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Homélie pour la solennité du Baptême du Seigneur 2019 (JA).

  Publié le lundi 14 janvier 2019 , par Philippe Roy

C’est Celui qui est sans péché qui se place parmi les pécheurs pour se faire baptiser, pour accomplir ce geste de pénitence ; le Saint de Dieu s’unit à ceux qui se reconnaissent comme ayant besoin de pardon et demandent à Dieu le don de la conversion.


Seulement trois semaines après la fête de la naissance de Jésus, notre Mère l’Eglise nous invite à nous réjouir à l’occasion de la fête du baptême de notre Seigneur. Il ne s’agit pas du baptême de l’Enfant, mais de Jésus adulte. Des années se sont passées, Jésus a déjà 30 ans ; pourquoi donc unir ces deux fêtes du Seigneur, Noël et le Baptême ?

Ecoutons saint Maxime de Turin ( Liturgie des heures, Lectures, 11 janvier) nous donner la réponse :
« Il est dans l’ordre, en effet, qu’après le jour de la naissance du Sauveur, bien des années plus tard mais à la même époque, vienne cette fête [du Baptême], que l’on doit, à mon avis, appeler aussi la fête de sa nativité.
Né alors pour les hommes, il renaît aujourd’hui dans les sacrements. Alors, il a été mis au monde par la Vierge, aujourd’hui il a été engendré par le mystère. Là, lorsqu’il naît à notre humanité, sa mère Marie le réchauffe dans son sein ; ici, lorsqu’il est engendré selon le mystère, Dieu le Père l’accueille par sa parole. Il dit en effet : “Celui-ci est mon Fils en qui j’ai tout mon amour. Écoutez-le”. Sa Mère, en l’enfantant, le caresse tendrement sur son sein, le Père le soutient par un affectueux témoignage ; sa Mère le présente à l’adoration des Mages, le Père le manifeste aux nations pour qu’elles le vénèrent
 ».

Je retiens une idée de cette parole de saint Maxime : Lors de son baptême, le Christ « renaît dans les sacrements ». Voilà ce qui motive d’une manière spéciale aujourd’hui notre joie. Car notre “contact”, notre “unité” avec le Christ se réalise, devient réel, à travers les sacrements. C’est déjà une grande joie la naissance de Jésus il y a plus de deux mille ans, et que nous rappelons chaque année en la fête de Noël, mais cela reste loin de nous, très loin dans l’histoire. Par contre c’est grâce aux sacrements que nous avons un accès réel à ce qui s’est passé il y a longtemps ; c’est grâce aux sacrements que nous pouvons entrer en communion avec le Christ, qui est né, qui a été baptisé, qui a fait des miracles, qui est mort et ressuscité pour nous.
Et cette vérité devient si réelle que saint Paul peut dire, et tout chrétien avec lui : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi  » (Gal 2, 20). Grâce aux sacrements, grâce spécialement au baptême.
Il s’agit là d’une grande miséricorde de la part de Dieu : « lorsque Dieu, notre Sauveur, dit saint Paul, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême [inauguré aujourd’hui par Jésus], il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle » (Tite 3). Voilà la grande miséricorde !

Ce don immense exige de nous de bien vouloir conformer notre vie à celle de Jésus Christ. L’apôtre dit encore : « cette grâce nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété »… Cette grâce, comme nous l’avons déjà dit c’est Jésus Christ lui-même présent dans notre vie.

Le Pape Benoît XVI, dans son homélie du 13 janvier 2013 pour la fête du baptême du Seigneur, décrivait ainsi ce don de la miséricorde introduit par le baptême : « Désormais devenu adulte, Jésus commence son ministère public en se rendant au fleuve Jourdain pour recevoir de Jean un baptême de pénitence et de conversion. Il se produit ce qui à nos yeux pourrait apparaître paradoxal. Jésus a-t-il besoin de pénitence et de conversion ? Assurément pas. Et pourtant, c’est précisément Celui qui est sans péché qui se place parmi les pécheurs pour se faire baptiser, pour accomplir ce geste de pénitence ; le Saint de Dieu s’unit à ceux qui se reconnaissent comme ayant besoin de pardon et demandent à Dieu le don de la conversion, c’est-à-dire la grâce de revenir à Lui de tout leur cœur, pour lui appartenir complètement. Jésus veut se mettre du côté des pécheurs, devenant solidaire avec eux, exprimant la proximité de Dieu. Jésus se montre solidaire avec nous, avec notre difficulté à nous convertir, à abandonner nos égoïsmes, à nous détacher de nos péchés, pour nous dire que si nous l’acceptons dans notre vie, Il est capable de nous relever et de nous conduire à la hauteur de Dieu le Père. Et cette solidarité de Jésus n’est pas, pour ainsi dire, un simple exercice de l’esprit et de la volonté. Jésus s’est réellement plongé dans notre condition humaine, il l’a vécue jusqu’au bout, en dehors du péché, et il est en mesure d’en comprendre la faiblesse et la fragilité. C’est pourquoi il ressent de la compassion, il choisit de “souffrir avec” les hommes, de devenir pénitent avec nous. Telle est l’œuvre de Dieu que Jésus veut accomplir : la mission divine de panser celui qui est blessé et de soigner celui qui est malade, de prendre sur lui le péché du monde ».

Suivant la Tradition, lors du baptême le célébrant pose aux parents, aux parrains et aux marraines, la question : « que demandez-vous à l’Église de Dieu [pour vos enfants] ?  » ; et à leur réponse : « Le Baptême  » ou « la foi  », il réplique : «  Et le Baptême [la foi], que nous offre-t-il ? ». « La vie éternelle  », répondent-ils. Voici une superbe réalité : la personne humaine, à travers le Baptême, entre en une relation unique et singulière avec Jésus avec le Père, de façon à ce que les paroles qui résonnent du ciel au moment du baptême du Fils Unique, deviennent véritables pour chaque homme et chaque femme qui renaît de l’eau et de l’Esprit Saint : « Tu es mon Fils bien-aimé  ».

Combien il est grand le don du Baptême et des sacrements ! Si nous nous en rendions pleinement compte, notre vie deviendrait un « merci » continu, telle la vie de la Vierge Marie, qui n’a pas cessé et ne cesse pas encore de magnifier le Seigneur. Qu’Elle nous entraine à sa suite.

Ainsi soit-il.










 

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