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Homélie pour la solennité du Christ Roi de l’univers 2017 (EA).

  Publié le lundi 27 novembre 2017 , par Philippe Roy

L’amour est le grand commandement du Christ. L’amour est le signe pour être identifier comme chrétiens, fils du Royaume. L’amour sera notre juge au dernier jour. Jésus nous dit que son jugement sera un jugement d’amour. « Vous serez jugé sur l’Amour » nous dit aussi Saint Jean de la Croix. Dès la Croix, Jésus nous invite à participer à son règne. C’est à chacun de nous de choisir.


Une fois encore, comme chaque année lors du dernier dimanche du temps ordinaire, nous célébrons la fête du Christ, Roi de l’univers. L’Eglise nous invite à anticiper par la liturgie le seul mystère de la vie de Jésus qui n’a pas encore eu lieu : la seconde venue et le jugement dernier.

Pourquoi célébrons-nous le Christ comme roi de l’univers ? A quoi cela sert-il ? Peut-on affirmer aujourd’hui que Jésus est le roi de tout l’univers ?

Lorsque nous célébrons Noël nous revivons un événement réel, passé, très connu dans l’histoire, pour y prendre part, pour en accueillir les fruits spirituels dans notre âme.
Mais, cette fête d’aujourd’hui : “Christ Roi de l’univers” est-elle passée ou à venir ? Comment faut-il la vivre ?

L’Evangile nous parle plusieurs fois du Christ comme roi ou du règne certain de Jésus :
Mt 21,5 « Dites à la fille de Sion : Voici que ton roi vient à toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et sur un ânon, fils de celle qui porte le joug ».
Mt 22,2 « Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils ».
Mt 27,11 « Jésus comparut devant le gouverneur, et le gouverneur l’interrogea, en disant : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus dit : Tu le dis  ».
Mt 27,37 « Au-dessus de sa tête ils mirent un écriteau indiquant la cause de sa condamnation : " Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ».
Mc 15,32 « Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions  » .
Lc 19, 38 Entrée triomphale : « Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel, et gloire au plus haut des cieux » . Jn 1,49 « Nathanaël lui répondit : Rabbi, vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le Roi d’Israël ». Jn 6,15 « Sachant donc qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, seul, sur la montagne  ».

Le Royaume est mentionné plus de cent fois dans les évangiles :
Appel : Mt 3,2 « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche ».
Promesse : Mt 5,3 «  Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ».
Présence actuelle : Mt 12,28 « Mais si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc arrivé à vous ».

Et, Jésus, dans la parabole d’aujourd’hui, se présente lui -même comme le Fils de l’homme, comme un Roi qui est en train de rendre la justice.
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire ... Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite ... ». Il y a une continuité voulue dans le récit. Lui, le Fils de Dieu et Fils de l’homme est le Roi de l’Univers.

Il est donc clair que l’Évangile proclame la royauté de Jésus. Mais nous pouvons nous poser la question : avait-il le droit d’être roi ? Ou plus simplement, sur quoi fonde-il sa royauté ?

Le fondement de son règne est multiple et très solide.
D’abord, Jésus est roi par nature, en tant que Dieu et créateur de l’univers. Comme dit saint Jean dans le prologue de son Évangile : « le Verbe de Dieu, par qui et en qui tout a été fait ».
Puis, il a le droit de royauté grâce à la Rédemption, il a payé notre rançon, il nous a racheté par son sang, c’est le droit de conquête : « sachant que vous avez été affranchis de la vaine manière de vivre que vous teniez de vos pères, non par des choses périssables, de l’argent ou de l’or, mais par un sang précieux, celui de l’agneau sans défaut et sans tache, le sang du Christ » (1 P 1,18-19).
Ensuite, car Il est la tête de l’Eglise, il a la plénitude de la grâce qu’il nous donne par les sacrements. (Jn1, 14)
Enfin, le Christ est roi par le droit d’héritage, car il est le Fils Unique de Dieu, et le premier né d’une multitude de frères. Saint Paul affirme : « que Dieu l’a constitué héritier de toutes choses ». (Héb 1,2)
C’est pour cela que l’Apocalypse décrit l’Agneau Souverain, revêtu d’un manteau où il est écrit : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».

