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Homélie pour la solennité de la Pentecôte 2018 (JGA).

  Publié le lundi 21 mai 2018 , par Philippe Roy

Trois manières de s’ouvrir ou de ne pas s’ouvrir à l’action de l’Esprit-Saint.

Sources :

P. Emmanuel Perrier, http://toulouse.dominicains.com.

P. Serge Bonino, http://toulouse.dominicains.com.

P. Nicolas Bossu, http://lectio-divina-rc.fr.

Saint Bonaventure, L’Arbre de Vie, n°39.



L’Esprit Saint, n’est-il pas le « grand Méconnu » pour ne pas dire l’Inconnu ? Le problème avec un esprit en général, et l’Esprit Saint en particulier, c’est que c’est un esprit : on ne le voit pas, on ne le sent pas, on ne l’entend pas, on ne le maîtrise pas. Un esprit est insaisissable. Un esprit, c’est caché, ou alors ce n’est pas un esprit.

Qui est donc l’Esprit Saint et que s’est-il passé le jour de la Pentecôte ? Écoutons l’enseignement du Catéchisme : « L’Esprit Saint, est la troisième Personne de la très sainte Trinité, il est Dieu éternel, infini, tout-puissant, Créateur et Seigneur de toutes choses, comme le Père et le Fils. Le Saint-Esprit descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte, c’est-à-dire cinquante jours après la Résurrection de Jésus-Christ et dix jours après son Ascension. Les Apôtres étaient réunis dans le Cénacle en compagnie de la Sainte Vierge et des autres disciples, et ils persévéraient dans la prière, attendant l’Esprit Saint que Jésus-Christ leur avait promis. Le Saint-Esprit confirma les Apôtres dans la foi, les remplit de lumière, de force, de charité et de l’abondance de tous ses dons. Le Saint-Esprit a été envoyé pour toute l’Église et pour chaque âme fidèle. Le Saint-Esprit, comme l’âme dans le corps, vivifie l’Église par sa grâce et par ses dons ; il y établit le règne de la vérité et de l’amour ; il l’assiste pour qu’elle conduise sûrement ses fils dans la voie du ciel. L’œuvre attribuée spécialement au Saint-Esprit est la sanctification des âmes » (Catéchisme St. Pie X).
Nous venons de l’entendre. L’Esprit Saint a transformé profondément les apôtres : « Le Saint-Esprit confirma les Apôtres dans la foi, les remplit de lumière, de force, de charité et de l’abondance de tous ses dons » (Catéchisme St. Pie X). « Aussi, aidés de sa grâce, illuminés par sa doctrine et fortifiés par sa puissance, bien que peu nombreux et simples, "ils plantèrent l’Église au prix de leur sang", [Brev. Rom.] dans le monde entier, tantôt par des discours enflammés, tantôt par de parfaits exemples, tantôt par de prodigieux miracles » (Saint Bonaventure). Mais l’Esprit Saint « a été envoyé pour toute l’Église et pour chaque âme fidèle » (Catéchisme St. Pie X). Comment faire donc pour vivre nous aussi une transformation pareille ? Il me semble qu’il y a trois manières de vivre ce jour de la Pentecôte, qui sont trois manières de s’ouvrir ou de ne pas s’ouvrir à l’action de l’Esprit Saint. Et dans ces trois attitudes il y en a deux qui empêchent l’Esprit Saint de faire ce qu’Il a fait avec les Apôtres.

La première manière est celle du chrétien superstitieux. Le superstitieux est friand de rencontres avec l’Esprit Saint, il cherche à vivre de nouvelles pentecôtes parce que ce sont des expériences fortes, hors limites, marquantes, exceptionnelles. Il attend que l’Esprit Saint fasse de lui un super-héros de la foi, délivré de ses limites, de ses difficultés et de ses soucis. Avec l’Esprit Saint, toute entrave s’évapore comme neige tombant dans un volcan. L’Esprit-Saint c’est la solution divine disponible sur simple coup de fil : SOS Esprit Saint. L’Esprit Saint, c’est l’expérience spirituelle garantie. Le superstitieux ne se trompe pas en voyant dans la rencontre avec l’Esprit Saint une rencontre extraordinaire. Il se trompe en faisant de l’extraordinaire une rencontre avec l’Esprit Saint. Et il s’obstine en essayant de maîtriser l’Esprit Saint, en le convoquant à sa demande, en lui demandant de décider à sa place, en désirant plus ses dons que sa personne. C’est oublier que l’Esprit Saint est insaisissable.

