humilité et « mour » de amour.
Le vrai humour. Savoir rire de soi. Ne pas se prendre trop au sérieux. Nous devons donc désirer l’humilité. Attention, ce n’est pas tomber dans la pusillanimité ! On peut faire de grandes choses dans l’humilité. On accepte des humiliations sans râler, on reconnaît que l’on s’est trompé. Il faut surtout reconnaître que, par nous-mêmes, nous ne sommes que néant. On a tout reçu d’en haut. La seule chose qui nous appartient vraiment est le péché.
Prendre conscience de la gravité de l’orgueil : Dieu a une aversion particulière pour l’orgueil. Attention, on peut vouloir prendre la place de Dieu !
Apprendre à se tourner davantage vers Dieu.
Cultiver la discrétion.
Apprendre à accepter ses émotions. Accepter de pleurer par exemple.
Apprendre à reconnaître ses dettes : on vit aussi par les autres. Sans les autres et sans Dieu on ne serait rien.

Dans ce combat du Carême que nous commençons, confions-nous à la protection de notre Mère du Ciel, la Très Sainte Vierge Marie. Personne sur la terre n’a été aussi humble qu’elle. Qu’elle nous guide et nous accompagne dans de chemin de purification de notre cœur.
Qu’elle nous aide à découvrir notre vice dominant et à lutter sans relâche pour le chasser de notre âme, afin que son Fils, Jésus-Christ, puisse y régner maintenant et pour les siècles de siècles.

Ainsi soit-il.










 

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