Malgré cette doctrine, qui paraît très logique et convaincante, aujourd’hui on a du mal à croire à la royauté de Jésus. Il suffit de regarder, d’écouter un peu les informations ou de sortir dans la rue pour imaginer que c’est plutôt le diable qui règne dans ce monde.

La réponse se trouve aussi dans l’Evangile. Jésus-Christ est roi d’une double manière.

Après sa première venue et jusqu’à la fin du monde, il est un roi humble, caché, pauvre et même faible... on le verra ainsi tout au long de l’Evangile.
Jésus nous montre que le sens de sa royauté est de se mettre au service des autres. Il a exercé sa fonction de Maître en lavant les pieds de ses disciples (Jn 13,4) et il a régné en donnant sa vie. Jésus-Christ règne d’abord à partir d’un humble berceau, une mangeoire et ensuite à partir d’un trône pas très confortable, c’est à dire, la Croix.
Et il nous a enseigné que son Royaume pendant tout ce temps de notre histoire est surtout intérieur, spirituel, caché : comme la levure dans la pâte, ou le tout petit grain de moutarde, ou la semence sous la terre. C’est le Royaume de la grâce de Dieu dans nos cœurs, que nous recevons par la foi et qu’il faut faire fructifier et grandir par la charité.
Il a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde… » (Jn 18, 36). En parlant justement de ce royaume invisible et intérieur, qui s’exprime dans l’amour. Par sa mort il a détruit le règne du péché, le pouvoir de Satan. Et par sa résurrection il nous a donné sa grâce, qui nous transforme de l’intérieur, en nous donnant un cœur nouveau, une vie nouvelle, sur laquelle Il peut désormais régner, car Il est maintenant le Roi pour tous ceux qui Lui obéissent et vivent sa vie.

Mais à la fin des temps, lorsqu’il viendra pour la deuxième fois dans la Gloire, commencera avec le jugement dernier, qui sera universel, son Royaume glorieux, visible et définitif. C’est cela que Jésus décrit dans l’Evangile d’aujourd’hui en utilisant la métaphore des brebis et des boucs.

En célébrant la fête du Christ Roi, nous voulons nous rappeler et célébrer cette double royauté de notre Seigneur Jésus-Christ, pour l’honorer, lui rendre gloire, mais aussi pour apprendre à vivre comme les fils de son royaume.
Il y a une unité et une continuité entre son royaume spirituel de maintenant et son règne glorieux à la fin des siècles.
Pour être comptés parmi les brebis qui seront à sa droite il nous faut dès maintenant vivre comme Il a vécu et avec Lui. Et la clé de tout, le secret pour appartenir à son royaume et mériter d’être dans les fils du Roi du Ciel, c’est la charité.

L’amour a été son grand commandement. L’amour, comme l’affirme saint Jean dans sa lettre, est le signe pour être identifier comme chrétiens, fils du Royaume. L’amour sera notre juge au dernier Jour. Jésus, dans cet Evangile, nous montre que son jugement sera un jugement d’amour. « Vous serez jugé sur l’Amour » nous dit aussi Saint Jean de la Croix. Dès la Croix, Jésus nous invite à participer à son règne. C’est à chacun de nous de choisir.

Prions la Reine du Ciel, notre Mère à tous, pour qu’elle nous accorde la grâce d’avoir la vie de Jésus dans nos cœurs (le royaume de la grâce), de la partager et la faire grandir par la charité, par une féconde vie de miséricorde. Ainsi, quand Jésus arrivera pour la deuxième fois dans sa gloire et sa majesté, nous aurons un jugement de miséricorde, nous écouterons le consolateur « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde  » et nous jouirons du bonheur parfait pour toute l’éternité.

Ainsi soit-il.










 

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