La seconde attitude qui empêche l’Esprit Saint d’être l’Esprit Saint en nous, c’est celle du chrétien journaliste qui se serait faufilé dans le Cénacle. Le bon journaliste, c’est celui qui prend du recul par rapport à l’événement. Il s’en approche le plus possible, il côtoie les apôtres, mais il prend garde pour rester objectif de ne pas y être partie prenante : les flammes de feu, c’est bon pour les apôtres ! On assiste, mais on ne participe pas. Or, si cette méthode a fait ses preuves dans les débats politiques et les matches de football, elle est catastrophique avec l’Esprit Saint. Tout simplement parce qu’on ne peut connaître l’Esprit Saint sans être plongé dans l’Esprit Saint. Le journaliste présent au Cénacle le jour de la Pentecôte observe l’Eglise en train de naître, mais il est un observateur extérieur à l’Esprit Saint. Il ne peut rien comprendre à l’Eglise parce qu’il n’a pas de contact avec le principe de sa vitalité, qui est l’Esprit Saint : c’est comme vouloir étudier la biologie, la science de la vie, en disséquant des cadavres. Dans les apôtres et leurs successeurs, il voit un personnel administratif et répressif, dans la messe un culte, dans les sacrements des rites, dans les dogmes des œillères pour l’intelligence, dans la morale un code de la route, dans la Parole de Dieu un recueil de belles histoires. Bref, la Pentecôte est pour lui un rêve, une utopie pour croyants un peu exaltés : les apôtres parlent peut-être toutes les langues, mais aucun journaliste ne peut comprendre ce qu’ils disent. Regarder l’Église hors de l’Esprit Saint, c’est aussi morbide que de lire un rapport d’autopsie. Car l’Esprit Saint est l’âme de l’Église.
L’erreur du journaliste consiste à vouloir approcher de l’Esprit Saint sans appartenir à l’Esprit Saint, en refusant de céder à ses motions, à ses invitations, à ses gémissement intérieurs. Il pose des limites à la place de Dieu dans sa vie, des limites à sa conversion, des limites au don de soi pour Dieu et le prochain, des limites à son désir de sainteté. Les exemples sont en nombre infini : tel religieux qui résiste aux demandes de son supérieur, tel prêtre ou évêque qui n’accompagne pas de nouvelles initiatives, telle commission ou tel mouvement qui refuse de se réformer, tel jeune qui a peur de laisser Dieu entrer dans sa vie, tel couple qui tarde à se pardonner, telle personne qui remet à plus tard un sacrement, la prière, la lecture de la Bible ou celle du catéchisme sur un point de foi qui la préoccupe, une retraite… On reçoit une grâce, mais on néglige de la faire fructifier. On laisse cette lumière s’affaiblir, puis s’éteindre. En tout cela, on bride, on étouffe cette spontanéité spirituelle, cette confiance d’enfant qui s’abandonne à la guidance de l’Esprit. On est comme un arbre qui ferait des nœuds à ses branches pour s’empêcher de pousser trop haut, trop bien.

La troisième attitude face à la Pentecôte consiste à accourir au Cénacle, non pour faire une expérience spirituelle forte comme le superstitieux, non pour regarder ce qui se passe de l’extérieur, mais pour recevoir, pour se livrer tout entier à l’Esprit Saint. Voilà ce que l’Eglise nous propose aujourd’hui : être plongés dans l’Esprit Saint comme au jour de la Pentecôte. Et alors, tout à coup, la création et l’Eglise apparaissent sous un jour nouveau, la création et l’Eglise apparaissent comme façonnées, pétries, pénétrées par l’action de l’Esprit Saint. Voyez-vous frères et sœurs, depuis la première Pentecôte, une grâce unique a été donnée aux chrétiens : parce que l’Esprit Saint vit en nos cœurs, nous sommes capables de voir les traces de son œuvre.

