Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles

Homélie pour la solennité de la Toussaint 2017 (EA).

  Publié le jeudi 2 novembre 2017 , par Philippe Roy

La sainteté c’est d’abord un don de Dieu qu’il nous faut accueillir. Le salut que le Christ nous propose est offert à tous. Personne n’en est exclu. Tous, même les plus grands pécheurs, peuvent être sauvés.


Je voudrais commencez la réflexion d’aujourd’hui par ce qu’on appelle dans les exercices spirituels de saint Ignace la “composition de lieu”, c’est à dire, pour essayer d’aller par l’imagination là où nous voulons penser et méditer. Dans notre cas, fête de tous les saints, nous voulons aller, avec notre pensée et notre cœur, au Ciel, la Cité des Saints.

Nous allons nous aider par une gracieuse méditation de saint François de Sales, tirée de l’Introduction à la vie dévote :
« Considérez une belle nuit bien sereine, et pensez combien il fait bon voir le ciel avec cette multitude et variété d’étoiles. Or, joignez maintenant cette beauté avec celle d’un beau jour, en sorte que la clarté du soleil n’empêche point la claire vue des étoiles ni de la lune ; et puis après, dites hardiment que toute cette beauté mise ensemble n’est rien au prix de l’excellence du grand paradis. Oh ! Que ce lieu est désirable et aimable, que cette cité est précieuse ! Considérez la noblesse, la beauté et la multitude des citoyens et habitants de cet heureux pays : ces millions de millions d’anges, de chérubins et séraphins, cette troupe d’apôtres, de martyrs, de confesseurs, de vierges, de saintes dames ; la multitude est innombrable. Oh ! Que cette compagnie est heureuse ! Le moindre de tous est plus beau à voir que tout le monde ; que sera-ce de les voir tous ? Mais, mon Dieu, qu’ils sont heureux ! Toujours ils chantent le doux cantique de l’amour éternel ; toujours ils jouissent d’une constante allégresse ; ils se donnent les uns aux autres des contentements indicibles, et vivent en la consolation d’une heureuse et indissoluble société. Considérez enfin quel bien ils ont tous de jouir de Dieu qui les gratifie pour jamais de son aimable regard, et par celui-ci répand dedans leurs cœurs un abîme de délices. Quel bien d’être à jamais uni à son principe ! Ils sont là comme des heureux oiseaux, qui volent et chantent à jamais dedans l’air de la divinité qui les environne de toutes parts de plaisirs incroyables ; là, chacun à qui mieux mieux, et sans envie, chante les louanges du Créateur. Béni soyez-vous à jamais, ô notre doux et souverain Créateur et Sauveur, qui nous êtes si bon, et nous communiquez si libéralement votre gloire. Et réciproquement, Dieu bénit d’une bénédiction perpétuelle tous ses saints : « Bénies soyez-vous à jamais, dit-il, mes chères créatures, qui m’avez servi et qui me louez éternellement avec si grand amour et courage »  ».

Cette fête de la Toussaint est une invitation à la joie et l’espérance, parce qu’on voit, d’un coup d’œil, toute la gloire, toute la joie et tout le bonheur que l’on espère, si on persévère dans la voie de Dieu, celle qu’ont suivi tous les saints.

Aujourd’hui, l’Eglise est heureuse de nous montrer tous ses enfants qui sont déjà arrivés à ce destin. Nous les retrouvons tous dans cette foule immense que nous présente la première lecture. Elle est fière d’eux car ils ont vécu au mieux les béatitudes de l’Evangile. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs, saint François, sainte Thérèse, saint Dominique, saint Jean-Paul II, Mère Teresa…. C’est une grande foule, impossible à dénombrer.

Cette foule ne se limite pas à ceux qui ont leur nom dans les calendriers ou leur statue dans les églises. Parmi eux, il faut compter aussi ceux de nos familles, de nos paroisses, tous ceux et celles qui ont aimé Dieu et leurs frères de leur mieux. C’étaient des gens comme nous. Ils ont connu la même vie, les mêmes souffrances, les mêmes difficultés et souvent les mêmes péchés que nous. C’est la foi et l’amour qu’ils avaient pour le Christ qui nous ont portés et nous portent encore. Ils nous ont transmis l’évangile et ses valeurs. Ils ne sont pas sur les autels mais ils ont leur place dans le Royaume de Dieu.

Quand l’Evangile nous présente les saints qui nous ont précédé, ce n’est pas comme quand on présente de précieuses archives ni une galerie de portraits. Il nous les propose comme des compagnons de route pour aujourd’hui. Ils nous soutiennent par leur exemple. Nous pouvons compter sur leurs prières pour nous et avec nous. Désormais, ils aiment en plénitude et ils sont intensément présents à Dieu et à l’humanité.
Ils nous guident sur les sentiers du futur vers lequel nous allons. Avec Jésus, nous sommes tous appelés à partager le triomphe des saints.

En ce jour de Toussaint, saint Jean nous fait spectateur de la fête éternelle à laquelle nous sommes tous invités. Il annonce la fin du temps des larmes, de la peur, des souffrances et de la mort. L’Apocalypse c’est d’abord une bonne nouvelle, un message d’espérance qui nous réunis tous. Nous sommes appelés au bonheur et à la vie. Dieu veut rassembler tous ses enfants libres et sauvés. Pour le moment, nous sommes en route ; « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ». La vraie dimension de notre existence est entrevue dans la fête de tous les saints. Le but de notre vie ne se limite pas au présent ni au matériel. Notre vocation est d’entrer dans cette lumière pour laquelle nous sommes tous faits.

La sainteté c’est d’abord un don de Dieu qu’il nous faut accueillir. Le salut que le Christ nous propose est offert à tous. Personne n’en est exclu. Tous, même les plus grands pécheurs, peuvent être sauvés.

Nous sommes également capables de fidélités audacieuses, de réponses généreuses aux défis de notre temps. Marie, la Reine de tous les saints, est toujours là pour nous ramener inlassablement à ce chemin de sainteté. C’est avec elle que les saints ont appris à tout recevoir comme un don gratuit du Fils et c’est avec elle qu’ils vivent actuellement cachés dans le secret du Père. En union avec cette foule immense des saints du ciel, en union avec tous les chrétiens du monde entier, nous chantons notre action de grâce au Seigneur. Nous lui demandons de nous aider à suivre leur exemple, leur fidélité. Si le Christ nous appelle c’est pour rejoindre la foule immense de ceux qui nous ont précédés dans son royaume.

« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse » nous dit Jésus. La raison de cette joie c’est le Royaume des Cieux. Si nous donnons la priorité absolue à Dieu dans notre vie, si à cause de lui et de l’Evangile nous sommes prêts à renoncer à tout ce qui accapare notre vie, nous trouverons le vrai bonheur.

Que la Sainte Vierge, notre Mère à tous, nous accorde la grâce de vivre dès maintenant les béatitudes de l’Evangile, pour un jour rejoindre tous nos frères les saints dans le bonheur éternel.

Ainsi soit-il.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr