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Homélie pour la solennité de la Nativité du Seigneur 2018(JA).

  Publié le mercredi 26 décembre 2018 , par Philippe Roy

C’est à nous de prendre notre Mère chez nous comme l’a fait l’apôtre Jean. A nous de l’invoquer et de la supplier constamment comme l’enfant le fait avec sa mère. Rappelons-nous les paroles adressées à saint Juan Diego par la Vierge Marie à Guadalupe : « Que ton cœur ne se trouble pas […] ne suis-je pas là, moi ta Mère  ».


En cette nuit sainte de Noël portons notre attention sur le mystère inouï d’un Dieu qui se fait homme et naît dans une étable. Et pour nous aider à nous plonger dans ce mystère je voudrais développer une idée tirée d’une courte phrase de l’exhortation Evangelii gaudium où le Pape François dit : « Marie est celle qui sait transformer une grotte pour animaux en maison de Jésus  » (E. g. nº 286).

Je vous propose trois points de réflexion afin de développer cette parole.

Une grotte pour animaux.
Marie et Joseph en cette nuit froide et obscure n’ont trouvé qu’une grotte pour animaux, une crèche, une étable, où mettre au monde Jésus, le sauveur. Notre âme à cause du péché ressemble bien à une « grotte pour animaux ». Le péché en effet nous brutalise, en nous enlevant la qualité propre aux humains qu’est la liberté (le bon usage de la raison et de la volonté).
Déjà dans la mythologie grecque et latine on trouve présente cette idée : les vices, les péchés représentés par l’image d’un animal, un être dépourvu d’intelligence et qui par conséquent n’a pas de liberté, qui se laisse guider par ses instincts.
Dans la Divine Comédie le poète Dante a recours également à ce type d’allégorie. Ainsi dans le récit de l’Enfer, le poète se voit entravé par trois bêtes féroces : un lynx, allégorie de la luxure ; un lion, symbole de l’orgueil et une louve représentant l’avarice, les trois vices à la base de tous les maux.
A ce moment-là le poète entend qu’on lui dit : « Cette bête, devant laquelle tu cries, ne laisse passer aucun homme là où elle se trouve, elle s’oppose même tellement à sa marche qu’elle finit par le tuer ; sa nature est si mauvaise et si perverse qu’elle ne satisfait jamais son désir insatiable, qu’après avoir dévoré, elle a plus faim qu’auparavant  ». (Enfer, chant I, 94-99). Cela décrit remarquablement ce que le péché cause à l’âme.
De la même manière on peut trouver les sept péchés capitaux représentés par des animaux ; par exemple : l’ours, symbole de la gloutonnerie. L’âne, symbole de la paresse. Le lion, symbole de l’orgueil. Le chien symbolise l’impudicité, la luxure. Le sanglier, symbole de la colère et de la violence. Une espèce de félin symbole de l’avarice… (Allégorie des sept péchés capitaux, Paris, 1463).
D’ailleurs cette allégorie n’est pas absente des Saintes Ecritures. Le psaume 79 en parlant du peuple élu, appelé ici la « vigne du Seigneur », qui dévie à cause de son infidélité, dit : « Tous les passants du chemin la grappillent et le sanglier des forêts la ravage  ».
Le Psaume 21 qui décrit la Passion du Christ chargé de nos péchés dit : «  des chiens me cernent, une bande de vauriens m’entoure » ; «  arrache-moi aux griffes du chien ; sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles ».
« Marie est celle qui sait transformer une grotte pour animaux en maison de Jésus  »

Maison de Jésus.
D’abord c’est le Ciel où il habite avec le Père et le Saint Esprit. C’est aussi le sein de la Vierge Marie où il s’est fait homme ; mais spécialement c’est l’âme de Marie, la toute-pure, l’Immaculée, celle qui a gardé le mieux les commandements de son Fils et qui a vu s’accomplir la promesse divine : «  nous viendrons vers lui –dit Jésus au nom de la Sainte Trinité– et, chez lui, nous nous ferons une demeure ».
Aussi comme l’affirme saint Louis Marie Grignon de Montfort , « là où il trouve Marie, Jésus (et toute la Trinité Sainte) vient pour y faire sa demeure ».
Maison de Jésus en cette nuit de Noël c’est la crèche de Bethléem transformée en foyer par la présence et l’amour de Marie et de Joseph.
Mais quelle espérance pouvons-nous avoir qu’Il vienne chez nous pour y faire sa demeure, étant nous-mêmes de pauvres pécheurs, comme nous l’avouons à chaque « Je vous salue Marie » ? De plus, à chaque Messe, la liturgie nous invite à répéter les paroles de l’Evangile : «  Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir… », «  je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit… » (Mt 8, 8). Pourrions-nous donc espérer devenir une maison de Jésus ?
« Marie est celle qui sait transformer une grotte pour animaux en maison de Jésus »

Marie est celle qui sait transformer.
Voilà la réponse à notre espérance, à notre désir d’accueillir Jésus chez nous.
Et c’est là le troisième point. Jésus, le miséricordieux, celui qui voyant la misère du prochain donne le remède approprié, est précédé en sa mission par sa Mère, la Mère de miséricorde. C’est Elle qui, comme à Cana, prépare le chemin et la mission à son Fils. C’est Elle qui transforme l’étable en une demeure agréable à son Fils Jésus. C’est Elle la Mère, notre Mère. C’est Elle qui connaît bien notre misère, le fond de notre âme. C’est Elle qui écrase la tête du dragon ou serpent qui est le diable ; c’est elle qui a reçu de Dieu le pouvoir de vaincre les animaux qui nous dominent intérieurement et de mettre de l’ordre dans notre âme.

C’est à nous de la prendre chez nous comme l’a fait l’apôtre Jean. A nous de l’invoquer et de la supplier constamment comme l’enfant le fait avec sa mère. Rappelons-nous les paroles adressées à saint Juan Diego par la Vierge Marie à Guadalupe : « Que ton cœur ne se trouble pas […] ne suis-je pas là, moi ta Mère  ».

En cette nuit sainte que le Seigneur nous accorde abondamment sa grâce. Que par l’action de notre Mère du Ciel notre cœur se voit transformé en maison de Jésus.

Ainsi soit-il.










 

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