L’Esprit Saint a d’abord laissé son empreinte, sa marque de fabrique dans la création. Ses noms sont Vie, Don, Amour, et tous l’univers reflète quelque chose de ces noms. Mais l’Esprit-Saint fait plus encore que laisser son empreinte. Il vient s’unir aux hommes pour leur donner la vie même de Dieu, pour transfigurer leur cœur de l’Amour de Dieu. Cela a commencé avec la Révélation, lorsque l’Esprit a parlé par les prophètes, lorsqu’il a fécondé la Vierge Marie, lorsqu’il a rempli l’humanité du Christ de ses dons et de sa grâce, lorsqu’il est descendu sur les apôtres, lorsqu’il vient, aujourd’hui, dans les sacrements, dans l’écoute de la Parole de Dieu, ou encore en suscitant de nouveaux saints qui répandront la lumière de l’Évangile dans le monde. En tout cela, dans chaque visite que Dieu nous fait lorsque nous lui sommes unis par les sacrements et la vie de foi, d’espérance et de charité, l’Esprit Saint nous introduit dans la vie même de Dieu. Il suscite en nous cette parole que seul le Fils unique peut prononcer : « Père ». Viens Esprit Saint... nous avons besoin de ton souffle de Vie, Don, Amour, Sainteté !

On raconte que l’extravagant baron de Münchhausen voulait s’extraire des sables mouvants en se tirant lui-même par les cheveux. On en rit. Mais faisons-nous autre chose lorsque nous pensons échapper par nos propres forces à la terrible pesanteur de l’égoïsme. Seule une force infinie, une force venant d’en haut, peut contrarier ce mouvement puissant qui nous recourbe et nous replie et nous referme sur nous-mêmes. Seul un bien si total qu’il captive notre esprit et notre cœur peut nous détourner de la fascination mortelle du « moi ». Seule, en définitive, la grâce de l’Esprit saint, l’irrésistible attrait qu’exerce un Dieu infiniment bon et infiniment aimable peut nous arracher à nous-mêmes pour nous placer dans l’orbite du Christ. En nous tournant ainsi vers le Christ, l’Esprit nous sanctifie. Viens Esprit Saint... nous avons besoin de ton souffle de Vie, Don, Amour, Sainteté !

Le cardinal Mercier (+1925), une figure très marquante de l’Église du début du XXe siècle, donnait un conseil précieux : «  Je vais vous révéler un secret de sainteté et de bonheur... Si tous les jours, pendant cinq minutes, vous savez faire taire votre imagination, fermer vos yeux aux choses sensibles et vos oreilles à tous les bruits de la terre, pour rentrer en vous-même, et là, dans le sanctuaire de votre âme baptisée, qui est le temple du Saint-Esprit, parler à ce divin Esprit, lui disant : “Ô Esprit Saint, âme de mon âme, je vous adore. Éclairez-moi, guidez-moi, fortifiez-moi, consolez-moi ; dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi vos ordres ; je vous promets de me soumettre à tout ce que vous désirez de moi et d’accepter tout ce que vous permettrez qu’il m’arrive, faites-moi seulement connaître votre volonté...” Si vous faites cela, votre vie s’écoulera heureuse, sereine et consolée, même au milieu des peines, car la grâce sera proportionnée à l’épreuve, vous donnant la force de la porter, et vous arriverez à la porte du Paradis. Cette soumission au Saint-Esprit est le secret de la sainteté ».

Pour recevoir l’Esprit-Saint, faisons comme l’apôtre Jean, prenons Marie chez nous. Marie est comblée de grâce, c’est-à-dire comblée d’Esprit-Saint.

Ainsi soit-il.










 

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